Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/05/2014

Sans voix

"Et elle se demanda pourquoi un livre devrait remporter ce foutu prix auquel elle participait à moins d'avoir une chance de faire comme la pièce de Shakespeare à l'instant : revenir à la mémoire d'une personne lorsqu'elle voulait pleurer mais n'y arrivait pas , ou voulait réfléchir mais ne réussissait pas à penser clairement, ou voulait rire mais ne voyait aucun motif de gaieté."

 

Bienvenue dans l'univers absurde d’attribution des prix littéraires anglais ! Là, tout n'est que chaos et tractations, passe-droits, égos surdimensionnés et discours amphigouriques. On y croisera un livre de cuisine indienne promu au grade de roman, un ou deux plagiats, des romans écossais  sans oublier tout le monde de l'édition et des auteurs , plus vrais que nature !edward st aubyn,attribution d'un prix littéraire
Ce roman débridé cavale à toute allure , multipliant les coups de griffes mais avec une certaine tendresse  au demeurant pour ceux qui défendent, malgré tout, cet univers du livre. Une satire qui, bien évidemment, ne pourrait s'appliquer au monde des lettres françaises...

Sans voix, Edward St Aubyn, traduit de l'anglais par Jacqueline Odin, C. Bourgeois 2014, 218 pages bruissantes de marque-pages.

Le duo d'enfer a encore frappé : Cuné, Clara !

23/05/2014

Literary life

"Reste , Charlotte ! ...Tu ne peux pas me laisser tomber maintenant, je n'ai pas terminé mon roman-j'ai besoin de ton malheur !"

Parues chaque samedi dans The Guardian rewiew, Literary Life (mais pourquoi diable avoir gardé le titre en VO ?), ces chroniques ont comme sujet imposé la vie des lettres. Sujet que connaît bien Posy Simmonds puisqu’elle l'avait déjà abordée, sous des angles différents avec Gemma Bovery (bientôt au cinéma avec Gemma Arterton et Fabrice Luchini) et Tamara Drewe (porté à l'écran par Stephen Frears).
Petites librairies indépendantes, supermarchés du livre, rivalités entre auteurs, ateliers de creative writing, autant de figures imposées dont Posy Simmonds se tire avec brio. On appréciera aussi son art de la satire avec le duo Dr Derek/ Nurse Tozer, graphisme tout droit sorti des sixties, qui soigne avec abnégation les affres des créateurs (le syndrome du deuxième roman) ou débusquent sans pitié les cas de posy simmondsplagiat"Hoquetmingway" ou "toux rgueniev"!
Traquant les petitesses et les faiblesses des écrivains sans méchanceté, Posy Simmonds souligne aussi les a priori concernant les auteurs jeunesse ou montre  la "torture" que peuvent être les interventions dans les classes ou les séances de dédicaces sans lecteurs... C'est dessiné avec tendresse et empathie, et ça se lit tout seul ! Une BD à savourer à petites gorgées pour mieux l'apprécier.

Literay Life, scènes de la vie littéraire, Posy Simmonds, traduit de l'anglais par Lili Sztajn & Corinne Julve, Denoël 2014.

06:00 Publié dans BD, Humour | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : posy simmonds

22/05/2014

Les gens sont les gens

"Sa femme, malheureuse depuis trop longtemps, avait clairement pété une durite.ça marchait comme ça, le malheur. Il nous faisait dérailler.à la fin, il nous tuait. Mais , avant ça, il nous faisait dérailler."

Sur une impulsion , parce que "C'est pas tolérable une souffrance pareille...Il faut que ça s'arrête , la souffrance !" Nicole, psychanalyste de 57 ans enlève Foufou, porcelet de quelques mois,  à son enfer campagnard,le fourre dans sa voiture et le ramène dans son très chic appartement parisien.
Cette rencontre improbable va générer toutes une série de situations cocasses et faire basculer la vie de Nicole et de certains de ses patients du côté ensoleillé de la vie.stépahen carlier,le roman antidépresseur
Roman à l'écriture parfois un peu trop oralisée,( un "je m'en rappelle" m'a même fait sursauter...), au rythme enlevé (149 pages), Les gens sont les gens remplit parfaitement son office : nous distraire et nous faire sourire, sans prétentions.
"Le roman antidépresseur", annonçait le bandeau, je n'irai pas jusque là mais j'ai effectivement passé un excellent moment avec Foufou que Stéphane Carlier a parfaitement croqué, au sens figuré, bien sûr !

13/05/2014

Tout se mérite

"-Non, ça ne va pas en "métaux". D'abord voutchfaut contacter le fabricant pour savoir si l'alliage utilisé contient moins de 3,5% de tungstène et puis le revendeur pour qu'il confirme que la vente est postérieure à mars 2003. Et ensuite revenir ici avec un certificat complet, daté et visé par la préfecture. Pour commencer."

