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27/05/2016

Elle

Peut-on sortir d'un film commençant par le viol d'une femme quinquagénaire vu à travers les yeux de son chat avec la pêche ?paul verhoeven
Oui. Aussi surprenant que cela paraisse ce personnage de Michelle, interprété par la frêle et unbreakable Isabelle Huppert, ne réagit jamais comme on s'y attend. Elle affirme avoir l'habitude des fous et au vu de son parcours, découvert au fil de confidences faites à de quasis inconnus au fil de la narration, on veut bien la croire.
Toutes les zones d'ombre ne seront pas éclairées, et c'est tant mieux, mais en aucun cas Michelle , comme les autres femmes du film d'ailleurs, ne sera une victime. Les hommes, eux, n'ont pas la part belle, faibles, égocentriques, violents, le réalisateur ne les épargne pas n'hésitant pas à nous montrer le violeur dans une attitude triviale, les fesses à l'air en train de remonter son collant ! Le sourire affleure à plus d'une reprise dans ce film qui brouille sans cesse les tonalités.
Ce décalage permanent entre ce à quoi nous nous attendons, ce qui arrive, nous désoriente et nous permet d'admirer toute l'étendue du jeu d’Isabelle Huppert dont Gérard Depardieu a dit dans une interview que c'est un char d'assaut. Dont acte dans ce film de Paul Verhoeven où le sourire d'Huppert est aussi insaisissable que celui du chat du Cheshire. un grand coup de cœur !

Le film est inspiré du roman de Philippe Djian, Oh ! clic.


 

31/07/2015

Bilan de juillet

 Une seule série marquante en ce de mois de juillet : "The Honourable Woman".
 Une femme, Nessa Stein, tente d'établir, par le biais de sa fondation, des liens matériels (mais pas que) entre Israël et la Palestine. Les services secrets anglais et américains sont aussi de la partie et secrets et  coups fourrés se multiplient à l'envi sans jamais pour autant perdre le spectateur en route.
Le passé de Nessa, ses blessures et ses failles sont dépeints avec sensibilité et la violence n'est jamais exploitée de manière éhontée. Rebondissements, suspense sont habilement ménagés.
Dans cette mini série anglaise, on retrouve avec plaisir des acteurs vu dans Broadchurch ou Utopia et, cerise sur le gâteau, le scénario fait la part belle aux femmes, leur donnant des roches riches, forts et nuancés. index.jpg
Elles ont de l'ambition, jouent des rôles importants dans la société, font face avec courage et intelligence aux situations les plus dramatiques, bref, ça fait un bien fou ! à l'inverse, un personnage masculin, très touchant par ailleurs, reconnaît avoir couché avec sa chef pour obtenir une promotion et avoir, de ce fait, sabordé son mariage...
Une série haletante dont nous attendions les épisodes avec une vraie impatience !

Grosse déception par contre pour Trois cœurs, le film de Benoît Jacquot, pesant avec sa musique  soulignant lourdement l'aspect dramatique au cas où, nous ne l'aurions pas remarqué , ennuyeux, dépourvu d'émotion.On ne comprend même pas l’intérêt d'une intrigue secondaire liée à un contrôle fiscal et encore moins comment Poelvoorde peut tomber amoureux de Charlotte Gainsbourg qui fume, fait la gueule, fume, pleure, s'en va, n'attend pas plus de 5 minutes celui dont elle vient de tomber amoureuse (pas très motivée). Il reste Catherine Deneuve et son chien Jack. C'est maigre pour 1 h 45 languissante.index.jpg

30/06/2015

Bilan de juin

Juin est pour moi un mois hybride, où, si la fatigue s'accumule,  les vacances pointent le bout du nez...
Un seul coup de cœur cinématographique, vraiment pas prévu: Les combattants.
Une jeune femme éduquée, provenant d'un milieu  relativement aisé, s'entraîne pour entrer dans un bataillon de l'armée réputé pour sa dureté car elle veut apprendre à survivre. Sa logique est implacable, sa volonté aussi.309669.jpg
Elle entraîne dans son sillage un  garçon , plus motivé par la sportive que par l'armée dans un stage préparatoire où"la grande gueule", (sic) de la belle et ses diplômes lui nuiront plus qu'autre chose. Il est vrai que le langage formaté de l'armée, elle le pousse dans ses retranchements ! Une échappée non prévue dans la forêt sera une vraie occasion de se découvrir...
Un film qui opère de sacrés virages, nous entraîne sur des chemins de traverse, avec des acteurs formidables et quelques notes d'humour, noir forcément: il faut voir l'héroïne offrir un cadeau pas banal pour s'excuser à la mère de son copain !

