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19/01/2007

Le chien jaune

Il ne s'agit pas du roman de Simenon mais de celui de la couverture du recueil de nouvelles La théorie du chien9782350850245 de O.Henry, auteur américain de 19 ème siècle, nouvelliste dans la lignée de mark Twain, Ambrose Bierce voire Tchekhov , dixit la 4 ème de couv'.  Rien que ça.
Mouais, je ne devais pas être dans le bon état desprit car j'espèrais en fait trouver des textes aussi hilarants que ceux de Saki *. Le style m'a paru désuet et les histoires peu "accrocheuses", elles flirtent parfois avec le "non sense" ou une folle logique mais tombent souvent à plat...
Quant à "la théorie du chien ", c'est celle d'un shériff et elle lui vaudra d'identifier ,entre deux suspects, celui qui est en fait un mari assassin ...

*L'omelette byzantine97822640416789782264041661

09/12/2006

Les Inuits et nous

De la littérature canadienne francophone je ne connaissais que Michel Tremblay (j'ai eu une période Michel Tremblay ...) et grâce à Cuné j'ai découvert Gabrielle Roy et sa Rivière sans repos.images
Rien à voir avec la langue pittoresque et savoureuse de l'auteur des Chroniques du plateau Mont-Royal. Nous avons ici une langue classique, parfois surannée mais très belle.
Ce volume comprend trois nouvelles , parfois cocasses (le vieil Inuit qui fait des farces avec son téléphone !), souvent poignantes et un roman lui aussi très émouvant mettant en scène des Inuits confrontés au monde des Blancs. Il est toujours intéressant de découvrir d'autres cultures et par là même d'autres points de vue sur ce qui peut nous paraître évident ou acquis.
J'ai beaucoup aimé aussi l'importance que la nature tient dans ces textes, comme dans la vie des Inuits: le froid bien sûr, mais aussi les moustiques , l'eau , omniprésente et l'importance du plus petit brin de verdure...Un petit bijou venu du froid.

19/11/2006

La régionale de l'étape

Comme l'a rappelé Clarabel, Régine Vandamme est éditrice à l'Estuaire. Elle est aussi écrivaine et son livre Ma voix basse  fait partie de ma bibliothèque de secours, à savoir les livres que je veux toujours avoir sous la main au cas où...
Pourtant rien ne destinait cet ouvrage particulier à atterrir sur mon étagère favorite, seul le titre m'avait attirée ainsi que la 4 ème de couverture mais vous savez comme moi que tout cela peut être trompeur...Je ne risquais pas grand chose car je l'avais emprunté à la médiathèque.images
Je ne l'avais même pas feuilleté et je dois dire que si je l'avais fait je ne l'aurais pas glissé dans mon panier car aucun paragraphe pour reposer nos yeux, aucune intrigue pour réveiller nos neurones flapis.
Juste une série de 19 questions. Au hasard "Qu'est ce que t'attends", "Qu'est ce que tu fais ? ", "T'as peur de quoi ? ", questions auxquelles la narratrice va répondre en phrases souvent courtes, juxtaposées, qui osent la répétition pour créer le rythme et le jeu avec les mots. Une femme de 40 ans dont on devine la vie entre les lignes, dont la vie se dit nous nos yeux, une voix intérieure qui rejoint celle de toutes les femmes en disant son unicité pleine d'humour et d'énergie.
Pourquoi "la régionale de l'étape? " Parce que ce livre m'avait donné rendez-vous à Tournai , en Belgique ,sur les rayons d'une librairie selon mon coeur où le vendeur m'a précisé qu'elle était une "régionale"...

13/11/2006

Comment concilier érudition et gourmandise, goûtez-moi ça !

