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30/12/2017

Défense de Prosper Brouillon

"Qui s'aventure dans un livre de Prosper Brouillon doeric chevillardit s'attendre à éprouver quelques secousses. Ce n'est pas une lecture de tout repos. La vérité vous saute à al gorge  comme un lynx et vous lacère le visage de rides profondes : vous avez vieilli d'un coup, à moins plutôt que ces rides ne soient les cicatrices attestant une sur-sollicitation des muscles zygomatiques affectés à des tâches  qui excèdent leurs forces (utilisez de préférence vos biceps dorénavant pour soulever des enclumes)."

Un centon nous rappelle Wikipédia,  est une œuvre littéraire et/ou musicale constituée d'éléments repris à une ou plusieurs autres, et réarrangés de manière à former un texte différent.
Ce n'est pas exactement ce à quoi s’emploie ici Eric Chevillard qui, réutilisant les citations d’œuvres romanesques qu'il avaient critiquées dans ses chroniques du Monde, leur invente un auteur commun: Prosper Brouillon, romancier éreinté par la critique (qu'il tacle aussi au passage), mais adulé par les lecteurs. Il feint donc ici ironiquement de prendre sa (leur) défense, pour mieux l'(les) éreinter avec humour. Usant d 'un langage parfois pompeux, abusant des hyperboles, Chevillard se livre à un réjouissant jeu de massacre, citations à l'appui.
Grâce à l'efficacité d'un moteur de recherche, je me suis amusée à identifier les trois -quarts environ des auteurs des sus-dites "perles". En voici quelques-uns: Eric Neuhoff arrive en tête des citations misogynes rien moins que puantes (au sens propre du terme hélas), talonné de près par Beigbeder (qui semble vouer une rancune tenace à Chevillard). Alexandre Jardin est lui aussi abondamment cité. Deux femmes, dans des genres très différents dans ce palmarès: Eliette Abécassis et Denise Bombardier.

Un grand plaisir de lecture pour terminer l'année en beauté et ne pas oublier que la gloire est souvent éphémère.

Papillon m'avait donné envie: clic.