La bande annonce: clic !

Par contre, j'ai tenu un quart d'heure maxi pour Un été à Osage County, Meryl Streep et Julia Roberts n'ayant pas réussi à me convaincre de suivre ce film formaté et outré.

Un peu déçue aussi par La propriété (vue, un peu partout sur les blogs), dont l'intrigue m'a paru un peu inutilement alambiquée même si le personnage de la vieille dame juive qui revient à Varsovie est très touchant.51gemHvsgGL._AA160_.jpg

à sa décharge aussi, je lis beaucoup sur ce thème en ce moment et sans doute m'attendais-je un peu à autre chose.

 

 

 

 

Très touchée, comme la totalité des auteurs de billets sur la blogo et ailleurs, par Ce n'est pas toi que j'attendais, roman graphique et autobiographique sur la naissance d'une petite fille atteinte de trisomie 21. L'évolution des sentiments du père-narrateur et auteur (doute, colère, difficultés à s'investir affectivement puis amour) est très bien rendue, sans pathos et sans angélisme (il ne nous cache pas ses souhaits les plus noirs mais n'embellit pas pour autant la situation).51vY46G62rL._AA160_.jpg
La comparaison entre la situation des ces enfants au Brésil, pays dont est originaire l'épouse de l'auteur, permet aussi un autre éclairage. Quant aux photos qui concluent l'ouvrage, elles sont tout simplement craquantes ! Un grand coup de cœur !

 

 

 

 

Coup de cœur aussi pour cette histoire d'amour au temps du Sida, Pilules bleues. Elle et son fils sont séropositifs et prennent un traitement pour tenir à distance le virus. il est dessinateur de BD et raconte leur histoire d'amour, pleine de notations justes et avec un bilan treize ans plus tard, façon interview dessinées avec les principaux protagonistes , plus une ! Un texte qui résonne d'autant plus que jesuis en plein dans la lecture de Fairyland, un poète homosexuel et sa fille à San Francisco dans les années 70 (et au delà, j'en suis aux années 80 avec l'arrivée du Sida, alors considéré comme le cancer des homosexuels exclusivement).41MZipCZrmL._AA160_.jpg

BD dénichées à la médiathèque.

 

21/06/2015

Comme un avion

 1981 , je ne dois qu'à l'épaisseur des murs de la résidence universitaire ou plutôt à l'absence quasi continue de mes voisins, d' écouter en boucle la chanson de Charlélie Couture "Comme un avion sans ailes" en toute impunité.
2015, le titre (amputé), l'acteur et réalisateur , Bruno Podalydès, Agnès Jaoui , Sandrine Kiberlain, et Vimala Pons (tous excellents), autant d'arguments qui me disposaient à apprécier le si vanté par la critique Comme un avion.index.jpg
Las, le rythme languissant, le personnage central qui part ,suréquipé, faire sa balade en kayak, Le manuel des castors juniors comme livre de survie et Vol de nuit comme réminiscence de sa passion précédente (l'aérospatiale), coiffé d'un chapeau à la Indiana Jones, mais se révèle incapable de se tirer d’affaire dès qu'un obstacle surgit ,n'ont pas su me séduire.
Les rires étaient rares dans la salle et ce quinquagénaire, qui, comme le  remarque Agnès Jaoui, sublime, aime se laisser porter, m'a plutôt agacée.  Il se trouve un petit paradis et se contente de profiter des plaisirs qui s'offrent à lui, se délestant peu à peu des gadgets et de la "panoplie" dont il semble féru. Le voyage (quasi) immobile s'est donc révélé plutôt décevant.
En fait, je rêve d'un film ou ce serait une femme qui partirait ainsi à l'aventure, en toute sérénité,sans mettre son intégrité physique en péril et sans être jugée...

La bande annonce: clic.

