Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/07/2012

Jolie libraire dans la lumière

"La vie l'a rattrapée où elle s'y attendait le moins : dans les livres."

Parce qu'une Jolie libraire dans la lumière de sa boutique attire son regard, Laurent, employé des chemins de fer va entrer pour découvrir le titre du roman qui semble tant absorber la lectrice. Ce qu'il ne sait pas encore c'est que ce roman va bouleverser sa vie et celle de Maryline , la libraire.
En effet, dans cet ouvrage d'un écrivain qui n'a pas droit aux feux de la célébrité, la jeune femme retrouve un épisode décisif de son existence, relaté de manière extrêmement précise. Un épisode qui avait bouleversé sa vie et va la chambouler à nouveau, grâce au pouvoir des mots.
Ce roman de Frank Audriat est un hymne aux livres et à tous ceux qui les aime ( j'y ai recueilli plein de citations (livre tout hérissé de marque-pages bien évidemment) , mais aussi un petit conte de fées plein de tendresse et de douceur, baignant dans la lumière, essentielle dans ce texte. Un texte qui dit l'importance des mots et des petits moments , des éclaircies, où l'on éprouve le besoin de se confier, où l'on établit une complicité fugitive, par l'intermédiaire des mots.41kL7NDv5PL._SL500_AA300_.jpg
La pragmatique en moi regrette une pointe de joliesse dans l'écriture mais l'amoureuse des livres y trouve largement son compte alors précipitez-vous sur cette pépite !

Jolie libraire dans la lumière, Frank Andriat, Desclée de Brouwer 2012, 146 pages délicieuses.

07/06/2012

Désaccords mineurs

"Les attentes des autres, il yjoanna trollope a de quoi vous donner mal à la tête."

Chrissie, mère de trois filles dont la benjamine a dix-huit ans, appartient à "...cette espèce de femmes exaspérantes qui, quand on les interviewait dans leur maison impeccable sur leur aptitude à ne pas devenir folle alors qu'elles géraient l'existence de quatre ou cinq personnes  en plus de la leur et en plus d'un boulot, souriaient avec sérénité et répondaient qu'en réalité, il suffisait de faire des pense-bêtes." Ou plutôt appartenait car le décès de celui qui ne l'a jamais épousée, Richie,  la laisse dans un désarroi total. D'autant plus que, les dispositions de l'héritage font revenir à la surface la première famille de son compagnon, famille qu'elle aurait préféré continuer à ignorer.
Alors que Chrissie et ses deux premières filles restent bloquées sur le drame qui a bouleversé émotionnellement et économiquement leurs vies, Amy , la plus jeune, faisant fi des accusations de déloyauté ,va de l'avant et établit même un lien avec son demi-frère.
Les univers brossés par Joanna Trollope, que ce soit le Londres coquet ou le Newcastle plus rustique, sont tous empreints de ce confort douillet qu'elle sait si bien décrire. On s'y réconforte à grands coups de mugs de thé, on y croise un chat lourd comme "un hippopotame à fourrure", on déjeune dans un restaurant compassé et on se régale de la finesse des notations psychologiques. Seul bémol, les choses s'arrangent un peu trop bien mais c'est la loi de ces bons gros romans réconfortants, n'est-ce pas ?

Désaccords mineurs, (The Other Family), Joanna Trollope, traduit de l'anglais par Johan-Frédérick  Hel Guedj, Editions des deux terres 2012, 332 pages si délicieusement british !

04/05/2012

L'échappée belle...en poche

(La première version de ce texte était paru chez Fr*nce L*isirs , il y a quelques années)

Ce "rab de bonheur" que vont s'octroyer, en se faisant la belle d'un mariage ,une fratrie de frères et soeurs que la vie a quelque peu malmenés, n'a rien perdu de son charme. Si les francs ont cédé la place aux euros, si meetic est apparu dans le monde de la célibattante, rien que de très normal. Mais je n'ai pas supporté le langage que se croit parfois obligée d'employer Gavalda. Et là, je suis allée dénicher la version 2001 où l'on trouve, entre autres, : "Sitôt la guitoune du péage franchie, j'ai enfoncé ma cassette dans l'autoradio", devenu en 2009, "Sitôt la guitoune du péage franchie, j'ai enquillé la zique dans l'autoradio."Et je vous passe l'écriture phonétique de lexique à la mode qui a le don de m'énerver. Franchement, je n'en vois pas l'utilité. Les bornes, style "mille bornes" imprimées pour séparer les étapes du récit ne m'ont pas paru absolument indispensables non plus.anna gavalda
Par contre, ne pas louper , comme dans les génériques de films, la dernière intervention d'un personnage, après la fin du roman, clin d'oeil facétieux qui m'a permis de relativiser mes agacements précédents. Quelques péchés véniels donc qui n'empêcheront pas les lecteurs moins pointilleux que moi de se régaler.

