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15/09/2017

Etre ici est une splendeur...en poche

"En s'écroulant, elle dit "Schade". C'est son dernier mot.ça veut dire dommage.
   J'ai écrit cette biographie à cause de ce dernier mot. Parce que c'était dommage. Parce que cette femme que je n'ai pas connue me manque. Parce que j'aurais voulu qu'elle vive. Je veux montrer ses tableaux. Dire sa vie. je veux lui rendre plus que justice: je voudrais lui rendre l'être-là, la splendeur."


Pas d'étiquette normative rangeant Paula Becker dans un quelconque mouvement pictural, pas d'analyse picturale classique, pas de dramatisation façon Hollywood, mais le récit parfois troué de "brèches" dans lequel se lit ce que Marie Darrieusecq "en perçoit, un siècle après, une trace." Une subjectivité pleinement assumée donc pour brosser le portrait de cette femme qui s'affirme en tant que telle dans un monde encore corseté et dominé par le regard masculin porté sur le corps des femmes.marie darrieusecq
Paula Becker (1876-1907), qu'on devine joyeuse, pleine de vie , est attirée par Paris où elle fera de fréquents séjours et peint avec ardeur (80 tableaux en un an !) des portraits qui n'ont rien à voir avec les normes de l'époque.Elle est la première femme à avoir réalisé son autoportrait nue et semble aimer son corps et pas tellement le mariage. Elle mourra quelques jours après avoir donné naissance à son premier enfant.

C'est dans le dernier tiers de cette biographie intense, aussi intense que le fut la vie brève de Paula Becker, que nous apprenons comment Marie Darrieusecq a rencontré l’œuvre cette artiste peintre, quasi inconnue en France . Une artiste dont les thèmes (et la façon de vivre) ne pouvaient que faire écho à ceux qui irriguent l’œuvre de l'auteure de Le bébé : l'identité féminine, le corps des mères et des bébés, la place laissée aux artistes femmes encore aujourd'hui (un tableau de Paula Becker était relégué dans le sous-sol d'un musée...).
On ressent beaucoup d'empathie, voire d'amour dans ce texte.

13/04/2016

Fairyland...en poche

 

 

*Fairyland, Alysia Abbott.Récit très émouvant et intéressant d'une femme qui revient sur son enfance et son adolescence aux côtés d'un père, poète homosexuel, qui décèdera du sida. Une relation très forte, qui ne va pas sans heurts, la narratrice se rendant compte a posteriori des sacrifices amoureux qu'a fait son père face à l'intransigeante ado qu'elle était. L'occasion aussi de découvrir la manière violente et honteuse dont on traitait les gays aux débuts de l'épidémie de Sida.alysia abbott

20/03/2016

Etre ici est une splendeur

"En s'écroulant, elle dit "Schade". C'est son dernier mot.ça veut dire dommage.
   J'ai écrit cette biographie à cause de ce dernier mot. Parce que c'était dommage. Parce que cette femme que je n'ai pas connue me manque. Parce que j'aurais voulu qu'elle vive. Je veux montrer ses tableaux. Dire sa vie. je veux lui rendre plus que justice: je voudrais lui rendre l'être-là, la splendeur."


Pas d'étiquette normative rangeant Paula Becker dans un quelconque mouvement pictural, pas d'analyse picturale classique, pas de dramatisation façon Hollywood, mais le récit parfois troué de "brèches" dans lequel se lit ce que Marie Darrieusecq "en perçoit, un siècle après, une trace." Une subjectivité pleinement assumée donc pour brosser le portrait de cette femme qui s'affirme en tant que telle dans un monde encore corseté et dominé par le regard masculin porté sur le corps des femmes.marie darrieusecq
Paula Becker (1876-1907), qu'on devine joyeuse, pleine de vie , est attirée par Paris où elle fera de fréquents séjours et peint avec ardeur (80 tableaux en un an !) des portraits qui n'ont rien à voir avec les normes de l'époque.Elle est la première femme à avoir réalisé son autoportrait nue et semble aimer son corps et pas tellement le mariage. Elle mourra quelques jours après avoir donné naissance à son premier enfant.

