10.11.2009
Le pouvoir fascinant des histoires
Titre et couverture alléchants, vite , je fonce !
"Par quel principe de réalité change-t-on une histoire en livre et que visent les éditeurs? " A ces questions Marie Saint Dizier a toute légitimité pour répondre puisqu'elle est depuis l'enfance une lectrice boulimique, qu'elle en a fait son métier et travaille à plus d'un titre dans le monde de l'édition des livres pour la jeunesse ( traductrice, entre autres de R. Dahl, lectrice dans une maison d'édition, auteure, animatrice d'ateliers d'écriture pour adultes...). Elle va aussi à la rencontre de son public de jeunes lecteurs et n'est donc pas coupée de la réalité de ses lecteurs.
Tout cela présageait un livre aussi passionnant que son titre mais , au fil de ma lecture, mon esprit se couvrait d'un voile de plus en plus opaque...Non pas que le livre jargonne, non, il est intéressant, riche en références tant françaises qu'étrangères mais, à force de décortiquer, parfois superficiellement, et de fustiger au passage certains auteurs(dont Marie-Aude Murail à qui elle reproche trop de manichéisme dans sa volonté d'influencer le lecteur, volonté
clairement revendiquée par l'auteur de Oh, boy.), je ressentais un malaise de plus en plus profond, mon envie de poursuivre diminuant au fur et à mesure.
A noter au passage que les souvenirs de lecture de l'auteure, prennent une grande place, mais qu'ils n'ont pas su me toucher, peut être à cause de ce manque de générosité et d'empathie que j'ai ressenti tout au long de ma lecture. Je dois avouer que pour le moins , ici, les mots ont perdu toute leur fascination.
On glânera néanmoins au passage quantité de références .
Le pouvoir fascinant des histoires, Marie saint Dizier, éditions Autrement,collection Mutations, 21 euros.
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27.06.2009
Ecrivaines, visionnaires,plasticiennes,interprètes
16 femmes sont à l'honneur sans ce numéro spécial de "MUZE".
Certaines sont très connues (Marguerite Duras, Françoise Dolto, Soeur Emmanuelle, Ingrid Bergman), d'autres un peu moins (j'avoue que que je n'avais jamais entendu parlé de la photographe avant-gardiste Tina Modotti ). Toutes ont en commun une forte personnalité, une vie chahutée et avide de liberté,une vie qui nous est présentée de manière agréable et aérée en autant de dossiers, doté chacun d'une bibliographie commentée pour ceux qui voudraient approfondir.
A noter que l'article consacré à Virginia Woolf est suivi d'un entretien avec Viviane Forrester.
Sommaire détaillé:
Ecrivaines: Virginia Woolf, Carson McCullers, Christine de Pisan, Marguerite Duras, Irène Némorovsky, Françoise Sagan.
Plasticiennes: Louise Bourgeois, Charlotte Perriand, Tina Modotti.
Visionnaires: Françoise Dolto, Sophie Scholl, Soeur Emmanuelle, Hannah Arendt.
Interprètes: Ingrid Bergman, Ella Fitzgerald, Françoise Dorléac.
Cerise sur le gâteau: une interview d'Arielle Dombasle !
MUZE hors-série ,16 destins de femmes d'exception, 4,90 euros.
07:20 Publié dans Je l'ai lu ! | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : muze
27.03.2009
"ça t'en mastique une fissure..."
Friand de mots et d'expressions, Daniel Percheron guette et note avec jubilation les trouvailles langagières entendues "au hasard de [son] chemin".Expressives, ces découvertes témoignent de l'inventivité de la langue et de son constant renouvellement. Au fil de ses chroniques, Percheron remonte aussi le cours de sa mémoire pour exhumer des expressions passées de mode. Il n'oublie pas de nous livrer au passage le sens de quelques expressions imagées comme "être chocolat" qui "vient du clown Chocolat, le compère de Footit. Il ya d'abord eu "faire le chocolat" pour "faire le naïf". Puis on a glissé à "être chocolat" pour "être frsutré dans son attente."
Mais la plus jolie expression que j'ai pêchée dans ce joyeux bazar est celle de "Faire un trou à la nuit" pour "filer à l'anglaise"...
Bruits de langue, Daniel Percheron, 10/18 , 154 pages seulement ...juste de quoi donner envie de se plonger plus avant dans l'oeuvre de cet amoureux des mots !
