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Rose sainte nitouche
26/06/2010 | Lien permanent | Commentaires (11)
Le naufrage de la Vesle Mari
A quiconque m'aurait affirmé : "Tu vas éclater de rire en lisant des histoires de chasseurs au Groenland !", je me serais contentée de hausser les épaules et de passer mon chemin. Et j'aurais eu tort. Grand tort même car découvrir l'oeuvre de Jorn Riel, même en commençant comme moi par le dernier ouvrage paru, Le naufrage de la Vesle Mari, est une vraie cure de jouvence !
Cet univers faussement naïf, où l'on trinque avec un fantôme, où un bain de nouvel an peut devenir mortel, où une femme se venge d'un fiancé qui l' a éconduite à grands coups de pelle sur la tête, est aussi un monde où l'on ruse avec l'administration qui veut renvoyer tous ces joyeux lurons loin de chez eux, et chez eux c'est bien sûr le Groenland. A chacun de trouver sa solution...
Très vite on a l'impression d'avoir toujours connu Olsen, Bjorken et les autres et l'on se frotte les mains à l'idée de poursuivre cette découverte tardive !
Le naufrage de la Vesle Mari et autres racontars, Jorn Riel, traduit du damois par Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet, Gaïa 2009, 251 pages à ne pas lire en public, sauf à ne pas craindre les éclats de rire intempestifs !
Ps: dans la foulée, j'ai déniché à la médiathèque La maison des célibataires, juste un peu trop court à mon goût !
01/06/2010 | Lien permanent | Commentaires (16)
Un mari ordinaire
Pendant vingt-cinq ans, "Combats et trêves s'étaient succédé et Claire avait tenu bon, s'usant de l'intérieur, sans mesurer combien." Mais cette fois, Claire quitte son mari tyrannique , caractériel ,et dans ses bagages elle emmène Pretty, sa chèvre malicieuse.
Au coeur des Pyrénées, dans une grange aménagée, la quinquagénaire va se reconstruire, aidée par les habitants des lieux, par la beauté des paysages et aussi par sa drôle de petite compagne.
Roman qui fait du bien, Un mari ordinaire, dépeint avec finesse et sans manichéisme, une relation plus commune qu'il n'y paraît, celle d'un mari éteignoir (moodkiller) qui déprécie systématiquement celle qu'il prétend aimer, et d'une femme qui attend que son fils unique soit grand pour prendre le large.
L'histoire est parfois maladroite, cousue de fil blanc mais on prend plaisir à suivre ce récit lumineux qui donne envie de découvrir ce coin des Pyrénées. Un roman facile à lire, parfait pour les périodes où tout nous tombe des mains.
Un mari ordinaire, Christine Cerrada, Editions Michalon 2013, 255 pages qui fleurent bon le foin !
Pour en savoir plus sur l'auteure et la vallée en question, clic !
PS: lu, dans la foulée, la première nouvelle qui donne son titre au recueil d'Alice Munro, Fugitives. j'y ai trouvé quelques points communs ( dont la chèvre ! ), le tout traité d'une manière radicalement différente et noircissime ! Attention, je ne dis pas que l'une a copié sur l'autre, entendons-nous bien ! Je souligne juste une coïncidence amusante (la chèvre).
01/07/2013 | Lien permanent | Commentaires (7)
Je vais tuer mon mari...
"Vois-tu,la parole me fait autant que je la fais."
La résolution initiale, Je vais tuer mon mari , n'est pas le fait d'un coup de sang. Non, elle est le résultat logique d'une réflexion argumentée.Pourtant au fil de cette semaine sainte durant laquelle la narratrice, qui est aussi écrivaine, va dresser le constat d'un couple que tout oppose, cette volonté va peu à peu mollir et se transformer en une force de vie qui balaiera tous les reproches. "Regimber c'est vivre" affime la fugueuse, qui manifeste un féroce appétit de vivre , que ce soit dans les bras de ses amants ou dans son dialogue avec une mère quelque peu intrusive.
Alors, il ya quelques longueurs, il faut s'approprier ces paragraphes sans virgules,mais c'est aussi la découverte d'une vraie voix, d'une écriture pleine d'inventivité et d'énergie, en témoignent les (très ) nombreuses pages cornées.
Je vais tuer mon mari..., Claire Fourier ,Omnia 2009,( 10 euros) paru pour la première fois en 1997.186 pages ardentes.