Existe aussi en livre-audio (non testé)

Dans son chat avec des internautes, Anna Gavalda nous apprend même que dans des chapitres supplémentaires, elle nous donne des nouvelles des personnages. Affaire à suivre...

24/03/2012

Tout le monde n'a pas le destin de Kate Middleton

"Décidément , Victor n'avait que l'embarras du choix pour son avenir professionnel, il était aussi doué en médecine d'urgence qu'en proxénétisme aggravé. Il fallait absolument que je pense à lui offrir un costume rayé et des chaussures en croco blanches pour son prochain anniversaire."

Capucine Guillon, quarante- trois ans, divorcée, élevant seule trois enfants (Paul, Emile, Victor, dans l'ordre !) de trois pères différents, tire le diable par la queue car, toutes les mères d'ado fred ballard,humour(d'appartement ou pas) vous le diront : l'ado est un morfale qui vide votre frigo en moins de deux et dont les pieds nécessitent l'achat régulier (et fort dispendieux) de baskets . Et ce n'est pas son boulot de rédactrice de questions pour jeux télévisés qui va lui permettre de sortir son compte en banque du rouge ! Manquant chroniquement de culot, trop gentille, se fourrant elle même dans les situations les plus improbables, notre Capucine se définit comme une parfaite looseuse, mais malgré les coups de blues, il lui faut reprendre les choses en mains et repartir de plus belle !
Quadragénaires*, mes soeurs, voici enfin LE livre que nous attendions toutes: le livre sympathique en diable -et diablement réconfortant-, bien écrit, bien ficelé, sans baisse de rythme, qui met en scène une héroïne selon notre coeur ! Une femme comme nous, ni belle, ni moche, qui n'a pas un métier trop glamour, qui ne rêve pas de chaussures X ou de sacs Y , qui arrive une fois sur trois à entrer dans un trikini **et qui ne cherche pas l'amouuuuuuur à tout prix ! Nous la suivons tout au long d'une année, un chapitre par mois, et finissons avec un grand sourire au lèvres après avoir dévoré d'une traite ce roman qui me réconcilie avec la comédie ! à quand l'adaptation cinématographique ?

Tout le monde n'a pas le destin de Kate Middleton, Fred Ballard, Pygmalion 2012, 307 pages qui donnent la pêche !

*Encore pour quelques mois, si , si !

**"un mélange de bikini et de une-pièce , sauf qu'en fait il y avait trois morceaux...Trois morceaux collés les uns aux autres. Comme il n'y avait pas de mode d'emploi ni de schéma de montage, je m'étais débrouillée seule pour trouver dans quels trous je devais mettre mes jambes et dans quels orifices devaient rentrer mes bras, ce qui me prit un certain temps..."

10/01/2012

Rester sage

"La vie se termine souvent là où les statistiques commencent."

Martin Leroy a tout perdu en quelques semaines: sa femme, leurs amis communs, son emploi. Cette "accumulation de revers" va le décider à se rendre chez son ancien patron car "Il est prêt à tout pour remettre sa vie dans le bon sens".  Gare !arnaud dudek
En chemin, il croisera toute une galerie de personnages et surtout son ami d'enfance , l'occasion de faire revivre un passé à la fois douloureux et cocasse et de reconstituer une amitié en pointillés.
On flirte avec la mélancolie mais l'humour pince sans rire d'Arnaud Dudek rattrape à chaque fois le récit qui pourrait sombrer dans l'apitoiement : "Difficile de rester poli dans ces circonstances. face au premier maccabée de leur existence d'être humain, peu d'individus parviennent à garder leur flegme, à ponctuer cette scène d'un what the hell , à prononcer un saperlipopette, . à moins d'avoir du sang anglais. Et encore." Les deux amis n'ont rien d'héroïque ou d'extraordinaire mais c'est justement ça qui nous touche et fait qu'on dévore ce roman d'une traite , avant de le relire afin de mieux savourer son charme. C'est un exercice périlleux que de choisir des personnages en apparence ordinaires sans pour autant ennuyer le lecteur et Arnaud Dudek réussit son pari haut la main !
L'auteur s'est créé un univers à la fois subtilement poétique et plein d'humour ,qui transfigure le quotidien et le rend presque séduisant. De quoi voir la vie non pas en rose mais au moins en couleurs !

