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29/04/2011

Liliane, fais les valises

"Paf le subjonctif, pensa Liliane."

La fameuse injonction de Georges Marchais à sa femme est le point de départ qui a inspiré Jean-Bernard Pouy pour cette réjouissante satire , non pas du Parti Communiste Français , mais des colloques de Cerisy.jean-bernard pouy
Si la trame du récit est en elle même bien légère , les coups de griffe donnés aux universitaires coupeurs de cheveux en quatre sont bien portés et les annexes font à elles seules le bonheur du lecteur. On y découvrira entre autres le point commun entre le grand Charles et le catch, sans oublier un traducteur bien particulier... Mon annexe chouchou ? Celle étudiant avec un immense sérieux la place du suppositoire dans le roman français, tout un programme !

Une nouvelle d'anticipation sociale (j'avoue avoir un peu zappé le côté anticipation de l'oeuvre : les livres papiers ont disparu de la surface de la terre) faisant partie d'une nouvelle collection ayant comme point de départ, je cite" La phrase  qui s'installe dans la mémoire de chacun, car elle résume à elle seule un état de nos sociétés."Une jolie réussite !

 Liliane , fais les valises, Jean-Bernard Pouy, Collection quelqu'un m'a dit ( !)Les éditions de l'atelier In8 2011, 60 pages grinçantes et cocasses.

Merci Cuné !

21/04/2011

C'est jeudi, c'est philosophie

Sur une idée de Chiffonnette ...

ayant subi l'influence de la tentatrice Dominique, j'ai évidemment craqué sur une mine de citations potentielles: Dans un livre , j'ai lu que ...

"Dans un livre, j'ai lu que Schopenhauer se méfiait de la lecture: "Lire c'est penser avec le cerveau d'autrui." Très bien . mais dans ces conditions , lire Schopenhauer, c'est quoi ? "

 

Je ramasse les copies tantôt  !

01/04/2011

TENTACULES et manivelles

"Les voyelles, c'est toujours plus sucré."

béatrice fontanel,pêché au salon du livre,il s'imposait en ce premier avril mais ce n'est pas un poisson c

Les mots, Béatrice Fontanel les écoute, elle les goûte, elle se les met en bouche, les faisant rouler, les faisant crisser. Elle les scrute aussi, se laisse envahir par eux de manière obsédante , véritable "pythie à palabres", jouant de la typographie et de l'espace pour mieux les mettre en scène.
Citation rimbaldienne  tournant en boucle comme un mantra, ("le frais cresson bleu") et qui s'épuisera , portraits de mots en quelques vers, distiques , poèmes en prose courts ou longs , Béatrice Fontanel s'approprie de multiples formes pour célébrer les mots .
Ils partent en vrillent ou sont tenus serrés;  de registre courant ou soutenu , tous ont droit de cité pourvu qu'ils suscitent une sensation de soudaine étrangeté. On redécouvre ainsi ces

"Mots, têtards sonores, qui frétillent
dans le cartilage des oreilles
Bulles d'écume, borborgygmes
minuscules."

Assonances et allitérations claquent au vent , Ecoutez..., Ecoutez..., nous conseille l'auteure .On renonce aussi à corner les pages,( autant tout corner, on ira plus vite ), et on savoure à toute allure ces 168 pages avant que d'y repiocher au hasard de nouvelles saveurs, mais aussi de prendre le temps de regarder plus en détails ces illustrations échappées de vieux dictionnaires qui donnent un charme fou à l'ensemble.
Un énorme coup de coeur, zou sur l'étagère des indispensables et dans la foulée, commande d'un autre recueil, plus ancien de l'auteure !*

Tentacules et manivelles, Béatrice Fontanel  La petite vermillon 2011.

* moins convaincue par celui-ci, d'une toute autre tonalité : La ménagère carnivore.

11/03/2011

Pfff

"Walter n'est pas en pleine forme, il oxymore follement, il a le chiasme en délire, il trope à s'en écorcher l'âme."

Attention : soit vous adorerez ce livre, soit vous le laisserez tomber en expirant sont titre : Pfff !
Je l'ai moi-même abandonné dans un premier temps , trouvant les personnages  un peu trop pimpants, mécaniques, comme ces personnages de baromètres qui sortent tour à tour et ne se rencontrent jamais mais je ne sais quoi dans le style, m'avait donné envie de lui redonner une chance et j'ai bien fait !hélène sturm,surprenant,fascinant,pétillant
Car oui, les personnages évoluent dans un tout petit univers , un quartier, quelques immeubles et deux bistrots mais ils sont versatiles, plus complexes qu'il n'y paraît à première vue, changeant de noms ou de prénoms au détour d'un paragraphe , au fur et à mesure de leur évolution, discutent des subtiles couleurs des cachemires , posent des caméras indiscrètes ou assassinent sans état d'âme avant que d'écouter un fado.
Il est beaucoup question d'amour,  de littérature et on fait le grand écart entre Belle du seigneur qu'abhorre un personnage, rêvant de le jeter au fond d'une poubelle de restaurant pour que personne en vienne l'y chercher ,même avec des pincettes et les petits livres bleus que rêve d'éditer Odile, lectrice pour une maison d'édition.
C'est délicat, parfois coquin, plein de charme et de fantaisie, la langue est riche mais sans affectation, (on rêve d'un cachemire fuligineux ) et on cherche le nom adéquat pour un magasin ou pour un animal avec une précision exemplaire.
Le style est ample et délié, on devine l'auteure gourmande de mots, et une fois intégré les nombreuses surprises du texte, on se laisse porter par ce récit qui ne cède jamais à la facilité du tout-beau-tout-rose et se conclut par une dernière pirouette qui clot le livre sur lui-même. "C'est aussi délicieux que le toboggan à quatre ans, le grand huit quand on en a douze , que le premier crime quand on est un tueur débutant."

