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08/05/2017

Petites histoires pour futurs et ex-divorcés

"Est-ce que ça aurait été  plus facile d'être quittée, de devenir amère et d'évacuer la douleur par la haine ? La haine est une drogue fortement antalgique. Et addictive.

Dans ces 29  courtes nouvelles, Katarina Mazetti, plusieurs ex-maris à son actif, explore toutes les facettes de la séparation et/ou du divorce.
Seconde épouse dépassée par une nouvelle famille envahissante et peu respectueuse, trompeur trompé, certaines nouvelles sont plutôt malicieuses tandis que d'autres jouent davantage sur l'émotion. Ainsi cette nouvelle femme , qui , du fait  d'une rupture va devoir abandonner les enfants de son futur ex-mari ,à qui elle a pourtant consacré plusieurs années de sa vie, sans avoir aucun droit sur eux.katarina mazetti
Si certains textes paraissent un peu convenus, on prend beaucoup de plaisir à  se reconnaître et/ou à reconnaître des situations vécues par des amis., à ceci près que le divorce apparaît nettement plus simple et plus rapide d'un point de vue administratif en Suède. Léger mais très agréable.

Traduit du suédois par Lena Grumbach, Gaïa 2017, 234 pages qui se dévorent d'une traite.

Cuné m'avait donné envie.

07/05/2017

C'est où le Nord ?

"-Parle-moi d'autre chose. C'est l'heure de la sortie des écoles : si je saute, je tue quatre gosses."

Ella, 24 ans, enseigne le français dans un collège catho du 18 ème arrondissement de Paris. Petit budget, petit appat', petit ami qui bientôt met les voiles pour retourner dans leur ville d'origine: Dunkerque.
Ella reste seule avec un poisson rouge, des doutes, quelques amis hauts en couleurs, des collègues quelque peu azimutés et des élèves  plutôt drôles et charmants.sarah maeght
Premier roman, C'est où le nord ? possède les défauts de ses qualités: plein de fraîcheur et d'humour, le récit pêche un peu par le côté sombre qu'il veut parfois se donner.
Il n'en reste pas moins que j'ai ri à plusieurs reprises (les élèves sont croqués à ravir !) et que j'ai dévoré d'une traite ce roman dont les personnages sont attachants, drôles et pleins de vie.

Ah, oui, pitié: une prof de français qui oublie qu'une négation a toujours deux éléments a eu le don de m’exaspérer...On ne se refait pas !

Un petit extrait, pour la route, c'est cash , comme les élèves (et les profs entre eux) !

 "-Il a refusé de disséquer les moules.

Le directeur ferme les yeux, agacé.

- Il m'a demandé  ce que je dirais , moi,  si on me pêchait en pleine ovulation.

Annick Caroulle grogne:

-Écoute Jojo, tu veux qu'on mette quoi ? "Refuse de disséquer la moule de sa prof de sciences " ? "

06/05/2017

Les nuits de laitue...en poche

"Désormais, Otto souffrait d'une insomnie sans fin. Ses mauvaises pensées dureraient pour toujours puisqu'il n'y aurait plus jamais de matin-désormais toutes ses nuits avaient un arrière- goût de laitue. Et Otto détestait les légumes-feuilles."

Otto et Ada "avaient passé un demi-siècle ensemble à cuisiner, à faire des puzzles géants de châteaux  européens et à jouer au ping-pong le week-end (du moins jusqu'à l'arrivée de l'arthrite) dans un quartier dont les habitants sont aussi haut en couleur que leur maison jaune.51WhO1nIuQL._SX318_BO1,204,203,200_.jpg
Au début du roman, Ada vient de mourir. Otto tente donc  tout à la fois de lutter contre ses insomnies, tout en remettant de l'ordre dans ses pensées. En effet, selon lui,  quelque chose" cloche "dans son univers peuplé de personnages fantasques et souvent "perchés", mais il n'arrive pas à élucider l'affaire...
L'aspect policier n'est ici qu'un prétexte dans ce roman enjoué et chaleureux, peignant un microcosme grouillant d'originaux  en tous genres, ayant parfois des rêves plus grands qu'eux mais parvenant à enchanter leur quotidien, de manière simple et cocasse.
Un très bon moment de lecture.

Les nuits de laitue, Vanessa Barbara, traduit  du portugais (brésil) par Domnique Nédellec, Zulma 2015, poche 2017 223 pages toniques !

05/05/2017

Vie et moeurs des familles d'Amérique du Nord

Sous forme d'abécédaire, richement illustré par des photographies d'auteurs divers, l'objectif de cet ouvrage, qu'on peut lire de façon linéaire ou pas, est de dépeindre "l'âme de cette espèce étrange mais tellement universelle : les habitants de banlieues américaines.garth risk hallberg"
Las, je suis restée de marbre devant ces personnages qui ont l'air d’être observés à distance, comme des insectes vaguement répugnants , sans aucune empathie ni originalité.

