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31/05/2008

Perplexité

Maître Cathulu, par la couv'alléchée51VbupyGyhL
Ainsi que par la mention
"Humour tout britannique teinté de cruauté"
Dans son cabas avait glissé
De sacrés petits prodiges.
Hélas ! ces contes ,même pas de fées
n'avaient aucune originalité.
Pierre Gripari et Yak  Rivais
avaient déjà ouvert la voie.
Et même si le texte était de qualité
et faisait preuve de fluidité,
les illustrations
Ma foi fort bien léchées,
Cathulu resta pleine de perplexité:
Linda Quilt par ces fables
que voulait-elle montrer?

Moralité : le marketing a bien oeuvré
Pour quinze euros tu fus flouée.

05/02/2008

Xingu, vous avez dit Xingu ? Comme c'est Xingu !

Xingu , ce nom exotique qui donne son titre à la nouvelle d 'Edith Wharton, claque et rebondit  debouche en bouche parmi les membres du très select "Lunch Club d'Hillbridge".9782842054915
Seule échappatoire à  la morgeue de la célèbre romancière Osric Dane, ce nom, qui la  déroute,  lancé à la  volée par la moins intellectuelle du groupe, leur permet dans un premier temps de sauver la  face, en maintanant un flou artistique sur l'identité de ce fameux Ingu.
La consultation du livre-sauveur, le dictionnaire,  plongera ensuite ces femmes  qui se piquent de  culture, plus dans un esprit de pose et de snobisme qu'autre chose, dans un désarroi decourte durée...
Edith Wharton, avec un art d e la formule et de l'image consommé"Mrs Van Vluyck rajusta ses lunettes comme le bourreau sa  cagoule", épingle avec beaucoup d'humour les  travers de cette coterie impitoyable  et pathétique.
Un concentré dhumour acide réjouissant ( pour un euro cinquante !).
Pas eu le temps de chercher vos billets les filles, donnez-les moi, je les mettrai en lien, merci !

L'avis de Papillon

24/01/2008

Perplexité

51FIlKxSOfLLe recueil de nouvelles  de Miranda July Un bref instant de romantisme est aussi fuyant qu'un poisson.  Vous croyez le saisir,il vous glisse des mains mais vous le reprenez, bien décidée à trouver ce qui fait sa particularité.
Pas d'univers parallèles ici ,mais des gens ordinaires, aux prises avec leurs émotions et y faisant face de manière déroutante. Une jeune fille se dit ainsi capable de rester figée dans la positon qu'elle avait quand son amie part en claquant la porte, et ce jusqu'à ce qu'elle revienne... Un homme confie à sa fille les gestes qu'il faut faire pour rendre une femme heureuse...
Le style est faussement simple, de brusques dérapages nous font basculer de manière inattendue, drôle ou poignante.
Je suis restée longtemps à me  demander si j'arriverais à écrire sur ces textes  car j'étais désorientée et perplexe, n'étant pas sûre de les avoir tous compris. Seule  certitude: il faut les lire dans l'ordre et non piocher au hasard: la familiarisation se fera d'autant mieux.

15/01/2008

Mezze

Cinq auteurs,  cinq euros, cinq nouvelles, c'est le pari tenu par les éditions "Bleu autour", histoire de nous mettre en appétit , de faire connaissance avec l'univers de différentsécrivains  sans qu'un thème les  regroupe.
Soit, Marie Hélène Lafon et sa très réussie "Maison Santoire" , histoire d'un viel homme qui veut rester debout dans sa maison et" partir d'un coup, net propre sec." (j'ai scrupuleusement respecté la ponctuation);
-Annie Saumont, toujours aussi tranchante dans "Vous descendrez à l'arrêt Roussillon", mettant en scène deux femmes et leur employée de maison (il est dommage que la couverture soit trop explicite);9782912019776
-Leïla Sebbar,qui  avec" Louisa", nous conte l'histoire ,toute en retenue,d'une naissance improbable dans un camp d'insurgés algériens , déportés en Corse en 1870,  histoire qui a une portée universelle...
-Un auteur Turc,  encore inconnu en France, Sait Faik Abasiyanik avec "Une histoire pour deux",un peu trop symbolique à mon goût mais un seul texte n'est pas probant;
Et enfin, Saadat Hasan Manto, indo-pakistanais, qui avec "Viande froide" nous montre un délicieux jeu d'agacements, de préliminaires amoureux, parsemé de multiples indices qui prendront tout leur sens dans une chute pour le moins refroidissante !
Bref, juste de quoi nous titiller les papilles et nous donner envie de poursuivre le voyage !

