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25/08/2020

#Unefaroucheliberté #NetGalleyFrance

"Ravie que des ferments de révolte se multiplient de par le monde. heureuse que le mot "féminisme" soit en pleine renaissance. Confiante dans la capacité des femmes à innover et puiser de la force dans leur parcours d’opprimées. La révolte intacte."

Alors que vient de disparaître Gisèle Halimi , paraissent ces entretiens avec Annick Cojean. Celle qui dès son enfance en Tunisie lutta pour la cause des femmes et se révolta contre l'injustice retrace ici avec la journaliste du Monde les grandes étapes de son parcours d'avocate, de militante féministe, de femme politique également (même si ce ne fut guère une réussite). annick cojean,gisèle halimi
Elle éclaire également ses motivations plus intimes : être aimée par sa mère, ne plus se sentir étrangère en France.
Elle transmet enfin quelques conseils aux "jeunes femmes qui préparent le monde demain": d'abord l'indépendance économique, ensuite l’égoïsme car "Les femmes ont trop souvent le sentiment que leur bien-être doit passer après celui des autres". Elle ajoute également"refusez l'injonction millénaire de faire à tout prix des enfants"car "la maternité ne doit pas être l'unique horizon.""Enfin, n'ayez pas peur de vous dire féministes. C'est un mot magnifique, vous savez. C'est un combat valeureux qui n'a jamais versé de sang."
Une belle énergie pour une femme âgée alors de quatre-vingt-treize ans .

Grasset 2020

16/07/2020

Porter sa voix/ s'affirmer par la parole

"Dans nos formations, le collectif fonctionne comme un miroir  qui pousse l'individu à se questionner sur ses opinions et ses émotions; en s'ouvrant aux autres, il se révèle d'abord à lui-même. Le groupe, s'il partage des valeurs de bienveillance, s'avère alors un appui incomparable: à l'école, pour développer l’intelligence émotionnelle de l’enfant, à l'âge adulte et en milieu professionnel, pour insuffler un esprit collaboratif qui permet aux employés de s'épanouir."

Le documentaire A voix haute (dont le réalisateur est Stéphane de Freitas) a permis de faire connaître  l'association Eloquentia et son concours à l’université de Saint-Denis.
Mais même sans vouloir atteindre le niveau oratoire des candidats de cette épreuve, nous sommes tous amenés à prendre la parole en public,un exercice jusqu'ici peu pratiqué en milieu scolaire. Maintenant que l’Éducation Nationale a instauré davantage d'épreuves orales, quel que soit l'examen, il va bien falloir préparer nos candidats.stéphane de freitas,eloquentia,à vois haute
En ce moment, les publications fleurissent sur ce thème et l'ouvrage Porter sa voix s'avère des plus intéressants car il souligne l’importance du groupe (maximum une quinzaine de personnes) et la nécessité de la congruence entre les idées exprimées et la manière de les porter , tant par son corps que par sa voix.
Après avoir retracé son parcours personnel et exposé le postulat pédagogique de sa méthode, l'auteur nous livre  toute une série d'exercices pratiques, précisant bien l'âge minimum des participants. le tout est émaillé de témoignages et de conseils pour éviter certains écueils aux novices. Un ouvrage qui donne envie de se jeter à l'eau et de tester in vivo !

Éditions Le Robert 2018stéphane de freitas,eloquentia,à vois haute

08/03/2020

#VcommeVirago #NetGalleyFrance

J’ignorais tout de la série Youtube d'Aude GG quand j'ai commencé la lecture de ces 70 portraits de femmes, plus ou moins connues, œuvrant dans des domaines très divers et venant d'horizons géographiques et d'époques très diverses.aude gogny-goubert,adrien rebaudo
Dans la lignée des Culottées, sont ainsi présentées aussi bien des femmes pirates, que des scientifiques victimes de l'effet Matilda (qui désigne le déni ou la minimisation récurrente et systémique de la contribution des femmes scientifiques à la recherche, dont le travail est souvent attribué à leurs collègues masculins, qui sans scrupules s'en sont attribué le mérite), d'une prostituée ou de femmes ayant lutté pour l'émancipation, des femmes remarquables  donc..
Une courte biographie, accompagnée d'un portrait et d'une citation permettent ainsi la découverte de ces héroïnes souvent méconnues et donnent bien évidemment envie de les découvrir davantage.

24/02/2020

Les dessous lesbiens de la chanson

"Les chansons sont parfois bien utiles pour montrer ce que les yeux ne sauraient voir."

