Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/05/2008

"Par -delà le bien et le mal , il y a une prairie où je t'attends" dit le poète persan.

Après Stratégies de la framboise, dont j'avais fait mon miel en 2003, Dominique Louise Pélegrin nous propose Ciel ! ma prairie, aventures paysagères.
En 12 chapitres aux titres  plein d'humour ("Comment devenir une prairie en six leçons", "la prairie en tapis  volant"...) et un "pré en bulle", l'auteure  nous entraîne à la fois dans une rêverie et une exploration de la prairie.
"Ce livre n'a pas pour objet de parler du bon vieux temps, des vaches au pré ou des rêves écolos en ville...Il propose au lecteur de s'installer dans une prairie imaginaire, lieu idéal pour réfléchir."
Et des réflexions, ce livre en est plein. Il fourmille d'informations sur les mots,( saviez-vous que le préau des écoles signifie "petit pré enclos" ?). Elle nous rappelle au passage que "les premières académies,les premiers lycées se tenaient en plein air."IMG_0906
On y croise un massacre à la  tronçonneuse  pas si cruel que ça, des agriculteurs qui ont fait le  pari  de  "travailler moins pour gagner plus", un petit glossaire (en partie imaginaire )des prairies, une libraire, un éditeur....On y apprend que  "La toute bête prairie , avec ses troupeaux dessus, reste la meilleure technique d'entretien  du territoire, et certainement la moins coûteuse" alors qu'elle est en voie  de disparition ...
Bref, l'auteure tire un coin de la prairie et c'est tout le fonctionnement de l'agriculture mais aussi  de la société qui se détricote devant nos yeux.Mais il ne faut  pourtant pas oublier que "l'herbe, les mots et l'amour sont liés dès l'origine", c'est pourquoi Dominique Louise Pélegrin fait à la fois oeuvre utile en nous informant mais aussi en nous incitant à la  rêverie et à la poésie.
A lire dans une prairie, réelle ou imaginaire, les pieds  nus pour mieux profiter de toutes les  sensations qui s'offrent à nous...

Ps : Je viens de découvrir que l'auteure avait aussi écrit un roman "Le crocodile rouillé" (que j'avais déjà  noté sur ma LAL, je  surligne donc!:))


18/03/2008

"La femme au loup les pieds dans le four"

La consolante aurait pu être le surnom d'une femme ou d'une maison. C'est celui d'une partie de boules et surtout le  nom du dernier roman en date d'Anna Gavalda, qui au grand désespoir des critiques intello , caracole  déjà en tête des listes de vente. 418ErHdOTxL
Certes, il faut un temps d'adaptation à ce style tout grêlé de points de suspension, mais  le personnage de Charles, "un homme encombré,  chargé, loaded en anagalis, comme leurs dés. Quand ils  sont pipés" est si attachant qu'on le suit volontiers dans son effritement et sa rédemption. L'histoire  ,c'est vrai , met un peu  de temps à démarrer mais bon, on accompagne volontiers Charles dans ses pérégrinations ubuesques en Russie  ou parmi les siens (le dîner de  famille  du début est une pure merveille,  tout le monde en prend gentiment pour son grade, en particulier un specimen de beau-frère que chacun possède, j'en suis sûre! ).
L'atmosphère est plus noire, la vie plus dure mais on sent bien que la préférence de l'auteure va à ses gens que la vie a roué de coups et qui parfois n'en peuvent plus... Comme  Anouk, celle qui  vient de disparaître.
Gavalda croque avec un plaisir évident  ses personnages,  fustigeant au passage autant les clichés bobos en matière d'architecture , "un architecte d'intérieur, concepteur d'espace, créateur de  volume, passeur de  lumière et autres trouducuteries." que le mauvais goût de  "la poubelle de table assortie à la nappe et la bobonne assortie à la  poubelle de table" de la classe moyenne. Mais c'est avec les personnages de Kate ,des enfants pleins  de  vie qui l'entourent , voire des animaux qui gravitent autour d'elle  que l'on sent  que Gavalda  s'est régalée.  Quelqu'un qui  est capable d'écrire que la  cusinière Aga est "Une  espèce  de bonne grand-mère, chaude, gentille, présente" ou qu'un chien "quand j'avais le blues, se forçait à faire  une connerie pour me changer les  idée...Une petite poule en passant, un ballon, la jambe du facteur, le super rosbif du dimanche...Oh oui! Il  s'en est donné du mal pour que je relève la tête! Voilà pourquoi je ...Je le porterai jusqu'au bout...",  quelqu'un capable de nous dire que le monde  est plein d'histoires et que personne ne veut les écouter, alors là , je la lis avec enthousiasme , le sourire aux lèvres, j'adhère à ses énumérations ,à ses interventions de l'auteur, à son humanité.

