Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2026-01-07 | Page d'accueil

08/01/2026

La Correspondante

" Si vous ne voyez dans tout cela qu'un tas de sottises, alors considérez cette vertu plus terre à terre de la lettre écrite, à savoir qu'adresser un courrier n 'est autre que  l'une des formes les plus authentiques de civilité dans le monde, dont la perpétuation ne peut constituer qu'une richesse, quoiqu'encore inestimable. "

Depuis l'âge de neuf ans, Sybil Van Antwerp envoie des lettres, aussi bien à des écrivains reconnus (Joan Didion, par exemple) qu'à des membres de sa famille , ou à des amis. virginia evans
Maintenant septuagénaire, divorcée, mère de famille, ayant quitté son poste de greffière auprès d'un juge dont elle était "l'épouse de travail", elle continue à rédiger des lettres, voire quelques courriels si nécessaire, mais commence à devenir aveugle, ce qu'elle se refuse à avouer à ses enfants. 
Les mots, la loi, le droit ont toujours été très importants dans sa vie et si elle prodigue des conseils au fils atypique d'un de ses amis depuis l'école primaire, nous prendrons progressivement conscience que ses relations avec ses propres enfants, sont plus compliquées...
Sybil a son franc parler et sait remettre à leur place ceux qui entraveraient son chemin ou auraient une vision erronée de sa carrière. Pourtant, un deuil et le fait qu'elle ait été adoptée vont nous la révéler plus fragile qu'elle ne voudrait l'admettre. De plus, des courriers menaçants sont glissés dans sa boîte à lettres, suggérant que la justice dont elle se voulait un parangon n'a pas toujours été rendue en toute objectivité. 
Variant les styles selon les correspondants qui  s'adressent à Sybil, Virginia Evans manie l'ellipse avec virtuosité, évitant ainsi l’effet "ping-pong" qui est trop souvent le défaut des romans épistolaires. Sybil se révèle de manière impressionniste, voire à la manière d'un kaléidoscope car certains événements seront envisagés au fil du temps (une dizaine d'années)  sous différents points de vue. Pas toujours sympathique, Sybil sait reconnaître néanmoins ses erreurs et possède un solide sens de l'humour. Un personnage haut en couleurs et un portrait sensible et juste font de ce premier roman une réussite, tant dans la forme que dans le fond. 

 A noter la magnifique présentation des Editions de La Table Ronde que je remercie pour cet envoi.  

 

 Ceci sera le dernier billet de ce blog moribond. Vous pourrez me retrouver sur Babelio et sur Facebook.  A bientôt.