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La vie commence

"Que le silence que nous avons partagé contenait, en fait, plein de choses."

Voici un livre étrange, où le temps semble se  dérouler paresseusement en trois saisons (seul manque l'été) mais où on ne s'ennuie pas une minute car on est pris par cette atmosphère bucolique, par les travaux des champs, les soins aux bêtes (des ovins) et l'attention prêtée en général aux animaux et en particulier aux oiseaux.41ZnHDK-cAL._SL500_AA240_.jpg

Au sein de ce paysage une maison, une ferme perdue dans la campagne suédoise où vivent des personnages dont l'identité va se préciser au fur et à mesure:  Brigitte,une ex-cantatrice,  Gustavo ,un italien qui fait mijoter- des jours durant parfois- des soupes et Victor, le narrateur, Victor qui vient d'avoir le bac et qui sent qu'il lui faudrait quitter cette atmosphère chaleureuse pour devenir lui même. arrive alors la fille à l'identité fluctuante, (Alice, Louise, Caroline)et dont elle sent qu'elle traîne un lourd passif. Comment tous ces personnages vont-ils réagir les uns par rapport aux autres? Comment leurs destins vont-ils interférer ? quelle sera la place de la philosophie dans la vie de Victor? Mais qui est lui aussi ce Victor?  à toutes ces questions seront fournies des réponses parfois surprenantes mais toujours pleines d'optimisme car La vie commence.
Un livre enchanteur,au style très épuré.

La vie commence, Stefan Casta, traduit du suédois par Agneta Segol. Editions Thierry Magnier.2009

Les viles tentatrices? Clarabel et Pagesàpages !

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ça m'énerve

"Nous sommes le 31 mai, je fume tranquillement ma cigarette en baladant mon chien  quand une vieille taupe à voix de crécelle me saute dessus :

- Je croyais que c'était la journée mondiale sans tabac !!!

- Et la journée sans casse-couilles, c'est demain ? "

Elle est comme ça Marie-Ange Guillaume: percutante et drôle ! Qu'elle évoque les émissions de téléréalité extrêmes où l'on relooke des candidates disgracieuses en les équipant, entre autres "du clavier de piano spécial people, d'un blanc phosphorescent qui fait peur la nuit." ou le numéro du magazine "spécial rondes" : "La ronde qui pose  en couverture affiche  sans marie- ange guillaumevergogne  un excédent de cinqaunte grammes , et les actrices éternellement convoquées pour illustrer  la chose (Monica Bellucci et Laetitia Casta) ont réussi à regrouper tous leurs kilos superflus dans les seins." ,  la vision est  acérée et l'amour des mots, manifeste .
Elle n'épargne pas non plus les gens qui l'entourent mais en profite largement pour se dégommer au passage. J'ai adoré entre autres sa description d'un dimanche à la campagne avec l'amie, la seule qui veut aider, qui ne trouve pas le lave-vaisselle mais sait dénicher la bouteille de rosé et le tire-bouchon , celle du "resto qui se la pète", celle du métier d'écrivain, celle... Bref, j'ai vraiment apprécié de recueil de textes ou chacun pourra reconnaître le p'tit truc qui va juste nous énerver pour la journée!
Marie-Ange Guillaume a écrit plein de trucs et de machins , comme elle dit, (quelques uns chroniqués ici) et elle mériterait d'être plus connue, alors voici une bonne idée de cadeau à glisser au pied du sapin !

ça m'énerve, Marie-Ange Guillaume, Editions le passage, 17 euros, illustration de couverture: Manu Larcenet (il paraît que c'est une dame en colère...)

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Mankell est de retour !

Les éditions du Seuil qui avaient auparavant publié les enquêtes dupolicier Wallander dans le désordre le plus complet , entame maintenantla publication de elles d'un nouvel anti-héros le policier StefanLindman.
Mankell continue de dénoncer les dérives passées etprésentes de son pays d'origine, la Suède, par le biais d'un policier àqui on vient de découvrir un cancer de la langue.
La localisation dece sarcome ne me paraît pas du tout fortuite,  dans la mesure oùLindman va bientôt se rendre compte que le passé de sa famille (où l'onne parlait pas vraiment) va interférer avec le présent de son enquête .Il va découvrir aussi sa capacité de mensonge dans sa relation avec sonamie , amie que nous ne verrons jamais . Le policier qui vient deprendre conscience de sa condition de mortel (et qui donc n'a plus rienà perdre) va aussi oser commettre des actes illégaux pour le bien del'enquête.
La recherche de l'assassin , dont nous connaîtronsrelativement tôt le nom n'est pas vraiment le but de ceroman,  c'est plutôt la quête de l'identité d'un homme qui diffèretoujours la date de son retour et se consacre à un divertissement ausens pascalien du terme pour repousser la date fatidique de sesrésulats d'examens médicaux.
Ses atermoiements (je rentre maisfinalement je rentre pas , je reste encore un peu) sont parfois assezagaçants et vers la fin, je me perdais un peu avec tous ses noms de villagessuédois.
Ma fille a aussi été choquée par l'insigne de lacouverture. Même si le roman nous alerte sur la survivance du Mal,était-il vraiment nécessaire de lui faire autant de publicité? C'est d'ailleurs pourquoi cette couverture ne figurera pas ici.

