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23.01.2010
"Vous êtes petite mais venimeuse."
Lemmer a fait 4 ans de prison pour meurtre et exerce maintenant le métier d'"invisible", c'est à dire de garde du corps ,plus efficace que les"gorilles" dissuasifs ,car plus discret. Sa nouvelle mission est de protéger Emma Le Roux, persuadée d'avoir retrouver la trace de son frère censé être mort depuis longtemps. D'abord méfiant et bardé de principes protecteurs,Lemmer va peu à peu accepter de croire les élucubrations de cette femme quand on va tenter de l'assassiner...
Se déroulant sous le soleil d'Afrique du Sud, Lemmer l'invisible joue sur plusieurs tableaux avec habileté. L'histoire apparemment classique s'enrichit du contexte politique de cet Etat en construction où des communautés doivent réapprendre à vivre ensemble maintenant que la donne a changé avec la fin de l'apartheid.Il faut aussi veiller au partage des terres entre réserves destinées à protéger les animaux (et en particulier les vautours, animaux que l'auteur nous présente de manière passionnante)et territoires revenant aux autochtones spoliés.
Les relations entre les personnages principaux sont analysées avec justesse et finesse, Deon Meyer veillant à ne pas se montrer caricatural. Le style est sobre et efficace,les personnages attachants, la narration pleine de rebondissements, que demander de mieux ?
Vient de sortir en poche.
Lemmer l'invisible, Deon Meyer, Points Seuil.
06:00 Publié dans le bon plan de fin de semaine | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : lemmer l'invisible, deon meyer
22.01.2010
Les canards en plastique attaquent !

Les morts peuvent-ils communiquer avec les vivants ? Il semblerait que oui à en croire le médium Gabriel Lafayette qui vient de débarquer à Glasgow.
Nombreux sont ceux qui sont subjugués par les capacités du mage mais pour Jack Parlabane journaliste et sceptique par nature, ceci relève plutôt de la vaste (et lucrative ) fumisterie. Tout cela aurait pu rester bon enfant si les cadavres n'avaient pas tarder à pleuvoir sur le passage de Lafayette...
Et les canards en plastique -insubmersibles- dans tout cela? Ils désignent les "gens qui veulent croire" au surnaturel. A tout prix.
Alors certes il faut donner l'artillerie lourde pour les convaincre ces "canards", mais fallait-il autant de pages argumentatives indigestes? L'action peine à se mettre en route mais, même si j'avais très vite deviné deux ou trois informations importantes, une fois le récit débarrassé de sa gangue argumentaire, les péripéties se révèlent captivantes (l'auteur nous réserve ainsi une surprise dont il a le secret) et Brookmyre retrouve enfin tout son talent et son rythme dans la dernière partie.
Amputé d'une centaine de pages, ce roman aurait été nettement plus convaincant !
Les canards en plastique attaquent, Christopher Brookmyre, Denoël, traduit de l'anglais par Emmanuelle Hardy, 430 pages dont une centaine de trop.
Ps: à noter que le personnage de Jack Parlabane apparaît dans un autre roman (pas encore traduit en français) et que de nombreuses allusions à son passé font qu'une bonne partie du suspense du-dit roman tombe donc à l'eau...
06:05 Publié dans romans étrangers | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : christopher brookmyre
21.01.2010
Encore !
"Je suis un ermite sociable. Curieux spécimen."
13 albums, 39 films, (dont un où il obtint le César du meilleur acteur), voilà une carrière bien remplie pour celui qui arbore tel un étendard sa légendaire paresse ! Mais il est vrai que Jacques Dutronc, car c'est de lui qu'il s'agit ,s'empresse de préciser : " Ma seule satisfaction , c'est de savoir que je bosse pour être peinard ensuite. C'est le propre du paresseux."
Avec son humour pince-sans rire joyeusement iconoclaste (tendance scato), son goût de la formule :" Je suis pour l'augmentation du goût de la vie", il semble faire le Jacques mais n'en balance pas moins , autant sur lui que sur ses petits camarades :
"L'Eurovision, j'aime ! Les costards des mecs qui chantent sont invraisemblables. Les groupes hollandais par exemple, c'est en général deux mecs et deux nanas, hypersains. On a l'impression qu'ils ont été élevés pour l'Eurovision, et que, à peine la cérémonie finie, on les égorge et on les bouffe."
Il taquine aussi le non sense, surtout pour se débarrasser d'une question-bateau et l'on se dit qu'il ne doit pas toujours être facile à interviewer le bougre ! On le devine tendre et rugueux, goguenard et sensible et on se délecte de ses pensées et répliques !
Encore ! , Pensées et répliques, Jacques Dutronc, Le cherche-midi 2010 , 245 pages aux éclats de rires garantis !
06:00 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : jacques dutronc, et moi et moi et moi...
20.01.2010
Les poissons ne connaissent pas l'adultère
"Et si, pour une fois, il n'y avait pas de prix à payer? "

Un relooking surprise offert pour ses quarante ans par les copines et Valérie redécouvre le plaisir de plaire. A soi et aux autres. Mais pas à son mari , déroué par ce changement.
