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06/01/2017

D'après une histoire vraie...en poche

"Coiffées, maquillées, repassées. Sans un faux pli. Combien de temps pour parvenir à cet état de perfection, chaque matin, et combien de temps pour les retouches, avant de sortir ? "

En couverture ,des photos  d'une jeune fille qui pourrait être l'auteure. Le titre. De multiples références à la vie privée/publique de Delphine de Vigan (son précédent  roman basé sur l'histoire de sa mère, son médiatique compagnon, François Busnel), autant de références qui semblent accréditer l'idée de réalité. Et on entre de plain-pied dans l'histoire de cette narratrice(Delphine) qui ne parvient littéralement plus à écrire une ligne (pas même pour une liste de courses), qui va tomber sous l'emprise d’une femme , "plume" pour des people en mal de confidences. delphnie de vigan
Roman d'une amitié toxique, mais aussi roman qui interroge la soif d’histoires "vraies" de notre époque, le texte de Delphine de Vigan m'a bluffée dans sa première partie. J'ai été moins enthousiaste pour la fin, moins convaincante, même si placée sous les auspices d'un maître du genre, Stephen King. Il n'en reste pas moins que j'ai dévoré ce livre, même si j'ai beaucoup tardé à le chroniquer !

Clara et Cuné m'avaient donné envie.

05/01/2017

Les Furies

"Je ne sais pas si je dois vous gifler ou vous embrasser.
-C'est l'histoire de ma vie, rétorqua Mathilde."

Enfant choyé, adolescent turbulent, Lotto est exfiltré par sa très riche mère, placé en pensionnat. Il part ensuite à l'université (Vassar) où il enchaîne les conquêtes d'un soir et découvre sa vocation de comédien. La rencontre avec Mathilde est éblouissante. La pureté de la jeune femme fascine Lotto. Ils s’aiment, se marient deux semaines plus tard, au grand dam de manman (sic) qui coupe les vivres.
Bohème enjouée. Mathilde fait vivre le ménage jusqu'à ce que Lotto découvre ses talents de dramaturge et accède à la notoriété. Couple en apparence parfait, Mathilde se fond sans rechigner dans l'ombre du grand homme.Mais "Le mariage est un tissu de mensonges. Gentils pour la plupart. D'omissions." et tout va bientôt se fissurer.lauren groff
Commencé de manière plutôt classique le roman de Lauren Groff ne ménage pas les surprises et ce jusqu'à la toute fin des Furies. Pourtant si la première omission est théâtralisée par celui qui la révèle, tout se fait de manière subtile et nous ne découvrons que progressivement les failles des personnages, leurs faiblesses soigneusement cachées, ce qui nous les rend d'autant plus proches. Nous ne tranchons jamais ,et si les pièces du puzzle se mettent peu à peu en place, l'impression d'ensemble reste une formidable maîtrise de la forme et un style tout en retenue mais où les vacheries ne sont jamais absentes. Un roman fascinant .

Et zou, sur l'étagère des indispensables !

Les Furies, Lauren Groff, traduit de l'anglais (Etats-Uis) par l’excellente Carine Chichereau, Éditions de l'Olivier 2016, 427 pages qui se tournent toutes seules.

Le billet de Cuné, aussi fascinée !

04/01/2017

Femme nue jouant Chopin...en poche

"Il y a un style de femmes qui, bien qu'ayant été ravissantes toute leur vie, connaissent une éruption de folle splendeur à l'approche de la cinquantaine."