Voilà pour le passage à la déchetterie ! Tout se mérite , affirme Voutch sur la couverture de cet opus où un couple sourit, façon puzzle.
Et de passer en revue les applications de portable, le "coming out" sauvage en deux minutes top chrono, sur arrière plan de réception à la campagne, le cynisme et la bêtise des banquiers exposés crûment, les thérapies, les implants capillaires, le refus d'être un objet sexuel, l'art de présenter la tromperie et les enfants hors-mariage comme " contribution personnelle à la biodiversité", bref un joyeux panel de nos obsessions contemporaines !
Quant aux dessins, ils sont toujours aussi précis dans les détails, aussi beaux à regarder et le contraste entre l'harmonie du décor et l’aspect corseté des personnages toujours aussi efficace ! Éclats de rires garantis !

 

Déniché à la médiathèque !

06:00 Publié dans BD, Humour | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : voutch

29/03/2014

Mes élèves sont formidables

dominique resch200 perles entendues en classe

 Qu'ils soient prudents comme Hédi , 10 ans s'enquérant : "-M'sieur, si on rigole quand vous vous fâchez, est-ce que vous pouvez avoir le sens de l'humour ? ", pleins de fraîcheur comme Lou, 9 ans "-Ma grand-mère, elle s' habille toujours en noir, mais je ne sais pas si c'est une gothique.", rapporteurs comme Florian , 17 ans "-M'sieur, faites gaffe Lui, c'est un vrai vicieux. Il travaille mais il ne le dit pas.", tous les bons mots recueillis de l'école primaire au lycée nous font bien rigoler !
J'avoue avoir tendance à préférer les réflexions candides des élèves plus jeunes, révélant parfois , involontairement, au passage des indiscrétions sur la vie de leurs parents (ou des difficultés économiques, malheureusement) que celles des lycéens car trop proches sans doute de ce que je peux moi-même entendre : "-M'sieur, vous avez de ces questions !" . Mais je me suis bien amusée et j'ai dévoré d'une traite ce collier de "perles" témoignant aussi d'une belle inventivité langagière et d'un regard souvent aigu sur le monde !

Un petit plaisir à (s')offrir 
 

Mes élèves sont formidables, Dominique Resch, Éditions Autrement 2014  141 pages et des illustrations de Zep. (celle de couverture est particulièrement réussie !)

06:00 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : dominique resch

03/03/2014

La fin du monde a du retard

"-Tu peux compter sur moi. Dès que j'ai sauvé le monde, je me lance dans une opération vide-greniers."

 Alice et Julius, deux amnésiques, s'échappent de la clinique psychiatrique où il sont traités. Alice est totalement dénuée d'émotions et Julius est persuadé qu'un terrible complot menace l'humanité.Pour le déjouer, il leur faudra s'emparer d'un mystérieux Codex et échapper aux nombreux poursuivants qui sont à leurs trousses. Cette "quête qui tourn[e]à la collection de désaxés", enchaîne les"péripéties d'anthologie alliant surprise épique et burlesque échevelé" contient, au bas mot,  une trouvaille humoristique par page ! Mais comment fait-il ? j.m. erre
D'autant que, mine de rien, c'est toute une réflexion enjouée et intéressante qui s'intercale avec bonheur entre les épisodes de cette folle course-poursuite ,sur la nécessité de fictionnaliser nos existences. Clins d’œil en tous genres  (les frères Volfoni des Tontons flingueurs !) trouvailles langagières, commentaires sur le récit qui se met en place sous les yeux du lecteur ,font de ces 400 pages un pur bonheur de lecture! Et zou, sur l'étagère des indispensables !

 La fin du monde a du retard, J.M.Erre, Buchet-Chastel 2014.

 L'avis de Cuné qui a porté le premier coup .

Celui de Clara qui a été fatal !

27/02/2014

Pourquoi les clefs jouent-elles à cache-cache avec nous ?

"Pourquoi les footballeurs causent bizarre ? [...] Ils font des têtes, parfois la tête. on n'en fera jamais des têtes."

Marion Hirisnger est institutrice en maternelle, mais elle aime toujours les enfants."
Et comme elle est aussi très curieuse , elle s'est penchée sur tous les petits mystères de l'existence, un peu à la façon de Philippe Vandel, mais en privilégiant l'humour aux vraies réponses. Quoique...
Arec sa complice ,auteure de BD dans le civil et illustratrice, Cathy Karsenty, ce sont donc des énigmes du quotidien aussi variées que "Pourquoi les super-héros portent-ils le slip au dessus du collant ?", "Pourquoi est-il si doux de faire semblant de dormir ? "ou "Pourquoi l'avocat médiatique a-t-il le cheveu approximatif ?" qui sont ainsi passées au crible et explicitées avec un bel amour des mots, des gens et de la vie ! On en redemande !marion hirsinger,cathy karsenty

Pourquoi les clefs jouent-elles à cache-cache avec nous ? Marion Hirsinger, Cathy Karsenty, First éditions 2014.