Pfff, hélène Sturm, Editions Joëlle Losfeld 2011, 234 pages délicieuses.

Merci à BOB et aux Editions Joëlle Losfeld

10/03/2011

A la recherche du paon perdu

"Maurice avait raison,on ne pouvait pas être deux minutes tranquille dans cette maison ! C'était pire que dans ma chambre, ici ou quoi ?"

Mollux n'a rien d'un super héros: c'est un adolescent grand dévoreur de mousses au chocolat et de dictionnaires, cette dernière caractéristique lui permettant d'affubler ses profs de surnoms assez bizarroïdes. Tout aussi étrange est son père, qui ne lui a parlé que deux fois, ce qui lui vaut le sobriquet de Sauf2fois.angélique villeneuve
Oui mais voilà ce paternel plutôt mutique va rapporter un jour, en douce, à la maison un paon ! Paon qui va bientôt disparaître. Ainsi que Sauf2fois peu de temps après. Commence alors une folle aventure où Mollux va entraîner son compère l'inénarrable Procopé et où il gagnera bien plus que la solution d'une énigme: la découverte-au moins partielle- de son père.
Attention, bouclez vos ceintures avant d'embarquer dans le monde complètement foldingue de Mollux et de sa famille ! Entre la mère (l'Outarde) qui se lance dans de hasardeuses créations culinaires ("un délicieux mélange d'endives un peu brûlées, de farine, d'eau, de cacahuètes et de tranches de jambon élastiques" , Procopé qui "vit en altitude, et [dont] le haut de la tête a la forme d'une roquette antichar", le chat SoupeChaude et tous les autres personnages farfelus en diable vous n'aurez pas le temps de souffler une seconde !
Mollux , roi de l'autodérision,"Pendant que j'hésitais devant le présentoir (Matières grasses végétales hydrogénées, sirop de glucose, extraits de malt,lécithine de soja, lactosérum en poudre, comment choisir parmi tant de  merveilles? )"  porte un regard moqueur sur le monde des adultes "Un divorce, une baraque en pente et un petit divan en skaï. les adultes ont parfois des rêves un peu rétrécis, vous n'êtes pas d'accord avec moi? " et a le chic pour croquer en quelques lignes acérées quiconque croise sa route,( surtout ses profs, mais c'est de bonne guerre !).
Angélique Villeneuve passe à la moulinette la vie d'une famille en apparence des plus ordinaires mais en profite aussi pour rappeler que si l'adolescent est parfois une énigme pour ses parents, l'inverse est aussi vrai. Un cocktail d'humour et de tendresse pour un roman que les parents chiperont à leurs rejetons !

A la recherche du paon perdu, Angélique Villeneuve, Les grandes personnes, 2011, 189 pages dans lesquelles vous allez adorer vous glisser !

06/01/2011

C'est votre vrai nom ?

"On ne fait rire qu'avec des choses vraies, ou qui pourraient être vraies."

Sylvie Joly égrène ses souvenirs, ce n'est pas à proprement parler une biographie, et on la suit ainsi, de manière parfois une peu hachée, de son "enfance délicieuse" où ellle montre déjà un bel aplomb, affirmant dès l'âge de trois ans, parce qu'elle a peur de la mort "Je n'aime pas le bon Dieu, il fait des cadeaux pourris." aux coulisses des théâtres où elle s'épanouit enfin après avoir fuit une carrière d'avocat.41scrJnUB+L._SL500_AA300_.jpg
Généreuse, elle partage avec nous ses rencontres mais aussi certains textes de ses auteurs favoris (ainsi les remerciements que lui avait écrits son frère Thierry En cas de Molière) ou son hilarant Quasi-questionnaire de Proust.
Le tout se termine sur une note à la fois plus noire mais pleine d'énergie quand apprenant qu'elle est atteinte d'un syndrome parkinsonien, elle s'exclame -Ah c'est quand même une belle merde !"
Un portrait mosaïque plein d'un charme un peu désuet (j'ai noté au passage quelques savoureuses expressions que j'ignorais totalement) et d'un humour parfois vachard ,qui donne envie de rééecouter certains classiques de notre si Joly Sylvie.

Merci Cath !

