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08/02/2015

Lulu paie son coup

"Putain...J'ai même pas eu le temps de penser à ma retraite que j'ai déjà pas de travail !"

Lulu se moque comme de son premier ballon de rouge de la branchitude, elle trimballe sa dégaine de fille à la Kiraz ,fauchée, au chômage, célibataire ,qui vit encore chez ses parents de terrasse de café en apéro dinatoire.lulu d'ardis
Enfant de la crise, elle déambule en tee-shirt à capuche, les mots "cellulite", "shopping" , "Coachella "(en Californie) lui sont étrangers mais elle porte un regard acéré sur notre époque et sur nos mœurs.
Elle s'y connaît en sport, a un côté plein de gouaille, un peu canaille, qui lui fait conseiller à son ami Carlo, pour le réconforter de sa semaine "difficile": "Si tu veux demain,, on se fait un gros Do Mac bien sale, on va au ciné voir Iron Man 4, tranquille, et on se termine au PMU à s'enquiller  des binouzes !"
Lulu d'Ardis , sur son blog, hébergé par Le Monde (clic) croque aussi l'actualité avec mordant et l'humour noir ne lui est pas étranger (ça fait du bien !).  Si Lulu paie son coup, on aimerait bien être de la partie !
lulu d'ardis

06:00 Publié dans BD, Humour | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : lulu d'ardis

10/12/2014

Fun home / C'est toi ma maman ?

"Sa honte habitait notre maison, aussi invisible et envahissante que le musc aromatique du vieil acajou."

Précisons d'emblée que j'ai lu ces deux romans graphiques dans l'ordre inverse de parution (C'est toi ma maman  ? attend désespérément un billet depuis cet été) et que j'ai acheté Fun Home en poche, qui s'est avéré plus maniable et plus léger dans tous les sens du terme.alison bedchel
Dans chacun de ces volumes l'auteure interroge ses relations à chacun de ses parents , mais si la construction de Fun home est volontairement complexe, la narration en est , paradoxalement, plus fluide. Le "coming out" d' Alison Bechdel précède de peu le suicide ou accident (?) du père, homosexuel honteux et l'auteure dépeint très bien cette enfance si particulière au sein d'une famille d'artistes où règnent les non-dits, le tout dans une bicoque gothique, salon funéraire de surcroît.
J'ai moins apprécié le second volume, placé sous l'égide de Virginia Woolf (il m'a donné envie de relire La promenade au phare) et de la psychanalyse, (le premier faisait référence à l'Ulysse de Joyce) qui m'a semblé plus ardu , voire trop fouillé et au final peu satisfaisant dans l'analyse.alison bedchel


Bilan en demi-teinte donc.

Le billet d'Antigone.

 

26/11/2014

Les vieux fourneaux / 1 Ceux qui restent

"Et tu peux me dire pourquoi tu embarques du pain à une crémation ? Tu veux te faire des tartines grillées ? "

Le décès d'une vieille amie réunit des hommes âgés qui s'étaient perdus de vue. Hauts en couleurs, ces personnages  très bien croqués , n'ont rien perdu de l'allant et de la verve de leur jeunesse. Si les corps ont vieilli, les convictions et les sentiments sont resté aussi vifs et la révélation d'un secret va jeter sur les routes nos papys pour régler quelques comptes...51xpneuKQ4L._AA160_.jpg
L'odyssée de ces "vieux fourneaux" est à la fois pleine d'humour, de charme et de tendresse, sans pour autant tomber dans la mièvrerie. Les convictions politiques sont restées les mêmes, mais empruntent juste des voies différentes pour s'exprimer. Nos papys aiment jouer avec les mots et leurs expressions imagées, parfois prises au pied de la lettre, témoignent de leur esprit vif et acéré. un départ sur els chapeaux de roues ! j'attends avec impatienc ele deuxième volume à la médiathèque !

 

Un concert de louanges un peu partout ! Babelio.

06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (10)

02/10/2014

Hyperbole

"Je ne suis que le vaisseau impuissant d'une identité moindre, que je dois supporter malgré moi. J'ai constamment peur d'elle, et prie pour qu'elle ne m'attaque ni ne m'oblige à commettre des actions dont j'aurais honte."