Au menu, 16 recettes (2 de plus que dans l'édition originale, veinardes que nous sommes!) écrites chacune à la manière d'un(e) grand(e) écrivain'e) de la littérature mondiale.9782080690401
Nous pourrons ainsi déguster la soupe de Kafka qui donne son titre au recueil, enchaîner avec l'agneau à la sauce à l'aneth de Raymond Chandler et terminer par le clafoutis grand-mère à la Virginia Woolf.
Chacun de ses pastiches se tient à la limite de l'exercice d'admiration mais ne tourne jamais au jeu de massacre. L'auteur, Marck Crick, avec un humour tout britannique, a su se glisser dans la peau de chacun de ces écrivains et nous en donne ainsi un aperçu plus apéritif qu'indigeste.
Point n'est besoin de connaître chacun des auteurs présentés, au contraire, comme dans un mezze, libre à nous d'aller ensuite découvrir plus à fond l'auteur "picoré".
Il faut noter que chacun des texte a été traduit en français par des spécialistes français des auteurs imités (Geneviève brisac a ainsi traduit le texte "de" Jane Austen), ce qui garantit la fidélité à l'esprit et au style.
J'ai eu le sourire au lèvres en piochant dans ce recueil par ailleurs illustré par Marck Crick, auteur multitalentueux quui n'hésite pas à citer les auteurs imités donnant sur leur avis en 4 ème de couv' sur La soupe de Kafka : "Qu'il pourrisse en  enfer !" Graham Greene.
Nous avons même droit à la photo d'un  Marck Crick, qui sans doute pour accentuer la ressemblance avec les tops modéles dont il a le physique, fait la tronche.
Dernière précision, les recettes sont tout à fait réalisables, si l'on se donne la peine de les "dégraisser" de leur littérature...

18/07/2006

perle noire...

ruthDans la série des nouvelles accompagnant Elle:Voleurs de Ruth Rendell . D'elle, j'avais lu L'analphabète (adapté au ciné par Claude Chabrol) et j'avais aimé l'aspect très "fouillé" de la psychologie des personnages.
C'est le cas aussi pour cette nouvelle inédite qui met très rapidement le lecteur mal à l'aise car Dame Rendell appuie toujours là où ça fait mal. De ce thème  classique du voleur volé, elle tire une histoire très originale car le motif de la voleuse maladive n'est pas l'appât du gain mais la vengeance.
Incapable de supporter les frustrations, Polly vole et détruit à chaque fois un objet cher à celui ou celle qui la rejette. Dans un premier temps , nous sommes "à l'intérieur" de l'héroïne (en focalisation interne, pour jargonner) et ne voyons les faits que de son point de vue. Mais , par petites touches, à travers des remarques que lui font les autres, se dessine un tout autre portrait de celle qui ne semble capable que de revivre son trauma initial. Incapable d'évoluer, elle court toute seule à sa perte et nous en pouvons qu'assister , impuissants même si on a envie de la secouer et de lui conseiller d'agir autrement, à la catastrophe quelle a elle même contribué à mettre en place.
Rendell est implacable et ne laisse aucune porte de sortie à Polly dont elle fouille avec opiniâtreté les aspects les plus noirs.

Pour plus de légèreté, on peut s'amuser à deviner quel est le profil psy du couple de Polly et Alex (son amoureux patient ) grâce au test de  Elle...

17/07/2006

petit rituel estival

L'été commence vraiment quand Elle nous fait "cadeau" de nouvelles d'écrivains. je n'achète pas tous lesminette numéros , seulement ceux dont je connais ou ai envie de connaître les auteurs.
La nouvelle de la semaine dernière était intitulée Meurtre à Blanckness Road, son auteur: Minette Walters. L'histoire était basée sur un fait divers du début du XXème siècle. Et se basant sur la psychologie des "héros " réels, l'auteur nous propose une explication de ce meurtre campagnard.
L'atmosphère est bien rendue, mais Minette Walters me semble plus à l'aise dans ses romans; Elle a besoin de plus d'espace et de personnages moins falots que ce couple bancal auquel on ne s'attache pas.
A l'inverse, Sylvie Granotier excelle dans le format court. En témoigne fenêtre sur rue, une nouvelle extraite de son dernier recueil qui vient de sortir en poche. On arrive à peine à tourner les pages tant le climat est ici oppressant et l'horizon bouché. Un couple tout aussi falot que celui de Walters mais une situation contemporaine et un "accident" insupportable: un bébé qui passe par la fenêtre. Des policiers un rien désabusés enquêtent: "Daphné et Tonio étaient partis sur les lieux pour une intervention de routine, cellule de dégrisement à la clé et refus de porter plainte à l'arrivée, en dépit des sages conseils des policiers qui en avient assez de retrouver des cadavres de femmes définitivement muettes pour l'avoir trop été de leur vivant." Avec ce presque rien, Sylvie Granotier construit une mécanique précise et angoissante, efficace et ciselée.