Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/03/2007

Pour te réconforter : un théorbe ou une tortue géante ?

Ne pas se fier au titre: De la maladie n'est pas un texte doloriste . Ni essai ni recueil d'anecdotes, c'est un livre bourré d'humour et d'amour de la nature où Virginia Woolf évoque cette expérience incommunicable qu'est la maladie.
Pour elle,  être malade  est l'occasion d'expérimenter quasi philosophiquement une autre vision du monde , des autres, voire de la poésie.9782743616373
"Pour notre part, nous sommes condamnés à nous tortiller tout le temps que nous restons accrochés au bout de l'hameçon de la  vie" et notre seul recours est de nous en remettre à la nature et à la poésie.
Le texte coule ,fluide et lumineux, adaptant sa forme au thème abordé et l'on  en arrive trop vite et trop brutalement à la fin ...

20/03/2007

Ames sensibles, passez votre chemin !

9782253118527Ceux qui espèrent trouver des histoires victoriennes et policées de fantômes et de vieux manoirs en resteront pour leur frais : toutes les nouvelles de Joyce Carol Oates composant le  recueil Hantises se  déroulent à l'époque contemporaine.
Ce qui les rend d'autant plus efficaces car les personnages, oscillant entre réalité et fantasmes, au lecteur de  décider, ce pourraient être  nos voisins ou nous mêmes ...Ces personnages sont d'ailleurs souvent des femmes, à tous les âges de la vie, tour à tour victimes ou bourreaux.
Avec une grande  économie de moyens  Oates bâtit un univers familier où  le grotesque est roi. Ce grotesque auquel elle consacre une étude à la fin du recueil, elle le définit comme "une sensibilité qui concilie le génie de Goya et le surréalisme kitsch de Dali ", "un art qui promet de nous faire peur, de nous bouleverser et parfois de  nous révulser".  Contrat rempli avec Hantises dont j'ai  hésité à lire plusieurs nouvelles tant le sujet me  bouleversait ("le coupable" ou pire encore "Circonstances atténuantes").
Du grand art dont on ne sort pas indemne.

17/02/2007

Exquis d'écrivains

Chantal Pelletier , comme les chats , a déjà connu plusieurs vies, comédienne de café-théâtre, auteure de romans ( policiers ou non) voire scénariste.
Ici, elle nous entraîne dans des  Voyages en gourmandise , textes savoureux et ciselés qui vont d'enfance à enfance tout en traversant différents pays.
Goûts et dégoûts, se jouent souvent dès l'enfance mais l'auteure nous montre aussi que les aliments les plus opposés peuvent être chéris à part égale.
Chantal Pelletier allie à la fois la tradition familiale, riche en sauces, Lyon oblige , et ce que les voyages lui ont apporté. 9782841113569
Nos papilles et nos yeux se délectent de ces textes aussi savoureux que ceux de Colette ou de Marie Rouanet. Il ne osu reste plus qu'à  imiter le personnage de  couverture: lire et déguster...

PS: un commissaire déjà connu des lecteurs de Pelletier s'amuse même à  nous faire un petit coucou. Signe particulier de ce visiteur: il mâche des chewingums à la cannelle. Mais où peut-on en trouver ? !

26/01/2007

Laissez infuser

Avec un auteur que l'on découvre, la tentation est grande de se raccrocher à des figures connues. Quand j'ai commencé ma lecture des nouvelles composant le recueil comme tous les après-midis de Zoya Pirzad, c'est le nom de Colette qui m'est aussitôt venu à l'esprit. La nature est en effet très présente dans ces textes, parfois très courts ,mettant en scène des femmes iraniennes dans leur quotidien. 9782843043918
Mais j'ai dû réviser mon jugement car plus que la nature c'est le rapport au temps qui court en filigrane tout le long de ses 18 nouvelles dépaysantes et en même temps universelles. Ces portraits de femmes, ce pourrait être nous, nos amies, nos voisines...
Pas de nouvelles à chutes, l'auteure évite ainsi le piège de la mécanique trop bien huilée, ce sont de petits faits, qui basculent parfois à la limite du fantastique, des faits anodins mais qui minent de rien frappent nos esprits tant le style de l'auteur infuse en nous.
j'ai d'abord eu l'impression d'être traversée par ces nouvelles mais elles sont en fait restées longtemps en moi...
La critique de Clarabel.

