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07/12/2012

Le 6 ème continent

Daniel Pennac m'avait transportée avec la tribu Malaussène, déçue avec Le dictateur et le hamac, émue avec Chagrin d'école, (clic),  laissée dubitative avec son Journal d'un corps. Mais bon, la sympathie que suscite le bonhomme étant la plus forte, j'avais décidé de renouer avec lui par le biais de ce nouvel opus.
Premier étonnement, le 6ème continent est en fait composé de deux textes destinés à être joués au théâtre.ce qui n'est précisé nulle part.daniel pennac,schtroumpf grognon le retour
Bon, pas grave, je me lance donc dans le premier texte intitulé "Ancien malade des hôpitaux de Paris".
Consternation.Un malade cumulant des symptômes toujours renouvelés est examiné par différents spécialistes au sein d'un hôpital, la narration étant assurée par le médecin urgentiste qui l'a pris en charge au début de ce périple . Périple qui se termine par une pirouette digne d'une blague Carambar. Je n'ai jamais esquissé ne serait-ce que l'ombre d'un sourire et je cherche encore à quoi rime ce texte. Complètement échaudée, j'ai reporté à (beaucoup) plus tard la lecture du second texte.
Des critiques lues dans la presse laissent entendre que j'ai sûrement renoué avec la grognonite aiguë. M'en fiche.

18/03/2012

Le diable vit à Notting Hill

"Je lui ai répondu aussi sec que s'il fallait prendre en compte les névroses des copines , on allait devenir chèvres."

Waouh ! Avec de telles amies, pas besoin d'avoir d'ennemies ! ça défouraille sec dans ces demeures donnant sur un square privé de Notting Hill où vivent de riches banquiers et leurs familles. Les deux narratrices , dont les points de vue alternent, sont supposées nous donner des points de vue croisés sur ce microcosme tellement chic et branché.rachel johnson,schtroumpf grognon le retour
Mais sous sommes loin du film Coup de foudre à Notting Hill ! D'abord parce que le style est atroce, plein de niaiserie et que la traduction (et pourtant ils s'y sont mis à deux) abonde en fautes d'orthographe:"il a eu tord"(sic), quand ce ne sont pas des horreurs comme "il a aménagé dans cette rue". Sans oublier les multiples légumes et vin organiques, (biologiques n'est pourtant pas bien compliqué), ou les mots qui ne sont ni traduits ni expliqués (qu'est ce qu'une maison shabby ?).
Bref, je croyais avoir trouvé un bon roman somnifère mais , le diable étant dans les détails, c'est râpé !

Déniché à la médiathèque.

14/02/2012

Dictionnaire des mots du sexe

Je le cherchais au rayon "Linguistique", la libraire au rayon "Sexologie", nous l'avons finalement trouvé sur la table thématique" Saint Valentin", juste à côté de Ma femme préfère George Clooney !
Même si organisé en 17 chapitres de "Artisanat et métiers "(!!) à "Voyages et moyens de locomotion", ce dictionnaire n'en reste pas moins fort peu pratique quand on cherche la définition d'une expression ou d'un mot (dans quel chapitre se cache-t-il ?).
De plus, certaines références, pourtant pas si anciennes sont fort imprécises. Ainsi à la définition de
Là : mot vague pour désigner le sexe de l'Autre, homme ou femme . Ainsi va une chanson des années 1950/1960 : "Qu'on est bien dans les bras/D'une personne du sexe opposé, /Qu'on est bien dans ses bras/Là."
Il ne faut pourtant pas être grand clerc pour reconnaître la chanson de Guy Béart qu'il a lui même écrite, composée et interprétée !agnès pierron,schtroumpf grognon le retour
On pêchera pourtant au passage quelques infos intéressantes. J'y ai ainsi déniché (au chapitre "maison") le mot "Cubiculaire", une pièce cubiculaire étant une pièce de théâtre où le lit est le décor principal, ou appris que les premières "poupées gonflables" étaient en caoutchouc et servaient sur les bateaux de guerre japonais (impossible de remettre la main sur l'article en question vu le système de "rangement" !).
Un livre plus destiné au feuilleteurs( émoustillés ou pas )qu'aux linguistes car un tantinet trop désinvolte dans la démarche.

Paru en semi-poche chez Pocket en 2012, 14.90 euros quand même !

12/02/2012

Le sel de la vie

"Il y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d'exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements politiques de tous ordres, et c'est uniquement de cela que j'ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous: le sel de la vie."

 

Une longue énumération hétéroclite d'émotions, de souvenirs, de petits plaisirs -révolus ou pas - à laquelle je suis restée totalment insensible .Peut être parce que la semaine a été dure, peut être parce que je suis fatiguée, peut être parce que je suis lassée de la première gorgée de bière et autres kifs.françoise héritier,schtroumpf grognon le retour

87 pages, 6.90 euros.