Un vrai, grand et beau coup de coeur ! merci Cuné !

L'avis de Bellesahi

14/01/2008

Petit bréviaire amoureux

Attention, "...ce bouquin n'est pas à mettre dans toutes les mains", prévient l'auteure."Il sent la  vache". Il  contient" Une histoire par jour, pour célébrer la  vache. Une histoire d'amour.",deshistoires recueillies auprès de gens très différents,par leur milieu social, leur âge mais qui sont tous Fous de vaches.51kUUJdHDXL
Mary-Gérard Vaude a su les écouter et retranscrire avec beaucoup de charme ces  témoignages illustrés par de sublimes photos de Jérôme Chabanne, Frédéric Decante, Philippe Deschamps,Jean-Baptiste Laissard, Jean-Marie Lecomte,  Yves Régaldi,  Pierre Soissons, Maurice Subervie,  Frantisek Zvardon. Je les  cite tous car c'est vraiment la  première fois que je trouve un livre où  TOUTES les photos de mes amies les vaches sont drôles,  poétiques, insolites (on y voit un taureau prendre une posture de yoga, si, si , je vous assure) et où l'on sent  vraiment une réelle empathie avec l'animal photographié. Vous avez la  chance que je ne puisse pas vous enquiquiner en vous tirant par la manche pour vous montrer celle-ci et puis celle-là et puis regarde celle-ci avec le gros plan sur les poils et le givre ...A force ça lasse, je comprends et j'essaie de me  réfréner ou de trouver de nouvelles victimes...
Quant aux textes , savoureux et pas du tout dégoulinants de mièvrerie, ils mettent autant en valeur les animaux que ceux qui en parlent. On y croise Monique, bibiothécaire, tout droit échappée d'un roman de Katarina Mazetti,  qui a rencontré son amoureux au salon de l'Agriculture et qui a reçu Jolie, croisée Blonde D'Aquitaine-charolais en cadeau d'anniversaire ( Non, non,sans façon, merci, en ce qui me  concerne, j'ai pas la place), Laurent Avon, chargé de la conservation des races et qui  est l'auteur , bien involontaire, de la devinette, posée samedi, Marion, lycéenne, qui constate : "Les vaches , c'est comme les filles, ça  se promène avec une copine."...et tant d'autres qui tentent de faire survivre la diversité des races qui tend à disparaître à cause de la Holstein noire et blanche pour qui je n'ai guère de sympathie,je l'avoue, même me s'il elle n'y est pour rien, la pauvre.
Bref, de quoi faire réapparaître le sourire les jours de morosité pour les amoureux des vaches ...et les autres !
Un livre qui vous fera regarder les  vaches d'une autre façon quand vous les croiserez !

04/01/2008

"et je décolle...et je vole"

"Amour", "aimer" sont sans doute les mots qui reviennent le plus souvent sous la plume de Clémentine Célarié.  Encore une comédienne qui se mêle d'écrire diront certains. Hé oui et Clémentine n'en est pas à son coup  d'essai puisqu'elle a déjà écrit les textes de son spectacle "Madame sans chaînes" dont elle nous livre d'ailleurs trois textes.51bucnhQiiL
Ni roman, ni autobiographie, Mes ailes est un joyeux bazar qui se donne des airs bien organisé :  37 chapitres et leurs titres mais ça part dans tous les sens, c'est plein d'humour et de tendresse, de joies, de peines,de conseils pour aller mieux , le tout dédié à "tous les  êtres  qui s'appliquent à êtres humains", ce qui n'est pas facile tous les jours vous en conviendrez.
Dessins, écriture à la main agrémentent ces textes pleins de fantaisie, chaleureux comme  leure auteure,une femme que l'on imaginait pas si solitaire, qui se définit avant tout comme une mère et dont les trois enfants sont plus des frères qu'autre chose.
Clémentine a mis du temps à comprendre que tout le monde n'avait pas cette générosité dont elle fait preuve  cet immense  besoin de donner de l'amour. Elle nous révèle (un peu) ses failles  et beaucoup ses convictions : prêter attention à ce que disent les enfants,  l'importance qu'elle accorde  au fait de parler et encore parler...Elle est bien consciente de la chance qu'elle a de recevoir tant d 'amour du public dans les sourires qui lui sont adressés un peu partout, dans le rue,au supermarché. elle nous fait partager ses émotions, et on ne peut que les partager avec elle. Le début du livre  est parfois brouillon, on sent que l'auteure veut nous livrer toutes ses idées, ça bouillonne, ça fuse, c'est plein d'énergie. Tout s'apaise à la fin et Clémentine Célarié nous brosse un portrait tout en douceur etdélicatesse du bonheur retrouvé.
D'aucuns trouveront sûrement ce texte parfois naïf, il n'est pas bien vu de ne pas être ronchon, mais on s'en fiche, on a le sourire en refermant ce livre.
Mes ailes n'est sûrement pas un grand texte littérature , et d'ailleurs ne se donne pas pour tel mais, en le lisant, on entend son auteure parler à chacun de nous comme s'il était unique c'est un formidable cadeau que Clémentine nous livre là et on ne peut que l'en remercier.