Quand Cuné m'envoie un mail me recommandant un livre, je fonce ! (surtout quand elle sait trouver les arguments comme celui-ci, imparable: il y a des chiens... :))

Roman  autobio et graphique, Hyperbole, explore de manière imagée, (ah le générateur d'amour propre ! ) à la fois précise et pleine d'humour, les tours et  détours de la personnalité en devenir de son auteure. à noter que le seul personnage dessiné de manière  non totalement figurative est l'auteure elle-même (l'espèce de poisson /grenouille ? cornu dessiné sur la couv' , c'est elle). Et ce choix est volontaire, car elle sait croquer à merveille les attitudes et comportements des chiens, tant par ses dessins que par ses textes (les résultats du test d'intelligence de son premier chien sont à mourir de rire et l'adoption du second chien est encore plus gratinée ! ).allie brosh,roman graphique
Ce n'est pas juste un "ego trip" de plus, c'est une analyse vivante, pleine d 'humour à laquelle on peut pleinement s'identifier. Les mensonges qu'on se fait à soi même, nos tergiversation, notre tendance à procrastiner (remette toujours au lendemain ), tout ceci nous est familier, mais , éclairé par l'auteure, prend une coloration nettement plus sympathique.
Un livre qui m'a fait glousser toute seule à de nombreuses reprises (bon, j'avoue avoir dévoré en premier les chapitres consacrés aux chiens, facile à repérer les chapitres car tous sont colorés jusque sur la tranche d'une couleur différente). Je l'ai dévoré d'une traite et il est constellé de marque-pages !

Un livre tonique et hautement réjouissant ! merci Cuné !

Pour celui ou celle qui aime "fouiner dans les circonvolutions  profondes de [son] cerveau comme un intrépide idiot"

Hyperbole, Allie Brosh, les Arènes 2014.

Jérôme a aussi aimé !

11/06/2014

La tête en l'air

"Nous les vieux, nous contentons de si peu."

 La tête en l'air dépeint le quotidien d'une résidence pour personnes âgées où Ernest, ancien directeur de banque atteint de la maladie d’Alzheimer, va progressivement trouver sa place, se faire des amis et tenter de lutter contre la maladie.paco roca, jirô Taniguchi, alzheimer
C'est plein d'humour, de bonhomie souriante, d'empathie et d’humanisme. Paco Roca tire parti de toutes les possibilités de la BD pour décrire,sans pathos ,mais de manière à la fois réaliste et poétique les différentes réalités dans lesquelles évoluent ces personnages. Une grosse surprise aux pages 98 -99 et une préface juste parfaite de Jirô Taniguchi complètent  de manière idéale cette BD.

Adapté en film d'animation La tête en l'air collectionne les prix.

Déniché à la médiathèque.

Paru précédemment sous le titre de Rides

 Paco Roca ,Éditions Delcourt 2012.

23/05/2014

Literary life

"Reste , Charlotte ! ...Tu ne peux pas me laisser tomber maintenant, je n'ai pas terminé mon roman-j'ai besoin de ton malheur !"

Parues chaque samedi dans The Guardian rewiew, Literary Life (mais pourquoi diable avoir gardé le titre en VO ?), ces chroniques ont comme sujet imposé la vie des lettres. Sujet que connaît bien Posy Simmonds puisqu’elle l'avait déjà abordée, sous des angles différents avec Gemma Bovery (bientôt au cinéma avec Gemma Arterton et Fabrice Luchini) et Tamara Drewe (porté à l'écran par Stephen Frears).
Petites librairies indépendantes, supermarchés du livre, rivalités entre auteurs, ateliers de creative writing, autant de figures imposées dont Posy Simmonds se tire avec brio. On appréciera aussi son art de la satire avec le duo Dr Derek/ Nurse Tozer, graphisme tout droit sorti des sixties, qui soigne avec abnégation les affres des créateurs (le syndrome du deuxième roman) ou débusquent sans pitié les cas de posy simmondsplagiat"Hoquetmingway" ou "toux rgueniev"!
Traquant les petitesses et les faiblesses des écrivains sans méchanceté, Posy Simmonds souligne aussi les a priori concernant les auteurs jeunesse ou montre  la "torture" que peuvent être les interventions dans les classes ou les séances de dédicaces sans lecteurs... C'est dessiné avec tendresse et empathie, et ça se lit tout seul ! Une BD à savourer à petites gorgées pour mieux l'apprécier.

Literay Life, scènes de la vie littéraire, Posy Simmonds, traduit de l'anglais par Lili Sztajn & Corinne Julve, Denoël 2014.