19/01/2007

Le chien jaune

Il ne s'agit pas du roman de Simenon mais de celui de la couverture du recueil de nouvelles La théorie du chien9782350850245 de O.Henry, auteur américain de 19 ème siècle, nouvelliste dans la lignée de mark Twain, Ambrose Bierce voire Tchekhov , dixit la 4 ème de couv'.  Rien que ça.
Mouais, je ne devais pas être dans le bon état desprit car j'espèrais en fait trouver des textes aussi hilarants que ceux de Saki *. Le style m'a paru désuet et les histoires peu "accrocheuses", elles flirtent parfois avec le "non sense" ou une folle logique mais tombent souvent à plat...
Quant à "la théorie du chien ", c'est celle d'un shériff et elle lui vaudra d'identifier ,entre deux suspects, celui qui est en fait un mari assassin ...

*L'omelette byzantine97822640416789782264041661

09/12/2006

Les Inuits et nous

De la littérature canadienne francophone je ne connaissais que Michel Tremblay (j'ai eu une période Michel Tremblay ...) et grâce à Cuné j'ai découvert Gabrielle Roy et sa Rivière sans repos.images
Rien à voir avec la langue pittoresque et savoureuse de l'auteur des Chroniques du plateau Mont-Royal. Nous avons ici une langue classique, parfois surannée mais très belle.
Ce volume comprend trois nouvelles , parfois cocasses (le vieil Inuit qui fait des farces avec son téléphone !), souvent poignantes et un roman lui aussi très émouvant mettant en scène des Inuits confrontés au monde des Blancs. Il est toujours intéressant de découvrir d'autres cultures et par là même d'autres points de vue sur ce qui peut nous paraître évident ou acquis.
J'ai beaucoup aimé aussi l'importance que la nature tient dans ces textes, comme dans la vie des Inuits: le froid bien sûr, mais aussi les moustiques , l'eau , omniprésente et l'importance du plus petit brin de verdure...Un petit bijou venu du froid.

19/11/2006

La régionale de l'étape

Comme l'a rappelé Clarabel, Régine Vandamme est éditrice à l'Estuaire. Elle est aussi écrivaine et son livre Ma voix basse  fait partie de ma bibliothèque de secours, à savoir les livres que je veux toujours avoir sous la main au cas où...
Pourtant rien ne destinait cet ouvrage particulier à atterrir sur mon étagère favorite, seul le titre m'avait attirée ainsi que la 4 ème de couverture mais vous savez comme moi que tout cela peut être trompeur...Je ne risquais pas grand chose car je l'avais emprunté à la médiathèque.images
Je ne l'avais même pas feuilleté et je dois dire que si je l'avais fait je ne l'aurais pas glissé dans mon panier car aucun paragraphe pour reposer nos yeux, aucune intrigue pour réveiller nos neurones flapis.
Juste une série de 19 questions. Au hasard "Qu'est ce que t'attends", "Qu'est ce que tu fais ? ", "T'as peur de quoi ? ", questions auxquelles la narratrice va répondre en phrases souvent courtes, juxtaposées, qui osent la répétition pour créer le rythme et le jeu avec les mots. Une femme de 40 ans dont on devine la vie entre les lignes, dont la vie se dit nous nos yeux, une voix intérieure qui rejoint celle de toutes les femmes en disant son unicité pleine d'humour et d'énergie.
Pourquoi "la régionale de l'étape? " Parce que ce livre m'avait donné rendez-vous à Tournai , en Belgique ,sur les rayons d'une librairie selon mon coeur où le vendeur m'a précisé qu'elle était une "régionale"...

13/11/2006

Comment concilier érudition et gourmandise, goûtez-moi ça !

