Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/11/2017

La meilleure des vies

"Pourquoi vous parler des bienfaits de l'échec ? Tout simplement parce qu'il vous permet de vous dépouiller de tout ce qui n'est pas essentiel. "

Invitée à prononcer le discours de la cérémonie de remise de diplômes à l'université Harvard, la célébrissime J. K Rowling choisit d'axer son allocution sur les vertus de l'échec et de l’imagination. Paradoxal mais efficace pour marquer les esprits.j k rowling
Elle s'appuie sur sa propre expérience dans ces deux domaines ,ainsi que sur la compassion que l'organisation Amnesty International lui a permis de découvrir quand elle était étudiante et travaillait pour eux.
Empreint d'humour, jamais pompeux, un discours comme on aurait aimé en entendre à la fin de nos études.

 

70 pages illustrées. Grasset 2017.

06:05 Publié dans Essai | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : j k rowling

25/10/2017

Libérées ! Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale

"On tire du ménage une sensation de contrôle et de pouvoir rarement égalée dans la mesure où il est aussi un défi au temps."

Partant de son expérience personnelle, s'appuyant aussi sur de nombreuses études, Titiou Lecocq analyse finement et , avec son humour habituel, l'inégalité de la répartitions des tâches ménagères au sein d'un couple et plus particulièrement d'un couple avec enfants. car c'est souvent à ce moment- là que la situation dérape.
Rappelant les racines du problème, l'éducation principalement, l'autrice pointe aussi du doigt les motivations psychologiques plus difficilement avouables ainsi que les différences dans la manière dont hommes et femmes se répartissent cette fameuse charge mentale.titiou lecoq
Les "torts" sont partagés, pas de  miracle préconisé pour régler le problème, mais une manière saine et enjouée d'envisager la situation. De quoi repartir sur de bonnes bases ?

Fayard 2017

L'avis d'Antigone.

 

titiou lecoq

 

06:00 Publié dans Essai | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : titiou lecoq

10/10/2017

Je me promets d'éclatantes victoires

" C'est une des raisons pour lesquelles l'écriture de Charlotte Delbo dérange :par sa grâce, elle peut refuser de vivre en victime."

C'est par Marie-José Chombart de Lauwe, ancienne résistante et déportée à Ravensbrück, lors de la préparation de ce qu'elle n'ose pas encore appeler son roman (Kinderzimmer) que Valentine Goby découvre la vie et l’œuvre de Charlotte Delbo.valentine goby
Survivante d'Auschwitz-Birkenau, Charlotte Delbo amoureuse, résistante et déportée ne connaît pas une grande notoriété de nos jours. Valentine Goby, fascinée par la puissance de cette écriture poétique s'interroge sur les raisons de cette situation et nous livre ici un bel exercice d'admiration.
Une magnifique manière de célébrer la puissance des mots.

L’iconoclaste 2017.

06:00 Publié dans Essai | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : valentine goby

30/08/2017

La petite danseuse de quatorze ans

"Sa statuette, qui emprunte aux techniques médicales et aux fabrications d'objets courants est donc aussi et avant tout une immense réflexion sur la puissance de la création et en particulier de la sculpture."

Nous avons tous en tête tous la sculpture de Degas, reproduite à de très nombreux exemplaires .Mais qui connaît l'identité de La petite danseuse de quatorze ans qui posa pour le sculpteur ?
Dans cette enquête, Camille Laurens s'attache à retracer la vie en en apparence "minuscule" de Marie van Goethem et, à travers elle,à brosser le portrait de toutes ces petites filles pour qui la danse représentait plus un moyen de survie ,via l'exploitation éhontée de leurs corps, qu'un art exaltant.
L'auteure s’attache aussi à la manière dont l’œuvre elle-même a été accueillie, de manière très violente au début, avant de connaître une renommée mondiale.camille laurens
Très documentée , tour à tour émouvante et révoltante, cette enquête analyse aussi les relations entre l'artiste, son modèle et la manière dont une œuvre est reçue par le public. Un document passionnant qui se dévore comme un roman.

La petite danseuse de quatorze ans, Camille Laurens, Stock 2017.

camille laurens

06/03/2017

Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe

"Apprends à lire à Chizalum. Apprends-lui à aimer les livres.Le mieux est de lui montrer l'exemple au quotidien. [...] Si rien d'autre ne marche, paie-la pour lire."

Quand son amie lui a demandé des conseils pour élever de manière féministe sa toute petite fille, Chimamanda Ngozi Adichie a d'abord été prise au dépourvue. Puis, s'inspirant de ses expériences des enfants et de sa réflexion sur le féminisme, a enfin rédigé quinze suggestions toujours pleines de pragmatisme et parfois d'humour, sans jamais tomber dans le prêchi prêcha.41UjRxE-faL._AC_US218_.jpg
En creux, c'est aussi un portrait de la société nigériane qui nous est livré par le biais des relations entre hommes et femmes, une société où la mondialisation sévit aussi par le biais de cette distinction artificielle des vêtements pour enfants :rose pour les filles, bleu pour les garçons.
Sans tomber dans intellectualisme à tout crin, l'écrivaine nigériane nous livre ainsi des pistes, étayées de d'exemples concrets, où se lit aussi une revendication de l'identité africaine. Un livre tonique,généreux et plein d'humanité.

Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe,  Chimamanda Ngozi Adichie ,traduit de l’anglais (Nigéria) par Marguerite Capelle.

Gallimard 2017, 78 pages inspirantes.

16/06/2016

Eloge du chat

"L'atout du chat est d'avoir assimilé que l'utilisation de la simple force n'est pas payante. La souplesse est une arme plus efficace quand on désire le pouvoir. Il y a plus de ténacité, de résistance dans les solutions flexibles."

Loin de s'en tenir aux qualités traditionnellement attribuées au chat, Stéphanie Hochet insiste davantage sur sa flexibilité, souligne ses ambiguïtés, ses paradoxes: "il n'est ni totalement sauvage, ni totalement domestiqué, il ressemble aux artistes".stéphanie hochet
L'exigence de liberté du félin lui fait aussi un point commun avec les écrivains dont il est souvent le compagnon. Mais c'est surtout la place qu'il occupe dans notre inconscient "représentant sa partie refoulée" qui peut expliquer les réactions excessives que le chat a pu susciter dans son histoire. Finalement, conclut Stéphanie Hochet, "Sa forme diffère de nous mais c'est nous que nous voyons quand nous le contemplons, un nous fantasmé."

110 pages fines et élégantes, émaillées de références qui donnent envie de prolonger bien évidemment la lecture.

Éloge du chat, Stéphanie Hochet, Rivages poche 2016

06:00 Publié dans Essai | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : stéphanie hochet

09/06/2015

Chez soi, une odyssée de l'espace domestique

"Chacun, en fonction de ses dispositions personnelles et des occasions qui s'offrent à lui, s’enfonce plus ou moins loin sur les routes de papier; mais ces routes mènent au même but."

Casanière, mais aimant les récits de voyage de Nicolas Bouvier, Mona Chollet cultive les ambivalences et les assume. Elle analyse avec acuité notre relation au "chez soi", s'impliquant elle aussi au passage, dénonçant la violence de notre société mais aussi célébrant les charmes du home sweet home dans de très belles pages.mona chollet
Ce que j’aime chez cette journaliste c'est le regard critique, la variété des angles, la manière dont elle n'hésite pas à se mettre aussi en scène et la variété des références aussi bien architecturales que littéraires.
Plein de  découvertes, de marque-pages et d'envies de lectures !

Chez soi, Mona Chollet, Zones 2015.

Une réalisation de Terunobu Fujimori , architecte japonais à laquelle Mona Chollet consacre de très belles pages.mona chollet

05:55 Publié dans Essai | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : mona chollet

27/05/2015

Beauté fatale...en poche

"Plus généralement, les femmes sont loin d’entretenir, comme les héroïnes de Sex and the City, un rapport hédoniste et insouciant à leur corps et à l'industrie qui les invite à l'embellir: le système , plutôt que de les combler de gratifications qu'elles n'auraient qu'à cueillir, telle Eve dans un moderne jardin d'Eden, attise leur frustration, leurs complexes, leur anxiété, leur autodévalorisation; il prospère sur les tourments physiques et moraux que leur inflige le souci névrotique de leur apparence. Et il le fait, comme on le verra , indépendamment de leur adéquation aux canons en vigueur : celles qui sont perçues comme les plus jolies peuvent très bien être aussi les plus flippées."

 

C'est en feuilletant son dernier ouvrage, que j'ai découvert, juste à côté et au format poche, Beauté fatale, sous titré Les nouveaux visages d'une aliénation féminine.
Le projet est fort intéressant: en se penchant sur les discours publicitaires, les blogs, la presse féminine, les témoignages de mannequins (édifiants, à faire lira à toutes les jeunettes que ce métier fait rêver !), les séries télévisées, bref, le discours et les images dans lesquels nous baignons constamment, Mona Chollet montre comment les normes inatteignables qui leur sont imposées nuisent au bien être des femmes.mona chollet
On croit le savoir, bien sûr, mais on l'oublie trop souvent, moi la première, tant les injonctions qui nous sont martelées apparaissent comme la norme qu'il faut suivre "naturellement".
J'ai parfois sursauté , tant le discousr est parfois violent dans la manière dont l'auteure s'en prend à certaines personnalités( Sophie Fontanel, Elisabeth Badinter) ,mais la démonstration est implacable et les exemples nombreux et variés. Un texte roboratif qui donne un autre son de cloche à entendre et nous permet de prendre de la distance par rapport au discours dominant et de réveiller notre esprit critique engourdi.

