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23/05/2017

La daronne

"Nous étions entre nous, appartenant au grand flou dhannelore cayrees classes moyennes étranglées par ses vieux. C'était rassurant."

A part une brève parenthèse de bonheur marital, on ne peut pas dire que la vie de notre narratrice ait été marquée par la joie de vivre. Lasse d'être employée au noir par l’État comme interprète judiciaire, de n'avoir ni sécu ni retraite en vue, lasse d'avoir bossé pour  payer les études de ses filles, puis maintenant pour l'EPHAD de sa mère, elle saisit l'opportunité de se glisser dans un monde qu'elle connaît bien pour le suivre via des écoutes téléphoniques : celui du trafic de drogue.
Et là, elle revit, jonglant avec la langue qu'elle connaît depuis l'enfance, "la langue d'avant Babel qui réunit tous les hommes", à savoir l'argent. Elle endosse avec jubilation l'identité de La daronne, délicieusement amorale, fustigeant notre société et ses hypocrisies. Usant d'une langue tour à tour soutenue puis argotique, "elle, au contraire, avait l’œil émerillonné de celles qui aiment le biff", Hannelore Cayre se régale visiblement à ponctuer son récit de remarques vachardes et délicieuses à nos yeux de lecteurs: "Je me suis très mal conduite avec lui, mais il faut dire que son honnêteté à toute épreuve en faisait un sacré boulet."
Enfin, une héroïne en colère, amorale et qui ne trouve pas son salut dans l'amooouuuur, voilà qui fait bien fou ! (Plein de femmes fortes d'ailleurs dans ce roman , chacune dans leur genre !).

Les billets de Cuné, Aifelle et Papillon m'avaient donné envie.

De la même autrice: clic

22/01/2009

"Leibowitz : c'est la classe internationale en toute circonstance"

Christophe Leibowitz , avocat pénaliste  commis d'office, barbote quasiment avec délices dans le monde crapoteux des dealers et des proxénètes sans envergure.  Pourquoi, après avoir  flirté avec le luxe, va-t-il se retrouver à croupir en prison,  à raconter les  romans de  Flaubert à un Albanais ? "-On dirait que tu éprouves du plaisir  à être là, je me  trompe ?
-Non, c'est possible. Personne ne pourra  dire  que je n'ai pas cherché à  explorer toutes les facettes de ce métier."
Tour à tour berné et finaud, désabusé et plein d'allant,Leibowitz a le chic pour se fourrer  dans les situations les plus tordues : "Et si j'avais accepté de rentrer dans  ce coup foireux uniquement pour ne pas décevoir trois débiles auxquels je ne serrerais  même pas la main  si quelqu'un m'en donnait le choix ? "51BF1pdvtXL._SL500_AA240_.jpg
Nous le  suivons avec délices, le sourire aux lèvres, dans les arcanes parfois ubuesques de la justice, découvrant au passage les  conditions de vie quasi  moyenâgeuses  de certaines prisons  car, mine de rien, Hannelore Cayre donne des coups de griffe , sans jamais s'attarder  lourdement. Les  situations les plus sordides sont envisagées avec le plus grand naturel,normal, les avocats sont un peu blasés.La construction donne un peu le tournis au début mais très vite  nous prenons nos  marques et suivons avec une jubilation extrême  les tribulations de cet avocat commis d'office qui parviendra, on  s'en doute à retomber sur ses pattes ! Du  rythme et du fond, de l'humour pour pimenter le  tout, un cocktail réussi !

Premier opus des aventures de  Christophe leibowitz qui viennent de paraître en un  seul volume (Points seuil) qui réunit donc:  Commis d'office, Tableaux de maîtres et Ground XO.

Adapté au cinéma par Hannelore Cayre  avec le très beau Roschdy Zem,  sortie en  salle au printemps 2009 .