09/12/2007

Princesse ou pas princesse ?

Je me creusais la cervelle pour répondre à l'invitation de Beatrix : parler des princesses qui avait marquée mon enfance ou mon présent.21FW0YEJ3PL
Fifi Brindacier, Fantômette, Electre,  Antigone ,Athéna ne répondaient pas à ces critères et j'allais jeter l'éponge quand j'ai pensé à celle que j'avais découverte à l'âge adulte et qui dépoussiérait une bonne fois pour toutes l'image que je me faisais des princesses (je ne suis pas très girlie, vous l'aurez compris):
La  princesse  Finemouche !
Une princesse selon mon coeur qui envoie paître les prétendants par une série d'épreuves classiques en apparence par le texte mais auxquelles les illustrations donnent toute leur saveur. En effet "les  petits chéris" de  la princesse sont d'horribles monstres géants et le reste est à l'avenant.21KGYRHZ79L
Babette Cole retourne comme un gant le cliché du baiser au crapaud et la conclusion plaît à la féminste (même mariée et mère de famille) que je suis : ""Quand ils apprirent ce qui était arrivé à leurs copains, lesautres princes n'eurent plus du tout envie d'épouser la  princesse Finemouche...
qui fut très heureuse et vécut très longtemps."
Comme quoi les femmes ne doivent pas tout attendre du prince charmant !51EC9F6EQ5L

13/11/2007

"le temps ne fait rien à l'affaire"A voir ...

Eliane Girard, dans son petit manuel , Comment être  vieux et pas con à la fois, commence par citer Benoîte Groult :"La vieillesse est si longue qu'il ne faut pas commencer trop tôt".
Certes et dans notre pays vieillissant où  les seniors seront de plus en plus nombreux,ce  livre sera fort utile quand nous aurons atteint la cinquantaine.9782351640227
Conseils vestimentaires mais aussi expressions à éviter (préférer  "j'ai beaucoup mieux à faire" à "Ce n'est plus de mon âge") et surtout conseils destinés aux seniors encore dans le monde du travail pour ne pas avoir l'air d'un vieil aigri...
L'auteure ne ménage pourtant pas les anciens  et les incite à davantage de souplesse, leur glissant au passage quelques astuces pour supporter les déjeuners tardifs ches les plus jeunes (un en-cas avant de partir)*et autres situations de la vie quotidienne.
A offrir ou à s'offrir en prévention !

* J'en connais qui utilisent déjà cette astuce mais le font remarquer ostensiblement...

11/11/2007

Petit bonheur

Je l'ai offert à tour de bras (en oubliant à qui, n'est-ce pas Cath ! :)), sans jamais prendre plus que le temps  de le feuilleter...9782013929219
Alors quand vendredi midi j'ai vu qu'il venait de sortir en édtion "de poche", dans la  série  "Les petits bonheurs" à un prix très raisonnable, j'ai craqué sur Princesses oubliées ou méconnues, les  textes tout en finesse  de  Philippe Lechermeier et les illustrations oniriques de  Rébecca Dautremer dont Bellesahi (qui est une fan) m'avait déjà  envoyé une carte, celle de la princesse  Poupoupidou.
De quoi oublier le vent  et le froid , en se plongeant dans la baignoire emplie de fleurs rouges de la princesse Capriciosa ou en discutant lecture avec la princesse Esperluette...

02/11/2007

Jour des défunts

En ce jour spécial, un classique de la littérature pour aborder plus sereinement le thème de la mort avec les enfants :"Au revoir, Blaireau".51MY99MJJ2L
Avez-vous d'autres titres à  proposer ?

28/08/2007

Affûtez vos dictionnaires !

