Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/08/2017

Hommes, femmes, avons-nous le même cerveau ?

Dans cet opus de l'excellente collection Les petites pommes du savoir, la neurobiologiste et directrice de recherches à l'institut Pasteur à Paris, Catherine Vidal, fait le point sur recherches les plus récentes sur le sujet.
Elle en profite aussi pour tordre le cou à quelques idée fausses, encore véhiculées par les médias, bien que basées sur des recherches maintenant dépassées.catherine vidal
Partant des stéréotypes les plus anciens (le lien erroné qu'on tentait d établir autrefois entre taille du cerveau et intelligence), elle bat ainsi en brèche toutes les idées reçues concernant les différences traditionnellement établies entre hommes et femmes.
Oui, les cerveaux des hommes et des femmes sont différents, mais principalement parce que tous les cerveaux sont différents entre eux et parce que l'éducation va entraîner la sollicitation de certaines zones du cerveau entraînant ainsi la reproduction de stéréotypes culturels.Le cerveau étant extrêmement plastique, peut, si l'on sollicite régulièrement ces zones , devenir tout à fait performant.
Néanmoins, malgré les progrès de l'imagerie cérébrale et la découverte de la plasticité du cerveau, "L'argument du déterminisme biologique des différences entre les sexes fait toujours autorité." et Catherine Vidal tire la sonnette d 'alarme pour "éveiller la responsabilité des chercheurs sur l'impact de leurs travaux dans le champ social et politique."

Un excellent livre de vulgarisation.

Hommes, femmes, avons-nous le même cerveau ?, Catherine Vidal, Éditions le Pommier 2012, 56 pages passionnantes.

Découvert grâce à l'émission Les savantes sur France inter, le samedi à 10h clic.

J'attends avec impatience la sortie en septembre de ce livre:catherine vidal

06:00 Publié dans Document | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : catherine vidal

25/05/2017

Safari dans la bouse et autres découvertes bucoliques

"Frimez en société : "Nous sommes dans la merde jmarc giraud,roland garrigueusqu'au cou, c'est pourquoi nous marchons la tête haute." Dario Fo, homme de théâtre italien , prix Nobel 1997."

C'est dans ma voiture, en écoutant Marc Giraud expliquer avec enthousiasme dans l'émission de France Inter "La tête au carré" le microcosme passionnant qu'est une bouse de vache que j'ai été ferrée.
Découvrir que "Les poissons perroquets expulsent régulièrement des matières fécales blanchâtres très minérales, qui s'accumulent  et forment en partie ...le sable fin des idylliques plages tropicales immaculées" m'a emplie de joie, tout comme la plante carnivore "qui fait office de fosse septique désinfectante pour la chauve-souris !" exemples, que je pourrais multiplier à loisir !
Je n'ai  donc pas été déçue par ce petit livre (par la taille) rempli d'humour, d’informations insolites mais aussi très sérieuses car les déjections sont souvent à la base d'écosystèmes qui sans elles, disparaissent. ,
Les illustrations malicieuse de Roland Garrigue ajoutent au plaisir de la lecture.

Pour les petits et grands curieux ! Et zou, sur l'étagère des indispensables!

 

Éditions Delachaux et Niestlé .

08/03/2017

Le fight club féministe /manuel de survie en milieu sexiste

"Des études montrent que lorsque des hommes proposent leur aide, ils le font le plus souvent en public et s'assurent que ça se remarque, alors que les femmes le font beaucoup plus discrètement."

 Elles sont jeunes, elles ont fait des études, elles sont compétentes , mais manque de chance, ce sont des femmes qui bossent dans des entreprises diverses où les hommes blancs sont majoritaires.
Forcément, ces jeunes femmes en ont assez  qu'on leur pique leurs idées et leurs promotions , tout ça pour un salaire inférieur à celui des hommes. Dans un premier temps, elles se réunissent pour échanger leurs impressions, leurs expériences et se soutenir mutuellement. C'est ainsi qu'est né le premier Fight Club Féministe , comme nous le raconte avec humour l'autrice de ce manuel  bourré d'informations,d'humour et de stratégies pour prendre confiance en soi, adopter les bons comportements, ne pas gaspiller ses efforts, voire argumenter pour demander une augmentation.jessica bennett
Dénonçant les préjugés que nous avons tous et toutes, valorisant la sororité, mais aussi la fraternité, Jessica Bennett nous incite à arrêter de nous dévaloriser, étayant ses propos d'informations, de citations mais aussi de conseils , illustrés par des exemples concrets, voire de son expérience personnelle.
Les illustrations et la mise en page contribuent à donner un petit air décontracté à ce manuel qui n'est jamais austère ni dans la forme ni dans le fond.
Un indispensable que je vais de ce pas offrir à ma fille !