C'est dans le dernier tiers de cette biographie intense, aussi intense que le fut la vie brève de Paula Becker, que nous apprenons comment Marie Darrieusecq a rencontré l’œuvre cette artiste peintre, quasi inconnue en France . Une artiste dont les thèmes (et la façon de vivre) ne pouvaient que faire écho à ceux qui irriguent l’œuvre de l'auteure de Le bébé : l'identité féminine, le corps des mères et des bébés, la place laissée aux artistes femmes encore aujourd'hui (un tableau de Paula Becker était relégué dans le sous-sol d'un musée...).
On ressent beaucoup d'empathie, voire d'amour dans ce texte et on se réjouit d'avance de l'exposition -première monographie à laquelle a participé Marie Darrieusecq- consacrée à cette artiste clic.

être ici est une splendeur, Marie Darrieusecq, P.O.L 2016, 148  pages constellées de marque-pages. Un coup de cœur !

marie darrieusecq

 

26/10/2014

Sept femmes...en poche.

"Il s'agit de poser les mains sur le monde, afin de s'y tenir et de faire un sort  à cette irréalité qui menace à tout moment de nous engloutir et de nous dissoudre."

"Sept folles". "Allumées". "Insensées"."Imprudentes". qui osèrent écrire, à leur façon ,dans un monde littéraire dominé par les hommes. Obligées parfois de recourir à un pseudonyme masculin, ne connaissant souvent la reconnaissance de leur milieu que de manière posthume, elles ont souffert dans leur chair et dans leur âme pour assouvir cette nécessité : écrire. Elles ont pour nom Emily Brontë, Marina Tsvetaeva, Virginia Woolf, Colette, Sylvia Plath, Ingeborg Bachmann et Djuna Barnes.lydie salvayre
Dans une période sombre de sa vie, comme elle le précise dans la préface, Lydie Salvayre avait perdu le goût d'écrire mais, heureusement, pas de lire.Elle se replongea donc dans l’œuvre de ces femmes puissantes  , "Il me fallait de l'air, du vif. ces lectures me l'apportèrent."puis dans leur biographies, leurs lettres, leurs journaux intimes, s'appropria ce qu'elle avait auparavant dédaigné.
Les textes qu'elle consacre à chacune de ces femmes sont emplis de ferveur et d'émotion, de détails (que pour la plupart j'ignorais  )et qui nous les rendent encore plus présentes. L'avis d'une psychiatre de formation prend aussi d'autant plus de relief quand il s'agit de décrire les "traitements" infligés à Sylvia Plath par le corps médical de l'époque...
Seules m'étaient inconnues Ingeborg Bachmann et Marina Tsvetaeva et je dois avouer que je suis restée hermétique à leur écriture un peu trop lyrique à mon goût, au vu des citations proposées par L. Salvayre. il n'en reste pas moins que ce recueil est tout bruissant de marque-pages et qu'il m'a donné une furieuse envie de relire Brontë, Woolf, Barnes et Colette que je n'ai pas fréquentées depuis longtemps...

Le billet de Mior.

14/10/2014

Niki de Saint Phalle

"Tu es donc une de ces femmes d'écrivains qui font de la peinture ? "

