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Des adhésifs dans le monde moderne...en poche

Parfois, quand j'essaie de comprendre ce qui se passe dans le monde, je me surprends à penser à la colle."

Que Georgie utilise les adhésifs comme point de vue pour envisager le monde n'est en rien bizarre car ,d'une part elle travaille comme rédactrice pour une revue technique sur ces mêmes produits et d'autre part, elle aurait bien envie de recoller les morceaux de sa vie, son mari l'ayant quittée.marina lewycka
Heureusement pour elle, son existence un peu trop popote va prendre des allures nettement plus agitées car elle va devenir l'amie d'une vieille excentrique vivant dans une immense maison en compagnie d'une floppée de chats . Entre séjours à l'hôpital, assistante sociale fouineuse, agents immobiliers sexys mais peut être véreux, entrepreneurs branquignols et souvenirs intriguants, Georgie aura fort à faire...
Bon sang que ce roman est jouissif ! Les personnages, y compris les chats sont croqués à ravir, l'héroïne est dotée d'un sens de l'humour à toute épreuve,( y compris quand elle joue les dépravées) on ne s'ennuie pas une minute, l'écriture est alerte, le rythme soutenu , tous les ingrédient sont réunis pour passer un excellent moment y compris quand on est passagèrement victime d'une panne de lecture !

Un roman bourré de vitamines !

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Le chinois

"Une juge partie à la recherche de sa part nomade."

Délaissant Wallander , Mankell crée ici un nouveau personnage, celui d'une juge quinquagénaire surmenée, Birgitta Roslin,  dont les grands enfants ont quitté le nid et qui a des difficultés de communication avec son mari. Rien que de très banal donc, mais Birgitta , reliée par un lien familial ténu à un hameau perdu dans la campagne suédoise, va enquêter en parallèle de la police sur une tuerie particulièrement cruelle qui a décimé la quasi totalité des habitants de cet endroit reculé. Un simple ruban rouge chinois la mènera jusqu'à Pékin...henning mankell,chinois aux etats-unis,en afrique
Par l'intermédiaire de ce roman policier de facture plutôt classique, Mankell nous livre une réflexion sur la Chine contemporaine , ses tiraillements entre la fidélité aux anciens idéaux et la volonté expansionniste en Afrique, considérée par certains comme une nouvelle forme de colonialisme. Nous voyageons ainsi entre la Suède, la Chine et même le Mozambique, pays cher à l'auteur, n,tre passé et présent, et apprenons au passage comment de pauvres paysans chinois se sont retrouvés à travailler à la construction des voies de chemin de fer aux États- Unis au XIXème siècle.
Les personnages sont bien campés, on aurait très envie de devenir l'amie de Birgitta, et l'on suit avec intérêt ce roman qui fait parfois frisonner mais ne tombe jamais dans le piège du voyeurisme.

Le chinois, Henning Mankell,  traduit du suédois par Rémi Cassaigne ,Points seuil 2013, 563 pages qui se lisent avec aisance !

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Le saut oblique de la truite

"A force d'efforts, de privations et d'orgueil, je n'ai réussi qu'à atteindre l'authentique statut de raté. Je n'ai pas trente ans; j'ai fait vite."

à deux doigts de ne  pas "pouvoir faire autrement que de devenir architecte", alors qu'il se rêve romancier, le narrateur se rend à un rendez-vous avec son maître ès liberté, Olivier. Olivier, pour qui il a "la plus grande affection parce qu'il y a, sous le tissu de névroses qui l'enserre quelque chose de vaste, de beau et de bleu. Comme une aspiration non négociable à la liberté."
Las, l'ami n'est pas au rendez-vous. Commence alors un périple solitaire sur le GR20 corse, entrecoupé de parties de pêche à la truite et de rencontres éphémères.
Placé sous le signe de la couleur, ce roman lumineux est tout à la fois une quête initiatique d’un jeune homme à la croisée des chemins et un récit qui embarque son lecteur dans des paysages magnifiques. Avec une grande économie de moyens, des descriptions par petites touches efficaces, sans oublier quelques touches d'humour pleines d'auto-dérision, une construction maîtrisée qui fait naître l'émotion, ce premier roman est une formidable découverte.
Comme la truite, qui par un saut oblique parvient à tromper le pêcheur, le narrateur, dont on devine  qu'il a beaucoup de points communs avec l'auteur, par ce roman est parvenu à conserver sa liberté, tout en prouvant son envie de vivre, ce qui n'est pas rien !