Rester sage, Arnaud Dudek, Alma éditeur,2012, 116 pages qui donnent le sourire !

Premier roman, bravo !

Clara a aimé aussi !

05/01/2012

Arcadia

"Ce n'est pas rien, les souvenirs."

Arcadia, symbole d'un âge d'or pastoral, est ici le nom d'une communauté hippie de la fin des années 60. Ridley, surnommé Pouce en raison de sa petite taille, y a vu le jour, y a grandi, enregistrant au fil du temps les métamorphoses des gens et la disparition de cette utopie. La drogue, l'ambition personnelle, les tensions, l'arrivée d'une population trop nombreuse et peu sensible au principe de réalité, viennent en effet corrompre les idéaux. Pouce , qui n'a jamais connu que cette vie, quittera Arcadia, mais y reviendra, accomplissant un trajet circulaire, celui de la vie où les enfants et les parents échangent leurs rôles.
Roman d'initiation donc, mais porté par une personnalité exceptionnellement lucide et bienveillante, se préoccupant plus des autres que de lui même,observant aussi bien la nature que les êtres humains, sans jamais les juger.lauren groff,communauté
Un roman au charme certain, qu'il faut prendre le temps de savourer, un roman qui porte une attention aiguë aux sensations, aux sentiments, qui fait vivre ses personnages et l'on se prend à rêver de rencontrer un tel homme...
Le talent de Lauren Groff prend ici toute son ampleur, on sent qu'elle a pris on temps, qu'elle a mûri, a gagné en sérénité et c'est tant mieux !

Arcadia, Lauren Groff, Plon 2012, traduit de l'anglais (E-U) par Carine Chichereau, 313 pages apaisantes.

04/01/2012

Un territoire

"Le chat est comme elle est, au ras des choses."

La cuisine, le cagibi ,où elle dort, tel est Le territoire de la narratrice.Un espace où l'ont cantonnée deux tyrans :  le Garçon et la Fille, des enfants devenus grands qui, eux,  occupent le reste de la maison . Qui sont ces personnes ? Quels liens les unissent ? Nous le découvrirons peu à peu, au fur et à mesure des souvenirs de la narratrice, au fur et à mesure de sa réappropriation d'une nappe, vestige d'un repas où s'est noué le drame fondateur.angélique villeneuve,résilience
Ainsi se dessine une situation qui avait tout pour être sordide mais qui est transfigurée tout à la fois par l'écriture dense et sensuelle d'Angélique Villeneuve , "L'idée du couvre-lit enfle dans sa tête." et aussi par la manière dont la narratrice arrive à se frayer un chemin vers la liberté. Une liberté qu'elle s'invente au coeur même des tâches qu'elle accomplit, détachée de tout sentiment face aux remarques désobligeantes : "Lui inventent un coeur haché qui n'existe pas." En effet, "Elle est un coeur blanc, peut être. Une feuille de papier vierge de toute écriture."Et l'amour qu'elle a reçu enfant, ce viatique qu'on lui a transmis, elle va l'utiliser pour conquérir, sans violence, un espace où vraiment trouver sa place.
On a le coeur qui bat au fil des révélations qui scandent ce roman, au fil des émotions, des craintes que suscite le récit , on salive aussi devant la description de  ces cailles dorées qui ont "mariné l'après-midi entier dans du miel, du vin, des épices et des poudres secrètes.", on s'attache à cette narratrice jamais nommée, à la description d'un quotidien banal mais réenchanté

. Bref, on se régale de bout en bout et on fait durer le plus longtemps possible ces 152 pages denses et lumineuses.

Et zou, sur l'étagère des indispensables !

Un territoire, Angélique Villeneuve, Phébus 2012.

23/12/2011

L'école des saveurs

"-Si je la libère de l'emprise des livres, , je cuisinerai le restant de ma vie.Si je n'y arrive pas, j'abandonnerai pour toujours."

