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18/07/2006

perle noire...

ruthDans la série des nouvelles accompagnant Elle:Voleurs de Ruth Rendell . D'elle, j'avais lu L'analphabète (adapté au ciné par Claude Chabrol) et j'avais aimé l'aspect très "fouillé" de la psychologie des personnages.
C'est le cas aussi pour cette nouvelle inédite qui met très rapidement le lecteur mal à l'aise car Dame Rendell appuie toujours là où ça fait mal. De ce thème  classique du voleur volé, elle tire une histoire très originale car le motif de la voleuse maladive n'est pas l'appât du gain mais la vengeance.
Incapable de supporter les frustrations, Polly vole et détruit à chaque fois un objet cher à celui ou celle qui la rejette. Dans un premier temps , nous sommes "à l'intérieur" de l'héroïne (en focalisation interne, pour jargonner) et ne voyons les faits que de son point de vue. Mais , par petites touches, à travers des remarques que lui font les autres, se dessine un tout autre portrait de celle qui ne semble capable que de revivre son trauma initial. Incapable d'évoluer, elle court toute seule à sa perte et nous en pouvons qu'assister , impuissants même si on a envie de la secouer et de lui conseiller d'agir autrement, à la catastrophe quelle a elle même contribué à mettre en place.
Rendell est implacable et ne laisse aucune porte de sortie à Polly dont elle fouille avec opiniâtreté les aspects les plus noirs.

Pour plus de légèreté, on peut s'amuser à deviner quel est le profil psy du couple de Polly et Alex (son amoureux patient ) grâce au test de  Elle...

17/07/2006

petit rituel estival

L'été commence vraiment quand Elle nous fait "cadeau" de nouvelles d'écrivains. je n'achète pas tous lesminette numéros , seulement ceux dont je connais ou ai envie de connaître les auteurs.
La nouvelle de la semaine dernière était intitulée Meurtre à Blanckness Road, son auteur: Minette Walters. L'histoire était basée sur un fait divers du début du XXème siècle. Et se basant sur la psychologie des "héros " réels, l'auteur nous propose une explication de ce meurtre campagnard.
L'atmosphère est bien rendue, mais Minette Walters me semble plus à l'aise dans ses romans; Elle a besoin de plus d'espace et de personnages moins falots que ce couple bancal auquel on ne s'attache pas.
A l'inverse, Sylvie Granotier excelle dans le format court. En témoigne fenêtre sur rue, une nouvelle extraite de son dernier recueil qui vient de sortir en poche. On arrive à peine à tourner les pages tant le climat est ici oppressant et l'horizon bouché. Un couple tout aussi falot que celui de Walters mais une situation contemporaine et un "accident" insupportable: un bébé qui passe par la fenêtre. Des policiers un rien désabusés enquêtent: "Daphné et Tonio étaient partis sur les lieux pour une intervention de routine, cellule de dégrisement à la clé et refus de porter plainte à l'arrivée, en dépit des sages conseils des policiers qui en avient assez de retrouver des cadavres de femmes définitivement muettes pour l'avoir trop été de leur vivant." Avec ce presque rien, Sylvie Granotier construit une mécanique précise et angoissante, efficace et ciselée.