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11/04/2016

Ma fugue chez moi

"La distance et le silence permettent d'oublier plus facilement, de ne pas se soucier de ceux qu'on laisse derrière nous."

Trahie par celle qu'elle croyait être sa meilleure amie, se sentant incomprise par son père qui croit qu'elle est assez forte pour affronter cette situation, Anouk , 14 ans, décide de fuguer.
Mais, ayant le sens des réalités,  l'action se déroule quelques jours avant Noël, elle se réfugie dans le grenier au dessus de sa chambre,  tandis que sa famille s'inquiète et la recherche partout.
Une situation inédite, la fugue chez soi, en apparence plus confortable, va se révéler en fait plus perturbante pour Anouk et simultanément plus enrichissante.coline pierré
En effet, elle investit, sur le modèle de Robinson Crusoé (un des romans qu'elle a emportés )- mais de manière plus écolo !- un lieu en devenir, voué à la transformation en chambre d'amis mais rassemblant aussi les témoignages du passé. Un lieu hybride  qui "sent la peinture fraîche et le moisi, le neuf et le vieux. Drôle d'impression." Un lieu d'une certaine façon à l’image de l'adolescence.  Un endroit qui occupe aussi une position stratégique car les tuyaux du chauffage, "comme un immense système sanguin " ,conduisent le son et permettent à l'adolescente d'entendre les paroles de son père, de sa sœur cadette. Elle est ainsi témoin de leur souffrance et entend,lors d'une réunion collégiale, le portrait à 360° que trace "ceux qui se soucient" d'elle. Pas toujours confortable mais c'est aussi l'occasion de réaliser qu'ils la connaissent mieux qu'elle ne le pensait.
Anouk constatera donc à la fin du texte : "J'ai l'impression d'avoir fugué à l'intérieur de moi.", un voyage intérieur ,enrichissant tant au point de vue personnel que familial.
En 116 pages sensibles et poétiques, Coline Pierré brosse le portrait d'une adolescente attachante dont le mal être traduit celui d'une famille au fonctionnement pour le moins particulier. Sans manichéisme, mais avec beaucoup de tendresse, elle laisse entendre la voix de chacun pour que l’harmonie soit rétablie à la toute fin du roman. Un gros coup de cœur !
La découverte d'une auteure que j'ai bien l'intention de suivre !

Ma fugue chez moi, Coline Pierré, Éditions du Rouergue 2016.

 Le billet du petit carré jaune qui m'a donné une furieuse envie de lire ce roman !

13/01/2016

Le festin de Citronnette

"Ils ne se parlent pas, mais chacun donne ses petits bruits."

"Citronnette ne s'aventure pas souvent au fond de son jardin sauvage. Mais ce matin, elle y a vu des ombres."

Récit d'un apprivoisement réciproque, d'une découverte progressive de l'autre, aussi étrange et indéterminé soit-il, le festin de Citronnette est aussi le récit d'une libération du corps. En effet, l’héroïne, toute engoncée dans ses vêtements et portant un chignon à la fois sévère et vieillot, se libère progressivement au fil des dessins acidulés de Delphine Renon.angélique villeneuve,delphine renon
Sans un dialogue, ce message d'ouverture et de tolérance passe merveilleusement bien et l'on déguste ce festin de Citronnette plein de fraîcheur et d'optimisme !

Un grand merci à Angélique Villeneuve pour ce magnifique cadeau et la si gentille dédicace !

Éditions  Sarbacane 2016.

30/11/2015

Eux, c'est nous

"Et ce sont eux, tous ces réfugiés  du vingtième siècle daniel pennca,sege bloch,jessie maagana,carole saturno, jugés chaque fois trop nombreux, , qui font, avec nous, la France d'aujourd'hui."

Daniel Pennac(chioni), dans un très court texte intitulé "l’instinct, le cœur et la raison" illustré par Serge Bloch, analyse d'abord l'effet que les médias produisent en nous présentant des images de foules de réfugiés, images renforcées par des mots insistant sur le déferlement et partant, la menace. L'individu souffrant est donc nié, noyé dans la masse.
Daniel Pennac qui s'étonne (et nous étonne par la même occasion, on ne voit pas le temps passer) en constatant qu'il est devenu septuagénaire, en profite pour égrener tous les réfugiés qui, depuis le début du vingtième siècle sont venus enrichir la population française.
Population qui, comme le rappellent Jessie Magana et Carole Saturno en  huit notions, à partir des huit lettres du mot "réfugié" , a tout à gagner à cet apport représentant depuis 2004, 200 000 personnes , soit 0,3 % de la population française.
Didactique, clair et pas que pour les enfants, Eux, c'est nous, est édité par une pléthore d'éditeurs jeunesse et tous les revenus issus de la vente de cet ouvrage seront entièrement reversés à la Cimade, association de solidarité active avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile.

 

3 euros bien employés donc.

16/11/2015

Blood family

"Même si vos soucis sont différents, les livres vous montrent au moins que vous n'êtes pas seuls à vous en faire. Vous n'avez plus besoin d'avoir peur que ce soit anormal."

