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20/03/2010

Couleur femme

Juste quelques notes pour vous signaler au passage trois livres de chevet (et/ou de sac) qui m'accompagnent en ce moment et viennent de paraître:413KfN3a3zL._SL500_AA240_.jpg

*Quelqu'un plus tard se souviendra de nous qui de Sapphô à Kiki Dimoula en passant par Emily Dickinson ou Sylvia Plath, regroupe des "tranches" d'oeuvres poétiques écrites par des femmes, parues aux Editions Gallimard. Rien de bien neuf donc mais un aperçu permettant de donner envie d'aller plus loin dans la lecture.

 

*Couleur femmes, bien plus intéressant car présentant des auteures francophones contemporaines dont certaines ont confié des inédits. Des textes écclectiques montrant la force et la diversité des écritures. Une très intéressante biobibliographie pour poursuivre la découverte. Un indispensable.
Poèmes de 57 femmes et une préface de Marie-Claire Blanquart,  au Castor Astral.
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* Pas revoir suivi de Neige rien de Valérie Rouzeau aux éditions de La petite Vermillon. Des textes très abordables qui disent la mort du père  sans aucun pathos, en disloquant  les phrases, en triturant les mots mais en livrant une émotion intacte.
Valérie Rouzeau a traduit Sylvia plath et a écrit des textes pour Indochine.
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29/09/2009

Les radis bleus

Même s'il réclame des mots simples pour la poésie, Pierre Autin-Grenier sait utiliser les mots précis qui disent le travail à la campagne,le passage des saisons, dans ce journal poétique.  Tour à tour bougon et ironique, facétieux et grave, Pierre Autin-Grenier chahute son lecteur, ne le laisse pas en repos mais sait toujours le séduire au détour d'un paragraphe, le nombre  de pages cornées  en témoigne...

Juste quelques passages, histoire  de vous donner envie à votre  tour...510YH526VSL._SL500_AA240_.jpg

"Lundi 27 juin, St Fernand

Le bonheur toujours menace et  parfois même  d'obscènes  bouffées de bonté m'amène comme une odeur d'ail rance dans la bouche. me voici à deux doigts de  prêter cinq sous aux indignets et trouver bien du talent à tous mes amis.Mon Dieu !  comment  se sauver de ces choses horribles ? !..."

"Jeudi  15  décembre Sainte Ninon

Dormir était un vrai chantier ambulant,  on se roulait dans le sommeil comme dans un champ de patates douces, on se lovait au creux des souches en lérots rêveurs, on s'enveloppait dans des manteaux de marmotte pour voyager les yeux fermés dans des contrées immobiles. Il nous arrivait de dormir debout et cela nous allait bien."

D'autres citations chez Antigone, la vile tentatrice ! :)

Les radis bleus, Pierre Autin-Grenier,  Folio.

 

18/07/2009

poèmes cités dans "papa et maman sont dans un bateau"

Heureusement  qu'il y a internet car si j'avais tout de  suite  identifié  "la môme néant" ici lue par l'auteur, je  ne connaissais pas le premier poème appris par Esteban dans le roman de Marie-Aude Murail.gers2.jpg

Vous le trouverez ici ("Monsieur")

06:03 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : jean tardieu, geo norge

08/03/2009

un livre qui ne sent pas la naphtaline...

Dans sa préface, l'écrivaine Régine  Deforges souligne avec force la part congrue que les anthologies ont toujours réservé aux  femmes.*
Ces Poèmes de femmes qu'elle a rassemblés ne visent pas l'exaustivité mais veulent "donner à aimer des poètes qu'[elle] apprécie" et dont beaucoup nous sont totalement inconnues , victimes d'un double ostracisme : ce sont des  poètes et en plus des femmes.
Oui, Régine  Deforges est féministe et se revendique comme telle, même si cela est passé de mode aux yeux de  certains. Pour autant les textes qu'elle offre à notre lecture ne sont pas forcément  militants, ils se révèlent éclectiques, tant par leurs thèmes que par leur écriture.9782749112084R1.GIF
Ainsi s'ouvre à nos yeux tout un pan de la poésie ancienne mais surtout contemporaine . J'ai pu y faire de très belles rencontres : Louise Herlin,  Odile Caradec,ou Claire Boitel, pour n'en citer que quelques-unes.
Pour célébrer tout à la fois la journée  internationale de la femme et le printemps des poètes.

Régine Deforges, Poèmes de femmes, le cherche midi éditeur.

* On peut en dire tout autant des émissions littéraires à la télévision, enchaînant sans relâche des plateaux entièrement masculins,et, de loin en loin,  un plateau totalement  féminisé. Exception notable : Michel Field, dont l'émisson tardive hélas, s'avère un peu plus équilibrée...

19/02/2009

Une sarabande de questions

La neige, la  forêt, mes cailloux, l'école, les murs, la corde, la lucarne, un nuage, à quoi servent-ils ?  C'est à ces questions et à bien d'autres que répond  poétiquement Vénus Khoury-Gahata,  dont le nom est à lui seul déjà un régal.
Ouvrir son recueil  c'est entrer dans un monde à la Chagall, un monde  de fablesoù  l'âne peut avoir des ailes , un monde tout bruissant d'insectes et frémissant d'oiseaux, où le linge claque au vent et où les arbres sont migrateurs.
Un univers douillet, dominé par des figures maternelles et grand-maternelles qui prodiguent de savoureux conseils:511JtktkcrL._SL500_AA240_.jpg

"Ne tournez pas les  pages à l'envers criait la mère

Les mots inversés ont le  vertige

L'encre tourne comme du mauvais lait"

Une  poésie où le quotidien décolle soudain dans la fantaisie la plus folle et la plus tendre où  "la cuisson d'une étoile est affaire de  jardinier", un univers qui réchauffe le coeur et donne envie  de se plonger tout à trac  dans l'oeuvre de Vénus Khoury-Ghata.

