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17/10/2007

ça claque, c'est fort et pas glauque

Flic, le titre de ce témognage claque , court et précis ,comme les textes qui composent ce recueil de  chroniques.
L'auteure, Bénédicte Desforges, dans l'avant-propos souligne le paradoxe de nos relations avec les  policiers: nous sommes bien contents de les trouver quand le tragique pointe son nez mais pas quand ils  nous verbalisent...Ses récits  vont en tout  cas nous les rendre plus humains ces flics car c'est bien de cela qu'il s'agit : l'humain dans toute son horreur mais aussi dans sa fraternité fragile avec ceux qui sont "de l'autre côté " de la barrière de la loi mais avec qui on se sent davantage d'affinités qu'avec la hiérarchie qui veut faire  "du chiffre"... 21MecUkR9aL
Ignominie de certains comportements, mais aussi moments d'humour improbables, les textes sont courts et nous arrivent comme autant de directs à l'estomac dans toute leur crudité mais sans voyeurisme  car Bénédicte Desforges tire le meilleur parti de leur briéveté, coupant net là  où  c'est nécessaire ,avant de devenir insupportable.Femme  de terrain, elle est aussi une femme de lettres dotée d'une plume efficace et parfois poétique.
On comprend bien qu'un tel électron libre ait pu déranger et l'auteure est actuellement en disponiblité afin de rester au plus près de ses convictions.   
Un maelström d'émotions qui laisse groggy.                                                                                                                                 

25/09/2007

Quelle énergie !

Comme dans son précédent recueil de nouvelles, Céline Robinet, dans Faut-il croire les mimes sur parole? ,nous prouve son amour des mots. Les mots, elle jongle avec, elle les savoure comme des bonbons , elle nous éblouit avec, pour mieux nous faire sourire ou nous émouvoir.51zs6a_lS1L
Davantage de gravité dans ces nouvelles,  en effet, même si de prime abord les textes peuvent apparaître légers. Difficultés de communication entre amoureuses ou entre parents et enfants, mais aussi viol, problèmes  des étrangers qui veulent à tout prix entrer en Europe, Céline Robinet nous fait osciller entre émotion et rires. Elle nous cueille au détour d'une phrase d'un crochet à l'estomac avant de pirouetter en souriant. Nouvelles à chute,au sens propre ou figuré, au fur et à mesure du recueil, la gravité apparaît mais jamais de manière pesante.
Accents ch'ti ou marseillais pour alléger l'atmosphère, "décortiquage" poétique des sonorités d'un prénom*,quatrième de couv' à l'envers,couverture à la fois tendre et crue,  tout est plein d'invention et d'énergie. On ne s'ennuie pas une minute avec ce feu d'artifice.
Céline Robinet a su trouver un équilibre entre maturité et humour grinçant, perdant au passage toute références scatologiques , ce dont nous lui saurons gré !

* qu'il s'agisse de mon prénom n'a en aucun cas influencé mon avis sur ce livre !

18/09/2007

"Il y a toujours un enfer au-delà de l'enfer"

11 nouvelles de genres très différents (polar, thriller, humour noir...) pour aborder l'univers de Brigitte Aubert dans un petit livre au format original.
Scènes de crime donc mais surtout mises en scène de nos cauchemars les plus effrayants , surtout quand on est parents d'enfants ou d'ados...512P1zzXEUL
L'auteure joue avec nos nerfs et les objets et les lieux les plus banals prennent une dimension effrayante.
J'avoue ne pas avoir réussi à  terminer "L'antre", parce qu'il appuie  juste là où ça fait mal. D'autres textes m'ont par contre fait jubiler Car Brigitte Aubert jongle avec les clichés pour mieux les réduire en poussière, dans "L'ascenseur" par exemple. Croquemitaines modernes (la  dévoration revient à plusieurs reprises dans ces textes) ,serial killer surprenant, Brigitte Aubert manie l'humour glacé,juste le temps de  nous laisser reprendre notre souffle , pour mieux nous le couper quelques pages plus loin.
Les ados qu'elle peint sont souvent effrayants par la banalité avec laquelle ils considèrent la violence et la dernière histoire qui m'a rappelé un fait-divers particulièrement horrible  qui s'était déroulé en Grande-Bretagne, se clôt par une pirouette qui nous fait osciller entre la jubilation et l'horreur.
Un petit (par la taille) chef d'oeuvre à déguster toutes les lumières allumées.