 

Jusqu'à l’âge de sept ans, Edward a vécu avec sa mère sous l'emprise d'un tyran domestique, malfaisant et violent. Blood family relate sous forme de récit choral, l'évolution jusqu'à l'adolescence de cet enfant,  qui a su trouver des repères grâce à des cassettes vidéo éducatives et, plus tard , grâce aux livres("J'avais l'impression que chacun d'eux me donnait des clés pour devenir normal ").anne fine
Adopté, Edward connaîtra pourtant bien des vicissitudes  tant pour comprendre l’attitude passive de sa mère que pour se défaire d'encombrants liens du sang qui semblent l'entraîner inexorablement du mauvais côté.
Anne Fine, avec beaucoup d'empathie et de pédagogie, nous fait entrer dans l'intimité de cet enfant blessé psychiquement et trouve un parfait équilibre entre la volonté de ne rien éluder: les sentiments parfois ambivalents des parents adoptifs, les pensées perturbées de son héros,ses échecs ,ses addictions, sans pour autant tomber dans le misérabilisme ou la guimauve.
Une expérience passionnante et un roman de 341 pages qui se dévore d'une traite.

Blood Family, Anne Fine, traduit de l'anglais par Dominique Kugler, école des loisirs 2015, medium (à partir de 12 ans)

06:00 Publié dans Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : anne fine

10/10/2015

Le grand & le petit

"Et leur rire fait fuir les bêtes de la nuit."

Sont-ils frères ou amis ? L'ambiguïté est maintenue et c'est très bien car ainsi chaque lecteur pourra s'identifier à ces personnages, l'un  GRAND, l'autre petit qui sont chacun persuadé que l'autre est le préféré, justement grâce à sa taille (ou son rang d'âge).
L'esprit de compétition fait son apparition, l'exaspération monte, et le grand finit par partir dans la nature pour éviter tout débordement de sa force.
Mais très vite, chacun d'eux va se rendre compte  que "C'est moins bien sans lui."et qu'il vaut mieux s'unir pour affronter l'obscurité.catherine leblanc,jean-françois martin
Avec des phrases en apparence simples, Catherine Leblanc nous fait partager une situation qui parlera à beaucoup d’enfants et explore ,avec délicatesse et justesse, les pensées intimes de ces personnages.
Quant aux dessins, ils jouent sur l'ombre et la lumière mais révèlent, quand on les regarde plus attentivement, une foule de détails délicats et poétiques.La typographie souligne aussi avec élégance l’opposition entre les personnages
Un ouvrage aussi agréable à lire qu'à regarder et qui, mine de rien, est tout à la fois poétique et utile. Une belle réussite !

 

Le grand & le petit, catherien Leblanc, Jean-François Martin, le Seuil 2015.

Merci à catherine Leblanc

17/09/2015

Ma mère, le crabe et moi

"Depuis la maladie de maman, je n'avais plus peur de me faire mal."

La mère tient un blog où elle dépeint une vie quasi idyllique, remplie de lectures et de petits plats,mitonnés avec amour pour une famille parfaite. La réalité est toute autre: elle est divorcée et vit seule avec sa fille, Tania, quatorze ans ,férue de "trucs un peu glauques, un peu sombres, voire carrément gothiques", Tania qui rue un peu dans les brancards face à cet enjolivement maternel de la réalité. Rien que de très normal donc.anne percin,cancer du sein
La  découverte du cancer du sein de la mère va changer la donne et transformer radicalement les deux femmes et les relations qu’elles entretiennent.
Tania, adolescente pleine d'humour, parfois vachard,n'hésite pas à tarabuster sa "mammouthe" et par là même à lui insuffler de l'énergie pour se battre contre la maladie. La solidarité qui s'instaure entre mère et fille e n'est pas dépeinte dans un but d'édification des masses ou de vidages de boîtes de mouchoirs en papier. Tania ne devient pas une adulte en miniature mais demeure bien une adolescente avec les réactions parfois excessives et les soucis de son âge: échapper au cours de sports, aux regards inquisiteurs des autres, mais aussi à cette fichue habitude de rougir quand Zlatan "le balourd des Balkans, alias le Yéti soviétique, alias La Patate qui venait du froid" lui adresse la parole...Et c'est ce qui fait toute la force de ce roman plein de vie, d'énergie et d'humour mais, qui ne nous voilons pas la face, m'a parfois mis les larmes aux yeux. Une description sensible et pleine de justesse .

Le joli marque-pages accompagnant ce roman rappelle qu'il est partenaire de la campagne officielle de sensibilisation de l'association " le cancer du sein Parlons en ! "dont acte.

Ma mère, le crabe et moi, Anne Percin, le Rouergue 2015, 127 pages juste parfaites.

Et zou, sur l'étagère des indispensables !

14/05/2014

Mon père ce héron

"Moi, mon père, il travaille à la télé...c'est lui qui présente la météo en haut d'une échelle !"

