23.12.2009

Au pays des vermeilles

"On dirait une abeille qui sent que le soleil décline."

De Noëlle Châtelet, j'avais beaucoup aimé tous les ouvrages , essais ou nouvelles traitant de la nourriture. C'est pourquoi, après avoir quelque peu délaissée cette auteure, ai-je décidé de renouer connaissance avec  Au pays des vermeilles, réflexion autobiographique sur le lien qui se construit, étape après étape, entre Noëlle Châtelet et sa première petite-fille, et de manière plus générale sur cette nouvelle étape de je cite "la palette des métamorphoses féminines."41QvK8KMx9L._SL500_AA240_.jpg
Alors, certes l'écriture toujours aussi belle,  l'auteure essayant de se replacer dans sa propre expérience d'enfant et de nouer aussi le lien entre sa propre mère et cette petite fille qui va s'inscrire dans la lignée familiale. Il n'en reste pas moins qu'on frôle parfois le ridicule, tant il est vrai qu'il en est de même des anecdotes des enfants ou petits enfants des autres comme des séances de diapos d'autrefois : il faut savoir les doser avec précision si on ne veut pas lasser.

Au pays des vermeilles, Noëlle Chätelet, Seuil, 172 pages émaillées d'un peu trop d'anecdotes énamourées.

28.10.2009

Pour toujours...jusqu'à demain

Macy vient de perdre son père mais ne laisse que peu de place aux sentiments qui l'ont envahie depuis ce décès, s'efforçant de devenir "parfaite" pour plaire à son petit ami, le lui même parfait Jason, ainsi qu' à sa mère qui s'efforce elle aussi de devenir une parfaite femme d'affaires pour mieux repousser sa douleur sous le tapis. Toute cette perfection, vous en doutez ne peut que rapidement devenir insupportable .Mais heureusement vont débarquer dans la vie de Macy toute une bande de doux dingues, pleins de vie mais ne correspondant pas forcément aux critères maternels en matière d'amis potentiels...41O6+JXFARL._SL500_AA240_.jpg
Mais tout est bien qui finit bien, la jeune Macy aura juste ébourriffé un peu sa vie avant de reprendre mine de rien, un chemin de vie bien balisé. J'aurais aimé trouver dans ce roman un peu de fantaisie car je l'ai trouvé un peu trop sage . Aussi parfaitement lisse que les cheveux de l'héroïne . Dommage !

 

Sarah Dessen, Pour toujours... jusqu'à demain. Pocket jeunesse.

21.10.2009

dernière morsure

"Je t'aime mais tu es irrécupérable."

C'est un peu par hasard que j'ai emprunté le roman d'Ariane  Fornia Dernière morsure.  D'ordinaire  ce genre de livre, pondu par une jouvencelle d'à peine dix-huit ans, me fait frémir d'horreur, d'autant plus que la demoiselle en question est doublement "fille de" en l'occurrence  fille de Eric Besson (le ministre )  et de Sylvie Brunel, géographe et écrivaine, ex-couple actuellement  sous les feux  de l'actualité. Mais l'avis de  Laure sur son premier roman a su m'intriguer et comme Dernière morsure a  sauté dans mon  sac à la médiathèque, je  n'avais plus qu'à m'incliner.
C'est donc à un- je cite "réjouissant inventaire d'une adolescence" que nous convie l'auteure. Et c'est vrai,  c'est le  sourire aux lèvres  que nous parcourons dans un premier temps  ce catalogue dressé avec verve et férocité par Ariane Fornia, qui est dotée d'un joli  brin de plume. Elle a même l'originalité de ne pas cracher dans la  soupe familiale et de ne pas être dupe de ces révoltes de pacotille. On pense  parfois à Muriel Cerf (Les rois et les voleurs), le baroque en moins, la férocité en plus, mais bien vite l'exercice tourne court et je me suis contentée de  survoler la dernière partie du livre ,  beaucoup moins percutante.51EPMlmEdML._SL500_AA240_.jpg
Une agréable plongée  néanmoins dans ce monde mystérieux des êtres bizarroïdes qui gravitent autour de nous mais dont le catalogue deux ans plus tard paraît déjà terriblement  daté. Histoire de nous rappeler que la roue tourne encore  plus vite que ne le craignait l'auteure.

 

15.10.2009

Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

"Ce dont je parle quand je parle de courir." (traduction littérale du titre)

 

Haruki Murakami est un écrivain dont j'aime beaucoup les romans, même si je ne parviens jamais à les chroniquer...Je me réjouissais de lire cet autoportrait de l'auteur en coureur de fond , même si je ne suis pas sportive, surtout quand j'ai lu cette affirmation" En ce qui me concerne, la plupart des techniques dont je me sers comme romancier proviennent de ce que j'ai appris en courant chaque matin.". Las !je n'ai pas pu aller au-delà de la page 85 ! Trop froid, trop distancié, trop répétitif, j'y aurai juste appris que selon lui, le talent, la concentration et la persévérance sont les qualités essentielles d'un écrivain...Maigre moisson...4161TpjhXoL._SL500_AA240_.jpg

A réserver aux fans absolus. Savourer plutôt Kafka sur le rivage ou Chroniques de l'oiseau à ressort.

