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31/05/2019

Dîner avec Edward...en poche

Sous l'amicale pression d'une amie, Isabel accepte de dîner régulièrement avec le père nonagénaire de cette dernière. Repas raffinés, nécessitant des préparations complexes, mais aussi réflexions sur l’existence sont au menu.
Un texte agréable à lire, mais qui , au fil du temps distille un ennui poli. Edward est charmant mais n'a pas su me séduire. On avait déjà eu "Mange, prie, aime", nous avons droit ici à Mange et aime. Un peu court non ?61ieLMRht1L._AC_UL436_.jpg

06:00 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : isabel vincent

28/05/2019

#SansJamaisAtteindreLeSommet#NetGalley

"La montagne me portait à l'essentiel."

"Je voulais voir si, quelque part sur terre, il existait encore une montagne intègre, la voir de mes yeux
avant qu’elle ne disparaisse. J’ai quitté les Alpes abandonnées et urbanisées et j’ai atterri dans le coin le plus reculé du Népal, un petit Tibet qui survit à l’ombre du grand, aujourd’hui perdu." Tel est l'objectif de l'auteur quand, accompagné de toute une expédition, nécessaire bien sûr, il part accompagné de deux amis et d'un récit de voyage, Le léopard des neiges.paolo cognetttiBientôt, le récit de Matthiessen et celui de Conetti s'entremêlent, comme se tissent les références aux montagnes italiennes et locales, dont les modes de vie s’apparentent parfois.
L'écriture est toujours aussi belle, je n'ai cessé de souligner à tour de bras, mais l'émotion est moins présente, peut être parce qu'en arrière plan se lovait dans ma tête l'idée un peu gênante que mettre en branle toute une expédition pour un récit aussi court  (176 pages) paraissait quelque peu disproportionné.

Traduit de l'italien par Anita Rochedy. Stock 2019

 

06:00 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : paolo cognettti

25/05/2019

En camping-car...en poche

"Notre style de vacances était aristocratique parce qu'il valorisait la liberté, le plaisir, la découverte, l'échappée belle, mais il était aussi foncièrement démocratique: pas cher, pas consumériste, pas tape-à-l’œil, pas couche-tard, pas compliqué, quelque chose d'accessible, de proche, de simple, quasiment rudimentaire, une locomotion terrestre, un contact direct avec les gens, des haltes toujours respectueuses de la nature, des coutumes et des produits locaux [...]. En un mot, une grande vadrouille à l'échelle de l' Europe. Maître de soi, mais pas chez soi."

ivan jablonka

 Dans les années 80, Ivan Jablonka, ses parents et son frère, souvent accompagnés de familles dotées elles aussi d'enfants, ont sillonné les routes estivales en camping-car. L'évocation de ces vacances est tout à la fois l'occasion d'une plongée dans la nostalgie de l'enfance, mais aussi d'une analyse sociologique d'un type de vacances bien particulier dans un véhicule tout sauf anodin quand ses deux parents ont été des enfants cachés durant la Seconde guerre mondiale.
En effet ce véhicule de marque Volkswagen témoignait du "génie de l’organisation allemand [...] mis au service non pas du crime de masse, mais de la vie, de la joie, de l'intimité, de l'intégration familiale, et il est facile de comprendre en quoi le camping-car a sauvé mon père et nous avec."
Ivan Jablonka analyse ainsi  avec une émotion tangible la relation très particulière que son père entretenait au bonheur, n'hésitant pas à enjoindre avec colère à ses enfants ignorant un superbe paysage: "Soyez heureux !"
 Néanmoins, comme l' évoque très justement la quatrième de couverture l'auteur" esquisse une socio-histoire de son enfance" et c'est justement ce côté un peu léger dans l'analyse, s'essoufflant peut être à vouloir courir plusieurs lièvres à la fois que j'ai regretté. N'étant guère adepte de la nostalgie, j'ai en outre trouvé les évocations de ces vacances aussi longuettes que les séances diapos d'autrefois. Bilan en demi-teintes donc.

28/03/2019

L'odeur du chlore

"Je veux parler  de la soumission, de l’acceptation d'un ordre du monde où il fallait s'efforcer, construire."