La surenchère règne dans la mare chez les petites grenouilles: "Moi, mon père...", "Moi mon père" jusqu'à ce que  l'une d'entre elles, emportée par son élan, lâche "Moi , mon père...c'est un héron !". Or, "Tout le monde sait que les hérons mangent les grenouilles" Et, justement, voilà un héron qui fait irruption...jul
Rebondissements en cascade jusqu'à la toute dernière page (les hérons ne sont pas épargnés par la vantardise), références culturelles à la nouvelle star ou à Karl Lagerfeld, sans compter celles plus littéraires à Victor Hugo ("Mon père ce héros au sourire si doux"), voire politique avec l'anaphore présidentielle ("Moi, président de la république"), sans oublier l'humour malicieux des dessins de Jul, cet album présente plusieurs niveaux de lecture pour plaire aux petits (5 ans et plus) et aux grands ! Un pur régal !

Mon père ce héron, Jul, Rue de Sèvres 2014, pour enfants de 5 ans et plus.

06:00 Publié dans Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : jul

26/02/2014

Le chat assassin s'en va

"Rentre vite à la maison que je puisse t'étrangler"

Se sentant trahi par Ellie, sa petite maîtresse, Tuffy, alias le chat assassin, décide théâtralement de quitter son foyer. à lui l'aventure ! Mais Tuffy aime son petit confort et n'est pas du tout prêt à se nourrir d'un oisillon qu'il n'a même pas tué:" "Ne sois pas si douillet! C'est de la viande.  Toute fraîche. c'est bon et traditionnel. Et tu as vraiment faim."
Hélas ! Mes amis, je suis encore loin d'avoir assez faim""anne fine
Il lui faudra donc se faire adopter et là les ennuis commencent, pour le plus grand plaisir des lecteurs grands ou petits ! Quel plaisir de retrouver Tuffy le roi de la mauvaise foi et toute sa petite famille ! Les dessins  pleins de malice de Véronique Deiss accentuent encore l'humour des aventures de notre chat préféré ! Un petite plaisir à (s) offrir sans faute !

 

Le chat assassin s'en va, Anne Fine, traduit de l’anglais par  Véronique Haïtse, École des loisirs 2014, pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls.126 pages et un final haut en couleurs !

06:00 Publié dans Humour, Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : anne fine

13/12/2013

Une preuve d'amour

"Entre Abdou et moi, il y a Cosette. Elle nous tient chacun une main.Elle nous lie l'un à l'autre."

Fantine, abandonnant Cosette est-elle une mauvaise mère ou bien cet acte est-il Une preuve d'amour ? La question est posée aux élèves qui étudient en lecture suivie Les Misérables. Les opinions sont tranchées , mais tout à coup, Abdou quitte la classe. Sonia a bien vu les larmes qui brillaient dans les yeux de son camarade et elle a aussi deviné, au moins en partie, les liens existant entre le roman de Victor Hugo, Abdou et elle-même.valentine goby,les misérables
En 87 pages, Valentine Goby réussit un petit miracle:  elle traite un thème d'actualité (les  jeunes migrants) avec sensibilité et sans vouloir faire pleurer Margot, redonne un coup de jeune au roman de Victor Hugo (et montre au passage que les thèmes qui y sont abordés sont toujours d'actualité), évoquerde manière subtile le monde de l'adolescence et les parents solo. Le tout en balayant d'un revers de la main les clichés attachés à la région Nord-pas de Calais . En effet,  l'action se déroule à Berck, Berck dont elle dépeint les ciels et la plage avec des yeux qui sont tout sauf "égoïstes" ! Un roman qu'on dévore d'une traite et qu'on a envie de partager avec tous ses amis, quel que soit leur âge ! Un grand coup de cœur !

Une preuve d'amour, Valentine Goby, Thierry Magnier 2013.

Le billet de Noukette , celui d'Antigone et de Lucie

Du même auteur: clic !



25/10/2013

Roulez jeunesse

"Bingo. Voilà qui va raviver les couleurs de ma journée."

 Ils "litote[nt]à leur[s] heure[s]",surtout quand ils s'adressent à leurs parents,  mais des paroles s'échappent :"Au secours. Mon corps s'échappe et je ne peux rien retenir.", "La plage naturiste, c'est la mort.",débordés qu'ils sont par les changements physiques de l'adolescence et par un trop plein d'émotions.luc tartar
Séquences courtes, voire très courtes, pouvant indifféremment être jouées par "Filles et garçons, en alternance ou en même temps", il s'en dégage une grande proximité et une grande tendresse. Petites et grandes hontes, sentiments exacerbés ,attachement à des détails du corps de l'autre ne sont jamais tournés en dérision et se plonger dans ces textes c'est regarder  ensuite d'un œil neuf tous les ados qui gravitent autour de nous. Un petit délice, même à la lecture , que j'ai hâte de découvrir mis en scène !

Roulez jeunesse !, Luc Tartar, Lansman éditeur, 2012, 43 pages sensibles .

Déniché à la médiathèque.

06:00 Publié dans Jeunesse, théâtre | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : luc tartar