Ps: réaction sentencieuse de mon macho en herbe à la lecture du titre : "Il faut censurer ce livre ." :)
12/12/2009 | Lien permanent | Commentaires (10)
”Je priais pour que jamais mon mari ne découvre qui j'étais dans mes plis.”
J'ai renvoyé Marta de Nathalie Kuperman est un drôle de petitroman , un roman malin qui finit avant de commencer et où tout commenceà la fin. Vous me suivez ? Je ne suis pas claire ? Hé bien lanarratrice, jeune femme à la tête d'une famille recomposée non plus.
Lasituation paraît bien pliée au départ : l'emploi du femme de ménage vabouleverser le fonctionnement d'une famille et le roman pourraitde venir lassant s'il ne basculait tout à coup vers une situation deplus en plus surprenante et folle...De la comédie de moeurs,prévisible et bien rôdée, on tombe insensiblement dans unesituation beaucoup plus acide.
Des phrases apparemment anodines vont prendre un nouveau sens et des idiosyncrasies révéler une nouvelle dimension.
Une lecture aisée pour ce roman à l'aspect lisse mais plus vénéneux qu'il n'y paraît...
03/04/2007 | Lien permanent
Rose sainte-nitouche
"A priori, le chien du jardinier ne manque de rien."
Parce qu'au fond elle a besoin de sécurité, parce qu'elle est très jeune aussi, Rose épouse Ned alors qu'elle est tombée follement amoureuse de Mylo. Eternel triangle qui se révèle en fait à géométrie plus complexe car Mary Wesley , à son habitude, va tout au long de son roman, éclairer d'un jour nouveau ses personnages en apparence si respectables mais si profondément attachés à jouir pleinement de la vie .
Les personnages féminins de Mary Wesley, en particulier Rose , sont d'une modernité extrême pour l'époque (la Grande-Bretagne de la 2nde Guerre mondiale). Comme les hommes elles s'octroient le droit d'avoir des amours contingentes, de vivre une vie sexuelle épanouie. Pour rien au monde Rose ne voudrait ressembler à sa mère qui, suppose-t-elle, n'a jamais connu d'orgasme et a vécu sa grossesse dans le dégoût de son corps. Cette femme qui ne s'épanouira que , quand elle sera -enfin- devenue veuve. Un bon mari est un mari mort.
Cet aspect corporel,, Wesley en parle de manière franche mais sans jamais tomber dans le graveleux ou la trivialité. La contraception, ou plutôt son absence est-elle aussi évoquée mais le milieu social dans lequel évolue Rose facilite bien la vie, même dans certaines circonstances qui pourraient devenir dramatiques.
Là où Mary Wesley innove aussi c'est qu'elle suit son personnage de son extrême jeunesse à une vieillesse déjà bien avancée. L'amour et le temps ne font souvent pas bon ménage, les contes de fées s'arrêtent là où la vie conjuguale commence, mais Mary Wesley qui a commencé à écrire à l'âge de 70 ans, entend bien nous montrer que les personnes âgées ne sont pas quantité négligeable, y compris dans le domaine amoureux.
L'évolution psychologique de Rose est-elle aussi très intéressante, de jeune fille timide elle devient peu à peu une femme qui sait manipuler son mari , riposter de manière efficace à l'égoïsme forcené et au sans gêne de prétendus amis , prend de l'assurance, s'émancipe ,comprend au fil du temps "qu'on peut fonctionner sur plusieurs plans à la fois", car "qu'elle fût trop docile pour être au-dessu sde tout soupçon l'horripila, lui mit en tête des idées qui n'y étaient pas avant, des idées qu'elle allait ensuite mettre en pratique."
L'auteure nous montre aussi avec beaucoup de franchise et parfois de crudité les moindres pensées de ses personnages,pas de bons sentiments !, mais tout cela est contrebalancé par un humour souvent féroce, une insolence chic et un dynamisme contagieux ! Vite, laissez-vous séduire par Rose !
Rose, Sainte-nitouche, Mary Wesley, editions Heloïse d'Ormesson, traduit de l'anglais par Michèle Albaret, 463 pages so british !
Un grand merci à Clarabel pour le prêt !
Du même auteur, sorti en poche, La pelouse de camomille, tout aussi savoureux !, Billet ici.
Ilne reste plus qu'à espérer que seront bientôt réédités trois autres romans dont je vous parlais rapidement ici !
