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23/12/2010

Je me souviens...

"Mais je l'ai provoquée, je l'ai fait sourire, la chance...et elle m'a souri."

Longtemps Boris Cyrulnik a refusé de se pencher sur son passé. Son passé de petit garçon juif tour à tour caché, dénoncé, arrêté, confié à des familles plus ou moins affectueuses.41J9E0UCVqL._SL500_AA300_.jpg
Lui qui sait si bien se pencher avec empathie sur les enfants ayant  surmonté des traumatismes, lui qui a su si bien écrire sur la résilience, s'était condamné à ne jamais regarder dans le rétroviseur.
Revenir entre autres sur les lieux de son arrestation va lui permettre d'examiner avec finesse les mécanismes mis en place par la mémoire pour supporter l'insupportable. Il analyse également le processus qui a permis à l'enfant très jeune qu'il était de sauver sa vie, soulignant à plusieurs reprises la nécessité d'être rebelle, de ne pas toujours respecter la doxa.
Derrière l'adulte, on entend encore l'enfant et l'on ressent l'émotion qui affleure toujours , même dans l'analyse de son propre processus de résilience, ce qui augmente encore la beauté de ce texte.

Je me souviens, Boris Cyrulnik, Odile Jacob poche, 84 pages, un concentré d'émotions.

 

Merci à Aifelle pour le prêt !

15/09/2010

Le dernier amour de George sand

"La soumission lui est étrangère."

Que connaît-on des amours de George Sand ? Principalement ses liaisons passionnées avec Musset et Chopin. Mais face à ces deux grands artistes le graveur Alexandre Manceau pourrait faire piètre figure. Il n'en reste pas moins que cet homme jeune -il  a trente-deux ans, George, quarante-cinq- va devenir le chevalier-servant de cette femme extra-ordinaire qui, par nature, rejette le conformisme car "simplement, la contrainte extérieure n'a pas de prise sur elle. "51DgRUS4iBL._SL500_AA300_.jpg
Dans Le dernier amour de George Sand, Evelyne Bloch-Dano bat en brèche les clichés qu'on attache systématiquemenyt à l'auteure de La petite Fadette : "La bonne dame de Nohant"! ces mots respirent la condescendance et ensevelissent l'artiste sous les oripeaux de la dame patronnesse" ; quant à son âge avancé -pour l'époque! - et à son prétendu manque de créativité: "La femme de quarante-six ans qui a pris ses quartiers d'automne à Nohant est un écrivain fécond, une femme pleine de vitalité !"
Nous avons donc ici une biographie passionnante, pleine d'émotion,  qui se dévore comme un roman car le texte est riche d'informations , d'empathie et d'enthousiasme et possède un style chatoyant qui emporte l'adhésion du lecteur. Ni hagiographie, l'auteure ne cache rien des difficultés qui ont opposé l'écrivaine à sa fille et les analyse avec finesse, ni tentative de "moderniser" à tout prix cette femme hors du commun , puisant avec bonheur dans la correspondance de George Sand , Evelyne Bloch-Dano rédige une somme qui fera date.

Le dernier amour de George Sand, Evelyne Bloch-Dano, Grasset 210 , 302 pages passionnantes et réconfortantes.

Le blog d'Evelyne Bloch-Dano.

Une biographie qui donne illico envie de découvrir celles que l'auteure a consacré à Mme Zola, Mme Proust ou bien encore Flora Tristan !

L'avis de Keisha.

18/09/2009

Charles Dickens

"Il faut que je fasse quelque chose ou je vais me ronger le coeur !"

Infatigable.Une force de la nature, ayant plusieurs romans en cours, plusieurs amours au feu aussi, une famille nombreuse à entretenir, des lectures  publiques de  ses oeuvres qui le laissent exténués -ce sont de vrais one man shows avant l'heure !- mais ravi, tel nous apparaît Dickens sous la plume alerte et fervente de Marie-Aude Murail.
Mais sous cette visible boulimie de vie , d'amour et de travail, il y a toutes les fêlures de cet ancien enfant qui dut assumer l'entretien de ses parents dès son plus jeune âge et qui n'oublia pas qu'il avait été pauvre , dénonçant sans trêve les injustices .
"- Personne n'est plus disposé que moi à reconnaître qu'il  est dans son tort,  dit-il un jour à un ami. Seulement je ne suis jamais dans mon tort.4152792WG1L._SL500_AA240_.jpg
Ce n'est pas tout à fait une plaisanterie. Entre les autres et lui, il  y a un contentieux.  il est l'enfant qu'on n' a pas  aimé, l'adolescent qu'on a rejeté,  le coeur qui n'a pas été compris. Les autres ont tort mais pas lui."

Ah elle l'aime et elle l'admire ce Charles qui a su la séduire très tôt et c'est cet amour sans doute qui nous le rend si proche et nous fait dévorer cette biographie qui file à toute allure, au gré de chapitres aux titres savoureux et pleins d'enthousiasme !

Charles  Dickens, Marie-Aude Murail,  Belles vies, Ecole des Loisirs 2005, 164 pages et de précieuses photographies du grand homme.

L'avis enthousiaste de Cuné.

Pour prendre le thé avec  l'auteure autour de Charles Dickens, c'est ici !

Le site de l'auteure.