Ps : j'ai trouvé ces nouvelles regroupées en coffrets  mais chacune porte un code-barres, indiquant qu'on devrait pouvoir se les  procurer à l'unité...

07/01/2008

Un monde cruel

En Afghanistan, on sait très bien que la situation des femmes n'est pas facile (comme dans plein d'autres pays ,hélas). Mais  on en a une connaissance abstraite, désincarnée. Avec Spôjmaï Zariâb,cette réalité on la prend en plein plexus solaire.51BYF854M8L
J'ai lu la première des sept nouvelles composantle recueil Dessine-moi un coq, et j'ai dû marquer un temps d'arrêt dans ma lecture tant j'ai été choquée par la puissance d'évocation de l'auteure. L'irruption dans cette famille unie et aimante d'un oncle que la religion et les traditions appliquées à la lettre rendent proprement terrifiant, en particulier pour la petite fille sur laquelle il s'acharne avec une cruauté sans pareille m'a laissée  groggy. Cette chape de plomb qui s'abat sur la maisonnée et la violence des propos de la narratrice adulte qui se souvient de cet événement valent meiux qu'un long discours sur les droits des femmes : "J'en venais parfois à souhaiter, avec une sorte d'innocente cruauté, que tous les hommes du monde perdent la vue pour que ma mère puisse s'asseoir tranquillement avec eux et entamer la conversation avec eux sans avoir à cacher sa bouche avec son voile, pour que ses lèvres roses puissent se mouvoir avec langueur, s'étirer et laisser apparaître une à une,  dans un sourire, la blancheur de  ses dents et qu'ainsi elle nous fasse rayonner nous aussi, la maison et moi."
Les petites filles tremblent devant les  hommes, les professeures, les mères craignent pour la vie de leurs fils  qui partent à la guerre  les enfants se montrent cruels  envers les inférieurs ou les animaux,  parfois même ce sont les hommes eux mêmes qui se font volontairement souffrir...On se sent parfois étouffer dans cet univers si dense  et si dur , éclairé par de rares instants de bonheur.
Spômaî Zariâb maîtrise totalement l'art de raconter et son style puissant, vigoureux mais aussi sensuel , jamais pontifiant, se révèle d'une efficacité totale pour évoquer non seulement son pays mais aussi l'universalité du mal.Magistral.

Un grand merci à Bladelor qui me l'a prêté !

01/08/2007

Shoking: Même les vieux ont une vie sexuelle !

La couverture et le titre du recueil de nouvelles, Libertinages, peuvent prêter à confusion, mais Sally Bingham, contrairement aux apparence n'a pas  écrit un livre à lire d'une seule main.
Sally Bingahm a 70 ans mais ses héroïnes sont  pleines d'allant d'humour et d'amour de la vie sous toutes ses facettes.41wliabqJzL
C'est sans arrières- pensées que la professeure âgée demande à l'un de ses étudiants de venir l'aider à confectionner de la  confiture d'abricots*mais la sensualité des fruits et l'atmosphère parfumée et chaude feront le reste...
Beaucoup de délicatesse également dans le récit de ce couple d'homosexuels où un jeune homme va s'immiscer sans le vouloir vraiment.
Pour sauver son couple une vieille dame va demander l'aide d'une de ses amies, accédant ainsi à un fantasme  qu'elle avait autrefois refusé à son mari mais le résultat sera peut être différent de ce qu'elle attendait... L'aspect scabreux de la situation est totalement escamoté par la maestria de l'auteure qui ne juge jamais ses personnages même s'ils sont aussi pervers et égoîstes que cet homme qui harcèle  une jeune femme.
Sally Bingham nous montre des couples âgés qui n'ont pas fait de croix sur leur sensualité, qui commettent autant d'erreurs que les jeunes, ce qui est à la fois triste et réconfortant, des couples hors-normes, qui ne rentrent pas dans les cadres que la  société veut leur imposer,le  tout dans un style fluide et sensuel. A découvrir de toute urgence !

* Pour une  recette de confiture c'est par ici!

