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16/07/2018

Mariage contre nature

"C'était comme si son visage avait oublié qui il était."

Après quatre années de mariage, San, jeune femme au foyer, se rend compte que son mari et elle se ressemblent physiquement de plus en plus. Elle n'est d'ailleurs pas la seule à le constater, des regards extérieurs le confirment et une voisine lui recommande même une méthode un peu magique pour  récupérer son individualité.yukiko motoyaMalgré cette mise en garde,San, comme engourdie par le gras, l’alcool et les programmes de variétés que lui prodigue son mari ,se laisse pourtant glisser vers une fusion autodestructrice.
Dans ce roman, dévoration, phagocytage sont des métaphores (parfois crues) prises au sens propre du mariage. La narratrice est bien consciente de sa tendance à se laisser envahir par l'autre et multiplie les images végétales pour en rendre compte. 
C'est peut être d'ailleurs du côté de la nature et non de la culture (son mari après le travail veut juste se vider la tête) que viendra la solution.
Roman très court, un peu fantastique, Mariage contre nature séduira le lecteur qui n'aura pas peur de se faire un peu rudoyer .

De la même autrice: clic

 

13/07/2018

Votre commande a bien été expédiée ...en poche

"Ils parlent de tout et de rien, de choses minuscules, parce que les mots sont des armes, d'accord, mais ils sont aussi cette musique entraînante qui s'insinue entre les hommes, les femmes , les verres de vin, et fait glisser l'ensemble vers un engourdissement bienheureux."

Un simple dysfonctionnement: Eugène n'a toujours pas reçu sa cocotte rouge en fonte commandée via internet. Pourtant, elle ne vient pas d bout du monde mais le trajet Normandie Pays basque semble soumis aux aléas climatiques, hum.nathalie peyrebonne
Eugène ne se décourage pourtant pas, parvient à contourner les formulaires automatiques et établit un contact avec une conseillère clientèle de l'entreprise, Lucia. Commence alors un échange d'abord épistolaire, souvent très drôle,  qui débouchera sur une vraie rencontre.
Par petites touches, avec humour et tendresse, Nathalie Peyrebonne entraîne son lecteur dans un monde qui glisse  avec douceur dans un fantastique très léger (façon homéopathie) pour mieux interroger les rapports que nous entretenons avec la réalité (qui hoquette dans la dernière partie du roman).
Les personnages sont attachants, la langue alerte, on se sent bien avec Eugène, Lucia et tous les autres autour de la cocotte rouge.

 

De la même autrice: clic.

 

12/07/2018

Sinon j'oublie

"Je me demande comment il perçoit les gens. Est-ce que , dès qu'il voit un homme , tout devient flou et imprécis, alors que quand c'est une femme, il la voit nette ? En tout cas, depuis le mariage pour tous, il ne me salue plus. Il m'a clairement dit que je faisais ce que je voulais de ma vie, mais que le mariage entre deux hommes, c'est non, point final. ça tombe plutôt pas mal, parce que je ne comptais pas lui demander de m'épouser. Il ne ressemble pas du tout à James Franco, Fournier. Même en voyant flou."(Serge)

Les listes de commissions trouvées et collectionnées par Clémentine Mélois sont ici le prétexte et le support à  l'élaboration de textes où s'expriment des "Je" qui se libèrent du prosaïque (les courses) pour mieux se livrer à des réflexions éclectiques sur leurs préoccupations -grandes ou petites- du moment.clémentine mélois
C'est aussi un portrait éclaté et en creux de notre société où l'on évoque en vrac le mariage pour tous, l'évolution de l'épilation du maillot, les souvenirs de pension, l’utilisation d'internet par les hypocondriaques : "Vivement mon rendez-vous chez le médecin tout à l'heure, qu'il me confirme les soupçons de cancer que j'ai pu déceler grâce à internet . Histoire que je ne me sois pas inquiété pour rien."
En vis à vis, le fac-similé de la liste, qui nous permet tout à la fois de relever les fautes d'orthographe, de jouer les apprentis graphologues et d'apprécier la manière dont l'auteure a su "interpréter" ses listes souvent révélatrices d'un mode de vie /et ou de pensée. Ainsi, celui qu'elle a baptisé "James" et qui a donné lieu au texte reproduit in extenso ci-dessus, a-t-il indiqué  " -mozaréla"sur sa liste et a précisé en dernier item "-vérifier orthographe mozaréla". D'un clic à l'autre peut être en est-il en effet arrivé à  s'autodiagnostiquer un cancer...

C'est souvent drôle, vif, plein d'invention, je me suis régalée.

Grasset 2017

 

Keisha m'avait donné envie

 

10/07/2018

Dysfonctionnelle

"Ma folle dont j'étais affolée."

