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09/11/2017

"J'adore la mode mais c'est tout ce que je déteste."

"Elle fait quoi dans la vie ?
-Semblant."

Vachards, lapidaires,égocentriques, excessifs (forcément),hors-sol (souvent),excentriques, snobs, tels apparaissent les personnages anonymes, mais ô combien vivants dont Loïc Prigent a capturé au passage les réflexions ou les dialogues dans le microcosme de la mode.loïc prigent
Et c'est follement drôle. Drôle et souvent méchant, comme autant d'exutoires à une pression ambiante qu'on semble adorer et détester à la fois dans ce milieu.
Une farouche volonté de se mettre en scène se dégage aussi de ces dialogues croqués sur le vif, dont on ne sait parfois s'il faut rire ou pleurer tant le décalage avec nos vies quotidiennes paraît extrême.
Quant au jargon décodé, c'est un pur régal ! à dévorer même si on n'est pas spécialement intéressé par la mode.

249 pages constellé de marque-pages !

"Mon chauffeur est indemne de toute culture."

"C'est une semaine à sept lundis."

"je fais le tri dans mes livres et j'en jette plein. Je ne garde que les exemplaires qu’on m'a dédicacés. Tant pis pour Guerre et paix..."

"J'ai trop pensé, j'ai des courbatures au cerveau."

"Tu ne dis pas importable, tu dis avant-garde.
Tu ne dis pas indécent, tu dis jeu de transparences."

"Je ne reconnais pas. C'était qui à la base ?"

"J’étais ce matin vers huit heures dans la rue et il y avait un monde fou ! Les gens se lèvent hyper tôt en fait . J'hallucine ."

Points Seuil 2017

06:00 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : loïc prigent

19/06/2017

Elvis Cadillac King from Charleroi...en poche

"Tu sais ce qu'il disait, Guitry, quand il en croisait une comme la tienne, avec le cervelet d'Heidi dans les pâturages ? "J'ai échangé quelques idées avec elle. Je m' sens tout vide !"

Sosie officiel - plutôt façon fin de carrière- du King, Elvis, le bien-nommé, est invité à animer l'anniversaire d'une vieille châtelaine.nadine monfils
Flanqué de sa fidèle chienne carlin Priscilla, dotée d'une kitschissime banane rose (postiche), le voilà qui donne un peu de rêve à la vieille dame. Las, cette dernière est bientôt retrouvée morte. Nombreux sont les membres de sa famille, plus fins de race et antipathiques les uns que les autres, qui auraient bien pu accélérer le trépas de la riche mamie.
Dans ce polar façon Frédéric Dard, l'enquête importe peu. C'est la langue truculente de Nadine Monfils qui mène la danse, agrémentant de notes de bas de pages savoureuses toutes les références belges ou non. Fiction et réalité s’entremêlent dans une joyeuse sarabande où l'on ne sait plus laquelle dépasse l'autre.
Les personnages rivalisent de foldinguerie , mais sous des dehors parfois outranciers, révèlent aussi une réelle culture. Qui aurait cru qu’Elvis parviendrait à résoudre deux énigmes grâce à un roman peu connu de Camus ? Vous le voyez, Nadine Monfils a plus d'un tour dans son sac et Elvis, sous des dehors un peu benêt en a sous la  banane !
Certains feront peut être la fine bouche, perso, je me suis régalée !

La suite vient de paraître.

 

 

 

25/05/2017

Safari dans la bouse et autres découvertes bucoliques

"Frimez en société : "Nous sommes dans la merde jmarc giraud,roland garrigueusqu'au cou, c'est pourquoi nous marchons la tête haute." Dario Fo, homme de théâtre italien , prix Nobel 1997."

C'est dans ma voiture, en écoutant Marc Giraud expliquer avec enthousiasme dans l'émission de France Inter "La tête au carré" le microcosme passionnant qu'est une bouse de vache que j'ai été ferrée.
Découvrir que "Les poissons perroquets expulsent régulièrement des matières fécales blanchâtres très minérales, qui s'accumulent  et forment en partie ...le sable fin des idylliques plages tropicales immaculées" m'a emplie de joie, tout comme la plante carnivore "qui fait office de fosse septique désinfectante pour la chauve-souris !" exemples, que je pourrais multiplier à loisir !
Je n'ai  donc pas été déçue par ce petit livre (par la taille) rempli d'humour, d’informations insolites mais aussi très sérieuses car les déjections sont souvent à la base d'écosystèmes qui sans elles, disparaissent. ,
Les illustrations malicieuse de Roland Garrigue ajoutent au plaisir de la lecture.

Pour les petits et grands curieux ! Et zou, sur l'étagère des indispensables!

 

Éditions Delachaux et Niestlé .

13/05/2017

Une putain de catastrophe...en poche

"Les Wilson sont dans une impasse linguistique.Vous, Jeremy, investirez leur mariage. Vous allez, pour ainsi dire, bivouaquer sur leur champ de bataille conjugal.
-Seigneur ! s'exclama Cook. je préfèrerais conduire un camion charge de nitroglycérine."

