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04/04/2012

Marcher éloge des chemins et de la lenteur

 "Le temps d'une connivence sensuelle, marcher c'est habiter l'instant et ne pas voir le monde au-delà de l'heure qui vient."

Dix ans après son Eloge de la marche, David Le Breton ne remet pas ses pas dans ceux tracés il ya dix ans. Il a changé et le statut de la marche également. Mais il retrouve un égal plaisir à relire des ouvrages aimés (voir l'abondante bibliographie) et à nous transmettre cette passion.david le breton
Quel plaisir de le suivre dans son analyse, jamais aride mais riche en images et en sensualité ! Que l'on marche seul ou en groupe, en ville ou à la campagne, la marche devient un moyen, pour qui veut bien s'en donner la peine, de réenchanter le monde, voire même d 'atteindre une  renaissance spirituelle. La variété des expériences évoquées, l'élégance de l'écriture font de ce livre un pur régal !
Comment choisir parmi la multitude de phrases soulignées ?
Un ouvrage à glisser dans sa poche, le format s'y prête tout à fait, avant de se mettre en route !

Marcher, éloge des chemins et de la lenteur, David Le Breton, Métailié 2012, 158 pages enchanteresses.9 euros.

06:00 Publié dans Document | Lien permanent | Commentaires (19) | Tags : david le breton

31/01/2012

Liliane est au lycée *

Rien de tel qu'un regard étranger, en l'occurrence canadien , pour remettre en question ce que nous considérant comme allant de soi.normand baillargeon,culture générale
Aisni notre bonne vieille culture générale , que nous serions bien en peine de définir précisément, est-elle passée à la moulinette par Normand Baillargeon. Il commence par nous démontrer ses nombreux défauts: elle "porte, inscrites au fer sur sa chair, les multiples marques de l'exclusion, de l'opression et de la domination dont classicisme, sexisme, racisme , élitisme et occidentalocentrisme et ethnocentrisme sont quelques-uns des noms."
Il en souligne également les lacunes: essentiellement littéraire, elle fait fi des mathématiques, des sciences en général et accorde à peine plus d'importance à la philosophie. Pourtant, bien que décriée et mise à mal, l'auteur lui conserve sa confiance dans son rôle d'instrument d'émancipation. Un opuscule décapant !

* déformation de L'Illiade et l'Odyssée par une amie de l'auteur qui, enfant, n'avait pas compris le titre du livre dont parlait le professeur en classe.

Liliane est au lycée, Normand Baillargeon, Flammarion 2011, collection antidote, 114 pages pour envisager notre sacro sainte culture gé d'un autre oeil.

05/12/2011

Into the wild

41bPMcFRH3L._SL500_AA300_.jpg"Il m'a dit que c'était quelque chose qu'il avait envie de faire depuis qu'il était petit. Il ne voulait voir personne, pas d'avions, rien qui rappelle la civilisation. Il voulait se prouver à lui même qu'il pouvait se débrouiller tout seul, sans l'aide de personne."

Son diplôme de fac en poche, Chris McCandless part deux ans en vadrouille, sans plus donner de nouvelles à sa famille. La découverte de son cadavre dans un vieux bus en Alaska en 1992 va attirer l'attention de la presse aux Etats-unis et en particulier de Jon Krakauer qui va mener l'enquête et reconstituer le périple de ce jeune homme de 24 ans  qui voulait vivre seul, Into the Wild.41NNtCutiAL._SL500_AA300_.jpg
 La vision en famille du DVD du film de Sean Penn avait sucité bien des interrogations et affronté des opinions très contradictoires et tranchées, chacun réagissant de manière fort émotionnelle à ce parcours atypique et fascinant d'un jeune homme qui voulait "marcher dans une terre vierge, découvrir un point blanc sur la carte. Mais en 1992, il n'y avait plus de points blancs sur la carte, ni en Alaska, ni ailleurs Alors Chris, avec sa logique particulière , trouva une solution élégante, il supprima la carte tout simplement."
Emaillée de citations de textes lus par son héros,  ou se référant à une tradition particulièrement  prisée aux Etats-Unis de l'ermite dans la nature, Jon Krakauer propose ici une réflexion argumentée et pleine d'empathie sur une démarche qui  a sucité la contreverse. Loin des opinions à l'emporte-pièce, il nous offre une réflexion nuancée et passionnante qui éclaire le film sous un nouveau jour. On regrettera juste que Chris McCandless se soit contenté de quelques notes laconiques sur les dernières pages blanches de son livre de botanique, mais on n'oubliera pas de sitôt une telle aventure humaine.