Quand un texte commence de manière aussi parfaite (pour moi), c'est le gage qu'une excellente lecture s'annonce . Promesse tenue -et haut la main- par ce recueil de 16 nouvelles aux ambiances très diverses mais caractérisées par la tension parfois juste insoutenable qui les anime et la capacité de Louise Erdrich à se glisser aussi bien dans la tanière d'une Goth Lolita gothique que dans l'intimité d'un couple de scientifiques vieillissants .louise erdrich
La nature est forcément toujours aussi présente et l'on croise dans ces textes aussi bien des antilopes, des loups, des bisons, des chats, des chiens que des corbeaux. Et comment ne pas aimer une auteure qui fait dire à l'une de ses narratrices : "Les corbeaux sont les oiseaux qui me manqueront le plus quand je mourrai. Si seulement les ténèbres dans lesquelles nous devons plonger notre regard étaient composées de la lumière noire de leur souple intelligence.(...] J'ai observé ces oiseaux avec tant d'attention que je sens leurs plumes noires pointer sous ma peau."
Mais, bien évidemment, ce sens de l'observation, Erdrich l'exerce aussi l'égard des humains. Et leur comportement interpénètre souvent celui de la Nature, dont il emprunte parfois les ruses et parfois aussi la cruauté.Cruauté souvent adoucie par la compassion qui prend alors les chemins les plus étranges, les plus tortueux. Ainsi dans la nouvelle "Le lait paternel" dont je vous laisse découvrir toute la tendresse et la violence mêlée.
Qui manipule, qui est manipulé ? Erdrich semble sourire du comportement de ses personnages mais ne jamais s'en moquer, n'hésitant pas à ajouter quelques touches de fantastique ou d'humour dans les situations les plus tendues . Ainsi ce dialogue improbable dans un magasin d'armes :
"Exercices de tir ?
-Non. je dois tuer un mec qui fait du yoga.
-Défense du domicile alors."
à noter que L'auteure choisit , en faisant un pas de côté au moment opportun ,d éviter le pathos et/ou les situations prévisibles.
On trouve aussi dans ce recueil la course poursuite la plus lente et néanmoins la plus intense que j'ai jamais lue, le récit d'une amitié féminine , sereine, par-delà la douleur (un texte magnifique), des femmes, des hommes d'âges différents, Indiens ou non, contemporains ou pas ,mais qui tous nous émeuvent, font battre nos cœurs et nous donnent tout à la fois envie de savoir vite, vite ,ce qui va leur arriver et simultanément envie de retarder le plus possible le moment de les quitter. Quant au style de Louise Erdrich, il est sensuel, analyse au plus intime les sentiments, très imagé et sonne juste.Un vrai et grand coup de cœur pour commencer ce mois de novembre.

Et zou, sur l’étagère des indispensables !

01/01/2017

Remèdes à la mélancolie

Pour bien commencer l'année...

"J'aime l'idée du rendez-vous. Le rendez-vous avec un objet, un être, une saison, , un geste, un regard, un son. Ce sont les rendez-vous qui évitent la mélancolie." Alain Passard

Rituel dominical : de 10 h 15 à 11 h sur France Inter,  mon rendez-vous perso avec Eva Bester.Je n'y suis pour personne, la porte est close, revenez plus tard, merci. J'aurai le sourire aux lèvres, et noté certainement une ou plusieurs références de baumes pour l’âme ou d'antidotes consolatoires.51rKbES4QxL._AC_US218_.jpg
Un invité partage en effet avec nous ses remèdes à la mélancolie. Les commensaux et les antidotes sont éclectiques: "Films, chansons, livres...la consolation par les arts", tel est le sous-titre de ce recueil qui synthétise plusieurs années d'investigation, de quoi trouver sans aucun doute son p'tit bonheur du jour ou de l'année.
Je craignais dans la version papier le côté "catalogue" mais Eva Bester a su habilement contourner cet obstacle, commençant par un petit tour de l'évolution de la notion de mélancolie avant que de nous livrer les remèdes en tous genres: à manger, à boire, citations béquilles sans oublier "les choses à éviter", glanés au fil du temps, ainsi que de des extraits d'entretiens. Quelques généreux bonus, remèdes perso ainsi qu'une bibliographie complètent l'ouvrage.
On y apprend ainsi qu'étudier est choisi comme remède par Agnès Desarthe, Philippe Starck ou Geneviève Brisac, que les films de Woody Allen l’emportent haut la main et que René Char et Oscar Wilde sont les auteurs des citations les plus usitées... à consommer sans modération !

Remèdes à la mélancolie, Eva Bester, coédition France Inter Autrement 2016

Je vous souhaite de ne pas trop user de ces remèdes en 201 7 mais au cas où...

Meilleurs vœux pour cette nouvelle année ! Plein de bises !

Pour écouter, réécouter l'émission: clic !