"...ce récit, enfin cette chronique, ce machin tant de fois suspendu", la narratrice le construit chapitre après chapitre , évoquant tout à la fois ses souvenirs de la piscine où elle allait trois fois par semaine étant plus jeune, créant sa propre poétique de l'eau, envisageant son corps changeant, toujours hors normes selon elle, ce corps soumis à la discipline de la compétition.irma pelatan
  Mais sans doute les dés étaient-il pipés d'avance car cette piscine possédait des proportions particulières, voulues par l'architecte Le Corbusier selon le modèle idéal du Molitor, un homme adulte d'un mètre quatre-vingt treize.Sans compter que, quasi en catimini, glissées en douce dans le chapitre 20, quelques pages évoquent à demi mots un épisode traumatisant dont "L'injonction demeure brûlante comme fer rougi."
L'odeur du chlore, les doigts fripés, la distinction entre les baigneurs et les nageurs , l'ambiance particulière à la fois bienveillante et parfois malaisante de la piscine, disent de manière précise un univers dont la narratrice ne parviendra à identifier le trouble créé en elle que dans le dernier chapitre, ce qui permettra enfin une affirmation victorieuse.
Un texte en apparence léger mais qui sait troubler efficacement son lecteur. l'univers d'Irma Pelatan a su me séduire et pourtant ce n'était pas gagné car je déteste les piscines.


Éditions de la Contre Allée 2019, 98 pages troublantes.

 

06:00 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : irma pelatan

13/06/2018

Petites chroniques d'une maison d'hôtes

Qu'ajouter au concert de louanges qui a accompagné, à juste titre, la sortie de ces chroniques ?
Que c'est à la fois drôle et édifiant, tant sur la nature humaine que sur la diversité de tâches que doivent accomplir ceux qui se chargent d'accueillir les hôtes.véronique cambier
Véronique, on la devine à la fois chaleureuse et accueillante ,mais aussi capable d'établir des limites entre vie privée et vie professionnelle et c'est tout à son honneur.
C'est toujours à la fois un peu préoccupant de lire l'ouvrage de quelqu'un qu'on suit depuis des années sur son blog et sur facebook , mais aussi très gratifiant quand le livre se dévore d'une traite et que son auteure correspond tout à fait à l’idée qu'on s'en faisait. Un grand plaisir de lecture  !

Ps: Véronique, ton livre est-il à disposition dans ta maison d'hôtes ?

06:00 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : véronique cambier

03/05/2017

L'affreuse

"Mince, chacun ses soucis, je n'y peux rien.Je suis la cause involontaire de leurs inquiétudes.C'est trop lourd à porter pour moi."

Ariel Crozon a quarante neuf ans quand on lui diagnostique la maladie de Charcot (sclérose latérale amyotrophique). Maladie incurable. ariel crozon,daniel pennac
Vie confortable, travail intéressant, vie affective bien remplie, tout cela va être chamboulé de fond en comble et les gestes les plus anodins vont rapidement devenir de vrais défis.
Écrire, sous forme de petits textes aux titres explicites, textes qui seront d'abord destinés à ses proches ou à ses médecins, avant d'être envoyés à Daniel Pennac qui jouera un rôle de passeur ,écrire c'est ici comme indiqué sur le bandeau une forme de résistance.
Pas d'autoapitoiement, mais des constats lucides,souvent plein d'humour sur le monde médical et son impuissance, la progression de la maladie, les réactions de ses proches, ses sautes d'humeur. Par petites touches, un peu à la façon dont semble progresser l'Affreuse, nous est dépeint l'inéluctable.

Un récit émouvant mais sans pathos qui donne longtemps à réfléchir.

L'Affreuse, Ariel Crozon, Ediitons Autrement 2017, 199 pages .

 

16/02/2017

Sable mouvant...en poche

"Écrire, décidai-je, c'était orienter ma lampe vers les recoins sombres et tenter d'éclairer de mon mieux ce que d'autres s'efforçaient au contraire d'occulter.
Il y a deux sortes de conteurs, toujours en lutte. L'un enfouit et dissimule, tandis que l'autre exhume et dévoile."