L'avis de  Clarabel

17/09/2007

Les bandes-son de nos vies

Un nouveau Juke-Box vient de  sortir.  Recueil de nouvelles écrites par des auteurs différents ayant comme point commun la musique et l'influence qu'elle peut voir sur nos vies.11DcIiwZ8tL
Kéthévane Davrichewy (quels nom et prénom superbes!) sur fond de  Joe  Dassin écrit un texte espiègle sur l'image que l'on veut donner de soi quand on est ado (mais pas seulement!), Marie Desplechin nous raconte une adolescence dans les années 70 , adolescence qu'on peut supposer proche de la sienne,vision chaleureuse mais  se terminant sur une note plus grave...
Christophe Honoré se penche , un peu platement, j'ai trouvé , sur le phénomène  de la starification à tout crin. Nathalie  Kuperman nous fait entrer dans l'univers d'une bouchère raide-dingue de France Gall, le  tout pour le plus grand malheur/bonheur de sa fille.
N'aimant pas les contes, je ne suis pas du tout entrée dans celui de Martin Page évoquant le lien musique/rébellion.
Plus contemporaine, la nouvelle de Chloé Mary suit la structure d'un album de 68  tout en s'éloignant du contenu.  Si je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire, émaillée  de citations en anglais  (heureusement traduites), j'ai admiré le style de cette auteure que je  ne connaissais pas.

Des nouvelles donc pour se  replonger dans le monde de l'adolecence mais  aussi pour patienter en attendant des oeuvres d'auteurs déjà connus (Desplechin,  pour moi)et aussi pour en découvrir d'autres ( Chloé Mary et Kéthévane Davrichewy).

Attention , après la lecture de certains textes, difficile de se sortir de la tête certains refrains !

24/08/2007

L'eau à la bouche ...

Maintenant que l'automne est arrivé ou presque, que nous avons remisé nos maillots de bain, nous allons pouvoir déguster les Nouvelles gourmandes ,  préfacées par Jean-Luc Petitrenaud et Yann Queffélec.
Ce recueil présente les nouvelles des lauréats du Prix de la nouvelle gourmande organisé par la ville  de  Périgeux dans le cadre  du Salon international du livre gourmand. Lecture et gourmandise,  voilà une réunion bien alléchante !nouvelle
Et ce recueil tiens toutes ses promesses. Diversité tant dans le ton que dans le style,les auteurs (que je ne connaissais pas mais qui ont un réel talent et une vraie gourmandise) ne se sont pas forcés pour nous mettre en appétit. Nouvelles historiques ou contemporaines,  très souvent astucieuses et pleines d'humour, évitant les clichés,  chacun trouvera son compte  dans ses  récits qui fleurent bon l'aïoli, la truffe ou lesfines herbes.
Mes préférées sont celles mettant en scène deux jeunes femmes qui vont découvrir qu'amour et gourmandise vont souvent de pair,  même si ce n'est pas forcément avec celui que l'on attendait ...
Une réussite ! Merci, N-talo !

29/06/2007

Serial lover ?

51SK75MSVPLHeureusement que Tamara a rappelé qu'il y avait six  nouvelles dans le recueil de Marie-Ange Guillaume La dernière nuit car j'ai dévoré ce livre à toute allure.
Beaucoup de tendresse dans cet opus, que ce soit pour une vieille dame obstinée, un chien, un couple  d'amoureux ...mais aussi le désamour, et la valse-hésitation exaspérante d'un homme entre deux femmes.
Beaucoup de sensualité aussi dans les descriptions et le style coup de griffe -éclat de rire de cette auteure trop rare.

26/06/2007

Nouvelles déceptions

31lzsy02w5LEn ce moment, je n'arrive à lire que des formes courtes et pourtant j'ai abandonné en cours de route  Scalpels de Charles Gancel, dont j'avais pourtant bien aimé  les oeufs; peut être parce que ces textes, même si l'auteur prend la précaution de préciser que, basés sur des anecdotes réelles, il a pris soin de les retravailler pour que personne ne s'y reconnaisse, le lecteur se sent néanmoins voyeur de ces différents moments de honte et finit par se sentir mal à l'aise et également ..honteux.51GMKKRi4SL
Deuxième  échec :  Mauvaises  rencontres de  Elisabeth Horem.Quelques jours après avoir lu ces textes, il  ne m'en restait rien sinon l'impression d'être restée à la porte d'un univers particulier, absurde (comme chez Kafka) et inquiétant. Dommage .