Haruki Murakami, Autoportrait de l'auteur en coureur de fond, Belfond 2009, 181 pages.

Ps: pour les amateurs de course, je conseille aussi un roman , d'Alan Siltoe, injustement oublié La solitude du coureur de fond, roman social se déroulant en Grande Bretagne.

07.08.2009

Les petites fées de New-York

"Elle en fait, du chemin, cette fleur."

167 pages. 167 pages avant que j'entre dans ce roman mettant en scène des fées écossaises, cornouaillaises, chinoises, noires et tutti quanti, dans un New-York très contemporain.
"Indigent",* tel est le mot, pas charitable du tout, je vous l'accorde ,qui m'est venu tout d'abord à l'esprit en lisant ce récit haché, passant sans cesse des fées dans la Grosse Pomme, se livrant à des courses -poursuites qui auraient pu être dignes des meilleurs Starsky et Hutch si elles ne tournaient systématiquement court, aux fées restées au pays (comprendre la Grand-Bretagne) et qui elles baignaient dans une ambiance plus traditionnelle, quoi que fortement marquées par les analyses d'un trublion marxiste...Le point commun étant que beaucoup de ces fées (dont certaines sont des hommes, ce qui m'a un peu perturbée au début, mais soyez indulgents, c'était mon premier livre de fées contemporain ) aiment lever le code et forniquer à qui mieux mieux sous les buissons ou au sommet des arbres. Elles ont aussi une fâcheuse tendance à se crêper le chignon, voire à se faire la guerre pour des motifs apparemment des plus futiles et à se mêler ,en ce qui concerne les héroïnes casse-bonbons, Morag et Heather , des affaires des humains, les manipulant tour à tour pour récupérer quelques objets, dont une fleur apparemment indestructible.
Néanmoins quelques personnages surnagent dans cette hystérie étourdissante: Kerry, atteinte de la maladie de Crohn, et surtout l'inénarrable SDF Magenta, vers qui la fleur revient irrésistiblement, qui arpente New-York à la tête de hoplites imaginaires. C'est télescopé, souvent, inabouti parfois, certaines explications étant souvent éludées ou traitées de manière rudimentaires, et je n'ai pas déniché le charme que j'espérais y trouver. Tant pis ! J'aurais néanmoins découvert un genre littéraire cet été !

Les petites fées de New-York, Martin Millar, Editions intervalles, 301 pages bourdonnantes.

* Bon après, j'ai pris le rythme !:)

Merci à Amanda pour le prêt, à Fashion pour avoir fait voler les fées jusqu'à moi.

L'avis-enthousiaste de Chimère qui m'avait donné envie de découvrir cet auteur.

Celui de Chiffonnette.

08.01.2009

Les malheurs de Sophie ou pourquoi je ne suis pas une bonne lectrice de Thriller

Avertissement :ce billet comporte des scènes qui risquent de choquer la sensibilité de certains lecteurs. Ne venez pas vous plaindre.

 

D'abord la couverture, un trèstrès gros plan sur un oeil féminin exorbité par la peur. Sur la pupille une silhouette masculine.En très gros également le nom de l'auteur, Pierre LEMAITRE et passant quasiment inaperçu le titre , pourtant original: robe de marié. Il m'a d'ailleurs fallu un petit moment , agacée que j'étais par les excès de la photo pour remarquer l'absence de "e" à la fin de "marié"...
La quatrième de couv' ensuite. Le narrateur est visiblement un voyeur- manipulateur de première qui jouit de la souffrance de ses victimes, un couple apparemment.51TtbM7d9fL._SL500_AA240_.jpg
Comme souvent dans le thriller, la première scène est destinée à jouer le rôle d"hameçon", voire quasiment de harpon:le lecteur doit être intrigué et embarqué dans l'histoire. Nous n'y coupons pas. Originalité, cette séquence initiale n'attendra pas deux cents pages  pour être expliquée, nous remontons immédiatement le temps pour expliciter cette scène de piétà et là je dis "stop" . Stop car le personnage féminin, prénommé Sophie,réminiscence involontaire de mes lectures enfantines ? , a le don de m'énerver au plus haut point. Je n'éprouve aucune compassion pour la situation dans laquelle elle se trouve et , juste par curiosité,je vais directement à la fin du texte pour lire le dénouement.Pratique choquante, je sais.
Finalement, je reprends ma lecture à la deuxième partie, celle consacrée à Frantz le manipulateur et enchaîne avec la dernière ,"Frantz et Sophie", qui verra une lutte à mort entre les deux personnages.
D'accord, je n'ai pas joué le jeu, mais l'auteur non plus : à plusieurs reprises, il se contente de nous fournir des indications évasives pour se justifier de situations problématiques, alors que les curieuses dans mon genre sont friandes ce genre de précisions*. En outre le personnage féminin m'est apparu comme une sorte de bécassine,( faut pas être fûtée pour laisser son sac à main sur le siège passager d'un véhicule dont les vitres sont ouvertes !),et je suis restée totalement à l'extérieur d'une narration qui aurait pu être efficace si elle avait été plus crédible.Dommage. A la décharge de ce  roman: j'ai laissé tomber dès le début , ou presque , quatre autres romans noirs....

