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14/07/2009

La colère de Maigret

En cette période estivale ,le livre de poche ayant la bonne idée  d'offrir des romans ,  j'ai profité de l'opportunité de lire  mon premier Maigret. Car je me  suis rendu compte que si j'avais lu "La fuite de M.Monde"ou "Betty", je m'étais  contentée  de suivre vaguement des  épisodes du fameux Jules successivement incarné -entre autres- par Jean Richard (c'est vous dire  si ça date!)ou Bruno Crémer.
L'action se déroule une fin de juin caniculaire, tout est tranquille quai des orfèvres jusqu'au moment où l'on signale la disparition d'un directeur de boîtes de nuit, disparition d'autant plus étonnante que cet homme ,très rangé, n'avait aucun lien avec le milieu et gérait ses affaires en bon père de  famille ,qu'il était par ailleurs.9782253142355.gif
Pas de rebondissements surprenants, l'enquête suit son train de sénateur, Maigret téléphone sagement à  sa femme s'il ne compte pas manger chez lui, part encore plus tranquillement à la pêche . Tout cela a un petit air bonhomme des plus sympathiques. On se prend  à penser , lors du dénouement  que Maigret  ne pourrait plus agir ainsi aux frontières de l'illégalité mais on est content  de sa balade dans un Paris écrasé de chaleur, un Paris truffé  de personnage pittoresques , où la violence est encore bridée et sporadique.
Maigret n'est pas présenté comme un héros car "...au moment où  on s'y attend le moins, l'enquête vous échappe des mains.On ne la dirige plus. Ce sont les  événements qui commandent et vous obligent  à prendre des mesures qeu vous n'aviez pas prévues, auxquelles vous n'étiez pas  préparé.",il pâtit d'ailleurs un peu de sa célébrité en week-end à la campagne, mais après tout ce calme La colère de Maigret n'en  prendra que plus d'ampleur !

Un excellent roman pour se glisser dans la torpeur des  vacances ...

27/02/2009

"Les enfants devraient se méfier beaucoup plus des adultes."

En bonne fille d'écrivaine, Léa, douze ans veut devenir...une star et pour ce faire, elle profite des vacances pour développer ses compétences. Finalement, aidée par les  conseils de sa mère, elle se met à  écrire un roman.Nous suivons donc  ce work  in progress qui tire partie du quotidien  de ce quartier chaleureux d'une ville belge où vivent une flopée  de femmes élevant seules leurs enfants.
Léa est une" petite sorcière qui voit  tout", la première à remarquer qui est amoureux de qui, car l'amour est un des grands sujest de préoccupation des femmes et de leurs enfants et il ne possède pas de date de péremption, ce qui va quelque perturber la  pré-adolescente : "Tous mes  repères semblaient s'effriter comme la pâte d'un crumble  sous les doigts d'une Hollandaise  sans scrupules." Toutes cette joyeuse tribu fait la fête pour un oui, pour un non, la solidarité se  joue du manque d'argent et les enfants regardent avec acuité , mais  non  sans humour, le monde  des adultes : "S'il  restait encore une  femme dans le  quartier à espérer que Thierry se  soit trompé sur son identité sexuelle, elle pouvait désormais ranger ses préservatifs."41K4XcnpriL._SL500_AA240_.jpg
On sent aussi une réelle complicité entre la mère et la fille, complicité qui ne tombe pas dans son aspect dévoyé, mère-copine,et qui éclaire ce roman d'une flamme joyeuse et optimiste. Un bon moment de lecture.
Ce roman se révèle être la suite du Rôle de Bart (lu en 2006 , pas de billet) mais  il n'est pas nécessaire d'avoir lu le premier pour apprécier le second.

 

Le square des héros, Eva Kavian, Le castor astral, 165 pages.