De Niki de Saint Phalle je ne connaissais que les nanas de la fontaine de Beaubourg, une photographie la montrant tirant  au fusil sur ses toiles, l’inceste subi, son  premier mariage avec Harry Mathews et ses amours tumultueuses avec Tinguely. Quelques vagues clichés donc.bernadette costa-prades
L'expo du grand palais, que je ne désespère pas d'aller voir, m'a donné envie de découvrir plus avant cette femme et cette artiste que je devinais hors-normes.
Bernadette Costa-Prades, dans cette biographie d'une centaine de pages, choisit de s'appuyer principalement sur le texte de Catherine Francblin,Niki de Saint Phalle, la révolte à l’œuvre, Éditions Hazan 2013 et sur les textes autobiographiques de l’artiste. Le parti pris d'interpeller directement, en la tutoyant, par delà la mort, cette auteure d'utopies collectives , surprend de prime abord mais le lecteur se laisse facilement emporter par un texte fluide qui sait tout à la  fois souligner la singularité du parcours de l'artiste et de la femme.
On frémit quand on lit qu'un psychiatre a brûlé la lettre où le père de Niki  se repent d'avoir imposé l'innommable à sa fille, on  comprend mieux la relation qui l'unit à ses enfants, qu'elle confia à son premier mari, tout en continuant à les voir régulièrement, on admire l'énergie, l'inventivité et la liberté d'une créatrice qu'il ne faut pas réduire à ses seules Nanas gaies,colorées et puissantes. Une très bonne introduction à petit prix.

Niki de saint Phalle, Bernadette Costa-Prades, Libretto.6.70 euros.

03/03/2013

Le dernier amour de George Sand...en poche

"La soumission lui est étrangère."

Que connaît-on des amours de George Sand ? Principalement ses liaisons passionnées avec Musset et Chopin. Mais face à ces deux grands artistes le graveur Alexandre Manceau pourrait faire piètre figure. Il n'en reste pas moins que cet homme jeune -il  a trente-deux ans, George, quarante-cinq- va devenir le chevalier-servant de cette femme extra-ordinaire qui, par nature, rejette le conformisme car "simplement, la contrainte extérieure n'a pas de prise sur elle. "evelyne bloch-dano
Dans Le dernier amour de George Sand, Evelyne Bloch-Dano bat en brèche les clichés qu'on attache systématiquemenyt à l'auteure de La petite Fadette : "La bonne dame de Nohant"! ces mots respirent la condescendance et ensevelissent l'artiste sous les oripeaux de la dame patronnesse" ; quant à son âge avancé -pour l'époque! - et à son prétendu manque de créativité: "La femme de quarante-six ans qui a pris ses quartiers d'automne à Nohant est un écrivain fécond, une femme pleine de vitalité !"
Nous avons donc ici une biographie passionnante, pleine d'émotion,  qui se dévore comme un roman car le texte est riche d'informations , d'empathie et d'enthousiasme et possède un style chatoyant qui emporte l'adhésion du lecteur. Ni hagiographie, l'auteure ne cache rien des difficultés qui ont opposé l'écrivaine à sa fille et les analyse avec finesse, ni tentative de "moderniser" à tout prix cette femme hors du commun , puisant avec bonheur dans la correspondance de George Sand , Evelyne Bloch-Dano rédige une somme qui fera date.

02/02/2013

Garde tes larmes pour plus tard

"Virée de son boulot, plaquée par son amour, rejetée même par la mort."

Envoyée "dégommer" Françoise Giroud lors d'une interview pour un magazine, Alix de Saint André va être émue par cette vieille dame à la fois fragile et bouleversante. "Travaillez, travaillez" tel est le mantra que répète la fondatrice de l'Express à sa jeune consoeur avec qui elle va nouer des liens affectifs.
Ulcérée par les biographies, souvent à charge et truffées d'erreurs, Alix de saint André décide, avec l'appui de Caroline Elliacheff, la fille de Françoise Giroud, de mener une enquête  "fondée sur la trace des mots et de l'encre" , mettant ainsi à jour un manuscrit autobiographique qu'on croyait disparu, texte rédigé après la tentative de suicide  de l'ancienne secrétaire d'Etat.alix de saint andré,françoise giroud
Ni portrait à charge ni hagiographie, Garde tes larmes pour plus tard pointe et tente d'expliquer les  mensonges de cette femme qui avait renié sa judaïté. Le récit de cette enquête s'avère parfois fastidieux et je me suis un peu perdue dans les nombreux membres de la famille de Françoise Giroud, leurs tribulations tant géographiques, qu'affectives.
Alix de Saint André en profite pour souligner les défauts des travaux de Laure Adler et Christine Ockrent, se montrant parfois virulente. Un petit côté redresesuse de torts qu'elle applique également à Madeleine Chapsal, la première femme de Jean-Jacques Servan-Schreiber.
Une lecture en demi-teinte mais qui vient compléter celle, plus ancienne, d'Une femme Libre.