Qu'elles soient ouvertement des hymnes saphiques" comme "Ouvre" de Suzy Solidor (chanson dont les deux derniers couplets ont été censurés par sa maison de disques ), qu'elles avancent masquées (évoquant des thèmes qui parlent seulement aux initiées, la couleur mauve par exemple) ou laissent libre court à l'interprétation de l'ambiguïté d'un pronom ou d'une situation, les chansons  véhiculent la réalité parfois cachée, parfois opprimée de l’homosexualité féminine.Classés en quatre grandes parties, ces textes sont analysés tour à tour dans leur individualité, faisant aussi la part belle à la personnalité de leurs interprètes ou de leurs auteurs ou autrices.CVT_Les-dessous-lesbiens-de-la-chanson_59.jpg
C'est ainsi que l'on croise sans surprise Marie-Paule Belle ou Hoshi, mais aussi Anne Sylvestre, Isabelle Mayereau ou Vanessa Paradis dont le fameux Joe le Taxi était en fait une femme liée au monde la nuit lesbienne. Plus surprenant encore, j'ai appris que "Comme un Ouragan " de Stéphanie de Monaco avait été annexé comme "hymne lesbien".
Mais cet ouvrage présente également le grand mérite de mettre en avant de grandes figures du passé, des éclaireuses, des frondeuses qui ont chanté aussi bien la naissance de l'amour que le coule lesbien âgé, comme Pauline Julien avec "Les deux vieilles" (paroles de Clémence Desrochers).
Les dessins, tout en délicatesse et en finesse de Julie Feydel accompagnent ce panorama exhaustif et diablement intéressant dont la bande son est accessible via un QR code. Une magnifique découverte !

Un grand merci aux Editions iXe et à Babeliomasse_critique.jpg

06:00 Publié dans Document | Lien permanent | Commentaires (3)

15/06/2019

Des nuages plein la tête...en poche

"Le temps est un bien précieux. J'ai décidé de mener une vie de luxe alors qu'ici, en estive, il n' y a rien. Conditionné par cette nature sauvage, l'éloignement, le manque de tout, l'exceptionnel devient banal. Ici, tout semble couler de source."

Éleveur, vacher et adepte de la course en montagne, Brice Delsouiller nous livre ici un texte à la fois posé et exalté, plein de la belle énergie qui l'anime.
Arte ,ayant consacré un documentaire à cet homme atypique qui part, seul, garder 400 vaches  durant les mois d'été en montagne (Haute-Ariège) ,a attiré l'attention sur cet amoureux de la solitude  et de la liberté.
Brice Delsouiller ne nous cache rien des difficultés mais aussi des joies de cette vie ascétique, dure,  mais riche d'émotions, que bien peu d'entre nous pourraient mener.brice delsouiller
Un récit qui aère la tête et qui nous rappelle que tout le monde n'est pas fait pour entrer dans les moules que la société nous impose.

250 pages piquetées de marque-pages parce qu'en plus le bougre possède un joli brin de plume

06:00 Publié dans Document | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : brice delsouiller

11/02/2019

Dernières nouvelles de la science/éditos carrés

"Pour laisser une trace dans l'histoire,
 Brossons-nous les dents matin et soir,
              Car on pourrait un jour tomber entre les main
D'un paléogénéticien."

Si à 7h20  chaque matin, vous avez un billet d'excuse pour sécher l'édito carré matutinal de Mathieu Vidard sur France Inter, ,si vous en avez raté certains, ou si petits gourmands, vous en demandez davantage, réjouissez-vous celui qui arrive à faire aimer la science même à des littéraires pur jus vient de rassembler et d'enrichir ses chroniques.mathieu vidard
Vous saurez ainsi que  "Peu de temps après sa naissance, un poussin sait compter au moins jusqu'à cinq."(De quoi clouer le bec à la primipare persuadée qu'elle a engendré un surdoué...) ou découvrirez enfin pourquoi les enfants nous épuisent (Ils ont "Une disposition à éliminer rapidement  certains déchets métaboliques, comme le lactate; en conséquence, l'apparition de la fatigue est retardée et la récupération se fait plus vite"). Inversement, la  science nous explique également pourquoi nos adolescents sont tout le temps fatigués (non, ils ne mentent pas).
C'est éclectique, bien écrit, souvent passionnant, de quoi commencer chaque journée en étant un peu moins bête.

Grasset France Inter 2019, un petit bréviaire à picorer de 379 pages.

09/02/2019

Ces rêves qu'on piétine ...en poche

"Elle n'a jamais blessé personne. Elle n'a jamais haussé la voix. Elle a été à la hauteur. Elle s'est battue. Elle a menti. Elle a collé au personnage qu'on avait voulu faire d'elle. Digne de son rôle."