Plus Dysfonctionnelle que la famille de Fidèle, alias Fifi, la narratrice de ce roman , y a pas. Jugez un peu : le père qui tient un bar ("Le bout du monde") va régulièrement effectuer de petits séjours en prison car il s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment (sic). La mère, elle, fuit une réalité traumatisante et se réfugie dans une folie plus ou moins douce. Quant aux enfants, Dalida, Alyson, JR, Jésus, Gregorio et Fidèle donc, ils constituent un bel éventail de cas sociaux , plus ou moins sympathiques.axl cendres,gay friendly
Quand Fidèle,  détectée à l'adolescence comme ayant une intelligence  précoce, est amenée à étudier dans un lycée rempli d'ados ayant des familles "fonctionnelles", cela ne va pas être sans heurts, mais c'est là qu'elle va rencontrer l'amour de sa vie sous les trait de la belle Sarah.
Axl cendres , dans ce roman destiné à la jeunesse  choisit de ne pas tomber dans le pittoresque gratuit. Ses personnages sont certes hauts en couleurs, mais la fratrie n'est pas forcément soudée.
Quant à l’intolérance face à l’homosexualité féminine, elle ne viendra pas forcément de là où on l'attend.
D'ailleurs, ce n'est que réside le principal problème de cette relation, mais bien dans l'opposition entre deux modes de vie.
Un roman tendre, généreux et optimiste.

Sarbacane 2015.

305 pages qui se tournent toutes seules.

09/07/2018

La ballade de Cass Wheeler

"Elle eut alors l’étrange sensation déboussolante que sa vie se résumait ainsi à une succession d'alliances mouvantes-rien de stable, rien de définitif, les êtres sortant aussi subitement de son existence qu'ils y entraient."

Seize chansons, "Ces moments figés, ces instantanés qui cherchent à saisir un lieu, une personne, un sentiment, avant leur disparition, leur perte définitive.",  comme autant de jalons dans le parcours à la fois personnel et professionnel de Cass Wheeler, chanteuse auteure-compositrice, voilà ce que nous invite à découvrir ce nouveau roman de Laura Barnett.laura barnett
A l'instar de Joan Baez, son héroïne a connu son heure de gloire dans les années 70, mais Cass a mystérieusement abandonné sa carrière.Des années plus tard, la voici de retour via seize chansons qu’elle doit choisir.
 Connaissant un parcours chaotique, marqué par de nombreuses souffrances psychologiques, et ou physiques, Cass ne déroge en rien aux clichés attachés aux song writers, sauf par son ambition assumée, ce qui n'est pas rien pour un personnage féminin.
Il n'en reste pas moins que Laura Barnett peine à nous la décrire vieillissante de manière convaincante.
Un roman qui connaît des baisses de régime, mais que l'on prend néanmoins plaisir à lire au soleil car il remplit le contrat annoncé par le genre abordé.


Les escales 2018, 530 pages et la possibilité 'écouter aussi les chansons de cette ballade de Cass Wheeler imaginées et interprétées par Kathryn Williams.

 

 

08/07/2018

Deux en un : tag et bloganniv' (avec 1 jour de retard, mais on s'en fiche)

La torpeur estivale (et je dois bosser encore une semaine, sortez vos mouchoirs les gens !) explique la procrastination, tant pour ce tag que pour les douze ans de ce blogdinosaure.
 Mais je n peux rien refuser à Cuné, alors, au boulot !

Les coulisses du critique

 

 Avis, Critique, Recension et/ou Ressenti ?

Ressenti, bien sûr. Il semblerait que la guéguerre entre journalistes et blogueurs ait fait long feu, ne la rallumons pas. Je ne suis pas une pro et c'est tant mieux.

Le choix du livre
 
L'auteur, la couv', les avis des autres blogueurs, ceux des journalistes (parfois a contrario: si untel que je déteste a aimé, je fuis !) , le thème, certains mots du titre qui fonctionnent comme un aimant irrésistible ("maison", "chien"...entre autres, c'est grave , docteur ?), tout peut déclencher l'envie de lire.

Cas particulier : Parfois, pas besoin de choisir, les livres viennent à toi via les SP, ou Service de presse.

A L'exception de Babelio ou Netgalley, je ne signale jamais quand il s’agit d'un SP. J’estime être assez grande pour rester objective dans mes billets. Au besoin, je ne parle pas du livre , pas besoin de taper sur un auteur qui ne m'a rien fait.
PS: je ne réponds jamais favorablement aux demandes  d'auteurs auto-édités (surtout quand le mail d'intro est bourré de fautes , de tournures ampoulées, exaltées, ou quand les thèmes ressortent du grand guignol : des femmes nues galopant sous la lune, non, je n’exagère pas, hélas).

Mettre ou ne pas mettre la quatrième de couverture ? That is the question.

