04.05.2012
L'échappée belle...en poche
(La première version de ce texte était paru chez Fr*nce L*isirs , il y a quelques années)
Ce "rab de bonheur" que vont s'octroyer, en se faisant la belle d'un mariage ,une fratrie de frères et soeurs que la vie a quelque peu malmenés, n'a rien perdu de son charme. Si les francs ont cédé la place aux euros, si meetic est apparu dans le monde de la célibattante, rien que de très normal. Mais je n'ai pas supporté le langage que se croit parfois obligée d'employer Gavalda. Et là, je suis allée dénicher la version 2001 où l'on trouve, entre autres, : "Sitôt la guitoune du péage franchie, j'ai enfoncé ma cassette dans l'autoradio", devenu en 2009, "Sitôt la guitoune du péage franchie, j'ai enquillé la zique dans l'autoradio."Et je vous passe l'écriture phonétique de lexique à la mode qui a le don de m'énerver. Franchement, je n'en vois pas l'utilité. Les bornes, style "mille bornes" imprimées pour séparer les étapes du récit ne m'ont pas paru absolument indispensables non plus.
Par contre, ne pas louper , comme dans les génériques de films, la dernière intervention d'un personnage, après la fin du roman, clin d'oeil facétieux qui m'a permis de relativiser mes agacements précédents. Quelques péchés véniels donc qui n'empêcheront pas les lecteurs moins pointilleux que moi de se régaler.
Existe aussi en livre-audio (non testé)
Dans son chat avec des internautes, Anna Gavalda nous apprend même que dans des chapitres supplémentaires, elle nous donne des nouvelles des personnages. Affaire à suivre...
06:00 Publié dans le bon plan de fin de semaine, Les livres qui font du bien, romans français | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : anna gavalda
08.08.2010
Désordre et sentiments
"C'était plus qu'un chagrin, c'était un crève-coeur."
Doté de nombreux clins d'oeil -dont le titre évidemment- à Jane Austen, Désordres et sentiments est une "fantaisie" sororale que l'on pourrait qualifier de pochade si l'on est de mauvais poil ou de , je cite la quatrième de couv' rédigée par Anna Gavalda elle même, "un moment de complicité joyeuse".
Disons que ces 71 pages, format petit carnet ,destinées aux lecteurs d'un club de lecture se situent quelque part entre les deux.

La langue oralisée et relâchée, les nombreux borborygmes ne m'ont pas vraiment gênée, non, ce qui m'a le plus agacée c'est cette volonté de différer indéfiniment l'explication de la situation rocambolesque dans laquelle se sont fourrées deux soeurs en goguette.
Les évocations chaleureuses et pleines de charme de scènes familiales m'ont davantage convaincue que le récit de cette vengeance un peu lourdingue .
Gavalda patauge parfois dans la facilité (voir pour s'en convaincre la description des amoureux de sa soeurette) et on l'a connue plus en forme. A réserver aux afficionados.
Désordre et sentiments, Anna Gavalda , France Loisirs 2010, offert au début de l'été comme cadeau promotionnel.
L'avis de Laure.
06:00 Publié dans romans français | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : anna gavalda, soeurs
08.05.2010
la consolante
Il n'a pas fait l'unanimité mais ce fut un grand coup de coeur...
"La femme au loup les pieds dans le four"
La consolante aurait pu être le surnom d'une femme ou d'une maison. C'est celui d'une partie de boules et surtout le nom du dernier roman en date d'Anna Gavalda, qui au grand désespoir des critiques intello , caracole déjà en tête des listes de vente.
Certes, il faut un temps d'adaptation à ce style tout grêlé de points de suspension, mais le personnage de Charles, "un homme encombré, chargé, loaded en anagalis, comme leurs dés. Quand ils sont pipés" est si attachant qu'on le suit volontiers dans son effritement et sa rédemption. L'histoire ,c'est vrai , met un peu de temps à démarrer mais bon, on accompagne volontiers Charles dans ses pérégrinations ubuesques en Russie ou parmi les siens (le dîner de famille du début est une pure merveille, tout le monde en prend gentiment pour son grade, en particulier un specimen de beau-frère que chacun possède, j'en suis sûre! ).