 Montage alterné pour ce roman mettant en scène la fin de la Seconde Guerre mondiale: tandis que sont engagées les marches de la mort, Martha Goebbels et six de ses enfants se terrent avec quelques dignitaires nazis dans le bunker berlinois d'Hitler.

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L'occasion de revenir sur le parcours de cette femme qui a bâti sa vie sur un mensonge (son père était juif) et a embrassé sans barguigner les thèses du nazisme pour livrer cours à ses ambitions.
L'occasion aussi de brosser un portrait saisissant et puissant des derniers massacres, tant par les soldats que par les populations civiles, des survivants des camps de la mort.
Faisant le lien entre les deux, les lettres (imaginées par l'auteur) qu’un père a adressées à la fille qui n'a rien fait pour le sauver.
Si le style de l'auteur est à la fois très évocateur mais sans pathos, je suis malheureusement restée à distance de ce texte, un peu pour me préserver et aussi parce que j'avais déjà lu plusieurs romans sur cette période historique .Ce dernier en a sans doute pâti.

 

08/02/2019

Sur les chemins noirs...en poche

"Je préférais demander aux chemins ce que les tapis sylvain tessonroulants étaient censés me rendre: des forces."

On l'a connu fanfaronnant sur les toits parisiens, mais c'est un chalet montagnard qui aura eu presque raison de lui. Rafistolé par des médecins dont il s'étonne qu'ils ne lui aient reproché, Sylvain Tesson, désormais sourd d'une oreille, paralysé du visage et doté de quelques vis dans la colonne vertébrale, décide de se soigner à sa façon.Pour cela , il parcourt ce qu'il appelle Les chemins noirs, cette "géographie de traverse" qui subsiste, loin de l'aménagement imposé au territoire.
Et c'est bien cette géographie, plus que le corps et l'âme en berne du narrateur qui sont au cœur de ce récit. Quelque fois sentencieux, mais le plus souvent poétique, Sylvain Tesson fait aussi quelques rencontres , parfois hautes en couleurs, mais le plus souvent fort modestes.
C'est cette poésie champêtre et cette modestie qui ont su emporter mon adhésion et me réconcilier avec le personnage et l'auteur.Le récit est bref et bien moins nostalgique que celui de Benoit Duteurtre, plus axé lui sur l'histoire.

06/02/2019

L'amour après ...en poche

"Il faut déserter les modèles, fuir leurs pièges, leurs barbelés invisibles. L'important, c'est d'avoir de l'air, alors tout peut commencer."

Années 50, Marceline Loridan -Ivens qui est "une fille de Birkenau" est rentrée en France et ne tarde pas à prendre son indépendance vis à vis de sa mère.marceline loridan-ivens
La jeune femme  dont le corps a été figé dans l'adolescence par le camp a soif de vie et de culture. Elle enchaîne aussi les aventures amoureuses ,même si son corps ignore toute sensation de plaisir, de désir ,et restera à jamais "sec", c'est à dire stérile, sans que Marceline le regrette, bien au contraire.
La nudité reste attachée au regard d'un médecin décidant de la vie ou de la mort et Marceline aura toujours des difficultés à se dénuder, y compris dans un contexte médical.
Un récit rare qui évoque le corps, les sentiments d'une jeune femme fracassée par les camps mais qui est pleine d'ardeur, de vie, d'énergie et d'une formidable liberté.

10/12/2018

Dictionnaire amoureux du Nord

"Finalement, les gens du Nord, il sont comme les autres. Mais en mieux..."

Comment ne pas se sentir flatté, dans un premier temps, par cette citations de Jean-Louis Fournier, extraite de l'article "Gens"?
Moi qui adore tout à la fois les dictionnaires, l'auteur de Où on va papa ? et ma région , je croyais dévorer à belle dents ce magnifique pavé d'un peu plus de 500 pages.jean-louis fournier
Comme le reconnaît lui-même l'auteur, il est d'abord plus habitué aux formats courts que longs, et ça se sent. De plus, le côté "informatif" (et plat, stylistiquement) du dictionnaire l'emporte parfois un peu trop sur le côté "amoureux" annoncé dans le titre de la collection, même si l'auteur n'hésite pas à distribuer coups de cœur et de griffes, ainsi qu'à évoquer ses souvenirs familiaux.
Mais, cette fois, hélas, le mélange des genres n'a pas pris , en ce qui me concerne. Il n'en reste pas moins que j'ai appris plein d’informations sur la région des Hauts de France (appellation digne d'un promoteur immobilier).