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Juste quelqu'un de bien...enpoche

"J'ai enchaîné les mecs sans réfléchir, j'ai gagné pas mal d'argent sans avoir l'impression de me fatiguer...Et puis soudain, la machine s'est grippée."

Bérénice, trente-quatre ans, a mis fin à une liaison sans saveur, mais ne tombe pas amoureuse pour autant. Elle  ne parvient plus à écrire une ligne de romance historique, ce qui est pourtant sa raison d'être , bref rien ne va plus.
Aidée par une mère et une grand-mère hautes en couleurs, ainsi que par une amie très chère, elle va enfin poser les questions nécessaire concernant son père et se décider à apprivoiser Aurélien, un homme dont elle est tombée amoureuse ado mais qui s'obstine à ne pas la reconnaître...510n6tdA4NL._AC_US218_.jpg
 S'inspirant d'une nouvelle de Stefan Zweig, "Lettre d'une inconnue", Angéla Morelli tire parti à merveille de l'idée de cet homme qui ne reconnaît pas celle qui l'aime. Ses personnages principaux ou secondaires sont croqués à ravi ,plein de petits détails les rendant immédiatement vivants et attachants. On est loin de l'hystérie qui règne parfois dans les romances survoltées qui croient ainsi se donner du rythme.Ici les personnages sont plus posés, parfois empreints de gravité, sans pour autant plomber le roman car l'humour est toujours présent.
On se glisse avec plaisir dans ce cocon douillet de l'impasse pavée et fleurie où vivent des artistes, on pousse le sourire aux lèvre la porte du Va comme j'te pousse, bar qu'on rêverait de fréquenter, bref on passe un délicieux moment, plein d'émotions et de fantaisie.
Ce nouveau roman d’Angéla Morelli est une petite merveille !

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15/03/2019 | Lien permanent

Onze livres en tout. (Livres lus par Romain dans ”Signé Romain”)

- Lettres à un jeune poète, Rilke 51E5F23VKEL._SL500_AA300_.jpg

- Brûlant secret, Stefan Zweig

- La confession d'un enfant du siècle, Musset

- Gros Câlin, Romain Gary

- L'enfant bleu, Henri Bauchau

- Le jour des corneilles*, Jean-françois Beauchemin41NZHB3S7NL._SL500_AA300_.jpg

- Si on les tuait ?, Annie Saumont

- La bouche pleine de terre, Branimir Scepanovic

- Bic et autres shorts, Vitaliano Trevisan

- Sous le soleil jaguar, Italo Calvino

- Désordre au paradis, Gabrielle Vincent

 

*"Parnoir,enjambe ta culotte et suis-moi !"


 Le père Souche et son fils (qui n'a pas d'autre identité) vivent à l'écart d'un village, en autarcie.

Le père, sorte de Géant rabelaisien, la bonhommie en moins, lit dans les étoiles, tandis que le fils voit sans souci particulier les trépassés évoluer autour de lui. Parmi ces derniers, sa mère, morte lors de sa mise au monde.
Le père rudoie le fils qui supporte sans broncher les crises de folie paternelles, espérant toujours recevoir une preuve d'amour, cet amour dont il est assoiffé.
En 150 pages, Beauchemin crée des personnages inoubliables,un univers dense et rude où la vie et la mort se mélangent sans cesse. En effet, pour le premier repas de son fils, le père lui donne du lait provenant d'un cadavre de hérisson femelle."Ce fut ma première pitance sur le domaine de la Terre : le lait d'une bête morte achevée par Père. Ce fut par même occasion ma première rencontre véritable avec la mort, véritable en ce que j'en fus pénétré, puis nourri. Toute ma vie , cela devait me rester inscrit au ventre: par là le trépas avait tracé sa sente en ma personne; comme mots se formant et s'alignant sur la page."
Cette puissance des mots est en outre annoncée prophétiquement par le père : "J'y lorgne qu'un jour viendra où, par quelque diablerie, tu seras comme instruit de mots, et qu'alors lumière t'apparaîtront."La tragédie n'a plus qu'à se mettre en marche car "C'est analphabétisme[...]bien plus désolant encore que celui de ne pouvoir lire en nos semblables humains. "
Vous qui aimez les mots, les mots anciens, les mots qui roulent comme des cailloux, précipitez-vous sur Le jour des corneilles , de Jean-François Beauchemin !