 

 

30/05/2015

Bilan de mai

En mai, j'ai fait une orgie de séries :

*Spotless , où Denis Ménochet joue de son physique de gros nounours à la fois tendre et bagarreur (il faut voir avec quelle délicatesse il vient en aide à sa nièce qui a ses règles pour la première fois). index.jpgL'histoire ? Assez classique : deux frères  français , unis par un secret d'enfance ,doivent faire face à une bande de bandits anglais qui les ont contraints à nettoyer leurs scènes de crimes . Rangée dans la catégorie humour ( il faudrait préciser humour noir), cette série vaut surtout par ses personnages et la ville de Londres qui en est un à part entière. à part ça on y voit une jolie femme blonde débiter à longueur de temps des légumes au couteau sur une magnifique table en bois dans une maison trop craquante, tandis qu'une autre jolie femme (dans un tout autre genre), brune cette fois ,se balade , un plaid sur les épaules ,dans un magnifique manoir anglais, sans doute plein de courants d'air. So chic !

*American crime, regardé surtout pour Felicity Huffman, ex desperate housewife, dans un rôle pas du tout glamour, quasi enlaidie, et qui incarne une mère de famille raciste, comme M. Jourdain, faisait de laimages.jpg prose , sans le savoir. Ou plutôt, sans même s'en rendre compte. L'assassinat de son fils va avoir des répercussions sur une galerie de  personnages différents, incarnant des facettes de la société américaine. une série souvent déstabilisante par sa réalisation et ses partis pris de mise en scène et un portrait glaçant du fonctionnement de la justice américaine.

 

 

 

 

 *True detective avec le si troublant Mathhew Mcconaughey, pour son ambiance  envoûtante (bon, il n'y a pas que l'ambiance  qui le soit) dont l'intrigue est aussi tortueuse que les méandres de la famille impliquée dans une série de crimes dont personne ne veut entendre parler.url.png

Trop peu de films marquants : Bird people , trop long d'une demi-heure.

 

 

 

 

 

 

 

et un gros coup de cœur pour Week-ends, dont les acteurs sont tous épatants et qui, sur une trame hyper classique: deux couples d'amis de trente ans (ils ont maintenant la petite cinquantaine) doivent faire face à l'envie d'aller "ailleurs " de l'un d'entre eux , incarné par Jacques Gamblin. Sachant que leurs maisons de campagne en Normandie se font face,voilà qui va en outre compliquer la situation et entraîner des conflits de loyauté.
Quelle merveille de délicatesse et d'inventivité ! On échappe à tous les poncifs du genre. Pas d'engueulades frontales entre les conjoints, remplacées par des scènes quasi muettes où Karin Viard et Gamblin se battent comme Gnafron et Guignol ,dans leur voiture, ellipses narratives laissant le spectateur décider de ce qu'il advient , ou pas, c'est un pur régal ! url.jpg
Aucune explication psychologisante n'est donnée et quand on se sent directement concernés par la situation, on ne peut que faire comme l'autre couple d'amis: se serrer dans les bras l'un de l'autre pour mieux savourer sa chance !

 

04/05/2015

Still Alice

Alice, la cinquantaine rayonnante a tout réussi : sa vie familiale et professionnelle (c'est une linguiste reconnue).
Mais de petits oublis, de mots (un comble pour une linguiste), puis un épisode très déstabilisant de désorientation la poussent à consulter et le verdict tombe: Alice est atteinte d'une forme très précoce (et héréditaire) de la maladie d'Alzheimer.wash westmoreland,richard glatzer,julianne moore
Si Julianne Moore est à la fois poignante et sobre (elle a bien mérité son Oscar),on aimerait pouvoir en dire autant des autres acteurs , bien pâlots à ses côtés. Il s'agit ici d'un mélodrame assumé et si, bien sûr, le spectateur ne peut qu'être touché (la scène où Alice visite un centre pour malades d’Alzheimer, sans détromper sa guide qui la prend pour un membre de la famille d'un résident potentiel est juste atroce), on ne peut qu'être agacé par tous les poncifs américains (family, love) et par le côté glamour de la chose (Moore est superbe, leur maison est digne d'un magazine de déco et que dire de leur maison de vacances au bord de la plage).
 Quant à la fin, élusive, elle gomme artistiquement  la déchéance annoncée.Bref, un avis en demi-teintes.