Le Saut oblique de la truite, Jérôme Magnier- Moreno (qui signe aussi la magnifique couverture), Phébus 2017.

Le billet de Ptitlapin.

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Des adhésifs dans le monde moderne

"Parfois, quand j'essaie de comprendre ce qui se passe dans le monde, je me surprends à penser à la colle."

Que Georgie utilise les adhésifs comme point de vue pour envisager le monde n'est en rien bizarre car ,d'une part elle travaille comme rédactrice pour une revue technique sur ces mêmes produits et d'autre part, elle aurait bien envie de recoller les morceaux de sa vie, son mari l'ayant quittée.marina lewycka
Heureusement pour elle, son existence un peu trop popote va prendre des allures nettement plus agitées car elle va devenir l'amie d'une vieille excentrique vivant dans une immense maison en compagnie d'une floppée de chats . Entre séjours à l'hôpital, assistante sociale fouineuse, agents immobiliers sexys mais peut être véreux, entrepreneurs branquignols et souvenirs intriguants, Georgie aura fort à faire...
Bon sang que ce roman est jouissif ! Les personnages, y compris les chats sont croqués à ravir, l'héroïne est dotée d'un sens de l'humour à toute épreuve,( y compris quand elle joue les dépravées) on ne s'ennuie pas une minute, l'écriture est alerte, le rythme soutenu , tous les ingrédient sont réunis pour passer un excellent moment y compris quand on est passagèrement victime d'une panne de lecture !

Un roman bourré de vitamines !

Des adhésifs dans le monde moderne, Marina Lewycka, traduit de l'anglais par Sabine Porte, Editions des deux terres 2011, 506 pages pétillantes à souhait !

Merci à Amanda la tentatrice et à Cuné la factrice ! marina lewycka

 

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Impossible...en poche

"L'obsession d'être déclaré important par les autres ne me concerne pas. J'ai fait partie d'une génération qui a agi au nom du collectif. Je considère donc insignifiantes les individualités, les personnalités. "

Un duel verbal, en huis-clos, entre un juge et un accusé. Ils ne sont pas de la même génération, ne possèdent pas la même vision de la politique ou de la justice, mais le jeune juge veut selon l'accusé "fermer une parenthèse restée ouverte jusqu'à aujourd’hui. Car aucun de ceux qui ont trahi leurs propres camarades n'a été atteint par une vengeance. Le plateau de la balance reste incliné."
Quelle était en effet la probabilité pour que l'accusé, ancien révolutionnaire italien, signale la chute mortelle en montagne d'un homme qui se révélait être l'ami qui  l'avait trahi quarante ans plus tôt ?
Les interrogatoires, parfois biaisés, souvent "sortis du sujet et du rituel", ainsi que les lettres d'amour (non envoyées) permettent d'explorer en profondeur le parcours à la fois politique et psychologique d'un homme resté fidèle à son idéal, tout en maintenant jusqu'au bout la tension dramatique. Du grand art.

Traduit de l'italien par Danièle Valin

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Fugue...en poche

"Il faut beaucoup de temps pour découdre les mauvaises raisons."