Au chômage, le linguiste Jeremy Cook est embauché par L'Agence Pillow, cabinet de conseil conjugal,dont la particularité est d'envoyer à demeure un spécialiste du langage pour régler les conflits entre époux.
Au bord de la rupture, les Wilson voient donc débarquer celui qui, à première vue, paraît à mille lieues de comprendre la situation, étant lui-même un célibataire endurci .David Carkeet
Malentendus sur des pronoms, attentes totalement opposées, Jeremy observe, interroge et, tout en suivant la plus bizarre des méthodes, met à jour  les mines anti-mariages susceptibles d'exploser à la plus petite occasion.  C'est drôle, acéré, souvent pertinent et chacun se reconnaîtra dans l'un des motifs de dispute ou d’insatisfaction évoqués dans ce roman.

Une putain de catastrophe, David Carkeet

08/03/2017

Le fight club féministe /manuel de survie en milieu sexiste

"Des études montrent que lorsque des hommes proposent leur aide, ils le font le plus souvent en public et s'assurent que ça se remarque, alors que les femmes le font beaucoup plus discrètement."

 Elles sont jeunes, elles ont fait des études, elles sont compétentes , mais manque de chance, ce sont des femmes qui bossent dans des entreprises diverses où les hommes blancs sont majoritaires.
Forcément, ces jeunes femmes en ont assez  qu'on leur pique leurs idées et leurs promotions , tout ça pour un salaire inférieur à celui des hommes. Dans un premier temps, elles se réunissent pour échanger leurs impressions, leurs expériences et se soutenir mutuellement. C'est ainsi qu'est né le premier Fight Club Féministe , comme nous le raconte avec humour l'autrice de ce manuel  bourré d'informations,d'humour et de stratégies pour prendre confiance en soi, adopter les bons comportements, ne pas gaspiller ses efforts, voire argumenter pour demander une augmentation.jessica bennett
Dénonçant les préjugés que nous avons tous et toutes, valorisant la sororité, mais aussi la fraternité, Jessica Bennett nous incite à arrêter de nous dévaloriser, étayant ses propos d'informations, de citations mais aussi de conseils , illustrés par des exemples concrets, voire de son expérience personnelle.
Les illustrations et la mise en page contribuent à donner un petit air décontracté à ce manuel qui n'est jamais austère ni dans la forme ni dans le fond.
Un indispensable que je vais de ce pas offrir à ma fille !

Le fight club féministe /manuel de survie en milieu sexiste, Jessica Benett, traduit de l'anglais par Géraldine  d'Amico et  Cyrielle Ayakatsikas, illustrations de Saskia Wariner  avec hHllary  Campbell, adaptées par  Raphaëlle Faguer pour la version française. Éditions Autrement 2017

 

17/02/2017

De la joie d'être bordélique

Un titre accrocheur, une couverture foutraque attrayante, voilà qui m'avait donné envie de lire cet anti -art du rangement.
Hélas, à part quelques arguments, souvent répétés et sans grande originalité, si l'auteure brocarde la papesse du rangement qui préconise de remercier les objets dont nous n’avons plus l'utilité, le discours tourne court et vire plutôt à l'éloge de la société de consommation  et du shopping (adresses incluses). Déception donc. D'autant que le langage , peu châtié, devient vite lassant.Jennifer McCartney

Jennifer McCartney

06:00 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : jennifer mccartney

02/02/2017

Le grand n'importe quoi...en poche

-Si possible, il faudrait éviter le centre. Il y a des culturistes à mes trousses, des policiers à ma recherche, des extraterrestres sur mes talons, et le père Cadick qui patrouille avec sa carabine."

Bienvenue (ou pas) à Gourdiflot-le-Bombé, sa rue du Poney myope, son impasse du Marcassin Boiteux et ses habitants tous plus frappadingues les uns que les autres. Arthur aurait sans doute mieux fait de refuser l'invitation de Framboise, cela lui aurait éviter de se retrouver coincé dans une boucle temporelle, "pour vivre des situations toujours plus humiliantes" en compagnie de lémuriens et de quelques extraterrestres. L'occasion pour lui de trouver un sens à sa vie et accessoirement à la nôtre. Oui, rien que ça.j.m. erre
Il faut pas mal de culot pour oser intituler son roman Le grand n'importe quoi car si le contenu n'est pas à la hauteur des objectifs,le titre risque de se retourner contre son auteur !
Et pourtant , le pari est tenu: J.M.Erre s'en prend cette fois à l'univers des romans et films de science-fiction qu'il passe à la moulinette et secoue dans son shaker déjanté , y ajoutant quelques zeugmas "puis il prit en même temps une bouteille et un air menaçant", un soupçon de virelangue "un grand gras à gros goitre", force personnifications et autres ingrédients pleins d'humour dont il a le secret.
On pourra regretter une petite baisse de forme vers la fin ,qu'une pirouette de dernière minute ne parvient pas vraiment à sauver, mais c'est un bon moment de lecture déjantée dont on aurait tort de se priver.