10/08/2009 | Lien permanent | Commentaires (18)
”Ma mère claqua deux bises à mon mari sans aller vomir. Elle n'avait jamais pu le sentir.”
Ajoutons pour que la citation prenne toute sa saveur que la narratrice de cette nouvelle trouve que son mari sent la mort...
Le ton est donné, ça fouraille sec, dans La preuve par neuf , neuf nouvelles où Dorine Bertrand donne libre cours à sa fantaisie parfois acide, peignant avec une jubilation sans pareille les rapports de couple, les rapports parents/enfants, quel que soit l'âge de ces derniers, de celui à peine conçu à l'ado rebelle qui troque un déguisement bcbg contre sa panoplie gothique et cultive le goût du suicide : "On voulait tous sauter par la fenêtre seulement la chambre de Tramber, c'est la cave de ses parents."
L'auteure se glisse avec délectation dans les circonvolutions du cerveau de ses personnages , nous les montrant partir en vrille , ainsi cette femme qui croit que son couple est en danger à cause d'une amie trop attirante (mais pour qui? ...)ou celle qui s'astreint à une relation sexuelle hebdomadaire avec son mari pour préserver son couple et ne pas sombrer dans les statistiques du divorce...ça grince, c'est revigorant et ça vient de sortir en poche, pourquoi s'en priver ? !
L'avis de Clarabel.
13/06/2008 | Lien permanent
Histoire d'Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris plus un)
Un titre à la Woody Allen, une écriture pleine d’empathie, des personnages bien campés mais là encore j'aurais aimé lire plus que 185 petites pages pour mieux profiter de cette histoire de famille et de mariages. peut être en attendais-je trop après celui-ci.

05/09/2014 | Lien permanent | Commentaires (7)
Sucré, salé, poivré...
Ainsi s'appelle l'un des trois romans de Mary Wesley que je relis chaque été. Les deux autres sont Une expérience enrichissante et Souffler n'est pas jouer. Peut être aurez-vous un peu de mal à les trouver (vive internet! (et les bibliothèques)) mais ils en valent vraiment la peine. Dans la série des anglaises impertinentes et totalement politiquement incorrectes, Mary Wesmey est la reine. Oser écrire sur le suicide, la mort d'un compagnon et d'un enfant, ou d'une femme qui fait commerce de ses charmes et de ses talents de cuisinière, le tout avec humour et malice n'est pas à la portée de tout le monde. D'autant que l'auteur a le don de croquer ses personnages et de nous les rendre attachants. Un vrai bonheur de lecture !
10/07/2006 | Lien permanent
De l'influence des livres...
Août 1939. Les cinq neveux et nièce de Richard et Helena se retrouvent en Cornouailles dans une sorte d'Eden symbolisée par La pelouse de camomille dui donne son titre au roman de Mary Wesley.
Quand la guerre éclate, bien sûr elle bouleverse tout et comme le dit Helena bien des années plus tard:
"-Voilà une chose que je dois à la guerre.
- Quoi?
-Les livres, plein de livres. On ne trouvait pas de serviettes hygiéniques, mais des livres, ça oui. Des gens comme moi se sont mis à lire: nos esprits se sont assouplis, en même temps que nos moeurs se relâchaient."
Et en effet des personnalités riches et complexes vont se révéler, des ménages à trois vont se former dans une indifférence quasi générale..Chacun des personnages fait preuve d'une franchise à la fois désarçonnante et jubilatoire ; ainsi Helena parlant de son mari doté d'une jambe artificielle: "Son handicap, c'était d'être un vrai casse-pieds."
A propos d'une de ses nièces qui ne se cache pas d'avoir fait un mariage d'intérêt , elle remarque:"Elle est imprévisible. Je lui connais des moments d'altruisme."
Mary Wesley manie avec brio cet humour britannique teinté d'unecruauté réjouissante pour le lecteur. Elle a le chic pour nousprésenter avec aplomb des comportement qu' ordinairement la morale réprouve comme étant tout à fait normaux et nous acceptons sa vision des faits sans broncher, le sourire aux lèvres, tant son talent est grand... Un régal !!!
Les Editions Héloïse d'Ormesson ont l'excellente idée de rééditer aujourd'hui ce roman de Mary Wesley, l'occasion de (re) découvrir l'oeuvre de cette grande écrivaine anglaise.
Ps: désolée pour les caractères gras que je ne parviens pas à faire disparaître !
05/06/2008 | Lien permanent