 

28/04/2015

La petite prairie aux bouleaux

Après avoir lu Et tu n'es pas revenu (clic), j'avais très envie de voir la fiction consacrée par Marceline Loridan-Ivens à Birkenau. Le DVD vient de ressortir, probablement pour l'anniversaire de la libération des camps, cela tombait donc bien.
C'est Anouk Aimée, les cheveux couleur flamme, qui endosse l'identité de Myriam Rosenfeld, nom de naissance de la réalisatrice, pour son retour à Birkenau, souvent associé à Auschwitz, près de Cracovie.
Les dialogues de cinéastes, les interviews croisées de la scénariste, la réalisatrice et de Simone Veil qui a connu la toute jeune Marceline, quinze ans lors de son arrivée à Birkenau, permettent d'éclairer certains détails de la fiction et de leur conférer encore plus de force.marceline loridan-ivens
Ainsi si Myriam s'obstine à entrer par une porte récalcitrante dans le camp, c'est parce que cette issue était réservée aux Allemands.
Elle se réapproprie  ainsi un lieu où elle affirme avec force être chez elle et s'autorise des libertés que les autorités actuelles interdisent aux visiteurs . Il n'est pas né celui qui pourrait faire plier la survivante !
Par petites touches, nous prenons conscience de l'antisémitisme de la population polonaise contemporaine et passée, mais aussi de la douleur de l’ancienne déportée qui garde certains réflexes de survie. Nous comprenons aussi sa volonté de nier certains souvenirs trop dérangeants, des décennies plus tard  (le film est sorti en 2003).
Une fiction extrêmement puissante, digne et sincère,sans pathos, et d'une très grande beauté. Le seul film, à part celui réalisé par l'écrivain Imre Kertésk, Être sans destin, à avoir été réalisé par une survivante.

31/03/2015

Mars et les femmes

Sans que cela soit volontaire, Mars aura été marqué pour moi par des portraits de femmes fortes, libres et plutôt heureuses. Cela change agréablement !

Commençons par States of Grace. Grace dirige d'une main à la fois ferme et sensible un foyer pour jeunes en difficultés. Une nouvelle venue va la renvoyer face à ses propres failles.
J'y allais vraiment à reculons, l'impression de faire des heures sup' en quelque sorte. mais on ressort de là gonflé à bloc et plein d'optimisme. Le compagnon de Grace est juste parfait , acceptant son côté féminin, ses propres fêlures et ne souffrant même pas d'être le subordonné de sa copine.un vrai bol d'air !

Deux films ensuite sur l’après seconde guerre mondiale.  Tout d’abord, The Phoenix, histoire d’une femme juive, ayant miraculeusement échappé à la mort dans un camp, et qui,  défigurée, subit une opération de chirurgie reconstructrice.
Pour reconquérir son mari (le traître qui l’a dénoncée) elle se prête à sa macabre mise en scène : comme il lui trouve une ressemblance avec sa défunte épouse ( !), elle endossera l’identité de celle qu’il croit morte pour toucher l’héritage. Jouant de l’opposition ombres et lumières, le réalisateur emprunte les codes du mélodrame  mais montre aussi les réajustements de la société allemande après la guerre.
Beaucoup moins de pathos dans le magnifique Ida, se déroulant cette fois en Pologne dans les années 60. Une jeune fille, à la veille de prendre le voile, découvre par sa  tante qu’elle va devenir une « nonne juive ».
Les deux femmes, vont donc partir à la recherche de la tombe des parents d’Ida, s’épaulant l’une l’autre pour aller au bout de cette quête d’un passé toujours affleurant. Pas de jugement, pas d’explications superflues, le réalisateur fait confiance à l’intelligence et à la sensibilité du spectateur pour combler les pointillés. L’image est magnifique, les paroles rares et Ida trace sa route, imperturbable et lumineuse. Un film magnifique et prenant.

My sweet pepper land, enfin, western improbable se déroulant au Kurdistan, où la violence le dispute à l’humour noir. On y voit la naissance d’un amour peu banal entre l’institutrice qui a volontairement choisi d’enseigner dans cette contrée reculée où elle n’est pas la bienvenue et le policier, ancien combattant, qui vient troubler la quiétude du « parrain » local. A noter que tous deux fuient une famille pour le moins envahissante…MY+SWEET+PEPPER+LAND+PHOTO1.JPG
Si l’actrice iranienne Golshifteh Faharani est très elle, son jeu emprunte parfois un peu trop à l’expressionnisme mais bon… quant à Korkmaz Arsla, son faux air de Stephan Eicher et son petit sourire le rendent parfaitement craquant…

