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11/07/2011

La face cachée de la lune

"Dans la forêt, comme n'importe quelle autre créature, , il n'était ni bon ni mauvais."

Est-ce parce qu'il a consommé des champignons hallucinogènes ou parce qu'il en avait assez de sa vie trop lisse d'avocat d'affaires et n'attendait qu'un déclic, toujours est-il qu'Urs Blank va  mettre " en actes la totalité de ses pensées" et ce, avec la plus grande liberté, sans être freiné par une quelconque morale.martin suter
Simultanément, il trouvera dans la forêt un univers dans lequel il se retrouvera et se fondra en totale symbiose, s'adaptant avec une grande habileté.
Plus rien, ou presque ne le rattachera à son ancien Moi, raffiné , bourgeois et urbain, dans tous les sens du terme. Mais user de la violence sans remords laisse forcément des traces et Urs, devenu en queqlque sorte un ours, devra bien un jour affronter le chasseur...
Quel bonheur que ce livre où Martin Suter, sous couvert d'un "pétage de plomb" dû aux champignons hallucinogènes, nous brosse le portrait poétique et précis d'un retour à la nature d'un genre bien particulier. Les descriptions de la flore et de la faune sylvicoles sont particulièrement réussies, l'intrigue est haletante et l'humour bien présent, ce qui ne gâche rien.
On en arrive même à éprouver de la sympathie pour cet homme qui se lâche et accomplit peut être ce que nous pourrions faire si nous étions nous aussi dénués de toute morale, si nous partions nous aussi à la découvertes de La face cachée de la lune...Un livre puissant !

La face cachée de la lune, Martin Suter, traduit de l'allemand par Olivier Mannoni, Christian Bourgeois 200, 333 pages à la croisée de American Psycho et de L'homme qui marchait sur la lune.

Emprunté à la médiathèque. Disponible en points seuil (2002).martin suter

07/07/2011

Le cuisinier

"-Eh! Il y a des gens à l'intérieur qui ont encore du travail !"

martin suter,cuisine tamoule


Sous-employé dans un restaurant suisse à la mode où on le cantonne aux tâches subalternes, le jeune réfugié tamoul Maravan, une fois licencié, concoctera à son compte des repas moléculaires et aryuvédiques aux propriétés aphrodisiaques. Loin de faire son bonheur, ces repas le mettront en contact avec des clients en apparence policés mais qui pratiquent l'hypocrisie avec une belle ardeur .
La Suisse, paradis fiscal en perte de vitesse en cette année 2008 demeure néanmoins celui des compromis et des tractations souterraines.
Dans ce roman, Martin Suter dénonce aussi bien les agissements des Tigres Tamouls rackettant leurs compatriotes réfugiés en Helvétie que les manigances des autochtones ,trafiquant d'armes par opportunisme, soulignant au passage l'importance d'agir en conscience, quelle que soit sa profession.
L'intrigue est parfaitement huilée( jusqu'au coup de théâtre final), les personnages bien campés, la style fluide et sans aspérités . D'où vient alors ce sentiment de rester quelque peu sur sa faim, un comble pour un texte célébrant la nourriture ? Peut être de la volonté de boucler à tout prix de manière optimiste, affaiblissant ainsi la portée d'un texte qui manque un peu d'acicidité.

Le cuisinier, Martin Suter, traduit de l'allemand par Olivier Mannoni, Points Seuil 2011,317 pages qui se lisent sans déplaisir,  pages suivies de quelques recettes destinées aux amateurs de cuisine exotique moléculaire...

Mais aucune recette de gâteau d'anniversaire pour fêter la cinquième année de ce blog !martin suter,cuisine tamoule

19/03/2011

La poussette

"Mais comme j'étais calme, ça ne m'a trop rien fait."

Le monde de la narratrice bascule une première fois à cause d'une poussette.Une seconde fois à cause de balles de golf. Dans les deux cas, elle se raccrochera aux discours techniques concernant ces deux domaines, une manière de tenter de maîtriser une réalité qui lui échappe de plus en plus...
Touché au coeur au tout début du roman, le lecteur entre alors de plain pied dans un univers singulier, à la fois étrange et familier, une écriture qui dit avec une grande économie de moyens la souffrance sans pathos, mais d'une manière aiguë. On assiste, impuissants, à cette spirale inéluctable et on sort de ces 106 pages le souffle court. Magistral.51rVKgwN+KL._SL500_AA300_.jpg
Un récit dont il ne faut surtout pas trop révéler le contenu, sous peine de lui enlever de sa puissance.

La poussette, Dominique de Rivaz, Buchet-Chastel, 2011, 106 pages troublantes.dominique de rivaz