Into the Wild, Voyage au bout de la solitude, Jon Krakauer, traduit de l'anglais (E-U) par Christian Molinier,  Presses d ela cité 245 pages passionnantes, bruissantes de marque-page  !10/18.

 DVD et livre dénichés à la médiathèque.

09/06/2011

Mes valises diplomatiques

"En Inde, une femme d'expérience m'avait révélé les deux règles essentielles au bonheur d'une expatriée: s'arranger d'abord pour avoir toujours quelque chose à faire le lundi, puis s'occuper avant tout d'apporter à son intérieur la touche personnelle qui permettra de s'y sentir chez soi."brigid keenan,femme d'ambassadeur
Mais bon, la déco ça va un moment et Brigid Keenan, avant d'épouser son diplomte de mari était une journaliste. Le démon de l'écriture la titillant, elle nous livre dans Mes valises diplomatiques le compte rendu bien souvent hilarant de ses longs séjours à l'étranger.
Que ce soit en Belgique, où un dentiste voulut à toutes forces lui raccourcir la langue, en Afrique ou en Inde, sans oublier le déprimant (au premier abord) Kazakhstan, elle nous livre sans jamais se donner le beau rôle le récit de ses expériences plus ou moins calamiteuses , à mille lieues des réceptions de l'Ambassadeur !
So charming and so british !brigid keenan,femme d'ambassadeur

Merci Cuné !

Mes valises diplomatiques, Brigid Keenan, traduit de l'anglais par Danièle Momont, Petite bibliothèque Payot/voyageurs, 2010, 380 pages à distribuer aux futures expatriées !

L'avis de Joëlle

brigid keenan,femme d'ambassadeur

22/05/2011

Mister Hugh Lurie et Dr House

"Ce salopard est le meilleur médcin que nous ayons."

C'est dimanche, c'est permis...Bon c'était plutôt samedi à la médiathèque, où après avoir raflé une nouveauté de justesse (promis, je t'envoie un courriel, M., dès que j'ai terminé ce roman que tu étais si déçu de ne pas avoir vu avant moi , le privilège de porter des lunettes sans doute !) , je me suis emparé d'un document que je n'aurais sans doute jamais acheté ni en librairie, ni d'occasion d'ailleurs mais là mon côté midinette pouvait se donner libre cours alors...mark lucas,dr house,hugh laurie
Grâce à Cuné, j'ai découvert il y a quelques saisons Dr House et comme lui gobe ses comprimés de vicodine , je gobe ses "houseries" avec bonheur ! J'en ai retrouvé quelques unes glanées au fil de ma lecture (mais difficiles à replacer sauf peut être celle-ci : "Vous sentez? Je crois renifler le parfum de l'hypocrisie."). Sinon rien  de bien neuf sous le soleil, un doc classique, biographie, filmographie, et enfin réflexions de Laurie sur son personnage .Mais un excellent moyen pour ceux qui comme moi ont pris la série en route de faire le point et d'envisager les saisons dans la continuité. Plus qu'une (soupirs !).
Petit bémol : Mark Lucas aurait pu se dispenser de ses réflexions "humoristiques" qui neuf fois sur dix tombent à plat.
Précisions: quelques photos dont certaines pas du tout indispensables...(celle avec le top modèle estonien nue sous une combinaison de cuir ultra moulante, bon c'était pour la Croix Rouge mais quand même ...)*

*Nan je suis pas jalouse, y en marre des clichés sexistes !

Emprunté donc à la médiathèque.