09/12/2016

Nous allons mourir ce soir

"Le silence empathique est l'une des armes les plus sous-employées au monde"

La narratrice anonyme de cette novella de 60 pages  est une autodidacte, débrouillarde et pragmatique. Ayant dû quitter son métier de travailleuse du sexe- elle se présentait comme chargée de clientèle- pour des raisons médicales, elle se reconvertit en voyante: "Je suis spécialiste de la vision "ou "je suis dans les pratiques thérapeutiques." gillian flynn
Plutôt maligne et observatrice, elle n'est pas dupe des apparences de la société dans laquelle elle évolue. Ainsi décrit-elle ses clientes: "Ce sont des femmes dont le but principal est de vivre en ville, mais en gardant l'impression qu'elles sont dans une banlieue résidentielle."
 Quand Susan Burke vient se plaindre de sa  demeure et de l'ambiance inquiétante qu'y fait régner son beau-fils, le récit bascule dans un hommage aux lectures dont la narratrice est friande comme La Dame en blanc.
De drôle et enlevé, voire canaille,Nous allons mourir ce soir se révèle être dans sa seconde partie une cascade de manipulations quelque peu artificielle et c'est bien dommage.

Mais le début est un peu régal qui nous vaut quelques sentences bien assénées, même si un peu crues: "Les livres ça pourrait être temporaires; les bites sont éternelles."

Sonatine 2016

 

 

06/12/2016

Bureau des spéculations...en poche

"Mais mon agent a une théorie. Elle dit que chaque mariage est bricolé. Même ceux qui ont l'air raisonnables du dehors sont maintenus au-dedans par du chewing-gum, du fil  de fer et des bouts de ficelle."

Imaginez une histoire d'amour des plus banales en apparence: rencontre, mariage, bébé, difficultés du quotidien, usure du couple, sentiment d'insatisfaction, infidélité, couple qui vacille.jenny offill
Du vu et revu ? Certes. Mais la narratrice qui prend ici en charge le récit le fait de façon parcellaire, mêlant informations scientifiques collectées pour un travail d'appoint, maximes littéraires, souvenirs, bribes de chanson et de conversations. L'ellipse règne en maître, omettant tous les passages obligés d'un roman d'amour (la rencontre, par exemple), faisant confiance au lecteur pour combler les trous et deviner ce qui advient.
Que la narratrice ait écrit un roman et enseigne à l'université n'est évidemment pas un hasard, mais chacune d'entre nous se reconnaîtra dans les émotions qu'elle partage, en particulier avec sa fille nouvelle-née.

Un portrait de femme impressionniste qui ne manque pas d'humour.

D'abord un peu déroutée, j'ai dévoré avec enthousiasme ces 156 pages sensibles. Un roman qui m'a sortie, au moins provisoirement, d'une panne de lecture qui dure ! :)

Bureau des spéculations, Jenny Offill, traduit de l'américain par Edith Ochs, Livre de poche 2016.

 De la même autrice : clic.

 

05/12/2016

Les chemins noirs

"Je préférais demander aux chemins ce que les tapis roulants étaient censés me rendre: des forces."

On l'a connu fanfaronnant sur les toits parisiens, mais c'est un chalet montagnard qui aura eu presque raison de lui. Rafistolé par des médecins dont il s'étonne qu'ils ne lui aient reproché, Sylvain Tesson, désormais sourd d'une oreille, paralysé du visage et doté de quelques vis dans la colonne vertébrale, décide de se soigner à sa façon.Pour cela , il parcourt ce qu'il appelle Les chemins noirs, cette "géographie de traverse" qui subsiste, loin de l'aménagement imposé au territoire. sylvain tesson
Et c'est bien cette géographie, plus que le corps et l'âme en berne du narrateur qui sont au cœur de ce récit. Quelque fois sentencieux, mais le plus souvent poétique, Sylvain Tesson fait aussi quelques rencontres , parfois hautes en couleurs, mais le plus souvent fort modestes.
C'est cette poésie champêtre et cette modestie qui ont su emporter mon adhésion et me réconcilier avec le personnage et l'auteur.Le récit est bref et bien moins nostalgique que celui de Benoit Duteurtre, plus axé lui sur l'histoire.

Les chemins noirs, Sylvain Tesson, Gallimard 2016

06:00 Publié dans Récit | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : sylvain tesson

30/11/2016

De tout, un peu...novembre

 

 

Mariées rebelles, Laura Kasischke, inédit, édition bilingue,  poèmes magnifiquement traduits par Céline Leroy,  et préfacés par Marie Desplechin.41JMZhJMERL._AC_US160_.jpg

Enfin, le premier recueil de poèmes de Laura Kasischke, dont on n'entendait parler que dans les articles consacrés à celle que nous ne connaissions que comme romancière ! Et ce dont deux éditeurs lillois qui se sont lancés dans cette folle entreprise ! La préface de Marie Desplechin nous donne une folle envie de dévorer tout à la fois le livre et un baba au rhum (dont acte); quant aux poèmes, je vous laisse le soin de les découvrir. Il y est beaucoup question de femmes, de neige et d'amour.