04/05/2017

Roland est mort ...en poche

"J'inspire. J'ai les bras en croix, un caniche qui m'attend pour aller pisser, un trou dans ma chaussette gauche, et toujours aucune perspective d'avenir professionnel. Le gros faisan m'applaudit."

Roland est mort, c'est d'abord le contraste du titre et de la couverture rose bonbon., contraste parfaitement justifié , on le verra plus loin.C'est aussi le leitmotiv qui ouvre chaque chapitre, sorte de memento mori pour le narrateur car "Je bois pour oublier que demain, Roland c'est moi."
En effet, si leur seul point commun était leur mur mitoyen, le narrateur est peut être sur le même chemin que Roland, mort seul chez lui, dans l'indifférence quasi générale. Pour tout bien, Roland laisse une caniche prénommée Mireille, en hommage à Mireille Mathieu dont Roland écoutait les chansons en boucle.
Voilà donc le voisin qui hérite de Mireille, puis de l'urne funéraire , calamités successives dont il lui faudra bien s'accommoder.Nicolas Robin
Ce pourrait être tragique, c'est follement comique car le voisin, non content d'accumuler les héritages encombrants et incongrus, est un looser fini (largué par sa copine, viré de son boulot, nanti d'une famille de frappadingues ). Le principe d'accumulation fonctionne à plein régime et le style bourré d'humour de Nicolas Robin fait le reste. Pas de bons sentiments mais un zeste de tendresse pour ce quadragénaire à qui sa grand-mère demande sans cesse "-Alors, pourquoi t'es pas marié?", "ça la chiffonne. C'est le pépin. Ne pas être marié à quarante ans, c'est la tuile dans la famille.ça cache un problème.à son époque, les hommes non mariés étaient forcément curés ou homosexuels. On demandait aux uns de parler de l’Évangile, aux autres de se taire.Mamie exige la vérité. Elle veut savoir envers qui je suis dévoué: Dieu ou Burt Reynolds."*
Nous nous permettrons juste de donner un indice: être fan de Mireille Mathieu peut présenter des avantages...Un petit plaisir déniché à la médiathèque, 183 pages dévorées le sourire aux lèvres.

03/05/2017

L'affreuse

"Mince, chacun ses soucis, je n'y peux rien.Je suis la cause involontaire de leurs inquiétudes.C'est trop lourd à porter pour moi."

Ariel Crozon a quarante neuf ans quand on lui diagnostique la maladie de Charcot (sclérose latérale amyotrophique). Maladie incurable. ariel crozon,daniel pennac
Vie confortable, travail intéressant, vie affective bien remplie, tout cela va être chamboulé de fond en comble et les gestes les plus anodins vont rapidement devenir de vrais défis.
Écrire, sous forme de petits textes aux titres explicites, textes qui seront d'abord destinés à ses proches ou à ses médecins, avant d'être envoyés à Daniel Pennac qui jouera un rôle de passeur ,écrire c'est ici comme indiqué sur le bandeau une forme de résistance.
Pas d'autoapitoiement, mais des constats lucides,souvent plein d'humour sur le monde médical et son impuissance, la progression de la maladie, les réactions de ses proches, ses sautes d'humeur. Par petites touches, un peu à la façon dont semble progresser l'Affreuse, nous est dépeint l'inéluctable.

Un récit émouvant mais sans pathos qui donne longtemps à réfléchir.

L'Affreuse, Ariel Crozon, Ediitons Autrement 2017, 199 pages .

 

02/05/2017

Le saut oblique de la truite

"A force d'efforts, de privations et d'orgueil, je n'ai réussi qu'à atteindre l'authentique statut de raté. Je n'ai pas trente ans; j'ai fait vite."

à deux doigts de ne  pas "pouvoir faire autrement que de devenir architecte", alors qu'il se rêve romancier, le narrateur se rend à un rendez-vous avec son maître ès liberté, Olivier. Olivier, pour qui il a "la plus grande affection parce qu'il y a, sous le tissu de névroses qui l'enserre quelque chose de vaste, de beau et de bleu. Comme une aspiration non négociable à la liberté."jérôme magnier -moreno
Las, l'ami n'est pas au rendez-vous. Commence alors un périple solitaire sur le GR20 corse, entrecoupé de parties de pêche à la truite et de rencontres éphémères.
Placé sous le signe de la couleur, ce roman lumineux est tout à la fois une quête initiatique d’un jeune homme à la croisée des chemins et un récit qui embarque son lecteur dans des paysages magnifiques. Avec une grande économie de moyens, des descriptions par petites touches efficaces, sans oublier quelques touches d'humour pleines d'auto-dérision, une construction maîtrisée qui fait naître l'émotion, ce premier roman est une formidable découverte.
Comme la truite, qui par un saut oblique parvient à tromper le pêcheur, le narrateur, dont on devine  qu'il a beaucoup de points communs avec l'auteur, par ce roman est parvenu à conserver sa liberté, tout en prouvant son envie de vivre, ce qui n'est pas rien !