L'atmosphère est plus noire, la vie plus dure mais on sent bien que la préférence de l'auteure va à ses gens que la vie a roué de coups et qui parfois n'en peuvent plus... Comme Anouk, celle qui vient de disparaître.
Gavalda croque avec un plaisir évident ses personnages, fustigeant au passage autant les clichés bobos en matière d'architecture , "un architecte d'intérieur, concepteur d'espace, créateur de volume, passeur de lumière et autres trouducuteries." que le mauvais goût de "la poubelle de table assortie à la nappe et la bobonne assortie à la poubelle de table" de la classe moyenne. Mais c'est avec les personnages de Kate ,des enfants pleins de vie qui l'entourent , voire des animaux qui gravitent autour d'elle que l'on sent que Gavalda s'est régalée. Quelqu'un qui est capable d'écrire que la cusinière Aga est "Une espèce de bonne grand-mère, chaude, gentille, présente" ou qu'un chien "quand j'avais le blues, se forçait à faire une connerie pour me changer les idée...Une petite poule en passant, un ballon, la jambe du facteur, le super rosbif du dimanche...Oh oui! Il s'en est donné du mal pour que je relève la tête! Voilà pourquoi je ...Je le porterai jusqu'au bout...", quelqu'un capable de nous dire que le monde est plein d'histoires et que personne ne veut les écouter, alors là , je la lis avec enthousiasme , le sourire aux lèvres, j'adhère à ses énumérations ,à ses interventions de l'auteur, à son humanité.
Vient de sortir en poche.
06:00 Publié dans le bon plan de fin de semaine | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : anna gavalda
04.11.2009
L'échappée belle
Parce que les insomnies ça a-parfois du bon,
Parce que commencer la journée à cinq heures du mat-j'ai des frissons, pas de chauffage avant une heure- avec Patricia Martin, c'est déjà agréable mais avec Patricia Martin ET Anna Gavalda, c'est encore mieux...
Parce qu'Anna Gavalda parle avec une tendresse sans pareille de ses personnages...
Parce qu'on la sent profondément sincère et profondément humaine...
Parce qu'elle a voulu réponde à l'attente d'UNE lectrice en particulier qui refusait cette"Happyfewisation" du livre
Parce qu'elle a voulu donner, en quelques mots, davantage de profondeur à ses personnages,
Même si j'ai déjà lu et relu de nombreuses fois la première version (devenue apparemment une rareté), ce midi je vais m'offrir une mini Echappée belle et profiter de ma mini pause- déjeuner pour filer à la librairie ...
06:10 Publié dans Bric à Brac | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : anna gavalda, patricia martin, insomnies, france inter
15.07.2006
Enfer et damnation !

Voilà ce que c'est que d'habiter loin des grandes villes: pas de Senso ! Pas grave, je vais quand même vous parler d'Anna Gavalda. Avant de commencer, il faut que je vous avoue: je suis snob; à savoir que quand tout le monde se met à parler d'un écrivain, je me méfie...Donc, je rôdais autour des nouvelles de Gavalda, sans arriver à me décider, alors que les nouvelles constituent une part importante de ma "nourriture". Finalement, c'est la couverture qui m'a fait craquer (que celle qui n'a jamais acheté un livre pour son apparence, me jette le dernier Benoîte Groult, ça m'évitera d'attendre sa sortie en poche !).
Les couvertures du Dilettante sont particulièrement à mon goût mais leur
transposition en poche est une véritable catastrophe. Quand on regarde la couverture du livre d'Anna Gavalda qui m'a vraiment conquise Ensemble, c'est tout, on a l'impression qu'on a trempé la photo dans un bain de rose pisseux à vous dégoûter de lire ce roman qui vous fait croire aux bonheurs de l'existence. Hé oui, Hermione, on a beau être fille, on n'aime pas tous les roses !
En attendant lundi, je m'en vais relire un texte d'Anna Gavalda qui était paru chez France Loisirs et que j'avais trouvé à la fois drôle tendre et émouvant: L'échappée belle où une fratrie "sèche" un mariage pour mieux se retrouver...Le portrait de la belle-soeur dont on se moque gentiment est un vrai bonheur (rien à voir avec les miennes de belle-soeurs, je tiens à le préciser).
10:26 Publié dans romans français | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : anna gavalda