06:00 Publié dans BD, Humour | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : posy simmonds

13/05/2014

Tout se mérite

"-Non, ça ne va pas en "métaux". D'abord voutchfaut contacter le fabricant pour savoir si l'alliage utilisé contient moins de 3,5% de tungstène et puis le revendeur pour qu'il confirme que la vente est postérieure à mars 2003. Et ensuite revenir ici avec un certificat complet, daté et visé par la préfecture. Pour commencer."

Voilà pour le passage à la déchetterie ! Tout se mérite , affirme Voutch sur la couverture de cet opus où un couple sourit, façon puzzle.
Et de passer en revue les applications de portable, le "coming out" sauvage en deux minutes top chrono, sur arrière plan de réception à la campagne, le cynisme et la bêtise des banquiers exposés crûment, les thérapies, les implants capillaires, le refus d'être un objet sexuel, l'art de présenter la tromperie et les enfants hors-mariage comme " contribution personnelle à la biodiversité", bref un joyeux panel de nos obsessions contemporaines !
Quant aux dessins, ils sont toujours aussi précis dans les détails, aussi beaux à regarder et le contraste entre l'harmonie du décor et l’aspect corseté des personnages toujours aussi efficace ! Éclats de rires garantis !

 

Déniché à la médiathèque !

06:00 Publié dans BD, Humour | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : voutch

01/05/2014

Le bleu est une couleur chaude (chapitres 1&2)

"Pour Emma, sa sexualité est un lien vers les autres. Un lien social et politique. pour moi, c'est la chose la plus intime qui soit."

Ayant amassé une brassée de prix, librement adapté au cinéma (Palme d'or à Cannes), La vie d'Adèle a été encensée par la critique et lue par toute la blogosphère.
J'ai laissé reposer tous ces discours élogieux pour aborder l'esprit libre cette BD. Et là ce fut le coup de cœur !julie maroh
Une tragédie annoncée d'emblée, une histoire d'amour compliquée entre deux très jeunes filles issues de milieux sociaux différents qui évolue au fil du temps. Un côté à la fois naïf, fleur bleue, sensuel tout à la fois et en même temps des sentiments très finement analysés ne pouvaient que me plaire. Que l'histoire se déroule à Lille ajoutait un plus, bien évidemment !
Quant aux dessins et aux couleurs sourdes, ils créent une atmosphère particulière et envoûtante., Une BD dévorée d'une traite !

08:30 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : julie maroh

30/11/2013

Chroniques birmanes

"Tout reste très calme ici, grâce à ce régime qui paralyse les volontés en instillant une peur au quotidien."

Même si comme moi l'association B D et "birmanes" ne vous tente guère (trop lourd, trop plombant), faites fi de vos a priori et lisez Chroniques birmanes du québécois Guy Delisle. guy delisle
Sa femme , travaillant pour Médecin sans Frontières, le dessinateur et le petit Louis, l'accompagnent en mission en Birmanie.Là, seul père au foyer, l'auteur fait figure d'exception , d'autant qu'il a un peu de mal à convaincre ses interlocuteurs que la BD n'est pas pour lui un passe-temps mais un vrai métier. La petite famille trouve peu à peu ses marques et nous suivons Guy Delisle dans un univers parfois absurde (comme dans beaucoup de dictatures) et déroutant (les gens portent leur parapluie (fermé s'entend) accroché au col de leur chemise.
Didactique mais jamais ennuyeux, un récit attachant où j'ai retrouvé beaucoup de ma réalité d'expat' il y a ...un bail !

Déniché à la médiathèque.

je dois être la dernière à l'avoir lu !:)

06:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : guy delisle

19/11/2013

Astérix chez les Pictes

""Bonheur et vacances" ! ça c'est un chouette mot d'ordre, hein ? Moi, j'aime bien ce mot d'ordre, pas vous ? "

Dûment adoubés par Anne Goscinny et Albert Uderzo, les nouveaux auteurs aux manettes de cet Astérix ont pleinement rempli leur contrat. On retrouve en effet tous les ingrédients , parfois un peu édulcorés, il est vrai ,de ce qui a fait le succès de nos amis gaulois: les inévitables jeux de mots(ici à base de "mac", écossais oblige), les caricatures de célébrités (Johnny Hallyday, Vincent Cassel), de discrètes allusions à l'actualité, un choc des cultures, un humour bon enfant et une intrigue qui tient à peu près la route.jean-yves ferri,didier conrad
Rien de neuf donc, mais un ensemble plaisant et confortable à lire avant de le déposer au pied du sapin.