 

29/11/2016

30 ans (10 ans de thérapie)

"Pour ceux que ça intéresse, l'intégralité de la biographie de ma mère est disponible en live chez elle tous les dimanches vers 15 h30. (Et en version longue non censurée à chaque Noël)."

Nora Hamzawi, je l'avais quelques fois entendue sur France Inter,j'avais même lu quelques unes de ses chroniques dans Grazia (oui, ça m'arrive de lire Grazia et chez moi, pas dans une salle d'attente). Mais de là à lire ce "journal d'une trentenaire névrosée" regroupant ses meilleures chroniques, enrichi même d'inédits, ce n'était pas gagné d'avance. Et pourtant, j'ai dévoré.nora hamzawi
J'ai souri, j'ai admiré son culot (aucun sujet tabou), son autodérision permanente, son regard amusé, tendre et vachard porté à la fois sur elle-même et sur des situations du quotidien que nous avons toutes connues, trentenaires ou pas.
Le récit  du plombier qui lui explique comment ne pas boucher son sanibroyeur m'a fait hurler de rire! Ses coups de gueule ( in petto), sa manière de se compliquer la vie en suranalysant tout ou presque m'ont réjouie au plus haut point ! Quant aux illustrations de Anna Wanda Gogusey, elles sont en parfaite harmonie avec le ton du livre ! Un pur plaisir dont on aurait tort de se priver !

Merci à Madame ma fille qui m'avait conseillé de tenter l'expérience car elle-même avait beaucoup ri au spectacle de Nora Hamzawi ! Évidemment, le livre va filer chez elle :)

  • 30 ans (10 ans de thérapie), Nora Hamzawi, Editions Mazarine 2016 , 188 pages réjouissantes !

06:00 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : nora hamzawi

24/10/2016

Le linguiste était presque parfait...en poche

"Hoosier: subst, étymologie obscure et ennuyeuse. Crétin de Blanc assorti d'une grasse épouse blanche qui mange des légumes verts, accroche un silencieux à son pot d'échappement à l'aide d'un cintre, et laisse traîner des réfrigérateurs dans son jardin pour que des enfants s'étouffent à l'intérieur."


Quoi de plus calme en apparence qu'un institut de linguistique étudiant le langage des nourrissons ? Et pourtant, outre leurs inimitiés, l'intérêt maniaque porté aux mots prononcés , ces charmants linguistes doivent aussi penser à l'avancement  de leurs carrières professionnelles , de leurs projets amoureux, veiller au maintien des subventions qui leur sont accordées , voire même sauver leur peau. En effet, l'un d'entre eux vient d'être assassiné. Jeremy Cook va mener sa propre enquête sur le meurtre de son collègue de manière bien peu orthodoxe, utilisant ce qu'il connaît le mieux : la linguistique !david carkeet
Le microcosme évoqué  dans  ce nouveau roman de David Carkeet n'est pas sans rappeler celui de David Lodge mais avec des personnages encore plus farfelus et  déjantés qui parviennent à rendre la linguistique follement attrayante (ce qui n'est pas une mince affaire, vous l'avouerez !). L'auteur joue à merveille des oppositions entre ses personnages et nous entraine avec un sérieux imperturbable dans un monde où les énigmes dignes de Gaston Leroux sont résolues grâce à des signaux linguistiques ! Un monde fou fou fou qui nous distrait avec intelligence et bonne humeur !

Le linguiste était presque parfait, David Carkeet, traduit de l'anglais (E-U) par Nicolas Richard, Monsieur Toussaint  Louverture 2013, 287 pages .Points Seuil 2016.

 

 

 

 

 

05/10/2016

Le journal intime de Baby George

"Maman est tellement épuisée par Ringo qu'elle a un mal fou à rester éveillée. Heureusement, Dada lui a appris à dormir les yeux ouverts, comme une crevette, un truc qui se transmet de génération en génération. Maman est ravie d'y être arrivée. Elle dit qu'elle n'a pas le moindre souvenir de la journée mais ça ne se voit pas du tout sur les photos."

Pas besoin d'être abonnée à Point de vue pour craquer sur le trop mignon Baby George ! Aussi, me suis-je précipitée sur son journal intime "Le meilleur livre d'une enfant de deux ans que j'ai lu cette année." comme l'affirme la citation apocryphe de Huhg Grant. Je confirme.clare bennett
Seule une anglaise pouvait trouver le ton juste pour dépeindre les coulisses de la famille royale britannique, s'en moquer gentiment et la rendre infiniment sympathique. Les chahuts des frères et belle-sœur, les tiraillements de la jalousie de George envers la petite sœur à naître, sans oublier la nuée de conseillers improbables qui entoure la royale famille, tout cela est délicieusement croqué  et nous fait passer un excellent moment ! à (s') offrir sans plus attendre !

 

Le journal intime de Baby George, Clare Bennett, traduit de l'anglais par Géraldine d'Amico, Autrement 2016.

clare bennett