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15.02.2009
Un texte incandescent
En quarante quatre chapitres, parfois très courts, qui vont de "Naître" à "Vivre" en passant par "eczéma", "littérature," féminité" ou "Himalaya", Lorette Nobécourt nous donne à voir son parcours. Un parcours exigeant, marqué par la souffrance, mais aussi par de très grandes joies. Tour à tour exaltée ou maîtrisée, l'écriture rend compte du travail de l'auteure sur elle même, sa réflexion inlassable, puisant aussi bien dans la psychanalyse que dans des traditions mystiques éclectiques, l'acculant parfois aux bords de la folie.
Passant d'un style limpide à des passages plus obscurs, d'une poésie charnelle aux réflexions philosophiques, Lorette Nobécourt sculpte à même la chair, sans pathos, sa douleur , parfois inextinguible.
Alors, bien sûr, on pense à Marie Cardinal, à Marguerite Duras, mais jamais encore je n'avais ressenti une telle force, une telle pugnacité ,dans un texte aussi ramassé , traversé d'envolées et de brûlures intenses : "Car nous sommes habités par des forces qui nous dépassent et nos comportements, apparemment extravagants, le sont si peu en comparaison des immensités que nous abritons."
A la sortie de ce livre, je suis restée un moment immobile, comme frappée de stupeur devant une telle énergie rageuse.
Il ne me reste plus qu'à relire ce texte et à découvrir d'urgence le reste de l'oeuvre de Lorette Nobécourt.
A éviter si l'on a envie de tiédeur ou de confort.
L'usure des jours. Lorette Nobécourt. 133 pages. Editions Grasset.2009
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13.02.2009
"De battre mon coeur s'est arrêté..."

Attirée par la couverture rouge de cet album sur la table thématique de la ma médiathèque, j'ai découvert un livre tout à fait charmant et de saison...
Jouant des expressions contenant le mot "coeur", Stéphane Delabruyère nous entraîne au fil des pages dans une réflexion pour répondre à la question initiale:
"Dans ma poitrine bat mon coeur
Pour qui pour quoi ? "
Les photos poétiques de Sylvia Schidge l'accompagnent . Cette artiste n'a pas son pareil pour dénicher des coeurs que ce soit dans des détails de la nature (pétale, caillou, feuilles...),dans des objets du quotidien (cintres, laisses ou tags). On l'imagine , le nez en l'air, traquant l'éraflure du panneau de signalisation, ou carrément au ras du sol, cherchant la trace en forme de coeur...De quoi nous donner envie de l'imiter.
Un joli moment de poésie pour tous.
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29.01.2009
"j'ai un emploi du temps assez restreint le matin, je dors."
Ouvrir Tout le monde est infidèle c'est se faufiler discrètement dans la pièce où eurent lieu les entretiens entre Françoise Sagan et André Halimi, entendre leurs voix si caractéristiques ,comme s 'ils étaient là à deux pas de nous...
Juste une centaine de pages, qui patinent un peu au démarrage le temps que chacun trouve ses marques mais qui ensuite pétillent et nous livrent un portrait souriant de l'auteur de Bonjour tristesse.
Rien qu'une centaine de pages mais si denses, si riches, qu'arrivé à la fin, on se trouve tout bête et tout déçu de ne pas en avoir plus.
Sagan qui tient beaucoup à sa réputation de dilettante, par souci de ne pas casser les pieds comme tous ces gens qui parlent si sérieusement de leur travail, Sagan qui surprend en affirmant : "Oh moi, dès que je vais à la campagne après Paris au printemps, je me roule dans le foin et j'ai l'air d'une imbécile, je me jette dans la prairie, je respire l'herbe, je fais l'idiote...Ridicule... Il faut dire, il va falloir que j'arrête avec l'âge venant ! " ce qui nous la rend d'autant plus sympathique, et juste après ajoute: "Je n'aime pas tellement l'eau, ce n'est pas mon élément(...) je ne suis pas quelqu'un à eau, d'aucune manière (rires)."
Légère et drôle donc, mais aussi très consciente de ses capacités :Dostoïevsky, Proust "...eux ont du génie, moi j'ai du talent voilà!", se reconnaissant douée pour l'écriture mais ne pensant pas "arriver à cette force de percussion", sans doute car "En fait, il faut être ,je crois, très malheureux pour écrire. Je ne suis pas quelqu'un de malheureux, la vie m'amuse trop." Néanmoins , l'entretien se clôt sur une note mélancolique, à la fois drôle est désespérée, à l'image de Françoise Sagan.
Un texte charmant ( au sens propre du terme) qui éclaire d'une manière très intéressante celle qui est de nouveau sous les feux de l'actualité après avoir fait la une des journaux de son vivant.