 Beauté fatale, Mona Chollet, La découverte /Poche 2015, 289 pages

 

11/05/2015

Chiens, chats...pourquoi tant d'amour ?

"Ceux qui vivent avec des animaux  s'y attachent  comme à des personnes , parce que cet attachement  s'impose du fait que nous sommes ce que nous sommes et que les animaux sont qui ils sont. Or, la plupart des recherches  s'efforcent de comprendre le fait que des humains s'attachent à des animaux  comme s'il s'agissait d'une anomalie.Aucun sociologue ne va enquêter sur les raisons pour lesquelles les gens aiment les enfants !"(Vinciane Despret)

Saviez-vous que des chiens, il y a bien longtemps, avaient été enterrés avec leurs maîtres ? Que la religion catholique, dans sa volonté de contrer la religion polythéiste égyptienne, avait beaucoup œuvré contre les animaux ? Que les chiens avaient le sens de l'humour  ? (ça plein de maîtres le savent mais, comme le rappelle fort opportunément Le Telegraph du 11 juin 2004: " Les scientifiques viennent de prouver ce que les propriétaires de chiens savent depuis des siècles : leurs chiens comprennent presque tout ce qu'ils disent.").eric baratay,claude béata,vinciane despret,catherine vincent
Catherine Vincent, journaliste au Monde a interrogé  Eric Baratay, professeur d'histoire contemporaine, Claude Béata, vétérinaire comportementaliste et Vinciane Despret, philosophe et éthologue, et leurs entretiens sont passionnants !
On a juste envie d'applaudir aux propos de chacun d'eux et tout particulièrement à ceux,  pleins de vie, d'humour et d'empathie de Claude Béata et Vinciane Despret. Des réflexions émaillées d'anecdotes qui parleront forcément aux amis des animaux et , on l'espère aussi, aux autres.
Aucun jargon, de l' enthousiasme à revendre et une lecture qui confortera tous ceux qui, comme moi, sont persuadés que l'animal est sensible et intelligent. Je me suis régalée de bout en bout !

Un grand merci à Vinciane Despret (clic) qui a ,si gentiment et si rapidement ,répondu à ma demande de bibliographie supplémentaire !

Le lien vers l’émission de France inter qui m'a permis de découvrir cet ouvrage paru chez Belin: clic .

PS: ne pas s'arrêter à la couv', pourquoi avoir jugé nécessaire d'ajouter, en coloriant heureusement, des accessoires ridicules à ce bouledogue français ?

05/05/2015

Le nénuphar et l'araignée

"Je suis de cette société docile obsédée de son danger intérieur. Ce que je mange, ce que je bois, ce que je fume, comment je baise, ce que je me fais de mal. Si j'avais un danger extérieur à affronter j'aurais sans doute moins peur. à force de prévenir le danger je l'ai fait pousser en moi : il me semble sans doute plus familier, moins périlleux parce que je crois en avoir la clé, la manette, le thermostat. J'avais mon petit danger portatif dans la poche. je l'appelais Lucky strike. il me permettait d'oublier tous les autres dangers qui n'étaient pas actionnés par moi."

Au départ de ces textes, une requête d'éditeur: écrire pour une collection des Allusifs intitulée Les peurs. "La collection n'existe plus mais le texte est là." car pour répondre à la demande, Claire Legendre s'est penchée sur ses propres peurs dans des textes tenant à la fois de la nouvelle auto fictive et de l'essai, interrogeant aussi bien sa phobie des araignées que la présence inquiétante de ce qu'elle  appelle son nénuphar, comprendre une anomalie au niveau du thymus qui va lui empoisonner le corps et l'esprit.claire legendre
L'auteure analyse avec acuité et souvent humour ses réactions, ses angoisses, qui sont bien évidemment en totalité ou en partie les nôtres. Une mise à distance  souvent imagée et bien évidemment salutaire .
J'ai ainsi découvert le concept tchèque de la Litost (ne pas confondre avec la litote), intraduisible en français, qui est "le spectacle de sa propre misère. Kundera en fait , au filtre de la fiction , une humiliation, une honte sans gravité mais à laquelle on pourrait repenser, par exemple de façon intempestive, quand on est bien tranquillement installé sur le canapé devant la télé et elle vous donne des tics nerveux. Il arrive qu'on se gifle en repensant à telle réplique qu'on n’aurait pas dû dire, à tel geste qu'on n'aurait pas dû faire..." et l'auteure de remarquer avec malice  (ou consternation ) : "Les hommes politiques sont de formidables digéreurs de litosts, moi je me serais jetée par la fenêtre une bonne dizaine de fois si j'avais le palmarès de certains."
Un livre qui fera du bien aux angoissés. Et aux autres !

Le nénuphar et l'araignée, Les Allusifs 2015, 100 pages où volètent de nombreux marque-pages.