31/01/2015

Discount


Christiane, Gilles, Alfred, Emma, Momo et Hervé travaillent dans un hard discount. Petits salaires mais bonne entente entre ces gens modestes dont on sent d'emblée les fêlures.index.jpg
La décision de les remplacer par des caisses automatiques va souder davantage la petite bande et les pousser à créer une épicerie "solidaire" destinée aux gens aux petits revenus, épicerie dont les produits seront détournés de leur lieu de travail. Dernier baroud d'honneur où les voleurs seront volés...
Discount est une véritable film choral, où tous les personnages possèdent la même densité, où la tendresse alterne avec les coups de gueule , et qui respecte profondément chacun d'entre eux, révélant par petites touches leurs parcours marqués par les coups du sort.

Pas de manichéisme non plus concernant la directrice du magasin, interprétée magnifiquement par Zabou Breitmann, elle aussi victime de la violence de sa hiérarchie.
Violence qui s'exerce sous forme de harcèlement humiliant et tatillon à l'encontre des employés ont on veut se débarrasser mais la solidarité va leur permettre , malgré tout de préserver leur dignité.
Inutile de se voiler la face, la présence de ma chouchoute Corinne Masiero (parfaite et généreuse ,comme d'hab') et le fait que le film ait été tourné dans le Nord ont beaucoup joué dans ma décision d'aller voir Discount ! Mais au final,c'est surtout Pascal Demolon qui m'a vraiment émue ! clic.images.jpg

Coïncidence, quelques jours plus tard, je regardais un peu par hasard Divin enfant, une comédie où il jouait également et j'ai encore eu le coup de foudre !

12/01/2015

Au bonheur des ogres/Philomena

Pas vraiment envie de regarder l'adaptation du roman tant aimé de Daniel Pennac, Au Bonheur des ogres, mais bon, envie de me délester un peu de cette sidération qui nous a tous cueillis...
1985, (déjà ! ) date de parution du premier volume de l'épopée de la famille Malaussène, tendre, gaie et haute en couleurs, mais avec aussi un peu de noirceur dans le roman car dans ce grand magasin parisien a régné autrefois un ogre qui "dévorait" les enfants, ce que j'avais plutôt occulté.

Si j'ai aimé la représentation de la famille Malaussène (mention particulière au chien, Julius), si je n'ai rien à reprocher aux acteurs, il n'en reste pas moins que restituer en une heure trente la densité du récit et l'humour de Pennac était un pari perdu d'avance pour ceux qui, comme moi, ont lu le roman. Le film reste à la surface du texte et son côté "conte de fées" dans le visuel m'a plutôt gênée aux entournures. Il n'en reste pas mois que les hommes de la maison qui n’avaient pas lu le roman n'ont pas boudé leur plaisir.

Dans un tout autre genre, Philomena, de Stephen Frears, là aussi adapté d'un document (non lu mais qui semble  moins réussi que le film, d'après quelques avis).
Si je vous dis que ce film, basé sur des faits réels, raconte l'histoire d'un duo improbable  parti à la recherche d'un fils arraché à sa mère quarante sept ans ans plus tôt, vous allez soit fuir, soit sortir votre boîte de mouchoirs et vous aurez tort dans les deux cas.
Frears évoque ici, avec subtilité , émotion, humour et un grand sens du récit,un scandale ayant bouleversé l’Irlande: celui de ces filles-mères (de nos jours ont dit mères célibataires) enfermées dans des couvents dans les années cinquante et dont les enfants, s'ils survivaient aux accouchements sans aide médicale digne de ce nom, étaient adoptés, moyennant finance ,par des américains.

Philomena est une de ces mères et, au cinquantième anniversaire  de ce fils qui lui a été arraché alors qu'il avait trois ans, elle révèle son secret. Elle sera aidée  dans sa quête par un journaliste désabusé, déprimé et plutôt cynique. Si lui possède une intelligence aigüe, une culture pointue, Philomena qui lui apparaît plutôt fruste, va se révéler pleine de surprises et va surtout lui montrer l'importance de l'intelligence du cœur. Des personnages très nuancés, magnifiquement interprétés par Judi Dench et Steve Coogan. Pas de bons sentiments mais toute une gamme d'émotions qui rendent ce film indispensable à voir !