10.02.2011
Consolation par le chien ( De la caninisation)
"L'homme se construit, grâce au chien, un milieu qui lui convient (...)."
Pierre Schulz nous prévient d'emblée: son livre n'est pas une énième apologie du chien mais "une analyse des motifs faisant que les citadins vivent avec des animaux de compagnie."
Volontiers critique vis à vis de certains comportements humains excessifs ou inappropriés , l'auteur passe aussi en revue les avantages et inconvénients des chiens, soulignant l'importance du rôle psycho- affectif de ces animaux dans leurs relations avec les hommes. Sa thèse ? L'animal représente un filtre protecteur face à la difficulté de la condition humaine.
Un lecteur qui feuilletterait lcet ouvrage pourrait être rebuté par les termes scientifiques mais ceux-ci sont immédiatement expliqués et contribuent à une vision à la fois originale et pleine d'humour de la place des Câline et autres Fido dans nos vies.
Beaucoup d'ironie, et une ironie réjouissante, dans ce livre qui époussète vigoureusement toutes nos idées préconçues.
L'auteur va même, malicieusement, jusqu'à imaginer un renversement de situation : le chien domestiquant l'homme, mais selon lui, heureusement, cette situation restera une utopie , entre autres tant que nos chiens ne seront pas doués du sens de l'humour !
Une importante bibliographie permet de poursuivre la réflexion.
Consolation par le chien, Pierre Schulz, Puf 154 pages .
06:00 Publié dans Document | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : pierre schulz, chiens
25.02.2010
Une femme raisonnable
Elevée dans une ferme australienne, ce qui d'après l'auteure," fabrique non seulement des pragmatistes notoires, mais aussi des pessimistes notoires", l'écrivaine Kate Jennings est Une femme raisonnable qui tient ses émotions à distance et refuse toute sensiblerie.
Pourtant, la mort de son époux, ainsi que la situation des Etats-unis et plus précisément de New-York, où elle réside, vont remettre ce bel édifice de cynisme revendiqué haut et fort en question.
L'irruption dans sa vie de deux Borders terriers aux caractères bien trempés vont la transformer en rien moins qu'une mérote à chien, elle qui se gaussait de l'attention excessive que les New-Yorkais peuvent accorder à leurs animaux. Un séhour à Bali ,où deux singes croiseront sa route, puis un retour au bercail , permettront à "Miss Kate"de trouver un nouvel équilibre. Un récit qui fait davantage la part belle aux animaux et qui laisse un peu en pointillés la reconstruction de l'écrivaine.
J'avoue avoir été totalement emballée par la métamorphose de Kate Jennings dans son attitude avec les chiens et nettement moins par la partie balinaise du récit.
Un récit qui réjouira les fans des chiens en général et des borders terriers en particulier. Attention, ce livre donne aussi , même s'il dépeint parfaitement le caractère dominant de ces chiens, une folle envie de tenter l'aventure...ainsi que de se plonger dans l'oeuvre de cette écrivaine.
Une femme raisonnable, Kate Jennings, traduit de l'anglais par Anne Rabinovitch, Editions des deux terres, 2010.
06:03 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : kate jennings, chiens, border terrier, reconstruction
17.11.2009
J'écris pour mon chien
"On pardonne aux animaux ce qu'on ne pardonne plus aux hommes."
Parce qu 'ils ont une vie de chien, même s'ils se donnent un mal de chien pour s'en sortir ou juste marquer une pause, les héros de Natacha Andriamirado cherchent auprès des canidés l'amour et l'attention qui leur sont refusés par les humains.
Le chien comme pansement des peines d'amour, mouais...
L'auteure se montre beaucoup plus convaincante quand elle s'essaie à l'humour grinçant, ainsi la nouvelle "le cadeau", à faire lire d'urgence aux enfants et petits-enfants de veuve pas si éplorée que ça...Quant au "Paufcon", il n'est pas forcément celui qu'on croit...
Rien de follement original donc mais il y a dans ces dix nouvelles très courtes un rythme musical, phrases reprises, rimes qui chantent à nos oreilles, qui font que malgré certaines facilités, qui auraient pu être évitées, on retiendra quelques jolis passages: "Je pourrai manger à ma faim sans paraître gourmande, je pourrai rire à gorge déployée sans craindre des remontrances. Je pourrai me rouler dans la boue sans avoir à me laver, être sale , avoir les ongles noirs, me fermer à l'impeccable."
On aurait aimé écrire que ce recueil avait du chien, à tout le moins, ce n'est pas de la bouillie pour les chats !
J'attends donc avec curiosité et espoir le prochain titre de cette auteure.
J'écris pour mon chien (mais pas que!) Natacha Andriamirado, Editions Maurice Nadeau, 63 pages qui ne nous rendent pas d'une humeur de chien.
Merci à Cuné , la sorcière !, pour ce joli moment de lecture:)
06:00 Publié dans Nouvelles françaises | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : natacha andriamirado, chiens, chiens et compagnie
18.03.2009
"Elle s'était demandé si quand elle n'aurait plus personne à qui parler, elle écrirait."
Une petite annonce fonctionnant comme un aimant et commençant par ces mots: J'aimerais tant te retrouver. Une bouteille à la mère lancée par un homme abandonné à sa naissance. Un texte qui va attirer l'attention de deux femmes très différentes et nouer les destins de ces trois personnages.
L'une de ces protagonistes est Rose-Marie, une femme "naturelle" qui vit en compagnie de chiens et de chevaux, sans oublier un âne tonitruant et qui, ayant perdu l'homme aimé ,affirme : "Je crois que je me suis davantage employée à me suffire à moi même qu'à rencontrer quelqu'un."
Jouant le rôle de la briseuse de solitude,Claire va débouler dans la maison et l'existence de Rose -Marie, pleine d'énergie et de vie mais décidée à faire une pause dans sa série d'hommes- divorcés- avec- enfants, condition sine qua non car "Face à la maternité, [elle] était objecteur de conscience."
Avec jubilation et tendresse, Fanny Brucker va tricoter les destins de ces trois personnages, destins qui se nouent autour des thèmes de la maternité et de la perte. Ces pertes nécessaires qu'il nous faut apprendre à accepter comme Rose-Marie"désormais habituée à devoir rendre à la mort des êtres qu'elle avait empruntés le plus longtemps possible à la vie, comme un livre de bibliothèque qu'on aurait aimé pouvoir garder toujours."
Evitant tous les écueils de la facilité, l'auteure réussit à établir un subtil équilibre entre ses personnages qui ne se contentent pas de subir ou de regimber contre leur destin mais apprennent à l'apprivoiser petit à petit.Parfois traversé de violence, ce texte , bourré d'énergie et de tendresse jamais mièvre, nous fait souvent frémir et même si la fin , un peu télescopée à mon goût, vient un tantinet gâcher notre plaisir, je le range sans hésitation dans la catégorie des romans confortables et sensibles. Un livre bien évidemment tout hérissé de marque-pages !
Fanny Brucker, J'aimerais tant te retrouver, Jean-Claude Lattès, 333 pages.
Billet sur le premier roman de l'auteur qui se déroulait aussi au bord de l'Atlantique, Far Ouest
06:00 Publié dans Les livres qui font du bien | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : j'aimerais tant te retrouver, fanny brucker, chiens, chevaux, mère et mer et compagnie