07/02/2012

Au pays des kangourous

"Il n' a jamais vu maman et m'a demandé si elle existait vraiment.
-Je ne sais pas, j'ai répondu. Je me le demande aussi."

Une mère, ambitieuse pour deux, qui vit la plupart du temps Au pays des kangourous ;un père, Paul,  ghostwriter et papa poule à plein temps; entre les deux un petit bonhomme de neuf ans, Simon, le narrateur de cette histoire.gilles paris, schtroumpf grognon le retourTout pourrait continuer à tourner tant bien que mal ainsi si , tout à coup, Paul ne plongeait sa tête dans le lave-vaisselle et la dépression. C'est donc la grand-mère paternelle, haute en couleurs, aidée de ses amis tout aussi excentriques, qui va prendre le relais et protéger, autant que faire se peut, tout à la fois Paul et surtout Simon.
J'ai entendu l'auteur sur France Info dire qu'il avait voulu écrire un livre drôle sur la dépression. Perso, j'ai souri à quelques formules mais les marque-page sont restés bien rares,( mais bon, j'ai tendance à trouvé poignant ce qui souvent fait rire d'autres lecteurs) . De plus j'ai trouvé quelque peu lourde l'intervention d'un personnage à visée explicative sur le fonctionnement de la dépression. Quant aux dialogues , ils m'ont paru artificiels, à cent lieues de ceux nettement plus réussis d'Autobiographie d'une courgette, dont j'avais fait mon miel il y a quelques années.

Laure a aimé .

13/12/2011

Comment tuer le chien de son voisin

Robin Wright Penn, Kenneth Branagh, même si je n'avais jamais entendu parler de cette comédie , la présence de ces deux comédiens était largement suffisante pour me décider à emprunter cette comédie à la couv' dithyrambique, bien sûr .
Le pitch ? Elle est prof de danse et souhaite être enceinte. Évidemment, lui,  dramaturge et ancien jeune homme en colère, n'est que très moyennement intéressé par les marmots. En plus, il est bien plus occupé à écrire une nouvelle pièce qui lui permettra de renouer avec le succès  L'arrivée d'une nouvelle voisine et de sa fille vont évidemment changer la donne.schtroumpf grognon le retour
Totalement cousue de fil blanc, cette comédie m'aurait laissée de marbre n'étaient deux morceaux de bravoure: la tirade acerbe que le héros adresse à une journaliste de télé et surtout le personnage de la mère de Robin Wright qui , unijambiste perdant la tête, pratique un humour absurde et décalé très efficace.
Plutôt que le chien du voisin qui sera effectivement tué, décès qui intervient comme un cheveu sur la soupe, c'est plutôt le coiffeur de Robin Wright Penne qu'il aurait fallu trucider (elle est affublée d'un carré ultra court qui a l'air d'avoir été tailladé par une gamine de trois ans), ainsi que le réalisateur d'ailleurs qui, sous prétexte de comédie nous montre une scène accablante d'examen de la prostate que subit Branagh avec un masochisme confinant à l'héroïsme.
à oublier très vite !

02/11/2011

Aimer la pluie, aimer la vie

Certains mots agissent sur moi comme des aimants. "Pluie" en est un. C'est grave docteur ? Nan, mais j'aurais mieux faire de lire la deuxième partie du titre à savoir "aimer la vie" . J'aurais ainsi pu subodorer la soupe insipide et psychologisante où surnagent quelques très beaux haïkus (cités avec le nom d'auteur mais sans autres sources) ainsi que quelques extraits de textes occidentaux (eux dûment référencés) sur le thème de la pluie.dominique loreau,schtroumpf grognon le retour
Dominique Loreau n'est pas à son top quand elle se pique de "philosophie" et patauge surtout dans les banalités mais , on piquera dans le dernier chapitre quelques idées originales pour mieux profiter de la pluie en sortant :"Trouvez un kiosque dans un parc", "Cherchez un endroit où il y a des crapauds". Plus classique "Passez un week-end en Angleterre ou en Irlande", plus onéreux "Offrez-vous un voyage à Huang Shan" (en Chine). Vous avez déjà commencé à économiser pour le voyage !

Ou alors dans un tout autre genre filez vous marrer en Islande avec cet improbable DVD, "Mariage à l'islandaise" où la recherche d'une église blanche à toit rouge devient une épopée qui fait monter la tension ...Les secrets de famille explosent au grand jour, pour notre plus grand bonheur. mention spéciale à la grand-mère...dominique loreau,schtroumpf grognon le retour
Déniché à la médiathèque, une bonne pioche !