31/03/2007

Pour te réconforter : un théorbe ou une tortue géante ?

Ne pas se fier au titre: De la maladie n'est pas un texte doloriste . Ni essai ni recueil d'anecdotes, c'est un livre bourré d'humour et d'amour de la nature où Virginia Woolf évoque cette expérience incommunicable qu'est la maladie.
Pour elle,  être malade  est l'occasion d'expérimenter quasi philosophiquement une autre vision du monde , des autres, voire de la poésie.9782743616373
"Pour notre part, nous sommes condamnés à nous tortiller tout le temps que nous restons accrochés au bout de l'hameçon de la  vie" et notre seul recours est de nous en remettre à la nature et à la poésie.
Le texte coule ,fluide et lumineux, adaptant sa forme au thème abordé et l'on  en arrive trop vite et trop brutalement à la fin ...

20/03/2007

Ames sensibles, passez votre chemin !

9782253118527Ceux qui espèrent trouver des histoires victoriennes et policées de fantômes et de vieux manoirs en resteront pour leur frais : toutes les nouvelles de Joyce Carol Oates composant le  recueil Hantises se  déroulent à l'époque contemporaine.
Ce qui les rend d'autant plus efficaces car les personnages, oscillant entre réalité et fantasmes, au lecteur de  décider, ce pourraient être  nos voisins ou nous mêmes ...Ces personnages sont d'ailleurs souvent des femmes, à tous les âges de la vie, tour à tour victimes ou bourreaux.
Avec une grande  économie de moyens  Oates bâtit un univers familier où  le grotesque est roi. Ce grotesque auquel elle consacre une étude à la fin du recueil, elle le définit comme "une sensibilité qui concilie le génie de Goya et le surréalisme kitsch de Dali ", "un art qui promet de nous faire peur, de nous bouleverser et parfois de  nous révulser".  Contrat rempli avec Hantises dont j'ai  hésité à lire plusieurs nouvelles tant le sujet me  bouleversait ("le coupable" ou pire encore "Circonstances atténuantes").
Du grand art dont on ne sort pas indemne.

17/02/2007

Exquis d'écrivains

Chantal Pelletier , comme les chats , a déjà connu plusieurs vies, comédienne de café-théâtre, auteure de romans ( policiers ou non) voire scénariste.
Ici, elle nous entraîne dans des  Voyages en gourmandise , textes savoureux et ciselés qui vont d'enfance à enfance tout en traversant différents pays.
Goûts et dégoûts, se jouent souvent dès l'enfance mais l'auteure nous montre aussi que les aliments les plus opposés peuvent être chéris à part égale.
Chantal Pelletier allie à la fois la tradition familiale, riche en sauces, Lyon oblige , et ce que les voyages lui ont apporté. 9782841113569
Nos papilles et nos yeux se délectent de ces textes aussi savoureux que ceux de Colette ou de Marie Rouanet. Il ne osu reste plus qu'à  imiter le personnage de  couverture: lire et déguster...

PS: un commissaire déjà connu des lecteurs de Pelletier s'amuse même à  nous faire un petit coucou. Signe particulier de ce visiteur: il mâche des chewingums à la cannelle. Mais où peut-on en trouver ? !

26/01/2007

Laissez infuser

Avec un auteur que l'on découvre, la tentation est grande de se raccrocher à des figures connues. Quand j'ai commencé ma lecture des nouvelles composant le recueil comme tous les après-midis de Zoya Pirzad, c'est le nom de Colette qui m'est aussitôt venu à l'esprit. La nature est en effet très présente dans ces textes, parfois très courts ,mettant en scène des femmes iraniennes dans leur quotidien. 9782843043918
Mais j'ai dû réviser mon jugement car plus que la nature c'est le rapport au temps qui court en filigrane tout le long de ses 18 nouvelles dépaysantes et en même temps universelles. Ces portraits de femmes, ce pourrait être nous, nos amies, nos voisines...
Pas de nouvelles à chutes, l'auteure évite ainsi le piège de la mécanique trop bien huilée, ce sont de petits faits, qui basculent parfois à la limite du fantastique, des faits anodins mais qui minent de rien frappent nos esprits tant le style de l'auteur infuse en nous.
j'ai d'abord eu l'impression d'être traversée par ces nouvelles mais elles sont en fait restées longtemps en moi...
La critique de Clarabel.