 

30/03/2012

Une fois encore

"Dans une culture où la confession est un moyen d'élargir ses perspectives économiques, un grand déballage aussi tardif ne paraît pas seulement suspect, il tombe aussi désespérement à plat."

Le seul grand "déballage" auquel se livre l'actrice Diane Keaton dans son autobiographie concerne la boulimie dont elle a souffert au début de sa carrière d'actrice, et j'ai beau avoir déjà lu ou entendu des témoignages de boulimiques, j'avoue que j'ai été effarée par les quantités de nourriture qu'elle arrivait à ingurgiter !41C1KDdKkFL._SL500_AA300_.jpg
Les lecteurs friands de détails croustillants concernant l'héroïne d'Annie Hall (tourné deux ans après la séparation de Diane et de Woody Allen !) en seront pour leurs frais ! Pas un seul mot de critique concernant ses amoureux successifs, beaucoup de respect au contraire.
Par contre, l'actrice nous livre d'abondants passages du journal de sa mère à qui elle vouait une profonde admiration et qui n'a pu exploiter ses dons artistiques. Beaucoup d'émotion aussi quand elle nous parle des enfants qu'elle a adoptés passé la cinquantaine.
Il se dégage de ses 308 pages l'image d'une femme peu sûre d'elle, jamais dans le calcul et qui s'étonne  en découvrant que Jack Nicholson lui envoie une partie du pourcentage des recettes de Tout peut arriver ! Une femme pleine de charme, d'une élégance folle,  à mille lieues des actrices figées !

Merci à Ptitlapin de m'avoir donné envie de lire ce livre !

06:00 Publié dans Biographie | Lien permanent | Commentaires (9)

07/10/2011

Séraphine...en poche

51je6Hh00mL._SL500_AA300_.jpgUne biographie lue en prolongement du film de Martin Provost, Séraphine et qui m'avait beaucoup intéressée. Un portrait sensible et fouillé. Une artiste à découvrir absolument.
Un tableau de Séraphine est exposé au LAM de Lille..

séraphine,françoise cloarec

06/01/2011

C'est votre vrai nom ?

"On ne fait rire qu'avec des choses vraies, ou qui pourraient être vraies."

Sylvie Joly égrène ses souvenirs, ce n'est pas à proprement parler une biographie, et on la suit ainsi, de manière parfois une peu hachée, de son "enfance délicieuse" où ellle montre déjà un bel aplomb, affirmant dès l'âge de trois ans, parce qu'elle a peur de la mort "Je n'aime pas le bon Dieu, il fait des cadeaux pourris." aux coulisses des théâtres où elle s'épanouit enfin après avoir fuit une carrière d'avocat.41scrJnUB+L._SL500_AA300_.jpg
Généreuse, elle partage avec nous ses rencontres mais aussi certains textes de ses auteurs favoris (ainsi les remerciements que lui avait écrits son frère Thierry En cas de Molière) ou son hilarant Quasi-questionnaire de Proust.
Le tout se termine sur une note à la fois plus noire mais pleine d'énergie quand apprenant qu'elle est atteinte d'un syndrome parkinsonien, elle s'exclame -Ah c'est quand même une belle merde !"
Un portrait mosaïque plein d'un charme un peu désuet (j'ai noté au passage quelques savoureuses expressions que j'ignorais totalement) et d'un humour parfois vachard ,qui donne envie de rééecouter certains classiques de notre si Joly Sylvie.

Merci Cath !