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02/11/2016

Les petites reines

"- Mais comment tu peux avaler ça, toi, d'être élue Boudin du lycée Marie-Darrieussecq ? C'est dur...C'est vraiment dur quand même.
-Oh, je dispose d'une capacité de détachement surhumaine. je sais que ma vie sera bien meilleure quand j'aurai vingt-cinq ans; donc , j'attends. J'ai beaucoup de patience.[...]
Bon, sauf quand je suis un peu crevée, ou que j'ai mes règles ou un rhume; dans ces moements-là, OK, il peut arriver que je perde de mon imperméabilité."

Loin de se lamenter sur leur sort, les trois "Boudins "du Lycée de Bourg-en Bresse, alias Mireille, Astrid et Hakima, vont se lancer dans un périple à vélo qui les mènera jusqu'à la garden -party du 14 juillet à l’Élysée , où elles ont bien l'intention de s'incruster, chacune avec un objectif différent.
Comme elles ont le sens de l'autodérision, elles ont décidé pour financer leur expédition de vendre du boudin...clémentine beauvais
Progressivement, cette expédition va prendre de l'ampleur sur les réseaux sociaux, dans les médias et dépasser un peu ces jeunes filles auparavant ostracisées.
Avec un humour décapant, une pointe de féminisme, Clémentine Beauvais traite d'un sujet grave sans pour autant tomber dans les pièges inhérents à ce thème : la récupération de la transformation des corps de ces trois" boudins" (faites du sport, vous maigrirez) ou l'optimisme à tout crin.
Il se dégage de ce roman une belle énergie et l'écriture dynamique et imagée de Clémentine Beauvais contribue au plaisir de la lecture. Pas étonnant que ce roman soit couvert de prix ! Un grand coup de cœur, déniché à la médiathèque.

Les petites reines, Clémentine Beauvais, Éditions Sarbacane 2015, 270 pages toniques.

 

25/10/2016

Songe à la douceur

"C'est frêle,
ces jeunes personnes tellement éblouies par le jour
          qu'elles ne se sont pas apprêtées pour la nuit."

Un roman en vers libres qui dépoussière et revisite Eugène Onéguine avec une couverture rose bonbon pleine de fioritures ? Ce n'était pas gagné d'avance en ce qui me concerne, même si je n'avais jamais lu le roman de Pouchkine ni vu l'opéra de Tchaïkovski.
Et pourtant , une fois commencé, je n'ai pas pu lâcher ce roman destiné aux jeunes adultes (mais pas que).
L'histoire ? Une jeune femme, Tatiana, à l'aube d'entrer dans la vie adulte, rencontre fortuitement Eugène, celui dont elle était tombée amoureuse quand elle avait quatorze ans ans et lui trois de plus. Dix ans plus tard, Eugène est-il toujours aussi désenchanté et cynique ? Les amours adolescentes avortées peuvent-elles renaître de leurs cendres ?clémentine beauvais
On craint le pire et c'est le meilleur que l'on découvre tant Clémentine Beauvais se penche avec empathie que ses héros, les décrivant sans mièvrerie mais avec une acuité non dénuée de poésie. La sensualité est-elle aussi présente, sans tomber pour autant dans l'impudeur et la tragédie qui touche un des personnages est évoquée avec délicatesse.
Un exercice d'équilibre improbable parfaitement réussi dont la forme renforce le plaisir: intertextualité (des vers célèbres s'insèrent au fil du texte) des calligrammes et des interventions de l'auteure viennent encore ajouter au plaisir de lecture. On sort de là avec des étoiles dans les yeux, ravi que la fin évite les clichés du genre. Un grand bonheur de lecture dont on aurait tort de se priver.


Et zou sur l'étagère des indispensables !

 

Songe à la douceur, Clémentine Beauvais, Sarbacane 2016 , 239 pages à savourer !

L'avis de Noukette qui envoie vers d'autres billets enthousiastes.