Pour Scalpels , les  critiques  de  Cuné, Tamara,  Clarabel

25/05/2007

Comment ranimer la libido des footeux

Ah, comme je regrette que l'ordinateur n'ait pas précisé à ma vendeuse "préférée" (alias Jerisquandjemebrûle"), que Onze nouvelles à lire seule les soirs de match de  foot... n'était pas rangé (comme je le croyais aussi) dans la "littérature de poulette" mais au rayon érotique.J'aurais bien aimé voir sa tête...Me l'aurait-elle tendu comme avec des pincettes ou simplement désigné du doigt ? Le mystère reste entier.
Le titre du recueil d'Emmanuelle  Poinger joue donc sur l'ambiguïté suggérée par les points de suspension.
De l'humour il y en a pourtant que ce soit dans les dédicaces (suggérant au passage de nombreuses aventures...), dans l'avant-propos qui est à lui seul une nouvelle mettant en scène des copines se lamentant sur l'effet désatreux des matchs de foot sur la libido de leurs Hommes.Solution préconisée: acheter le recueil que la lectrice a actuellement entre les mains.
En plus d'être facétieuse,l'auteure a donc le sens du marketing !9782266158756
L'avertissement nous rappelant que nous sommes dans le  monde du fantasme , monde où il n'y a pas de place pour "le poil sur la  langue, le mal de dos, les cheveux qui restent coincés sous le partenaire",j'en passe et des pires m'a bien fait sourire  et c'est donc avec un a priori positif que j'ai attaqué la première de ces onze nouvelles  (une par joueur): "AIMEE ou le livreur de suhis".
Aimée a beaucoup de chance car le livreur étudie en fait la kiné et va donc masser Aimée et lui montrer ce qu'on peut faire avec des baguettes et surtout il va lui apprendre à "LANGUIR".
Alors, là, je dis STOP ! 
D'abord,je sais pas vous mais moi quand un pro me masse, j'ai inévitablement envie de DORMIR .
Ensuite, le premier qui essaie de me faire languir en me retirant mon dîner de la bouche alors que je frôle la crise d'hypoglycémie ne sait pas ce qu'il risque : pire qu'un bouledogue, je suis !
Enfin, la paire de baguettes qui s'approche de ce qui me tient lieu de poitrine ,risque le retour à l'envoyeur et  une paire de baffes en prime.
Alors, désolée mais je ne suis pas entrée dans le monde des fantasmes d'Aimée, j'ai empoché mon carton rouge pour violence physique et verbale et je suis restée  (provisoirement ? ) sur le banc de touche.

18/05/2007

Le roi est nu, vive le roi !

9782283019917Les nouvelles composant le recueil les oeufs de Charles Gancel sont autant de variations autout du thème  du pouvoir.
Les jeunes loups  des  années  80 ont dû limer leurs canines et affrontent les restructurations qui n'épargent pas les meilleurs d'entre eux...
Qu'ils détiennent un peu ou beaucoup de pouvoir, l'auteur n'épargne pas ses personnages et prend un malin plaisir (et nous avec lui !) à nous montrer leurs failles ou leurs désillusions.
Certaines nouvelles ont le charme de l'ambiguîté ("les oeufs", "Arachnée", la  cinquième lettre"), d'autres sont carrément hilarantes ("Ouahadi" qui retrace en quelques lettres le parcours (calvaire) d'une Anne-Charlotte dont le mari a été muté en Afrique ).
Toutes les  nouvelles sont cruelles car le pouvoir, même s'il n'est qu'éphémère, cause beaucoup de dégâts,  collatéraux ou pas.
Charles Gancel possède une plume vive et acérée ,et les gens qu'il côtoie doivent avoir peur de se retrouver dans ses livres...

04/04/2007

Toi même !

Depuis un petit moment, les titres et les couvertures d'Anna Rozen me  faisaient  de l'oeil aussi quand Vieilles peaux m'est tombé sous la main, je n'ai pas hésité !
Trois nouvelles donc où en quelques pages, l'auteure se glisse d'abord dans la peau d'une vieille écrivaine en mal de postérité (et de mâle aussi tant qu'à faire);puis dans celle d'un couple où l'homme ne survivra guère à son épouse tyrannique et enfin dans une multitude de peaux en une valse éblouissante d'identités endossées ...
Fil conducteur donc cette avidité de l'auteure à passer d'une histoire à une autre car "Au bout de cinquante pages de folle envolée, les histoires que j'écris m'embêtent. J'explose et j'impatiente (...)pour moi tout est nourriture".9782842631352
La première nouvelle ,avec la monstrueusement égoïste Cressida Bloom, m'a permis une mise en bouche agréable mais sans plus.Sur un thème un peu identique et traité d'une manière totalement différente,j'avais nettement préféré Le  treizième conte.
J'ai nettement plus apprécié la virtuosité de l'auteure dans "Marthe et Fernand" où  les identités des personnages ne sont que des leurres, leurres qui se  poursuivront à travers d'autres personnages car nos vies sont interchangeables .
Je me suis délectée à suivre le rythme trépidant de la  dernière nouvelle qui explore avec jubilation toutes les possibilités que donne la fiction pour l'écrivain , y compris devenir une "chaussure d'été neuve, jamais portée".
On sent que l'auteure prend du plaisir à écrire et elle  nous le fait partager, qu'elle en soit donc remerciée !

(Il  ne reste plus qu'à dénicher tous les autres livres d'Anna Rozen !)

La critique de Cuné
La critique de  Clarabel