19/05/2011

Pourquoi les oiseaux chantent

Ouvrir Pourquoi les oiseaux chantent c'est voir s'jacques delamain,oiseauxenvoler Fringilles ou Gros-Becs,  surprendre des bandes de linottes et de verdiers qui s'émiettent ,entendre le "petit cri un peu métallique" de la mésange bleue  et oberver le "trop plein vital " qui jaillit au printemps . Bref, c'est prêter attention aux hôtes des haies et des arbres, aux migrations aviaires, aux chants et à leurs différentes significations, balayer les idées toutes faites concernant les femelles (non, elles ne sont pas de vulgaires trophées remportées par le mâle le plus fringant ! ), bref s'intéresser à un monde que nous côtoyons trop souvent avec indifférence.
 Jacques Delamain, éminent ornithologue, (la première édition de cet ouvrage date de 1930 et il a été réédité à plusieurs reprises) sait conjuguer à la fois érudition et style élégant
On pense parfois à Colette devant de superbes descriptions mais on se sent aussi quelques fois étouffé sous le poids d'énumérations de volatiles que l'on n'arrive pas forcément à visualiser, faute de les connaître tous! Mieux vaut avoir à portée de main un guide des oiseaux, même succinct !
Le recueil se clôt par un très surprenant ""Journal de guerre d'un ornithologue" où Jacques Delamain ne se départit jamais de son sens de l'observation, notant scrupuleusement tous les oiseaux qu'il repère, leurs réactions face à l'artillerie et notant très sobrement dans le chapitre intitulé"1918. Oiseaux de Verdun." : "Et là deux Moineaux piaillent sans entrain au coucher du soleil, le seul petit brin de vie et de gieté dans cette mort." On a l'impression que l'auteur s'est volontairement concentré sur sa passion pour se retrancher du monde belliqueux.
   Un ouvrage à savourer à petites doses ! En tout cas, après la lecture de ce livre je me suis surprise à essayer de démêler les chants d'oiseaux de la cacophonie matinale ...

Pourquoi les oiseaux chantent, Jacques Delamain, Editions Parallèles 2011, 2020 pages bruissantes.

07/04/2011

Danbé

"On souffre tout seul et sans bruit et il n'y a personne alentour pour le voir ni pour l'entendre."

Née en France de parents maliens, Aya connaît une enfance plutôt heureuse, même si ses parents ne disposent pas de tous les codes leur permettant d'intégrer la vie en France.aya cissoko,marie desplechin,boxe,portrait d'une résilente.
La mort,dans un incendie criminel, de son père et de sa petite soeur va métamorphoser la petite fille : plutôt rebelle à l'école, ellle reste néanmoins fidèle au danbé, la dignité en malinké. La boxe lui offrira aussi une échappatoire et elle enchaînera les titres avec une apparente facilité.
Portrait troublant d'une jeune fille qui ne semble tirer ni plaisir ni orgueil des victoires sur le ring. Très peu de descriptions d'ailleurs de ses combats, Aya attache plus d'importance aux personnes qu'elle rencontre qu'à la manière de combattre.
Récit troublant aussi d'une vie où le mot "racisme" n'apparaît jamais mais où on ne peut s'empêcher de penser que si cette famille avait été blanche, elle aurait été logée dans un immeuble plus décent, traitée de manière moins désinvolte par certains avocats ou médecins et aurait ainsi évité bien des drames.
Un récit plein de dignité,  sans pathos, mais qui m'a émue aux larmes.

Danbé, Aya Cissoko, Marie Desplechin, Calmann-Lévy 2011.

Merci à Chiffonnette pour le prêt !

L'avisde Stéphie qui organise une semaine Marie Desplechin !

22/03/2011

Le sac, un petit monde d'amour

Quoi de plus intime qu'un sac (de fille ) ? Et pourtant, cédant à l'appel du sociologue Jean-Claude Kaufmann, nombreuses sont celles qui ont accepté de lui détailler le contenu du leur. S'appuyant sur ces témoignages mais aussi sur des extraits de romans ou de blogs, l'auteur se penche avec beaucoup d'empathie sur ces inventaires que Vialatte,* en son temps avait si bien résumé :jean-claude kaufmann