Le Saut oblique de la truite, Jérôme Magnier- Moreno (qui signe aussi la magnifique couverture), Phébus 2017.

Le billet de Ptitlapin.

01/05/2017

Le châle de Marie Curie

"Elles devinent qu'à dormir côte à côte, elles deux si dissemblables vont échanger quelque chose à leur insu."

L'une est musulmane, kabyle, mère de douze enfants. L'autre est française, juive et reporte son affection sur son unique nièce. Tout semble donc les opposer mais le fait de partager une chambre à l'institut Curie, où elles vont être opérées d'un cancer du sein le lendemain matin , va créer entre ces femmes une subtile osmose qui les fera se rencontrer par delà les différences.déborah lévy-bertherat
Ce roman baigne dans une atmosphère onirique, empreinte de magie,et on ne s’étonne pas de rencontrer, entre veille et sommeil, le fantôme de Marie Curie, dont le châle crée un lien entre les deux femmes d'une manière originale, par delà les frontières et les années.
En 135 pages, emplies d'humanité et d'empathie, Déborah Lévy-Bertherat nous  fait partager cette nuit cruciale pour ces deux femmes, qui nous deviennent vite très proches. On embarque à leur suite dans cette traversée dénuée de tout pathos mais riche d'émotions et on en sort le cœur battant. à découvrir sans plus attendre !

 

Le châle de Marie Curie, Déborah Lévy-Bertherat, Rivages 2017.

28/04/2017

Je suis si bien ici sans toi...en poche

"On aime les gens. Et ils nous déçoivent. Mais pas toujours. Parfois ils continuent à nous aimer indéfectiblement , dans l'attente qu'on ouvre les yeux et qu'on réponde à leur affection.C'est comme un "je t'aime. je t'ai toujours aimé."

Richard, artiste anglais a épousé une française très belle et très intelligente, Anne-Laure. Ils ont une petite Camille de  cinq ans et vivent à Paris. Le paradis donc. sauf que Richard ne se remet pas du départ de sa maîtresse (hou, le vilain) et qu'évidemment sa femme a découvert le pot aux roses. Pour tout gâcher, Richard a vendu un tableau "L’ours bleu" un symbole important pour son couple.
Dans l'espoir de reconquérir sa belle, le voilà donc parti en Grande-Bretagne à la recherche du tableau, mais peut être aussi des secrets de l’amour qui durent.courtney maum
Courtney Maum, qui fait de Paris un personnage à part entière et sait exploiter le caractère romantique de cette ville, parvient même à ne pas rendre Richard totalement antipathique. En dépit de quelques longueurs, cette comédie romantique est attachante,par ses personnages principaux ou secondaires. Mention particulière pour ces vieux couples à qui l'artiste tente d'extorquer les secrets de durée de leur couple. Une bonne idée de lecture pour les vacances.

27/04/2017

Sanglier

"Quand il y a un coup de vent les ondulations deviennent une sorte de course folle, mais qui fait du surplace,- il n'empêche que parfois, on se surprend à croire que le champ va sauter la haie du fond.Cela fait une chorégraphie de bancs de poissons, en plus élégant."

Pourquoi son employeuse a-t-elle prêté à Sybille, clerc de son état, sa maison de campagne dans le Morvan pour une semaine ? Le mystère demeure entier et peu importe.dominique rameau
Ce qui importe est la manière dont la jeune citadine (qui ne connaît que quelques noms de végétaux et d'animaux), va progressivement lier connaissance avec les quelques habitants et surtout va se fondre dans la nature, redécouvrant son corps , les éléments et les sensations. Un parcours initiatique qui parlera à tous les amoureux de la nature et du style. On a souvent envie de suivre Sybille, voire de l'imiter...
En apparence,il ne se passe presque rien, l'écriture ne fait pas d'effets de manches mais distille une vraie poésie  qui fait qu'une fois le roman dévoré d'une traite, je l'ai aussitôt relu pour mieux le savourer. Un grand coup de cœur !

Sanglier, Dominique Rameau, éditions José Corti 2016.

 

Et zou sur l'étagère des indispensables !

Un premier roman écrit par un écrivain né en 1947,roman  déniché à la librairie du Cyprès à Nevers, où il était mis en valeur. Là, j'ai trouvé ce que je ne cherchais pas, rejoignant ainsi sans le savoir ce qui était écrit dans le  texte de Dominique Rameau...

Laissez-vous enchanter à votre tour.