Tel est le conseil du professeur Rollin (François de son prénom) dans Les grands mots du professeur Rollin.
Fondateur du Centre de Sauvetage des Mots en voie de Disparition (ne pas confondre avec le CECAMPI, Centre Européen de  Conservation et d'Assistance aux Mots Passablement Inutiles, vous le vexeriez!), où les mots sont conservés à la température idéale de 12 °C. Même si le personnel se limite à la personne de son fondateur, celui -ci comptait sur les auditeurs de France Culture et dorénavant sur les lecteurs de cet ouvrage car "Chaque fois que je vous exhorte à  sauver un mot menacé d'extinction , vous l'ajoutez,s'il n'y figurait pas , à votre vocabulaire, et vous le promouvez dans vos biotopes respectifs au prix d'efforts considérables".41E5lDXK3QL
En bon pédagogue, afin de faciliter la compréhension de termes parfois rébarbatifs, le  professeur Rollin nous fait profiter d'une saynète mettant en scène un couple récurrent: Simone et son époux,dont nous découvrirons au fur et à mesure les nombreux amis . ce couple charmant ,jusqu'aux deux tiers de l'ouvrage, a pour coutume ,afin de clore le débat ,de terminer par une formule rituelle "Embrasse-moi",formule qui comporte quelques variantes,dont celle-ci que j'ai testée pour vous : "Embrasse-moi, vieux hérisson !".*
Vous l'aurez compris,il ne s'agit pas  seulement de sauver des mots d'une manière scolaire mais de les mettre en  scène  avec verve  et d'en profiter pour s'amuser avec eux ! les mots deviennent vivants,ils essaient pour certains de  forcer le passage, l'auteur ne nous cache pas ses préférences ou ses rejets, bref on n'est pas  ici pour s'ennuyer car le style est coruscant (brillant,quoi !).
Mission accomplie, cher professeur, je vais sans barguigner** tester certaines formules auprès de mes élèves, et en particulier celle-ci : "Laissez-loi donc cheminer vers l'ataraxie***", ce qui aura au moins le mérite de leur couper le sifflet ou les  incitera à me dénoncer à l'administration sous prétexte que j'aurais pêté un câble...
99 mots à  savourer en attendant la sortie des Belles lettres du professeur Rollin (en octobre).

* L'Homme  et moi aimons les hérissons et n'hésitons d'ailleurs pas à leur faire traverser la route à l'occasion, l'homme ne s'est donc pas vexé et a obtempéré.

**barguigner : marchander, puis par extension,hésiter, mettre du temps à prendre une décision.

***ataraxie: tranquillité de  l'âme.

28/06/2007

"J'ai aperçu la duchesse dans le jardin. Elle a l'air tout à fait normale"

Dans la famille des extravagantes soeurs Mitford,* je demande la dernière en vie: Deborah Devonshire qui nous présente Les  humeurs d'une châtelaine.
Ces chroniques qui parlent de son enfance si  particulière , de sa vie, de ses rencontres,des emballages (on  se croirait dans un sketch de Desproges !) , de la chasse au renard (ou aux enfants), des animaux, des plantes, sont à déguster dans une solitude absolue si vous ne voulez pas passer pour une folle comme moi qui ai hoqueté de rire en dévorant ce  recueil ,hélas trop court .
Avec un humour délicieux, l'auteure nous fait partager sa vie  et ses pensées. Elle élève des poules, les nourrit en robe de soirée et les utilise ,vivantes, en décoration de table. Pendant la 2nde guerre mondiale,  devant quitter la petite île sur laquelle elle habitait, elle part avec chiens, chèvre et bagages,  pour l'Oxfordshire et nous raconte avec le plus grand naturel son épopée en bateau, train et taxi,concluant son Odyssée dans un jardin rempli de roses:"Au bout de deux heures,il n'y avait plus rien à tailler avant très longtemps. Tous les propriétaires de chèvres et de jardins me comprendront".510DxH3vuAL
La duchesse apprécie ceux qui  s'adressent à tous de la même manière,sans faire de distinction sociale, gageons qu'elle fait partie de ceux-là, car elle discute sans chichis avec tous les ouvriers qui restaurent le  Versailles anglais dont elle a hérité mais brocarde les consultants de tout poil.
Pour elle le luxe consiste en "un feu de cheminée, un quart d'hectare et une demi-vache"  et si quelques jours après la  publication d'un billet dont je vous laisse deviner le contenu , elle reçoit un scalpel anonyme par la poste , elle déclare: " avec lui le bonheur est dans la maison".
Saluons au passage la traduction et la  présentation  de Jean-Noël Liaut qui a su nous faire partager toute la sympathie que visiblement Deborah Devonshire lui a inspirée.
Je pourrais multiplier à l'envie les citations mais ce billet fait déjà offense à ma volonté affichée de briéveté, donc précipitez-vous sur ce livre et régalez-vous !

*Du coup, je viens de  commander ceci :515JKRKJ24L