A force de crier le prénom de sa fille qui s'est échappée de l'école le jour de la rentrée, Clothilde a perdu sa voix.
Et c'est tout un bel équilibre qui s'effondre car la jeune femme va provoquer tour à tour l'incompréhension de son père, de son mari et de sa meilleure amie en refusant de se soigner à marche forcée. Elle sent en effet qu'il lui faut prendre son temps pour retrouver sa voix et sa voie ca ,paradoxalement, le chant va entrer dans sa vie et prendre une place prépondérante.41UpFvyd7HL._AA160_.jpg
Qu'elle est attachante cette Clothilde qui , à son rythme, faisant fi pour une fois des contrariétés qu'elle engendre chez les autres en ne leur renvoyant plus l'image qu'ils avaient d'elle, va distiller les événements et tranquillement s'insurger  : "qu'est ce que je disais de si important que vous voulez entendre ? ". Elle va posément, en acceptant les opportunités qui s'offrent à elle, retrouver le chemin de sa vie , fuguer tout en restant chez elle, ne plus se contenter d'être la fille , l'épouse , la mère, voire l'amie, à la vie bien lisse.
Aucun ressentiment pourtant, aucune revendication forcenée, non juste un constat simple et lucide du besoin de consacrer son énergie à quelque chose qui la fasse se sentir en harmonie, qui la révèle à elle même, tout en la reliant aux autres.
Ainsi le titre du roman, Fugue, joue-t-il sur la polysémie de ce mot. La fugue c'est bien sûr l'escapade initiale de la fillette mais aussi le morceau de musique qui tisse des liens de par sa structure, comme le roman le fait ici, multipliant les points de vue et éclairant de manière très subtile la personnalité de ces femmes et de la constellation familiale et amicale qui l'entoure.
Un très beau texte, empli de poésie, où s'engouffrent des moments exotiques et colorés, un roman d'une grande justesse psychologique , un magnifique portrait de femme.
Un livre lu et relu, dont j'ai extrait une flopée de citations .
Notons au passage un petit clin d’œil qui fait le lien avec le précédent roman de Anne Delaflotte- Mehdevi : "Le temps pouvait bien passer, tout lui prendre, elle avait chanté, comme un cuisinier cuisine, comme un maçon construit bien, un relieur relie, un marathonien  arrive au terme de sa course."

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ça m'énerve

"Nous sommes le 31 mai, je fume tranquillement ma cigarette en baladant mon chien  quand une vieille taupe à voix de crécelle me saute dessus :

- Je croyais que c'était la journée mondiale sans tabac !!!

- Et la journée sans casse-couilles, c'est demain ? "

Elle est comme ça Marie-Ange Guillaume: percutante et drôle ! Qu'elle évoque les émissions de téléréalité extrêmes où l'on relooke des candidates disgracieuses en les équipant, entre autres "du clavier de piano spécial people, d'un blanc phosphorescent qui fait peur la nuit." ou le numéro du magazine "spécial rondes" : "La ronde qui pose  en couverture affiche  sans marie- ange guillaumevergogne  un excédent de cinqaunte grammes , et les actrices éternellement convoquées pour illustrer  la chose (Monica Bellucci et Laetitia Casta) ont réussi à regrouper tous leurs kilos superflus dans les seins." ,  la vision est  acérée et l'amour des mots, manifeste .
Elle n'épargne pas non plus les gens qui l'entourent mais en profite largement pour se dégommer au passage. J'ai adoré entre autres sa description d'un dimanche à la campagne avec l'amie, la seule qui veut aider, qui ne trouve pas le lave-vaisselle mais sait dénicher la bouteille de rosé et le tire-bouchon , celle du "resto qui se la pète", celle du métier d'écrivain, celle... Bref, j'ai vraiment apprécié de recueil de textes ou chacun pourra reconnaître le p'tit truc qui va juste nous énerver pour la journée!
Marie-Ange Guillaume a écrit plein de trucs et de machins , comme elle dit, (quelques uns chroniqués ici) et elle mériterait d'être plus connue, alors voici une bonne idée de cadeau à glisser au pied du sapin !

ça m'énerve, Marie-Ange Guillaume, Editions le passage, 17 euros, illustration de couverture: Manu Larcenet (il paraît que c'est une dame en colère...)

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Pieds nus

 

Selon la  tante Liv , il ya  trois sortes de femmes : les soeurs aînées,  les cadettes et celles  qui n'ont pas  de soeur. Un exemplaire  de chaque va cohabiter et panser ses plaies, physiques ou morales  dans un délicieux petit cottage de Nantucket que  Liv a eu la bonne idée de léguer à ses  nièces, on peut trouver pire comme endroit !Elin Hilderbrand
Trois femmes descendent  donc d'un avion et chacune d'elles  va attirer l'attention de  Josh,  aspirant écrivain  qui va bien vite entrer dans leur vie comme baby-sitter des deux jeunes fils de  Vick, la soeur aînée  et saura bientôt se rendre indispensable  aux yeux de chacune.
Qu'elle ait des problèmes de santé(Vick lutte contre un cancer), de boulot (Brenda, la cadette,  vient  de saboter  ce qui s'annonçait comme étant une brillante carrière de  prof de fac),  ou de couple,(Mélanie, l'amie de Vick  a  découvert simultanément qu'elle était enfin enceinte et que son mari la  trompait), chacune de ses femmes va devoir , le temps d'un été se  frotter aux  autres et faire le point sur sa situation.