Le fight club féministe /manuel de survie en milieu sexiste, Jessica Benett, traduit de l'anglais par Géraldine  d'Amico et  Cyrielle Ayakatsikas, illustrations de Saskia Wariner  avec hHllary  Campbell, adaptées par  Raphaëlle Faguer pour la version française. Éditions Autrement 2017

 

25/01/2017

Ceci est mon sang

"Trente milliards de dollars, soit 26 milliards d'euros  c'est ce que représente le marché annuel de la protection périodique, soit l'équivalent du PIB de Bahreïn, un archipel pétrolier du sud de l'Arabie saoudite qui va sans être ravi de l'apprendre."

Le titre, explicite et facétieux, donne le ton : on va parler de choses sérieuse mais avec humour. La couverture où éclate cette magnifique couleur rouge tranche sérieusement aussi avec les succédanés bleus ou verts que les publicités pour les tampons et autres serviettes périodiques se croient obligés d'utiliser.
Fi des tabous donc, Elise Thiébaut nous emmène en sa compagnie à la découverte des règles, des premières aux dernières, au fil de son histoire personnelle, dans laquelle beaucoup se reconnaîtront.Elle se réfère aussi à l'Histoire, l'économie, voire la science, sans jamais être ennuyeuse ou rébarbative.
Féministe, très drôle, ce n'est pas incompatible, l'autrice se révèle pleine d'humour et de ressources, fustigeant au passage le machisme des scientifiques, des médecins ou soulignant l'opacité entourant la composition des serviettes et tampons périodiques.élise thiébaut
On apprend plein d'infos et même les littéraires pur jus comme moi ne seront pas perdues dans les explications scientifiques, très imagées et claires.
Remarquons au passage qu 'Elise Thiébaut ayant souffert d'endométriose, fait aussi le point sur cette pathologie trop souvent méconnue.248 pages qui se dévorent toutes seules.

Ceci est mon sang, histoire des règles et de ceux qui les font, Élise Thiébaut, Éditions La Découverte 2017. Un grand coup de cœur ! Et zou sur l'étagère des indispensables !

28/10/2016

Le monde est mon langage

"J'ai longtemps cru que le français était une langue de l'emportement, de l'irascibilité et surtout celle de ceux qui voulaient à tout prix avoir raison."

Dans ce recueil, Alain Mabanckou revient sur les rencontres d'écrivains ou d'inconnus qui ont jalonné sa vie. Écrivain de langue française né au Congo, il revient ainsi dans un exercice d'admiration et de bienveillance sur tous ceux qui ont contribué à lui faire aimer la langue française. On le suit au fil de ses pérégrinations, un petit carnet à la main, histoire de noter au passage tous ceux qu'il nous revient de découvrir tant les écrivains(e)s francophone sont divers et plutôt méconnus en France.

alain mabanckou


Une balade très agréable , riche en découvertes.

Le monde est mon langage, Alain Mabanckou, grasset 2016.alain mabanckou

28/08/2016

Et tu n'es pas revenu...en poche

"Survivre vous rend insupportables les larmes des autres. On pourrait s'y noyer."

Quand elle est arrêtée, à quinze ans, son père lui dit :"Toi, tu reviendras peut être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrais pas."marceline loridan-ivens, judith perrignon
Cette prophétie s'accomplira . Marceline pourra brièvement ,et au risque de sa vie, revoir son père , envoyé à Auschwitz, tandis qu'elle est déportée à Birkenau et elle recevra un billet de lui. Ce billet, il a disparu dans la tourmente, les mots se sont effacés de sa mémoire mais pas le fait qu'il ait signé de son   prénom juif, alors qu'il se voulait français.
Des décennies plus tard, Marceline répond à ce billet, remonte le cours du temps et brosse, à grands traits parfois, des pans de sa vie.
La survie au camp, le retour, la chape de plomb qui pèse sur les survivants, la mère qui veut juste savoir si elle n'a pas été violée et ,par dessus tout, cet amour de la fille pour son père ,font de ce récit tendu comme un arc ,une lecture âpre et nécessaire. Il y a dans ce texte une sourde énergie. Le temps n'a pu balayer les émotions et on sent Marceline Loridan-Ivens à fleur de peau tout au long de ce texte.