Nan, elle en dit souvent trop long.

Prise de note

Jamais, je ne suis pas une pro, vous dis-je.Mais à moi les marque-pages pour les passages remarqués et remarquables.

Rédaction

Idéalement après avoir lu le livre. Au pire, le livre stagne sur mon bureau, prend la poussière et je zappe.

Serré ou plutôt long ?

L'idéal serait la façon haïku.J'aime aller à l’essentiel, mes billets longs sont rares.

Divulgâcher, moi ! Jamais

 Les divulgâcheurs mériteraient de connaître le Système du docteur Goudron et du Professeur Plume, cher à Edgard Poe (tout comme certains  coiffeurs de footballeurs, d'ailleurs).

Ils en pensent quoi les autres blogueurs ?

Ils sont ma principale inspiration dans le choix des livres , mais, si j'avais déjà vaguement envie du roman roman , je lis le billet en diagonale pour ne pas être top influencée, je relis ensuite plus à loisir, et tague si j'ai le temps.

Citation

Oui, trois fois oui. Mon péché mignon, avec les métaphores, bien sûr.

Tager ses billets

Voir plus haut.

Noter ses lectures

Certains sites le demandent, je m'y plie donc mis à regret. On nous demande tout noter  dès qu'on sort d'une boutique ou d'un site, ça suffit.

Les affiliations
Jamais.

 La reconnaissance

Celle des lecteurs qui fréquentent mon blog (et certains depuis 12 ans, merci à eux!) me suffit amplement.

Je passe le relais à quelqu'un qui aura encore un peu d'énergie !

les coulisses

 

03/07/2018

Cent titres

 Quand l'auteure nous fournit gracieusement une présentation de son travail, autant en profiter : "Clémentine Mélois est une artiste française née en 1980. Cent titres, publié en 2014, est une bibliothèque imaginaire faite d'images truquées. Ce jeu formel et sémantique amuse, et interroge notre attente et notre réception du livre, des mots et des images."

Page de gauche, Clémentine Mélois fournit les (éventuelles) clés nécessaires pour repérer les éléments combinés sur la page de droite présentant la couverture d'un classique de la littérature revisité d'une manière ludique.clémentine mélois
Nul n'est besoin d'être fin connaisseur de la littérature, comme j'ai pu le lire ici ou là, mais aimer les jeux de mots, les approximations, les calembours et la culture populaire vous permettra de goûter pleinement ces cent titres et d'éclater de rire !
Les textes, eux aussi , possèdent un humour discret mais efficace.
On ne s’étonnera donc pas, jonglant avec les mots et les images, que Clémentine Mélois ait rejoint les rangs du OuLaOup, enfin de l'OULIPO bien sûr (Ouvroir de LItérature Potentielle)

Testé et approuvé par mon fils de bientôt 19 ans qui, n'étant pas un littéraire a néanmoins su apprécier Maudit Bic d’Herman Melville, Père et gay de Léon Tolstoï , Nuit Tranquille de Paul Verveine ou les décalages photographiques des couvertures de la collection poésies/Gallimard...(Rimbaud/Rambo...)

02/07/2018

#LaNouvelleVieDeKateReddy #NetGalleyFrance

"Hélas, s'il y a un cadeau qu'on ne peut offrir à ses enfants, c'est la perspective."

Nous avions connu Kate jonglant entre son boulot très prenant à la City, son mari et ses enfants (Mais comment fait-elle ?), nous la retrouvons quelques années plus tard, flirtant dangereusement avec la cinquantaine.
Dotée d'une maison pleine de charmes et de réparations nécessaires en pagaille, d'un mari en pleine crise de milieu de vie (façon vélo et méditation), d'ados accro aux réseaux sociaux ou aux jeux vidéo, sans compter les (beaux)-parents qui commencent à cumuler les ennuis de santé, Kate a toujours aussi fort à faire.
Mais l'argent venant à manquer, il faut qu'elle retrouve un emploi tout en affrontant une péri-ménopause tout sauf agréable.allison pearson
A la fois drôle et percutante dans son analyse de la situation faite aux femmes de son âge sur le marché du travail, Kate c'est nous en mieux.
Pleine de bon sens, n'hésitant pas parfois à appeler un chat un chat et à évoquer sans fard les inconvénients de la ménopause, façon Whoopi Goldberg citée en exergue ("Personne ne vous prévient que vous allez vous déplumer du pubis."), elle sait aussi se montrer émouvante.
On rit, on applaudit mentalement à certaines de ses analyses et on a aussi parfois le cœur serré. Bref, on trouve ici tous les ingrédients d'un excellent roman qui sait nous divertir sans pour autant tomber dans la facilité.

 

Cuné est enthousiaste !

Le cherche-Midi 2018