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15/06/2009

Drôle de temps pour un mariage

Tout va très vite dans Drôle de temps pour un mariage : Un mois de fiançailles  entre" Dolly , âgée de  vingt-trois ans, à l'honorable Owen Bigham.Il avait huit ans de plus qu'elle et appartenait au corps diplomatique.", une centaine de  pages pour nous raconter la journée du 5 mars , et rendre compte , en scènes télescopées , des réactions des uns et des autres dans cette maison de campagne anglaise en ce jour où les demoiselles d'honneur frissonnent dans leurs robes jaunes, avant le départ des jeunes mariés pour l'Amérique du Sud.51ywibpWEqL._SL500_AA240_.jpg
Vieille tante, cousins, domestiques, tout ce petit monde s'agite, se chamaille, mais la comédie prend une  tonalité grinçante avec l'apparition de celui qui n'osa se déclarer l'été dernier.
Ce pourrait être mélo, c'est follement acidulé, très anglais, avec son lot d'excentricités, ses cadeaux horribles, une mariée qui se saôule au rhum- mais sans perdre sa dignité- et veut emmener sa tortue en voyage !
On arrive, un peu étourdi à la fin du roman, mais pleinement  satisfait d'avoir découvert un petite merveille qui fut publiée pour la première fois en 1932  par Virginia Woolf et son mari, et a conservé toute sa fraîcheur acide.Un livre qui a filé directement sur l'étagère des Indispensables !

 

PS:N'étaient ses superbes descriptions de fleurs, ce pourrait être une magnifique pièce de théâtre, drôle et enlevée (un peu comme Le Bal d'Irène Némirovsky, roman qui a ensuite été adapté au théâtre).

Julia Strachey, Drôle de temps pour un mariage,  La petite Vermillon, 7 euros.

Traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff

09/06/2009

comment Cuné a failli se manger un bras

Souvenez-vous, chers amis : Cuné était tellement sûre que ce roman me plairait qu'elle s'était engagée à un acte d'auto-anthropophagie si d'aventure je n'éprouvais pas le même enthousiasme qu'elle  pour ce  roman...
Au bout de cinquante pages, je mollissais déjà car je retrouvais -en moins bien, hélas- une atmosphère , voire même des scènes (le  couronnement de la Reine  fêté par des Sujets de sa grâcieuse majesté à l'étranger) déjà rencontrée dans un roman pour lequel j'avais eu un gros coup de coeur: Le grand incendie51zBydQU6LL._SL500_AA240_.jpg
Et puis, parce qu'une Cuné manchote  ça aurait singulièrement ralenti et ses lectures et ses billets, malgré  quelques coquilles agaçantes, malgré des facilités de  style (pas  beaucoup, je vous l'accorde et ne me les demandez pas, je ne les ai pas notées), malgré des  personnages que j'avais déjà  eu l'impression de rencontrer, j'ai poursuivi l'histoire de ces  Anglais à Hong-Kong qui , en 1941,dansent sur un volcan  mais que la guerre et ses horreurs vont rattraper. Dix ans plus tard une nouvelle venue dans cette microsociété  va, petit à petit,renouer les fils du passé par le  biais de son amant le  beau boîteux, William. Bon, je me gausse (un peu) car j'ai trouvé les  personnages un peu stéréotypés au début mais finalement  j'y ai trouvé mon compte, particulièrement dans l'évocation de l'invasion japonaise , période trouble où chacun va révéler sa vraie nature. J'ai apprécié aussi l'entrecroisement des époques et les péripéties du roman, avec de vraies révélations inattendues !
Ouf, tu peux respirer, Cuné et merci pour le  prêt !:)

 

Le professeur de piano, Janyce Y.K. Lee, Plon,357 pages que je ne regrette pas d'avoir lues jusqu'au bout!

 

 