En 2013, suite à un accident de la circulation, Henning Mankell découvre qu'il est atteint d'un cancer du poumon avec métastases.henning mankell
Sous-titré Fragments de ma vie, ce récit explore en courts chapitres les souvenirs, les réflexions sur le temps, la mort, mais aussi sur l'humanité qui viennent alors à l'esprit de l'auteur des Bottes suédoises. Lire Le roman puis, dans al foulée,  le récit m'a d'ailleurs permis de reconnaître dans le premier des échos du second, même si dans Sable mouvant Mankell élargit le champ temporel et historique.
En effet, qu'il évoque les peintures pariétales, le théâtre grec où les déchets nucléaires que nous lègueront aux générations futures, c'est toujours l’humain qui est au cœur de sa pensée. Mankell se montre en effet très discret sur l'évolution, les conséquences de sa maladie. Il n'est ni dans la plainte, ni dans le regret mais les souvenirs qu'il évoque sont pour lui l'occasion d'un élargissement sur le sort des humains en général.On sort de cette lecture enrichi de connaissances générales, nourri d'une pensée lumineuse et active.

Sable mouvant,  Henning Mankell, traduit du suédois par Anna Gibson, Points Seuil 2017, 374pages.

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05/12/2016

Les chemins noirs

"Je préférais demander aux chemins ce que les tapis roulants étaient censés me rendre: des forces."

On l'a connu fanfaronnant sur les toits parisiens, mais c'est un chalet montagnard qui aura eu presque raison de lui. Rafistolé par des médecins dont il s'étonne qu'ils ne lui aient reproché, Sylvain Tesson, désormais sourd d'une oreille, paralysé du visage et doté de quelques vis dans la colonne vertébrale, décide de se soigner à sa façon.Pour cela , il parcourt ce qu'il appelle Les chemins noirs, cette "géographie de traverse" qui subsiste, loin de l'aménagement imposé au territoire. sylvain tesson
Et c'est bien cette géographie, plus que le corps et l'âme en berne du narrateur qui sont au cœur de ce récit. Quelque fois sentencieux, mais le plus souvent poétique, Sylvain Tesson fait aussi quelques rencontres , parfois hautes en couleurs, mais le plus souvent fort modestes.
C'est cette poésie champêtre et cette modestie qui ont su emporter mon adhésion et me réconcilier avec le personnage et l'auteur.Le récit est bref et bien moins nostalgique que celui de Benoit Duteurtre, plus axé lui sur l'histoire.

Les chemins noirs, Sylvain Tesson, Gallimard 2016

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17/10/2016

Rester en vie

"Vous êtes sur une autre planète. Personne ne comprend ce que vous traversez. Mais en fait, si."

Récit a posteriori d'une dépression et de crises d'angoisse ayant frappé l'auteur quatorze ans plus tôt, Rester en vie se compose de chapitre courts, de listes diverses (personnes célèbres ayant souffert de dépression, raisons pour rester en vie etc).

matt haig,dépression,angoisse


On ne peut nier la grande sensibilité de ce texte, mais son aspect trop fractionné, ses conseils souvent trop banals, ses approximations et l'aspect trop léger de l'analyse de la dépression d'un point de vue scientifique (personne, en gros ne sait pourquoi on devient dépressif), ont fait que je suis restée totalement extérieure.
Un seul point m'a vraiment touchée : l'amour d'Andrea, la compagne de l'auteur qui jamais ne l'a laissé tomber.
Dans un autre genre, j'avais nettement préféré le roman de Styron sur le même thème: Face aux ténèbres.

Le billet d'Antigone qui m'avait donné envie.

Rester en vie, Matt Haig ,Éditions Philippe Rey 2016.

 

20/05/2016

L'étrangère...en poche

Le génocide arménien de 1915 n'a toujours pas été reconnu par la Turquie et son déroulement, ses causes et ses conséquences sont encore trop ignorées du grand public. L'auteure, ex directrice de Elle, est la petite-fille d'une survivante de ce génocide. Elle a entrepris de raconter, sous forme romanesque, les informations qu'elle est parvenue à recueillir de son aïeule.9782290123454_cm.jpg
Alternant récit du génocide tel que l'a vécu sa grand-mère et parties concernant son enfance, l'auteure remonte ainsi le temps et éclaire un épisode de l'Histoire trop souvent passé sous silence. Une lecture  éprouvante mais très éclairante.

L’étrangère, Valérie Toranian, J'ai Lu 2016.