Pieds nus est le roman idéal pour  l'été : confortable, il nous plonge immédiatement dans une atmosphère estivale des plus agréables, il comporte son lot  de péripéties, une analyse  psychologique fouillée  sans être lourdingue ni caricaturale,  on s'identifie sans problème à au moins une des héroïnes...
Bref tous les ingrédients  pour passer un excellent moment  et nous faire  patienter jusqu'aux vacances sont réunis !

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Pieds nus

Selon la  tante Liv , il ya  trois sortes de femmes : les soeurs aînées,  les cadettes et celles  qui n'ont pas  de soeur. Un exemplaire  de chaque va cohabiter et panser ses plaies, physiques ou morales  dans un délicieux petit cottage de Nantucket que  Liv a eu la bonne idée de léguer à ses  nièces, on peut trouver pire comme endroit !51Q5t4jBThL._SL500_AA240_.jpg
Trois femmes descendent  donc d'un avion et chacune d'elles  va attirer l'attention de  Josh,  aspirant écrivain  qui va bien vite entrer dans leur vie comme baby-sitter des deux jeunes fils de  Vick, la soeur aînée  et saura bientôt se rendre indispensable  aux yeux de chacune.
Qu'elle ait des problèmes de santé(Vick lutte contre un cancer), de boulot (Brenda, la cadette,  vient  de saboter  ce qui s'annonçait comme étant une brillante carrière de  prof de fac),  ou de couple,(Mélanie, l'amie de Vick  a  découvert simultanément qu'elle était enfin enceinte et que son mari la  trompait), chacune de ses femmes va devoir , le temps d'un été se  frotter aux  autres et faire le point sur sa situation.

Pieds nus est le roman idéal pour  l'été : confortable, il nous plonge immédiatement dans une atmosphère estivale des plus agréables, il comporte son lot  de péripéties, une analyse  psychologique fouillée  sans être lourdingue ni caricaturale,  on s'identifie sans problème à au moins une des héroïnes...
Bref tous les ingrédients  pour passer un excellent moment  et nous faire  patienter jusqu'aux vacances sont réunis !

Pieds nus, Elin, Hilderbrand, Editions Jean-Claude  Lattès, 432 pages ensoleillées.

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L'événement

"J'ai fini de mettre en mots ce qui m’apparaît comme une expérience humaine totale, de la vie et de la mort , du temps, de la morale et de l'interdit, de la loi, une expérience vécue d'un bout à l'autre du corps."

L'attente du résultat d'un test de dépistage du sida replonge la narratrice dans "la même horreur et la même incrédulité" qu'en  1963 , étudiante en Lettres,  lorsqu'elle attendait de savoir si elle était enceinte ou non.
Cette grossesse non désirée interroge d'abord son rapport au corps et à la sexualité: "Dans l'amour et la jouissance, je ne me sentais pas un corps intrinsèquement différent de celui des hommes." mais aussi son origine sociale modeste, dont elle pressent confusément que cette grossesse est l’aboutissement inéluctable. Comme elle le dit crûment : "J'étais rattrapée par le cul  et ce qui poussait en moi  c'était, d'une certaine manière, l'échec social."
Cette pauvreté et l'impossibilité de  solliciter l'aide des ses parents, trop de honte, va la mener dans une quête distanciée, sans lyrisme et sans colère d'un solution, bien évidemment illégale à l'époque, pour qui n'a ni moyens financiers, ni relations.
La violence à la fois verbale et/ou implicite des hommes est à proprement parler insoutenable.  Entre l' "ami," qui se complaît dans la souffrance de la narratrice, le médecin qui joue de son savoir en lui prescrivant des injections dont Annie Ernaux découvrira plus tard qu’elles avaient l'effet inverse de celui qu'elle recherchait ,ou bien  l'interne qui malmène la jeune femme, dont il ignore a priori qu'elle est étudiante "J'ai dû penser que c'était ma faute s'il s'était conduit violemment : il ne savait pas à qui il avait affaire.", on a l'embarras du choix.
Annie Ernaux revient sur cet Événement autour duquel elle a longtemps tourné  et nous propose un livre terrible et implacable dont la lecture est plus que jamais indispensable.

 

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