20/03/2016

deux tableaux de Paula Becker

873317.jpgimages.jpg

05:55 Publié dans Document | Lien permanent | Commentaires (3)

12/03/2016

Un éléphant dans ma salle d'attente

Comme beaucoup d'entre nous qui avons suivi les aventures de Daktari à la télévision, Florence Ollivet-Courtois a voulu devenir vétérinaire d'animaux sauvages.
Dès l'âge de six ans, elle tenait une perfusion pour aider son père,lui même véto, puis son diplôme en poche a suivi des formations qualifiantes aux États-Unis, pour atteindre son rêve.florence ollivet-courtois,sylvie overnois
Seule libérale à exercer cette spécialité en France, Florence Ollivet-Courtois soigne les animaux sauvages et ceux de parcs zoologiques, faisant preuve tout à ll fois d'astuce et de robustesse face à ses patients pas toujours commodes et souvent plus fragiles qu'il n'y paraît.
On sent au fil de la lecture  son profond amour des animaux et l'on suit avec bonheur ce récit qui ne se contente pas d’aligner les anecdotes, drôles ou émouvantes mais nous fait plonger au cœur des relations hommes/animaux. Un pur régal !

Un éléphant dans ma salle d'attente, Florence Ollivet-Courtois  avec Sylvie Overnoy, Alpha éditions.

 

03/12/2015

Mankell (par) Mankell ...en poche

"Dans les sphères du pouvoir, au Mozambique, ils commencent donc à s'apercevoir qu'il existe un type étrange qui vit depuis longtemps parmi eux et qui leur tient lieu d’ambassadeur culturel. Cela me réjouit et j'essaie de me servir au mieux de cette notoriété."

En 2010, devenu un "auteur global" (cette expression revient à plusieurs reprises dans le texte), Henning Mankell accepte de programmer dans son emploi du temps bien rempli des entretiens avec Kirsten Jacobsen. Elle n'a qu'à bien se tenir car une journaliste qui avait pourtant galéré pour obtenir un rendez-vous,ayant entamé son entretien en affirmant qu'elle ne savait pas par quoi commencer, avait provoqué aussi sec le départ de l'auteur des Wallander !mankell,kirsten jacobsen
Abrupt, entier, Henning Mankell l'est certes mais il est aussi généreux et très clair dans ses rapports à l'argent. Mécène, impliqué dans la vie culturelle du Mozambique, aux grands dîners officiels, il préfère largement suivre une troupe de théâtre indienne qui intervient au beau milieu de la rue !
S'il se livre un peu sur son enfance et le départ de sa mère qui l'a laissé avec ses frère et sœur élevés par son seul père, il éclaire de manière très intéressante ses rapports avec son personnage star, Wallander, avec lequel il entretient une relation très particulière et dénuée d'affect.
Les entretiens sont contextualisés et,dans les marges, se glisse un peu du quotidien de Mankell et de ses relations avec les autres.

Un texte passionnant pour les fans de Mankell !

Traduit du danois et du suédois par Anna Gibson, Points Seuil.

24/09/2015

Stop au harcèlement !

"Mais toutes les formes de harcèlement sont nocives pour la victime, pour leur auteur, et pour ceux qui regardent."

Ce n'est pas parce que le harcèlement a toujours existé , sous des formes parfois différentes de celles d'aujourd'hui, qu'il faut continuer à le considérer comme un mal nécessaire, ce n'est en aucun cas "une étape dans l'apprentissage de la vie, un moment pénible et normal qu'il faut supporter si on veut grandir et s'endurcir."nora fraisse,harcèlement scolaireDirectement concernée, sa fille s'est suicidée à l'âge de treize ans pour échapper au harcèlement violent dont elle était victime, Nora Fraisse a décidé de composer un vadémécum, pour aider tous ceux qui y sont confrontés en tant qu'élève, parent animateur ou enseignant.
Ponctué de témoignage d'enfants mais aussi d'adultes qui ont été confrontés à ce phénomène autrefois et en sont restés traumatisés,ce guide est très complet, pédagogique ,riche en ressources diverses (sites internet, contacts utiles ...) et utilise un langage accessible à tous.
Il déculpabilise les victimes, sans pour autant stigmatiser les harceleurs. Il n'en reste pas moins que j'ai été choquée quand j'ai découvert l'ampleur de l'utilisation néfaste qui peut être faite du téléphone portable et des réseaux sociaux.

Son petit prix(4,50 euros) le rend volontairement accessible. à lire par tous.

Halte au harcèlement, le guide pour lutter contre la violence à l'école et sur les réseaux sociaux, Nora Fraisse, Calmann-Lévy 2015, 96 pages. nora fraisse,harcèlement scolaire