 

 

 

29/12/2010

Chroniques d'une prof qui en saigne

"Ah mais Manolito, il est assidu. Je lui fais prendre une douche tous les jours."

C'est (un peu) par pur masochisme et beaucoup parce que Cuné me l'a offert pour NoWel que j'ai ouvert ce livre. Je m'attendais à être agacée par ce style d'jeun's à tous crins (qui risque vite de passer de mode ) mais qui a le mérite d'insuffler du rythme et de la pétillance à ce qui sans quoi serait un constat assez consternant de la vie d'une prof dans un collège de campagne (on se demande ce que ça peut donner en ville où là les élèves sont réputés plus craignos encore !).510Zv9yMhzL._SL500_AA300_.jpg
Agacée je l'ai été par le côté (assumé et revendiqué) 8 ans d'âge mental ,dixit l'auteur, ainsi que par l'aspect un peu démagogique (tout autant assumé) de cette prof. Si je m'amusais à coller des stickers argentés sur leurs copies, je crois que mes nélèves appelleraient aussitôt les pompiers !
Evidemment je n'enseigne pas comme elle à des nains de jardin de 1 , 28 mètre mais à des loustics qui ont au bas mot trente centimètres de plus que moi , et ne fréquente le collège que par fiston interposé, mais au final j'ai lu d'une traite ce témoignage tour à tour désolant et désopilant car Princesse Soso se dépêche d'en rire avant que d'en pleurer.
J'ai a-do-ré quand Princesse Soso se gausse du prof modèle mis à l'honneur et de ses méthodes prétendument révolutionnaires ! Soso écrit ici ce que les enseignants répètent depuis des années , mais bon, ça fait du bien de le lire !
Les profs s'y reconnaîtront sans doute, les parents- impliqués- seront  ravis de découvrir les coulisses du métier, quant aux géniteurs des Kevvin, Sullyvan et autres Kimberly hé bien, ils s'en tamponneront le coquillard et ce sera tant pis pour eux !

En tout cas, j'aurai passé un excellent moment, merci Cuné* !

* chez qui vous trouverez plein de liens que j'ai la flemme de recopier, c'est bien connu les profs sont rien que des feignants !

Une 'tite remarque en passant : même les enfants des milieux dits privilégiés peuvent se montrer aussi casse-bonbons, mal élevés, voire en rupture scolaire que les autres...

19/12/2010

Yourcenar n'a pas gagné le Tour de France






06/12/2010

Ma mère en vacances

Gwendoline Raisson , au texte, et Magali Bardos , aux illustrations , empruntent la voix d'un petit garçon pour nous raconter les aventures de Ma mère en vacances.
(On est bien loin des Ta mère elle est ...qui ponctuaient les propos des cours de récréation il y a quelques temps !)512v5uIdVkL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU08_.jpg
Non ici, que ce soit à la montagne (aux sports d'hiver) ou à la campagne (en été) nous suivons les tribulations d'une mère finement observée par son fils.
Plein de malice, le loupiot attend d'être saucissonné dans son anorak trop petit pour déclarer qu'il a envie de faire pipi . Un classique ! mais un classique revisité et le texte qui joue sur les rimes et la technique de l'énumération qui revient comme un refrain, prend aussi en compte l'exaspération (contenue) de la mère qui en est réduite à faire le yogi écharpe au cou et bonnet sur la tête !
Quant à la campagne ce n'est guère mieux ! En effet, un mère qui passe l'aspirateur jusque dans les pots de fleurs peut difficilement être confrontée à la réalité des insectes !
Évidemment le petit garçon se donne le beau rôle et tout se termine bien.
Deux histoires espiègles à lire ensemble !

Ma mère en vacances, Gwendoline Raisson & Magali Bardos, OFF-Pastel 2010

J'en profite pour souhaiter une bonne fête de Saint Nicolas à tous les enfants !

20/11/2010

L'anniversaire du chat assassin

"Des fantômes dans le placard et des bosses dans le lit, voilà le prix à payer. Que cela vous serve de leçon !"

Sacré Tuffy ! Parce que ses maîtres ont décidé de fêter Halloween plutôt que son anniversaire, (quelle idée d'être né un 31 octobre in England !) notre chat préféré va leur mener la vie dure une semaine durant et organiser sa propre fête. Evidemment les chiens seront interdits. Evidemment une floppée de chats délurés qui s'amusent et bambochent cela ne peut que tourner mal... Mais bien sûr , comme d'hab' ,Tuffy retombera sur ses pattes et continuera de martyriser sans vergogne son maître.41SDRz5p4xL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU08_.jpg
Les chats font la loi !
Une nouvelle aventure sympathique de Tuffy, même si Hallowen a perdu tout son impact en France. Les dessins  pleins de malice de Véronique Deiss contribuent au plaisir de ce roman destiné aux enfants qui aiment déjà lire tout seuls.

 L'anniversaire du chien assassin, Anne Fine, traduit de l'anglais par Véronique Haïtse.71 pages qui se gaussent (gentiment ) des chiens.