21/10/2011

Allmen et les libellules

"Le calme qui s'était emparé de lui depuis qu'il avait décidé de se battre n'était que superficiel. Comme tant de choses dans sa vie."

Préserver les apparences pour ne pas nuire à sa réputation de solvabilité, voici tout ce qu'il reste à Allmen après avoir dilapidé la fortune paternelle. Le dandy esthète a  aussi eu recours à quelques larcins  et doit affronter un créancier moins patient mais, la chance aidant découvre cinq coupes Art Nouveau ornées de libellules.
Parviendra-t-il à s'en emparer pour régler ses dettes ? martin suter,schtroumpf grognon le retour
L'argument est mince, le personnage même pas sympathique , les péripéties mollassonnes. On se laisse porter par le style élégant mais on ne retiendra pas grand chose de ce roman, à part l'art de faire des dettes (porter beau et laisser de gros pourboires).
Le monde des collectionneurs est à peine effleuré, le couple maître/valet vu cent fois, et tout cela manque de conviction car restant trop feutré.  On s'ennuie avec élégance.
Adieu Suter !

Sibylline n'est pas plus enthousiaste.

martin suter,schtroumpf grognon le retour

19/09/2011

La femme et l'ours

"Dès que je sais si c'est un teckel ou un tueur, je lui apprends la politesse."

Bix, le narrateur, donné comme double de l'auteur,  se tient loin des bistrots de son jeune temps, (d'ailleurs il sort très peu de chez lui ) entre une femme névrosée souvent sur le point d'exploser et un enfant  très sage qui sait mieux que son père affronter les sautes d'humeur féminines. Rien de bien folichon donc. Une dispute conjugale va mettre le feu aux poudres et faire retomber Bix dans ses travers. Commence alors une sorte de descente quasi aux enfers, où l'épopée de Bix va prendre comme points de repère une histoire incroyable arrivée à un SDF de sa connaissance  (racontée dans un premier chapitre qu'il vaut mieux passer) et une légende pyrénéenne mettant en scène le fruit des amours d' une femme et un ours. Bix suivra-t-il la même trajectoire que le clochard ou sera-til aussi valeureux que le héros du conte ? Les repères sont pour le moins étranges en tout cas...philippe jaenada, schtroumpf grognon le retour
Les noms évocateurs de ses compagnes, rencontrées au fil des jours ,Milka Beauvisage (idiote au corps sublime) et Pompe Tout (échangiste insatiable),donnent le ton. Le narrateur est un libidineux qui perd de sa drôlerie sous les flots de whisky et de bière qu'il ne cesse d'ingurgiter. On s'englue peu à peu dans ce récit qui perd toute drôlerie (et pourtant le début est un pur régal !), on est sur le point de baîlller même, bref on s'ennuie vaguement. La fin est télescopée (on se demande bien ce que vient faire là cette touche de thriller) , on patauge dans le graveleux,  on frôle le pathos, bref on mélange un peu toutes sortes de tonalités pour terminer de manière assez plate. Dommage.

La femme et l'ours, Philippe Jaenada , Grasset 2011,311 pages qui partent en eau de vaisselle.


17/06/2011

Aphorismes dans les herbes et autres propos de la nuit

En introduction à ses Aphorismes dans les herbes, Sylvain Tesson affirme: l"Si la toxine du calembour l'a contaminé, il faudra le jeter. Ou alors le destiner aux amis indulgents." Prudente manière de se défausser car effectivement nombreux sont les calembours dans cet opus, et pas toujours réussis, hélas.
On aurait aussi éviter certains aphorismes fleurant bon son Gaulois en goguette : "On coucherait bien avec les Afghanes, en plus elles fournissent les draps.", d'un goût plus que douteux.
Il n'en reste pas moins qu'heureusement l'auteur flirte souvent avec l'esprit de Woody Allen : "Le problème avec l'avion , c'est qu'on ne peut pas sortir si l'on n'aime pas le film.", "Je ne connais personne qui ne se fasse autant prier que Dieu", ce qui rattrape quelque peu les lourdeurs précédentes.sylvain tesson
La tonalité est moins buccolique, plus sombre- l'idée du suicide revient à plusieurs reprises- mais il semble que l'exigence ait été moins grande dans cet opus, l'auteur cédant souvent à la facilité du "bon mot" un peu creux, voire vain. C'est dommage car nous avions été habitués à plus de poésie et de finesse, comme le prouve celui-ci :

"Qui s'inquiète de rentrer les arbres quand la neige arrive ? "

Aphorismes dans les herbes et autres propos de la nuit, Sylvain Tesson , éditions des Equateurs 2011, illustrations de Bertrand de Miollis, 103 pages où l'on déniche quelques perles.