La femme : « C’est par le sac à main qu’elle se distingue de l’homme. Il contient de tout, plus un bas de rechange, des ballerines pour conduire, un parapluie Tom Pouce, le noir, le rouge, le vert et la poudre compacte, une petite lampe pour fouiller dans le sac, des choses qui brillent parce qu’elles sont dorées, un capuchon en plastique transparent et la lettre qu’on cherchait partout depuis trois semaines. Il y a aussi, sous un mouchoir, une grosse paire de souliers de montagne. On ne s’expliquerait pas autrement la dimension des sacs à main. »

Suivant les âges de la vie, les sacs grossissent ou s'allègent et rares sont les femmes à ne pas céder à l'appel du sac ou à ne pas  sacrifier à la recherche du sac parfait, ni trop grand , ni trop petit... Ils constituent  des  mondes peut être pas aussi mystérieux que les hommes pourraient bien le croire.
Des redites parfois mais surtout beaucoup de sympathie et aussi d'émotion quand Jean-Claude Kaufmann évoque à la fin de son étude ces vieilles dames qui s'accrochent à leur sac à main ou la souffrance éprouvée par les femmes à qui on l' arrachait à leur arrivée à Auschwitz. Car le sac n'est en rien futile, il "est au coeur de l'être et [...] on le saisit surtout au moment d'affronter le néant.

* Non cité ! Un oubli sans doute !

Le sac, un petit monde d'amour, Jean-Claude Kaufmann, Jean-Claude Lattès 2011, 236 pages qui se dévorent d'une traite.

 

 

10/02/2011

Consolation par le chien ( De la caninisation)

"L'homme se construit, grâce au chien, un milieu qui lui convient (...)."

Pierre Schulz nous prévient d'emblée: son livre n'est pas une énième apologie du chien mais "une analyse des motifs faisant que les citadins vivent avec des animaux de compagnie."
Volontiers critique vis à vis de certains comportements humains excessifs ou inappropriés , l'auteur passe aussi en revue les avantages et inconvénients des chiens, soulignant l'importance du rôle psycho- affectif de ces animaux dans leurs relations avec les hommes. Sa thèse ? L'animal représente un filtre protecteur face à la difficulté de la condition humaine.pierre schulz,chiens
Un lecteur qui feuilletterait lcet ouvrage pourrait être rebuté par les termes scientifiques mais ceux-ci sont immédiatement expliqués et contribuent à une vision à la fois originale et pleine d'humour de la place des Câline et autres Fido dans nos vies.
Beaucoup d'ironie, et une ironie réjouissante, dans ce livre qui époussète vigoureusement toutes nos idées préconçues.
L'auteur va même, malicieusement, jusqu'à imaginer un renversement de situation : le chien domestiquant l'homme, mais selon lui, heureusement, cette situation restera une utopie , entre autres tant que nos chiens ne seront pas doués du sens de l'humour !

Une importante bibliographie permet de poursuivre la réflexion.

 

Consolation par le chien, Pierre Schulz, Puf 154 pages .

06:00 Publié dans Document | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : pierre schulz, chiens

16/08/2010

Le jour où mon père s'est tu

Robert Linhart est le fondateur du mouvement maoïste en France. Figure importante des années 68, cet homme exceptionnel de charisme et d'intelligence décide, parès une tentative de suicide en mai 1981, de se taire.51ZbKxBrRlL._SL500_AA300_.jpg
Sa fille, Virginie, non seulement pour briser le silence qui a empesé sa famille après cette rupture brutale, mais aussi pour confronter ses souvenirs de mai 68 avec ceux des enfants des anciens compagnons de son père, commence une série d'entretiens qui aboutiront à ce livre, Le jour où mon père s'est tu.
Certains la soupçonnent parfois de vouloir critiquer à tout va cette "révolution" mais tel n'est pas l'objectif de l'auteure. Elle veut juste que soit faite une place à ceux qui n'en avaient peut être pas suffisamment à l'époque: les enfants.
Pas de réglements de compte mais une démarche éclairante et posée qui aura même un bénéfice inattendu pour Virgine Linhart : celui de comprendre le silence de son père. Très intéressant et plein d'humanité.

Le jour où mon père s'est tu, Viginie Linhart, Points Seuil 2010, 197 pages suivies de notices biographiques permettant de resituer les acteurs de cette enquête.