Mariées rebelles *, Laura Kasischke, Traduction Céline Leroy, Editions Page à Page 2016, 183 pages hérissées de marque-pages

*(rien que le titre donne envie !)

 Les cosmonautes ne font que passer Elitza Gueorguieva41lEK-hQAEL._AC_US160_.jpg

Je vais jouer les trouble-fêtes dans le concert de louanges qui a accompagné ce premier roman écrit par une jeune bulgare, mais le "Tu" a sans cesse corné à mes oreilles et j'ai cherché en vain l'humour.

 

Livre pour adultes, Benoît Duteurtre, Gallimard 2016

Le billet de Cuné m'avait donné envie. Si j'ai admiré l'écriture, la nostalgie qui se dégage de ces pages m'a un peu laissée de marbre.418RM0JYA7L._AC_US160_.jpg

 

 

 

 

 

 

Pour finir, un coup de cœur pour une série que je n'ai pas terminé de déguster , mais rien que ce que j'ai déjà vu, à savoir la moitié, est un pur régal : THIS IS US.

Le destin de trois personnes nées le même jour, avec des rebondissements, des retours en arrière, des détails tirés du quotidien, le passé des États-Unis (années 80), des personnages hyper attachants, des histoires qui donnent le sourire, émeuvent, autour du thème de la fratrie et des différences. Le personnage du père (avec sa moustache !) est à lui seul un concentré d'humanité.p12900254_b_v8_aa.jpg

 

Le seul avantage de novembre est qu'il n'a que 30 jours, c'est déjà ça.

29/11/2016

30 ans (10 ans de thérapie)

"Pour ceux que ça intéresse, l'intégralité de la biographie de ma mère est disponible en live chez elle tous les dimanches vers 15 h30. (Et en version longue non censurée à chaque Noël)."

Nora Hamzawi, je l'avais quelques fois entendue sur France Inter,j'avais même lu quelques unes de ses chroniques dans Grazia (oui, ça m'arrive de lire Grazia et chez moi, pas dans une salle d'attente). Mais de là à lire ce "journal d'une trentenaire névrosée" regroupant ses meilleures chroniques, enrichi même d'inédits, ce n'était pas gagné d'avance. Et pourtant, j'ai dévoré.nora hamzawi
J'ai souri, j'ai admiré son culot (aucun sujet tabou), son autodérision permanente, son regard amusé, tendre et vachard porté à la fois sur elle-même et sur des situations du quotidien que nous avons toutes connues, trentenaires ou pas.
Le récit  du plombier qui lui explique comment ne pas boucher son sanibroyeur m'a fait hurler de rire! Ses coups de gueule ( in petto), sa manière de se compliquer la vie en suranalysant tout ou presque m'ont réjouie au plus haut point ! Quant aux illustrations de Anna Wanda Gogusey, elles sont en parfaite harmonie avec le ton du livre ! Un pur plaisir dont on aurait tort de se priver !

Merci à Madame ma fille qui m'avait conseillé de tenter l'expérience car elle-même avait beaucoup ri au spectacle de Nora Hamzawi ! Évidemment, le livre va filer chez elle :)

  • 30 ans (10 ans de thérapie), Nora Hamzawi, Editions Mazarine 2016 , 188 pages réjouissantes !

06:00 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : nora hamzawi

28/11/2016

Bridget Jones baby Le journal

"C'est névropathique, paraphrénique, adamantin, platitudineux, inepte, insane, macaronique...
-Vous pouvez traduire, Will ? demande le présentateur.- Une bouillasse totalement illisible, répond Will Sharp."

helen fielding

Bridget a renoué -et plus car affinités et cocktails alcoolisés -successivement avec ses deux ex. Problème: elle est enceinte mais ignore qui est le père de son enfant.
Sur une intrigue plus que légère,au dénouement prévisible, le roman ronronne gentiment, utilisant les bonnes vieilles recettes qui avaient fait le succès du premier opus, sans les renouveler.
J'ai même été un peu agacée par le cadeau somptueux que font les copines de Bridget à la future mère: une poussette de compétition qui doit coûter un bras mais bon, ce doit être mon côté schtroumph grognon qui ressort.
Néanmoins, je n'ai pas abandonné ce roman de détente qui fait le job.

Albin Michel 2016, 259 pages distrayantes.