Tout le monde est infidèle. Françoise Sagan. Entretiens avec André Halimi. Le Cherche Midi.
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26.01.2009
"Un être se nourrit autant de nutriments que de rêves."
Entrelaçant descriptions chamarrées et informations rigoureuses, Marie-Christine Clément se penche , telle une bonne fée , sur l'imaginaire des légumes. Son recueil de textes, La citrouille est une lune naufragée est un régal pour les yeux, l'ouvrage étant illustré de manière fort agréable de photos non pas sépia mais violettes, assorties à l'encre d 'impression des textes, textes dont s'échappent d'ailleurs certaines phrases qui s'enroulent autour des dites photos, conférant ainsi à l'ouvrage une unité parfaite.
Quant aux textes, ils sont à proprement enchanteurs, truffés de métaphores ,filées ou pas, et d 'images savoureuses, l'auteure semblant tout à la fois être gourmande de mots et de légumes.
Qui aurait pu deviner que "Le chou est un embrasseur. Il aime couver, étreindre jusqu'à se fondre avec son contenu, échanger ses sucs contre des baisers." ?
Quant à ma préférée, c'est une "odalisque alanguie qui se prélasse sur le sol, rampe mollement, enroule sa tige ombilicale en d'interminables digressions. De son narghilé amphigourique, elle tire les suc smûrs d'une terre d'automne." On en soupire d'aise et l'on se prend à rêver d'une réincarnation en citrouille...
Marie-Christine Clément nous dévoile également l'alchimie de l'oignon, qui "à la cuisson [...]se transforme en sucre. Il incarne la douceur du salé. Ses sabres s'étiolent dans des flots de vapeur et ne sont bientôt plus que de lascives languettes caramélisées". Tant de sensualité dans un légume si trivial... mais qui sert encore dans certaines régions d'Allemagne à pratiquer la crommyomancie, qui est, comme chacun sait, l'art de lire dans les oignons !
Cependant, même si l'auteure sait nous transporter d'aise, elle n'en oublie pourtant pas de souligner au passage que "toute perte d'une variété légumière menace non seulement notre équilibre nutritionnel et biologique, notre palette gustative et émotionnelle , mais également notre inspiration."
Quand nourriture et imaginaire se mêlent d'aussi belle façon, comment résister ?
Grand prix de la littérature gourmande. La citrouille est une lune naufragée, Marie-Christine Clément.
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24.01.2009
"La lumière est dans le livre."
"Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire. Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout."
Victor Hugo
Discours d'ouverture du Congèrs littéraire international de 1878, Actes et paroles
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31.12.2008
Bilan 2008
Championne hors catégories : Kate Atkinson, dont j'ai tout lu, qui ne m'a jamais déçue et qui avec son dernier roman paru en France confirme tout le bien que je pense d'elle : A quand les bonnes nouvelles? m'a fait pleurer, m'a fait rire, m'a secouée ...Comment ça, vous ne l'avez pas encore lu ? !
En 2008, les garçons nous auront confié leurs secrets et cela s'est avéré souvent fort drôle . En tête de liste, Colas Gutman et son hilarant Journal d'un garçon,
talonné par Claudine Desmarteau et son Petit Gus où chacun peut se reconnaître.
Dans les policiers, bien sûr c'est Stoney qui se taille la part du lion avec Dérive sanglante. Un homme comme nous en rêvons toutes !
Un excellent cru cette année, ma foi !
En attendant la rentrée de janvier, rentrée littéraire bien sûr- je piaffe déjà !- je vous souhaite à tous une douce année 2009 ! Bises !
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18.11.2008
En voiture, Simone !
Suis-je si vieille que cela ? En tout cas, Les expressions de nos grands-mères je les connaissais presque toutes même si c'est vrai je ne les utilise plus que rarement. Connaître leur origine m'a en tout cas permis de satisfaire ma curiosité et me les a remises en mémoire.
Très imagées, "Le bureau des pleurs est fermé" (arrête de te plaindre), elles témoignent de l'inventivité de la langue "Beurré comme un p'tit Lu" (pour " bourré ") et conservent des traces du passé . Ainsi "Il ya de l'eau dans le gaz" (l'atmosphère est tendue), garde la trace de l' époque où le gaz de ville, produit par distillation de la houille, contenait un fort taux de vapeur, provoquant des bruits de petites explosions...
A picorer sans se lasser.
Les expressions de nos grand-mères .Marianne Tillier.Points Seuil.170 pages.12 euros.
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