 

 

 

 

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Juste quelqu'un de bien

"J'ai enchaîné les mecs sans réfléchir, j'ai gagné pas mal d'argent sans avoir l'impression de me fatiguer...Et puis soudain, la machine s'est grippée."

Bérénice, trente-quatre ans, a mis fin à une liaison sans saveur, mais ne tombe pas amoureuse pour autant. Elle  ne parvient plus à écrire une ligne de romance historique, ce qui est pourtant sa raison d'être , bref rien ne va plus.
Aidée par une mère et une grand-mère hautes en couleurs, ainsi que par une amie très chère, elle va enfin poser les questions nécessaire concernant son père et se décider à apprivoiser Aurélien, un homme dont elle est tombée amoureuse ado mais qui s'obstine à ne pas la reconnaître...angéla morelli
 S'inspirant d'une nouvelle de Stefan Zweig, "Lettre d'une inconnue", Angéla Morelli tire parti à merveille de l'idée de cet homme qui ne reconnaît pas celle qui l'aime. Ses personnages principaux ou secondaires sont croqués à ravi ,plein de petits détails les rendant immédiatement vivants et attachants. On est loin de l'hystérie qui règne parfois dans les romances survoltées qui croient ainsi se donner du rythme.Ici les personnages sont plus posés, parfois empreints de gravité, sans pour autant plomber le roman car l'humour est toujours présent.
On se glisse avec plaisir dans ce cocon douillet de l'impasse pavée et fleurie où vivent des artistes, on pousse le sourire aux lèvre la porte du Va comme j'te pousse, bar qu'on rêverait de fréquenter, bref on passe un délicieux moment, plein d'émotions et de fantaisie.
Ce nouveau roman d’Angola Morelli est une petite merveille !

Juste quelqu’un de bien, Angéla Morelli, Editions Harlequin 2017, 331 pages qui se tournent toutes seules.

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Le joueur d'échecs

Allez savoir pourquoi ,  j'étais persuadée que Zweig était un auteur du XIX ème  siècle...Allez savoir pourqoui  je cofondais l'intrigue du Joueur d'échecs avec celle d' un autre texte mettant aux prises des adversaires humains à un automate invincible...(Tiens c'est de qui d'ailleurs ce texte? )
Il aura fallu la conjonction d'une remarque de Papillon ici et du billet récent(en août) d'une blogueuse (que je n'ai évidemment pas retrouvé,  si elle  se reconnaît, vite je mettrai le  lien !) pour que je  comprenne  ma  double erreur: ce texte a été écrit en 1941  et nous montre comment un homme arrêté par les nazis, subissant ce qu'on appellerait de nos jours une expérience  de privation sensorielle, parvient à s'emparer d'un livre qui , ô déception, n'est qu'un manuel d'échecs, manuel d'échecs qui lui permettra pourtant de tenir tête à ses geôliers...41J034cHIsL._SL500_AA240_.jpg
Stefan Zweig en 95 pages réussit à nous montrer la double souffrance d'un homme : celle due à sa captivité sans violence  physique est tout aussi redoutable que s'il avait été envoyé dans un camp de travail mais aussi les ravages que peuvent causer les monomanies, c'est à dire l'obession d'une seule idée.
Les passages consacrés à la découverte et à la lecture du livre dérobé  'ont fait penser aux propos tenus par Jean-Paul  Kaufman qui lors de sa  captivité, quand il parvenait à obtenir un livre  faisait durer le plaisir en lisant l'ouvrage dans tous les  sens, y compris à l'envers, se régalant même à la lecture d'Harlequinades...La même fièvre à l'idée de lire...
"Je voulus d'abord savourer toute la joie que me donnait la seule présence de ce livre, et je retardai à dessein le moment  de le  voir,  pour le  plaisir  excitant de  rêver en me  demandant quelle sorte de livre  je voulais que ce  fût :  surtout , imprimé très serré,  avec le plus de  texte possible,  des feuillets très,  très fins, afin que j'aie plus longtemps à le  lire. J'espérais aussi que ce  serait une oeuvre difficile,  qui demanderait un gros effort intellectuel,  rien de  médiocre,  quelque chose qui  puisse s'apprendre,  qui se puisse apprendre  par coeur, de la poésie  , et de préférence- quel  rêve téméraire!-Goethe ou Homère."
Un pont également par de-là les années avec ce roman de Richard Powers...

Une oeuvre dense et puissante , profondément humaine.
Merci à toutes celles qui m'ont permis , par des chemins détournés, de rencontrer cet auteur !

Le blogobook vous  mènera  vers plein de billets - qui avaient aussi "préparé le  terrain" !

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