 

A quoi sert la neige ? Vénus Khoury-Ghata. Le  cherche midi.56 pages à savourer.

02/01/2009

La ronde des jours


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20/11/2008

Quand tu seras mort Tu me donneras un souvenir ?

Le temps qui passe, la disparition , la vieillesse mais aussi la fraîcheur de l'enfance et les liens qui unissent petits -enfants et grands-parents, tels sont les thèmes  qui courent au sein du recueil de Jean Rivet, Le soleil meurt dans un brin d'herbe.
Avec des mots simples, des mots de tous les jours, le poète dit le quotidien "Soucoupes blanches et fêlées (...)Et toi   / Dans l'hypermarché",la beauté de la nature, dont les feuilles mortes se mêlent à celles d'un livre...livre15.jpg
Il m'a  fallu relire ces poèmes pour bien en apprécier la beauté faussement naïve, prise  que  j'étais dans un premier temps par les illustrations d'Aude Léonard.  Jamais  redondantes, ces  photos montages transportent  le lecteur dans un univers onirique où chaises et chaussure se promènent à leur guise, où les mots du poète s'affichent en liberté...

Encore une réussite des éditions Motus !

Le soleil  meurt dans un brin d'herbe. Editions Motus. Jean Rivet. Illustrations d'Aude Léonard.

 

Un coup de coeur pour Brize !

 

17/10/2008

Des vaches dans les nuages...

Grâce à Bellesahi qui m'avait envoyé ceci, j'ai découvert les  Editions Motus. En me baladant sur leur site, je ne pouvais que craquer sur  Une vache dans ma chambre .
Avec des mots en apparence très simples,Dominique Cagnard nous entraîne dans un monde à la fois onirique et très ancré dans la réalité :

"ETINCELLE

Elle mâche en dormant

et dort en se frottant à la lune.

Penchée

sur le livre de la prairie

Elle se laisse écrire par le vent."

En vis à vis de chaque texte, un photo montage en dégradés de noirs et blancs, qu'il faut prendre le temps d'observer pour ne rien rater des détails qu'y a semés Aude Léonard.
Dès la couverture d'ailleurs nous entrons  dans une autre dimension (j'ai d'abord cru que le titre avait été imprimé à l'envers avant de me  rendre compte que c'était le reflet d'une vache (invisible sur la berge) qui se donnait à voir dans l'eau :))livre18.jpg
Quant au papier , épais juste ce qu'il faut et visiblement recyclé, il contribue à ce magnifique travail d'édition.

Dominique Cagnard aux mots et Aude Léonard aux images ont concoté une pure merveille, aussi bien pour les  amateurs de poésie que pour  les amoureux des vaches !

Un extrait du livre ici.

26/06/2008

8 Millions de lecteurs dans le monde .

J'avais envie de poésie et bien en vue dans le rayon,il y avait  L'anniversaire de la salade , titre qui  avait tout pour plaire à l'épouse de l'Homme qui ne conçoit pas un repas sans salade, et un bandeau encore plus intriguant, surtout pour de la poésie. En lisant la  postface du traducteur, nous apprenons que ce recueil s'est vendu à trois millions d'exemplaires au Japon dont un million le premier mois.Je me demande bien dans quel pays on peut atteindre de tels chiffres avec un livre de poèmes...Le décalage entre l'image que nous avons du Japon, pays des robots qui vont bientôt remplacer l'homme (voir ici) et cet engouement fabuleux pour un recueil de tankas contemporain (paru il est vrai  au  Japon  il y a une vingtaine d'années) est assez vertigineux.51SY2SD3FtL
J'ai commencé  ce recueil par la postface et je vous engage à faire de même car le traducteur,Yves-marie Allioux, nous explique très bien les  problèmes  de traduction et les  choix qu'il a dû  faire pour se rapprocher au plus près de l'esprit de ces vers de ces cinq séquences rythmiques 5-7-5-7-7 qui normalement s'écrivent sur une seule ligne verticale.
Mais  plus encore, il est peut être utile de lire ces  poèmes dans la continuité car s'y lisent des fragments d'histoires d'amour, des débuts, étincelants à la fin plus morne. Libre ensuite à  nous d'y picorer et de  revenir sur nos tankas préférés.
Tawara Machi  avait une vingtaine  d'années quand elle a rédigé ces textes mais elle fait preuve d'une grande maturité pour saisir ces instants de vie si fugaces et si lumineux.

Quelques exemples parmi mes préférés:

"Emmaillotant les senteurs du soleil
je plie ces serviettes de  toilette Pour moi aussi
le jour viendra sans doute où je serai mère"

"D'un claquement j'ai étiré la chemise
et tandis qu'elle sèche mon coeur au soleil
devient transparent de blancheur"

"Il n'y a pas de quoi en faire un drame Posée
sur ma  main droite toute ma vie solitaire
dans ce citron pourri"

Mon livre de chevet.

 

06:05 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (15)

20/03/2008

Meuh non, j'avais pas oublié ...

j'attendais juste le  printemps  (du calendrier !) pour poster ce rouleau envoyé par Bellesahi !419WQ3JhuXL

"Je me suis lové
Dans le nid d'un haïku.
Printemps de poète."

Paul Bergèse

Et un autre pour lui faire écho :

"Dans la fente intime
  de la forêt en fleurs
un souffle de branchies"

Yagi Mikajo

Extrait de Haïku du XXème  siécle ;  Le poème court japonais d'aujourd'hui,  collection Poésie/Galliamrd

06:00 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (4)