26/02/2014

Le chat assassin s'en va

"Rentre vite à la maison que je puisse t'étrangler"

Se sentant trahi par Ellie, sa petite maîtresse, Tuffy, alias le chat assassin, décide théâtralement de quitter son foyer. à lui l'aventure ! Mais Tuffy aime son petit confort et n'est pas du tout prêt à se nourrir d'un oisillon qu'il n'a même pas tué:" "Ne sois pas si douillet! C'est de la viande.  Toute fraîche. c'est bon et traditionnel. Et tu as vraiment faim."
Hélas ! Mes amis, je suis encore loin d'avoir assez faim""anne fine
Il lui faudra donc se faire adopter et là les ennuis commencent, pour le plus grand plaisir des lecteurs grands ou petits ! Quel plaisir de retrouver Tuffy le roi de la mauvaise foi et toute sa petite famille ! Les dessins  pleins de malice de Véronique Deiss accentuent encore l'humour des aventures de notre chat préféré ! Un petite plaisir à (s) offrir sans faute !

 

Le chat assassin s'en va, Anne Fine, traduit de l’anglais par  Véronique Haïtse, École des loisirs 2014, pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls.126 pages et un final haut en couleurs !

06:00 Publié dans Humour, Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : anne fine

17/01/2014

Série Z ...en poche

"Numérote tes escarres, ça va saigner."

Féru de films de série Z, Félix Zac, adolescent attardé et néanmoins père de famille, commence beaucoup de scénarios, sans jamais les terminer.Un jour pourtant, notre anti-héros achève L'hospice de l'angoisse qui se déroule dans une maison de retraite où cabotinent à qui mieux mieux de vieux acteurs n'ayant jamais accédé à la gloire. Hélas, la réalité va rattraper la fiction et les cadavres du scénario vont tout à fait correspondre à ceux des pensionnaires de la Niche saint-Luc , là où Félix avait précisément situé l'action de son film ...
"Auteur en roue libre, lecteur rend ton livre !" ,prévient , sentencieux, M. hubert C. de knokke-le -Zoute, qui, mis en abîme supplémentaire ,lit le roman en même temps que nous, mais heureusement lui même finalement ne suivra pas ce conseil car auteur en roue libre , livre hors calibre !
Un récit où les péripéties se succèdent en cascade, où les dialogues sont plein de verdeur (les retraités ne possèdent peut être plus leur dentition d'origine mais ils ont cependant la dent dure et même perclus d'arthrose sont dotés d'une énergie à toute épreuve!), où les clins d’œil aux vedettes de la série Z se faufilent en douce aux coins des rues, où les titres mémorables titillent notre mémoire,ne peut que séduire le lecteur, entraîné dans un tourbillon qui ne l'essouffle même pas !J.M. Erre
Félix, homme un peu falot au départ, noyé qu'il est dans un gynécée dont la plus jeune représentante, à savoir sa fille Zoé n'est pas la moins intrépide , va nous réserver bien des surprises. Animateur de blog pour les fondus de nanars , il analyse les thématiques de ces séries Z avec un angle à chaque fois original et hilarant. Qui aurait cru que Max Pécas était "le cinéaste français qui a le mieux su exprimer le carpe diem antique "? ou que "L'hystérie funésienne *reflète l'angoisse métaphysique de l'homme confronté à la disparition de ses repères et à la naissance d'une nouvelle société dont il se sent exclu, et qu'il identifie donc à al barbarie. Tout mais 68  est là, dans les tics de l'adjudant Cruchot devant une jeunesse qui dit merde à l'uniforme en exhibant ses blanches fesses . CQFQ." ?
On sent que l'auteur connaît lui-même par coeur ces films et qu'il éprouve pour eux et leurs acteurs une grande tendresse, tendresse qu'il nous fait partager tout au long de ces pages pleines d'humour et d'énergie. Un livre qui donne une folle envie de regarder cet été quelques uns des titres  gratinés évoqués dans Série Z !

* De Funès et ses fameux gendarmes !

16/01/2014

Les autres, c'est rien que des sales types ...en poche

e Sale Type est protéiforme: Con, Touriste, Imbécile  Heureux, Provincial, Jeune, Pauvre, Végétarien... Il rôde autour de  nous, nous le  côtoyons chaque jour et devons nous en accommoder quand  il se présente sous la  forme de Conjoint ou Commerçant.Bref, le  Sale Type c'est l'Autre. Et il n'échappe  pas à l'oeil acéré et à la plume alerte et élégante de Jacques Alain Bertrand qui le  croque avec une  jubilation de chat gourmand...Émaillant ses portraits de citations et de références culturelles  jamais pesantes l'auteur  nous entraîne avec bonheur dans un monde où sous une forme légère des vérités parfois acides nous sont livrées avec grâce.jacques a. bertrand
En outre,un auteur qui  se fait un copain poisson ,  brait  de  concert avec un âne et caracole avec les chèvres ne peut évidemment que nous être sympathique , surtout quand il termine  son ouvrage par une pirouette qui lui évite de se poser en Homme Parfait ou presque...