22.03.2010
A l'ombre de la fête
"Dans sa famille, on cultive la pudeur des sentiments comme une fierté à la boutonnière."
A l'ombre de la fête rassemble six nouvelles concernant les membres d'une famille qui s'apprêtent à fêter les quatre-vingts ans du patriarche. De la fête nous n'aurons que les échos des préparatifs et des répercussions de la révélation que fera l'aïeul. Nous resterons dans les coulisses, la part d'ombre des sentiments et des parcours des différents personnages que l'auteure accompagne avec beaucoup d'empathie.
Adolescents en rebellion, femmes qui cherchent à vivre au mieux leurs multiples vies, l'auteure les regarde évoluer, établissant , comme la narratrice mystrérieuse de la nouvelle "Pauline""une correspondance d'âmes".
L'écriture, fine et sensible, esquive avec adresse les deux pièges des nouvelles: l'aspect parfois trop mécanique de la nouvelle à chute ou celui des nouvelles privilégiant l'atmosphère au détriment de l'intrigue. Il y a ici une véritable tension dramatique mais l'auteure parvient toujours à éviter la chute, tout en laissant résonner en nous les échos de l'émotion.
A l'ombre de la fête, Marie-France Versailles, nouvelles, 127 pages, Editions Quadrature, 2010
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08.08.2009
Les ours n'ont pas de problème de parking
"Les chats gentils, sur le lit; les chats sauvages, sur le carrelage."
Des nouvelles de Belgique avec Nicolas Ancion qui n'hésite pas à se coltiner avec un nom honni, à savoir Marc Dutroux, et à en tirer un texte tout à fait inattendu pour ouvrir le bal. Mais c'est surtout l'enfance qui est au coeur de ces textes . Un pays pas toujours idyllique car même si Les ours n'ont pas de problème de parking , ils peuvent se révéler d'une jalousie féroce ...Les chiens en peluche y mènent des enquêtes les mettant aux prises avec un serial killer d'un genre très particulier. Quant aux collectionneurs de vignettes Panini, ils peuvent se retrouver le nez dans la terre comme les meilleurs "gardiens de boue". Alors oui, ça fait tout bizarre de se retrouver dans un univers à la "toy story" mais on accepte ou pas d'entrer dans le logique folle de Nicolas Ancion et si oui, on risque juste d'y pêcher quelques pépites comme dans "l'affaire smilodon" :" Un chat tellement laid que seule la nature a pu l'engendrer. Personne n'aurait eu le courage de fabriquer un truc pareil sans le détruire aussitôt.", une histoire de jalousie avec toute une stratégie impeccable pour venir à bout de l'ennemi.
Mais il n'est pas question que de peluches dans ce recueil, il est aussi question de nos vies, nos vies absurdes où les enfants"ont l'air trop sérieux avec leurs vêtements d'adultes pleins d'étiquettes, de tirettes et de bandes fluorescentes"et où "Quand on a le privilège de ne manquer de rien, il faut bien qu'on s'invente d'autres raisons d'être heureux . Et surtout des prétextes pour ne pas l'être".
Alors, la fantaisie débridée, l'inventivité peuvent parfois venir à bout des situations les plus délicates, les personnages allant jusqu'au bout de leur logique propre , amadouant ainsi le destin...Un recueil inégal (quelques textes m'ont laissée de marbre) mais diablement sympathique.
Les ours n'ont pas de problème de parking, Nicolas Ancion , pocket, juin 2009, 122 pages made in Belgium !
Le blog de l'auteur.
06:00 Publié dans nouvelles belges | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : nicolas ancion, un monde fou fou fou ou juste le nôtre ?

