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12/07/2011

Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?

J'ai longtemps été intriguée par ce titre à rallonges mais je reportais toujours sa lecture. Là, plus d'échappatoire car il venait de ressortir, accompagné d'un appareil critique à la fois pointu et accessible, éclairant et plein de vie. Sans, lui, pas de doute, je serais passée à côté de bien des allusions et des aspects ludiques de ce texte.georges perec,oulipo
Car c'est bien à un jeu que nous convie Perec à une mise à distance des codes du récit avec son héros dont le nom change sans cesse , avec ses effets de retadements, son style parfois décalé, trop emphatique pour une situation bien banale, ses jeux de mots, et ce titre qui revient comme un refrain avec quelques variantes mais qui n'a pas grand chose à voir avec le sujet du roman, à savoir comment le héros pourrrait échapper à la guerre d'Algérie.
Il est à noter d'ailleurs que le moyen envisagé: se casser un bras, fonctionne en écho de la manière dont la mère de  Perec sauva la vie de son fils : lui mettant le bras en écharpe, elle put le confier à la Croix rouge et le petit Georges échappa ainsi au camp de la mort dans lesquels ses parents disparurent...
Un roman à lire de plusieurs façons: seul ou simultanément avec les notes. Nul doute que Perec aurait apprécié ces possibilités !

Un texte à la fois drôle et grave.

Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour, Georges Perec, dossier par Isabelel Mimouni, FolioPlus Classiques.

27/12/2010

Le doigt coupé de la rue du bison

"Pauvre bête, elle n'a pas eu de chance, elle aurait pu être française comme vous et moi."

"L'exemple même de la fausse enquête" que cette affaire de doigt coupé de la rue du Bison qu'un berger allemand rapporta au bar parisien Le Boyard.
Et voilà le commissaire Pauquet, aux faux airs de Maigret en train d'interroger tout un tas de zigs plus bizarres les uns que les autres dans une capitale pas encore remise de la 2nde guerre mondiale. Le tout avance languissamment car tout est prétexte à jeux de mots, allusions et contraintes oulipiennes que le lecteur aura soin de deviner. Ou pas.51t5RChauyL._SL500_AA300_.jpg ce qui génère parfoisn un sentiment d'exclusion.
Les personnages sont insipides ou presque et les paroles (heureusement rares) de l'adjoint de Pauquet ont eu le don de m'agacer: " de bord d'eau" pour de Bordeaux...Reste la couverture, très sympathique mais c'est un peu maigre. Un monde en noir et blanc et fort empoussierré.

Le doigt coupé de la rue du bison, François Caradec, Livre de poche 2010.186 pages qui sentent un peu la naphtaline.

L'avis de Cathe.

15/09/2009

Assez parlé d'amour.

"Je comprends que ce que je t'offre c'est d'avoir peur."

Assez parlé d'amour est un roman d'amour où des quadragénaires vont  être confrontés  au coup de foudre. Je vous entends  déjà soupirer. Assez parlé d'amour est un roman  écrit par un membre de l'Oulipo* , roman qui aurait pu s'appeler Les Dominos  Abkhazes car sa structure respecte les règles particulières  de ce jeu . Là vous vous arrachez les cheveux . Et vous avez tort . Car Hervé Le  Tellier  a  réussi  ici  un roman délicieux où  l'on trouve tour à tour  une "liste non exhaustive des achats d'Anna", un livre dans le livre: "Quarante souvenirs d'Anna Stein"pour  "accomplir l'impossible : ne plus te perdre  jamais" et ces souvenirs sont tout simplement magnifiques et plein d'émotion. On rêverait de  recevoir un tel livre...Sans  compter des informations drôles et saugrenues qui émaillent  le texte sans pour autant l'alourdir, des personnages qui sonnent justes et qui ont  tous un rapport très fort avec les mots, de par leur métier, mais pas  seulement. Beaucoup de délicatesse et d'humour, l'un des personnages, psychanalyste et psychiatre déclare  ainsi  à la femme qu'il aime  et qui se proclame folle: "- Je veux bien d'une folle.  J'ai toujours  rêvé de ramener du travail à la maison"**.68797425.jpg
Alors, tout le mal qu'on souhaite à Hervé Le  Tellier c'est, comme l'espère l'éditeur de l'écrivain (son double? dans  le roman ) ,qu'il trouve son public.

* Ouvroir  de Littérature potentielle, dont les membres utilisent souvent des contraintes d'écriture, qui  ne gênent en rien la lecture !

** Sans le  faire  exprès, j'avais noté la même citation que toi, Cuné !:)

Assez parlé  d'amour, Hervé Le  Tellier, J-C Lattès, 280 pages, fines et tendres.

Du même auteur, je vous conseille : Joconde jusqu'à  100 et Les amnésiques n'ont rien vécu d'inoubliable,  tous deux au castor  astral.

Merci Cuné !!!