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25/10/2009

L'affaire de Road Hill House

Ah que je me réjouissais de la sortie en poche de L'affaire Road Hill House, une affaire qui avait bouleversé toute l'Angleterre victorienne et qui avait aussi, je cite la quatrième de couv'"déclench[é]une hystérie médiatique sans précédent."

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C'est avec délice que j'avais commencé cette lecture, cornant allègrement des pages, notant au passage le caractère jusque là inviolable du Home sweet home grand-breton, apprenant aussi-et vous connaissez mon amour des mots- que "Le mot "détecter" vient du latin detegere (découvrir le toit d'une maison) et [que]l'archétype du détective est le boîteux Asmodée, "prince des démons", qui enlevait le toit des maisons pour épier les vies qu'elles abritaient."Tout le pays s'était enflammé pour cette affaire y compris le grand Charles Dickens lui-même et chacun y allait de son hypothèse  pour trouver l'assassin du petit Saville , trois ans, dernier né d'une famille bourgeoise de la tranquille campagne anglaise.


La famille toute entière et la domesticité étaient soupçonnées car très vite la vie intime de ces gens apparemment si respectables se révéla nettement moins lisse qu'il y paraissait . Et la presse de se déchaîner.Avec le recul évidemment, on fronce aussi les sourcils quand on voit que la pudibonderie amène la police à faire disparaître ce qui allait s'avérer être une preuve irréfutable de culpabilité. Tout cet aspect est vraiment passionnant.

Kate Summerscale a visiblement mené une enquête des plus approfondies, n'écartant aucun aspect de cette affaire sans précédent qui donna naissance au roman policier anglais mais, à trop vouloir épuiser son sujet ,l'auteur épuise aussi son lecteur qui n'en peut mais de tant de digressions et de précisions qui m'ont fait baîller à partir de la page 314 (sur 523) et définitivement abandonné la lecture de ce reportage historique. Non sans avoir auparavant feuilleté les dernières pages pour trouver le coupable !:)

Kate Summerscale, L'affaire de Road Hill House, 10/18

Les avis , positifs, d'Amanda , Annie et Antigone.

 

01/10/2009

Ces choses qui font battre le coeur

Ces choses qui font battre le coeur est d 'abord un bel objet qu'on a plaisir à prendre en main. S'inspirant Des Notes de chevet de Sei Shönagon, Catherine Grive égrène des micro-événements qui, par appréhension ou bonheur anticipé, nous font vivre plus intensément. Moments d'enfance que revivrons avec nostalgie les plus grands, moments tout en délicatesse, reflétant peurs ou bonheurs fugaces:  "Avoir peur d'être emportée par la mer""rentrer tout seul" mais aussi "se  sentir  libre".
Certains moments sont plus originaux voire plus graves:  "avoir peur de ne pas  finir à temps",  "passer devant une prison",  "traverser un champ plein de vaches".51IOAGiUErL._SL500_AA240_.jpg
Chacune  de ces phrases est illustrée par une ou deux photos . Et c'est là que le bât blesse . En effet, certaines situations, visiblement mises en scène, prennent un caractère factice :  une coccinelle disproportionnée ou un oiseau-poterie. A trop vouloir "coller" à la situation la photographe emprisonne notre  imaginaire. De plus, les enfants qui reviennent tout au long de  ces photos  prennent la pose, ce qui accentue l'aspect artificiel de l'ensemble. Nous n'échappons également pas à certains clichés, ainsi l'inévitable petite filel  chaussant les  escarpins maternels... J'ai nettement préféré les situations qui sollicitaient davantage l'imagination du lecteur, où,  par exemple ,les enfants étaient réduits à l'état de silhouettes...Bref, un livre agréable mais avec un petit bémol.

L'avis plus enthousiaste de Clarabel

Gio et ses notes de chevet ...relayées par Antigone.

 

23/09/2009

Petit éloge de la vie de tous les jours

"Ces gens dont je souris témoignent seulement de ce que je suis" est-il écrit en 4 ème de couv'.  Et de nous infliger d'affligeants dialogues "croqués sur le vif" avec une mère qui se gargarise  du prénom de son fils "Sean" prononcé "Chaune",  d'un boucher qui fait preuve d'un humour lourdingue à  devenir  illico  végétarien, sans oublier deux hommes endimanchés,  qui dissertent  à n'en plus finir sur  la différence entre  "cuit" et "à point". Entre temps, on sera allé voir  un champ de pommes de terre, on aura écouté des gens éméchés opposer les mérites respectifs des  vaches du département  de l'Aisne contre celle des Ardennes, ou subi le  dialogue d'un vacancier relatant un repas pantagruélique qui  ne lui aura coûté que cent francs à un interlocuteur dont  la principale intervention  se résume à "tain".41O2ky9VsLL._SL500_AA240_.jpg
On aurait juste envie de prendre à son compte un paragraphe de l'auteur et de l'appliquer à son livre :  "Pendant ce temps,  je me  travaillais  l'appétit aux boulettes maison.Elles étaient molles comme des chiques  de  bouse et contenaient moins  de  chair  que de  vieux pain trempé  à l'eau. Chaque bouchée m'inspirait la même et unique pensée :

"Un pas de plus vers la mort."

Allez plutôt faire  un tour  Au bar des habitudes ou dans La belle maison !