*ça peut toujours servir , héhéh  !:)

L'avis, nettement plus enthousiaste de Cuné , que je remercie  néanmoins pour l'envoi :  un coup de sang de  temps  en temps, ça fait du bien ! :)

17.11.2008

La nostalgie, camarades

Baby-boomers embourgeoisés, Dominique et François, vont , par l'intermédiaire du site "camarades-de-classe.com",renouer avec leur passé, un passé marqué  par mai 68 et la culture communiste.
Au fil des mails échangés, règlements de compte, mises au point, vont se succéder, le tout alimenté par un mystérieux camarade qui  semble prendre plaisir à jeter de l'huile sur le feu...41vP8m0giBL._SL500_AA240_.jpg
J'avoue que , même si  l'érudition  de Didier Daeninckx concernant l'histoire  de la banlieue parisienne et celle du PCF continue à me bluffer  cette évocation de l'évolution des différents camarades de classe m'a  paru bien insipide.Je ne me  suis attachée à aucun personnage,tournant les pages comme si  je feuilletais avec indifférence  un vieil album de photos  trouvé aux Puces. On se prend à regretter le temps  des romans policiers (le semblant d 'intrigue est ici vite éventé), romans où  Daeninckx mettait au jour avec vigueur des pans  entiers d'un passé que beaucoup auraient  voulu enterrer.

Camarades de classe. Didier Daeninckx. Gallimard. 168  pages.

L'avis plus enthousiaste de Serial Lecteur.

 

 

04.11.2008

Une propriété en verre filé

Ayant lu  quasiment toujours avec plaisir les ouvrages de la  collection consacrée aux maisons chez Nil, et me souvenant d'avoir dévoré avec enthousiasme, il y a bien longtemps certes, des romans de Patrick Cauvin*,  c'est le sourire aux lèvres que je commençai la lecture de La maison de l'été.
Si j'y retrouvai , trop rarement à mon goût,  l'humour de l'auteur, ce ne fut pas suffisant pour contrebalancer ses longues énumérations de chansons reprises en choeur par ses amis .Trop de fouillis aussi dans la  "composition" pour  que j'y trouve mon bonheur et bientôt je reposai l'ouvrage...Je n'avais pas réussi à me  faire une petite place dans la maison de vacances de  Patrick Cauvin. Dommage, il me faudra chercher ailleurs !

*Pourquoi pas nous  ? , E=MC2 , mon amour

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13.09.2008

"Tant que coule l'encre il ya de l 'espoir."

Petites phrases  pour traverser la vie en cas de tempête ...et par beau temps aussi,  de  Christine Orban ne vaut que par son titre,  tout le  reste étant d'une banalité affligeante et de surcroît maladroitement exprimé." J'avais découvert que certaines phrases  avaient le pouvoir  de calmer la mélancolie, la tristesse ou le chagrin", affirme-telle en 4 ème de couv.41XZJ2PSRPL._SL500_AA240_.jpg
Pour s'assurer du pouvoir des mots,  lire plutôt le très joli livre de  Françoise Lefevre, Consigne des minutes heureuses , qui n'a  pas  du tout le même but que Madame Orban et possède de surcroît un vrai style, poétique et prenant. "Les mots sont des anges-gardiens.", affirme Françoise  Lefevre. Nous sommes tout à fait d'accord avec elle...

08.09.2008

livre-aspirine ou livre= aspirine ?

Paru chez Héloïse d'ormesson, le dernier livre en date de Lucia Etxebarria n'est pourtant pas un roman.  La 4 ème de couv' nous informe que l'auteure  "nous confie  ses recettes du bonheur" et "nous explique tout simplement comment ne plus souffrir-inutilement-par amour."Rien que ça.
L'entreprise est de taille et un test préliminaire s'avère nécessaire.  L'interprétation des résultats est pleine d'humour mais aboutit -évidemment  dans trois cas sur quatre, à nous inciter à lire Je  ne souffrirai plus par amour. Le 4 ème cas nous conseille : "Fais-toi faire un  examen cytogénétique. Il se peut que tu ne sois pas humaine  à 100%."41Sil46AepL._SL500_AA240_.jpg
La bibliographie de sept  pages serrées de  références sur la  dépendance émotionnelle garantit le  sérieux de l'ouvrage. Lucia a  bien potassé la question et nous épargnera ainsi des heures de lecture. Las! arrivée  avec peine à la page 50,eje  n'avais rien gagné ,juste un mal de tête lancinant. Les robots souffriraient-ils  de céphalée ?

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