Les mets contre les mots, drôle de marché, passé par une petite fille face à une mère lectrice compulsive qui délaisse la cuisine ! Mais rassurez-vous cet "antagonisme " est traité avec humour: "Lillian, quant à elle, estimait que des oeufs brouillés cinq jours d'affilée, c'était de bonne guerre dans une semaine dominée par James Joyce" (La mère a en effet pour habitude  de lire à haute voix ses livres pour que sa fille en profite !).erica baurmeister,cours de cuisine
Devenue adulte, Lillian tient sa promesse et en plus de la tenue d'un restaurant, elle ouvre un cours de cuisine auquel vont assister des" élèves" très différents, par l'âge, la situation sociale et familiale qui, plus que des techniques, apprendront surtout à apprécier la sensualité des ingrédients et des plats et à (re) tisser des liens sociaux. Une trame simple donc mais une écriture allègre, 251pages qui filent bien trop vite ! Un livre qui vous remets sur les rails de la lecture quand on a envie d'un roman sans prise de tête mais bien écrit !
Ne faites pas comme moi, ne vous attardez pas sur une couverture ratée , ouvrez sans plus attendre ce roman qui vous fera encore plus apprécier les plats que vous allez bientôt déguster ! à (s')offrir sans plus attendre !

Un grand merci à Antigone !!

Clara est tout aussi enthousiaste !

27/11/2011

Séparée , Vivre l'expérience de la rupture

 "On ignore si les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus , on sait seulement qu'ils continuent de vivre dans des mondes où le souci de l'autre n'occupe pas la même place." (C'est un homme qui l'écrit !)

 Il aura fallu bien des affrontements pour que le divorce soit instauré en France Une des plus ferventes divorciaires (qui défendent le divorce)au XIX ème siècle est George Sand et les aspirations de l'auteure d'Indiana préfigurent déjà certaines revendication contemporaines :"Je veux le bonheur! j'y ai droit, je le mérite, je le veux...Malgré toi, société infâme, malgré toi et tes décrets, je serai heureuse; je veux l'être et je le serai."françois de singly
Est-ce pour cela que trois quarts des séparations et des divorces sont demandés par les femmes ? Quelles sont les attentes des femmes par rapport au couple ? Quels sont les types de couples et surtout quels sont les principaux motifs des séparations, voici les principales questions que s'est posé le sociologue François de Singly.
Se fondant sur des entretiens* , rapportés de manières très vivante, mais aussi sur un corpus d'oeuvres littéraires ou cinématographiques, il apporte ainsi un éclairage structuré et imagé , sans jamais jargonner, sur un phénomène qui nous touche toutes, de manière directe ou indirecte.  Chacune de nous se reconnaîtra, elle ou ses amies dans ces cheminements qui sont ici débroussaillés et envisagés "à froid" avec une lucidité épatante.
Comprendre le fonctionnement des couples et la manière différente dont les hommes et les femmes l'envisagent m'a tout simplement enthousiasmée et j'ai collé à toute allure plein de marque-page sur ces 222 pages que j'ai dévoré à toute allure !
Seul petit bémol, l'auteur a relégué en note de bas de page une conséquence à mon avis très importante : du point de vue économique, le risque de pauvreté (ou du moins de diminution du pouvoir d'achat) pour les fmemes qui constituent l'essentiel des familles monoparentales.

Séparée, Vivre l'expérience de la rupture, François de Singly, Armand colin 2011.

* Je les ai trouvée courageuses et clairvoyantes , ces femmes !

21/11/2011

Une humeur de chien

"Ces représailles, pensa Churchill, ont autant de punch qu'une serpillière anémique."

La dépression, "ce chien noir sur mon épaule" comme l'appelait Churchill, rôde d'autant plus près de lui que l'homme d'Etat s'apprête à prendre sa retraite, bien qu'il lui en coûte. Mais c'est d'abord chez Esther, jeune bibliothécaire que" l'hyperréalité" de ce chien vient prendre ses quartiers, sous forme d'un molosse gigantesque, à la fois attachant et sans gêne .rebecca hunt,winston churchill,dépression,blackdog
Tout l'art de Rebbecca Hunt, dont c'est ici le premier roman, consiste à montrer comment les destins des deux humains vont se croiser et surtout à montrer toute l'ambiguïté des rapports que nous entretenons avec la dépression d'une manière très imagée, "il connaissait la méthode tout en flux et reflux de l'animal, connaissait aussi les chemins que les spores de son influence empruntaient pour pénétrer le coeur même de votre être."Churchill et Esther parviendront-ils à se débarrasser du "garrot de barbelés" qui enserre leurs crânes ?
Un thème qui a tout pour rebuter mais l'écriture ,enlevée et pleine d'humour de Rebbeca Hunt en fait une lecture revigorante !
Loin de générer l'ennui ou la morosité, Un humeur de chien,(re) donne le sourire !

Une humeur de chien (Mr Chartwell), traduit de l'anglais par Sarah Gurcel, Denoël 2011, 300 pages so british !

Le billet de Cuné, l'éclaireuse !