Au menu, 16 recettes (2 de plus que dans l'édition originale, veinardes que nous sommes!) écrites chacune à la manière d'un(e) grand(e) écrivain'e) de la littérature mondiale.9782080690401
Nous pourrons ainsi déguster la soupe de Kafka qui donne son titre au recueil, enchaîner avec l'agneau à la sauce à l'aneth de Raymond Chandler et terminer par le clafoutis grand-mère à la Virginia Woolf.
Chacun de ses pastiches se tient à la limite de l'exercice d'admiration mais ne tourne jamais au jeu de massacre. L'auteur, Marck Crick, avec un humour tout britannique, a su se glisser dans la peau de chacun de ces écrivains et nous en donne ainsi un aperçu plus apéritif qu'indigeste.
Point n'est besoin de connaître chacun des auteurs présentés, au contraire, comme dans un mezze, libre à nous d'aller ensuite découvrir plus à fond l'auteur "picoré".
Il faut noter que chacun des texte a été traduit en français par des spécialistes français des auteurs imités (Geneviève brisac a ainsi traduit le texte "de" Jane Austen), ce qui garantit la fidélité à l'esprit et au style.
J'ai eu le sourire au lèvres en piochant dans ce recueil par ailleurs illustré par Marck Crick, auteur multitalentueux quui n'hésite pas à citer les auteurs imités donnant sur leur avis en 4 ème de couv' sur La soupe de Kafka : "Qu'il pourrisse en  enfer !" Graham Greene.
Nous avons même droit à la photo d'un  Marck Crick, qui sans doute pour accentuer la ressemblance avec les tops modéles dont il a le physique, fait la tronche.
Dernière précision, les recettes sont tout à fait réalisables, si l'on se donne la peine de les "dégraisser" de leur littérature...

18/07/2006

perle noire...

ruthDans la série des nouvelles accompagnant Elle:Voleurs de Ruth Rendell . D'elle, j'avais lu L'analphabète (adapté au ciné par Claude Chabrol) et j'avais aimé l'aspect très "fouillé" de la psychologie des personnages.
C'est le cas aussi pour cette nouvelle inédite qui met très rapidement le lecteur mal à l'aise car Dame Rendell appuie toujours là où ça fait mal. De ce thème  classique du voleur volé, elle tire une histoire très originale car le motif de la voleuse maladive n'est pas l'appât du gain mais la vengeance.
Incapable de supporter les frustrations, Polly vole et détruit à chaque fois un objet cher à celui ou celle qui la rejette. Dans un premier temps , nous sommes "à l'intérieur" de l'héroïne (en focalisation interne, pour jargonner) et ne voyons les faits que de son point de vue. Mais , par petites touches, à travers des remarques que lui font les autres, se dessine un tout autre portrait de celle qui ne semble capable que de revivre son trauma initial. Incapable d'évoluer, elle court toute seule à sa perte et nous en pouvons qu'assister , impuissants même si on a envie de la secouer et de lui conseiller d'agir autrement, à la catastrophe quelle a elle même contribué à mettre en place.
Rendell est implacable et ne laisse aucune porte de sortie à Polly dont elle fouille avec opiniâtreté les aspects les plus noirs.

Pour plus de légèreté, on peut s'amuser à deviner quel est le profil psy du couple de Polly et Alex (son amoureux patient ) grâce au test de  Elle...

17/07/2006

petit rituel estival

L'été commence vraiment quand Elle nous fait "cadeau" de nouvelles d'écrivains. je n'achète pas tous lesminette numéros , seulement ceux dont je connais ou ai envie de connaître les auteurs.
La nouvelle de la semaine dernière était intitulée Meurtre à Blanckness Road, son auteur: Minette Walters. L'histoire était basée sur un fait divers du début du XXème siècle. Et se basant sur la psychologie des "héros " réels, l'auteur nous propose une explication de ce meurtre campagnard.
L'atmosphère est bien rendue, mais Minette Walters me semble plus à l'aise dans ses romans; Elle a besoin de plus d'espace et de personnages moins falots que ce couple bancal auquel on ne s'attache pas.
A l'inverse, Sylvie Granotier excelle dans le format court. En témoigne fenêtre sur rue, une nouvelle extraite de son dernier recueil qui vient de sortir en poche. On arrive à peine à tourner les pages tant le climat est ici oppressant et l'horizon bouché. Un couple tout aussi falot que celui de Walters mais une situation contemporaine et un "accident" insupportable: un bébé qui passe par la fenêtre. Des policiers un rien désabusés enquêtent: "Daphné et Tonio étaient partis sur les lieux pour une intervention de routine, cellule de dégrisement à la clé et refus de porter plainte à l'arrivée, en dépit des sages conseils des policiers qui en avient assez de retrouver des cadavres de femmes définitivement muettes pour l'avoir trop été de leur vivant." Avec ce presque rien, Sylvie Granotier construit une mécanique précise et angoissante, efficace et ciselée.