Alors, sur une impulsion, Valérie se rebaptise Julia (Comme Julia Roberts, bien sûr !) et quitte sa vie bien réglée entre caisse de supermarché et couple planplan. Elle s'offre une parenthèse en prenant le train pour Toulouse et là, dans cet espace clos où personne ne la connaît, elle va se métamorphoser...
Elle ne sera pas la seule car dans ce train, jeune ou vieux, anarchiste ou fan de Johnny, intello ou serveur, chacun sera entraîné dans une joyeuse spirale de comédie, accentuée encore par les chansons d' un groupe de joyeuses choristes. C'est évidemment totalement irréaliste mais sympathique en diable. On fait fi de quelques baisses de régime dans le récit, du dénouement trop bien réglé de rigueur et on passe un excellent moment dans ce Paris- Toulouse enchanté.
Les poissons ne connaissent pas l'adultère, Carl Aderhold, Jean-Claude Lattès 2010, 320 pages pour ouvrir une brèche dans la grisaille ...
06:00 Publié dans romans français | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : carl aderhold, comédie, fugue de quadragénaire
19.01.2010
Sur le bord de l'inaperçu
"Ici, seules les femmes savent lisser le temps."
Visiter Baldéa , sur les traces du narrateur, c'est partir pour un monde qui n'a pas de frontières , un monde où il faut accepter de perdre ses repères car "L'incertitude est partout" ,pour le plus grand bonheur de ses habitants et pour le notre également.
En 68 chroniques, Michel Guillou nous peint en effet un univers où "Les plus beaux raisonnements flottent dans l'air comme de purs échafaudages de givres", comme un écho des paroles givrées dans Rabelais, un monde où les expressions peuvent être prises au pied de la lettre (voir le chapitre intitulé "Feux de torchons"),où des "néoforgerons forgent à la hâte les néologismes de première nécessité." Point n'est besoin à l'auteur d'ailleurs de tels auxiliaires car lui même se charge-et avec quel talent !- d'en créer lui même qui sont très évocateurs tels " se recrocotiner"relevé au passage, sans compter tous ces mots dont on ne sait plus s'ils sont ou rares ou inventés mais qui se fondent délicieusement dans les énumérations dont l'auteur nous régale.
Tout ceci pourrait relever de l'anecdotique ou du pur jeu avec les mots. Ce serait sans compter sans la véritable topographie -fluctuante et précise- des villes,de leurs guerres, des "zones de Tohu Bohu et de Brou Haha". Une analyse qui passe aussi en revue la flore (très réduite) et la faune pour le moins surprenante, sans compter tous les points d'eau particulièrement dangereux (On comprend pourquoi les piscines sont vides et peuvent servir à ranger les livres...). N'oublions pas un recensement exhaustif et poétique de toutes les formes d'eau présentes sur Baldéa, et toute une batterie de petits métiers pittoresques: peintres d'horizon, planteurs d'eau, porteurs d'ombre ou poseurs de panne...Sans oublier quelques coups de griffe qui pourraient bien s'appliquer à notre époque bling-bling, Michel Guillou retrouvant ainsi un usage traditionnel du monde imaginaire tel que l'avait utilisé par exemple Swift. Bref, vous l'aurez compris ce livre est un enchantement, tant pour ceux qui sont friands de mots que pour ceux qui apprécient un imaginaire en folie ! Inutile de vous dire qu'il a d'ores et déjà sa place sur l'étagère des indispensables et qu'il en sortira souvent pour être consulté !
Sur le bord de l'inaperçu, Michel Guillou, Gallimard, 2009, 174 pages chatoyantes et jubilatoires !
Merci encore à Bellesahi pour cette découverte !
06:00 Publié dans l'amour des mots, romans français | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : michel guillou, une mine pour les profs de français et les ateliers d'écriture!
18.01.2010
Les âmes soeurs
"Elle pense qu'elle est en train de chercher la bonne position pour vivre, comme on cherche la bonne position pour dormir..."
Parce que , pensant à sa relation à son mari "Elle avait souvent en tête l'image d'un coquillage collé à un rocher, perdant peu à peu ses couleurs d'origine jusqu'à se fondre dans la masse minérale qui l'hébergeait.", parce qu'elle se sent mal à l'aise dans l'entreprise où elle exerce un travail inintéressant et où on la rejette implicitement car elle est mère de trois jeunes enfants, Emmanuelle va emprunter des chemins de traverse, jouer la femme buissonnière.Toute une journée rien que pour elle. Pour prendre le temps aussi de terminer le livre qu'elle a commencé la veille .
Alternant passages du roman lu ,mettant en scène une photographe, et pensées d'Emmanuelle, le récit va peu à peu fondre les trajectoires des deux femmes et réveiller un passé soigneusement enfoui.
Mères abandonnantes ou trop tôt disparues, amitiés féminines où puiser du réconfort et un peu d'énergie pour continuer à vivre, seront évoquées avec tendresse au fil de cette journée où les hommes se tiendront en lisière.
Un roman parfois maladroit, parfois trop léger mais qui recèle aussi de petites merveilles qu'il faudre prendre le temps de savourer.
Les âmes soeurs , Valérie Zenatti, L'olivier, 2010, 172 pages sensibles.
l'avis enthousiaste de Clarabel.
06:00 Publié dans romans français | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : valérie zenatti, une journée à soi