08/06/2009

Little Bird

La découverte du cadavre du jeune Cody Pritchard, un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol de la jeune Amérindienne Melissa Little Bird,va raviver les tensions à l'intérieur du Comtéd'Absaroka.  Son shérif, Walt Longmire, "triste, gros ,affligé d'autodénigrement chronique,  pourtant étrangement  charmant", comme le décrit son adjointe Vic, va se lancer à la poursuite de ce probable vengeur, tout en essayant de préserver un semblant de vie affective...41OqBYCL7SL._SL500_AA240_.jpg
Charmant, mais capable  de faire le coup de poing si nécessaire, fidèle en amitié, d'un humour ravageur ,Walt Longmire remporte tous les suffrages. Les personnages secondaires tous plus pittoresques les uns  que les autres lui renvoient la balle avec habileté et l'on n'est pas prêt d'oublier cette prison où  l'on fait la sieste dans les cellules et où l'on refuse un prisonnier car il est  trop vorace ! L'émotion est aussi au rendez-vous et rien n'est plus touchant que de voir cet homme , plus tout jeune, intimidé comme un adolescent à son premier rendez-vous , lorsqu'il va enfin renouer avec une vie amoureuse.
Le tout se déroule dans les grands espaces du Wyoming, près d'une réserve indienne, dans une atmosphère flirtant un peu avec le  fantastique mais qui s'intègre parfaitement aux rebondissements de l'enquête.
Vous l'aurez compris , j'ai adoré ce premier volume mettant en scène Walt Longmire et j'attends déjà avec impatience la parution des autres aventures de ce shérif selon mon coeur  !

Un grand merci à Amanda pour le prêt !

Ps:  Stoney,je ne t'oublie pas!!!

Craig Johnson,  Little bird, Gallmeister, 409 pages qui me laissent repue,  (jusqu'au prochain !)

06/06/2009

Le garçon dans la lune

Même si le thème rique d'en rebuter plus d'une , il faut savoir passer outre et tenter l'aventure, vous ne le regretterez pas !

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"La désintégration et l'érosion peuvent être inversés"

Il y a quelque chose de pourri dans le couple que forment Julia et Brian depuis maintenant dix ans. Le début du Garçon dans la lune est d'une acidité réjouissante car chacun des personnages traverse une mini crise existentielle, se demandant comment il est perçu par les autres.
"Il se dit: je me demande pourquoi je ne vais pas baiser un mouton mort à l'abattoir du coin
il cligna des yeux. elle se contracta. Il bâilla. Elle éternua. Il jouit. Pas elle.
(...)
il se dit: je pourrais divorcer pour moins que ça.
Elle pensa:en plus , il faut changer les draps."
Cette crise latente, car non-dite, risque de s'exacerber car le couple, accompagné de leur fils, Sam doit partir en Irlande chez le père de Brian, ce que Julia envisage comme "un long purgatoire".Ce sera pire que cela car un terrible accident va survenir ...
Kate o'Riordan à partir de là aurait pu faire sombrer le récit dans le mélo le plus larmoyant, tirant partie des paysages et de tous les clichés embusqués dans un coin de notre tête sur l'Irlande. Balayant tout cela d'un revers de main, elle lance ses personnages défricher le passé de l'autre, jusqu'à ce que la vérité éclate. En effet, tant Julia que Brian se sont forgé une image qui ne correspond pas forcément à la réalité. "Elle se demanda pourquoi Brian, contrairement aux autres, trouvait si nécessaire de réécrire le passé, et quelle part de leur vie les autres couples gardaient cachée. Elle éprouva une pointe de remords pour toutes les fois où elle l'avait sciemment blessé par ses mots, où elle avait intentionnellement tenté de l'humilier parce que tant qu'il continuait à sourire de ce sourire exaspérant, si désinvolte, ses piques ne pouvaient atteindre leur cible."
Violence des mots, violence des émotions violence tout court, l'auteure ne nous épargne pas et montre bien l'ambivalence des sentiments qui agitent ses personnages. Il serait tellement plus simple que les bons soient entièrement bons et inversement pour les autres...
Le poids du passé, le poids des non-dits qui taraudent les générations suivantes sont aussi au coeur de ce roman, bien plus que la mort d'un enfant.
Kate O'Riordan sonde les reins et les coeurs,elle fouille les plaies, jouant avec les peurs de ses lecteurs (qui n'a jamais paniqué , ne serait-ce que quelques secondes, après avoir perdu de vue son enfant dans un magasin?) dosant savamment l'espoir et la désespérance...
Un livre qui vous colle une grosse boule d'angoisse , qui vous poursuit longtemps, mais qui est une expérience magistrale.Un livre qui brûle.


03/06/2009

La plage

"Il  y a des expériences  qui sont si importantes  qu'elles  n'ont pas  de  place dans le temps où elles  arrivent.  Elles ont besoin d'un temps additionnel pour être appréhendées au ralenti."Ainsi parle Ulrika quand elle arrive à intégrer un tant soit peu la  famille si fascinante à ses  yeux que constituent les Gattman.Les vacances à  Tangevik, petite ville balnéaire sur la côte suédoise  deviennent alors une  parenthèse magique jusqu'au moment où la fille adoptive de  cette famille, la silencieuse Maja disparaît...24 ans plus tard, Ulrika revient  sur les lieux accompagnée  de ses enfants qui vont faire  une macabre découverte. La jeune femme  va alors, petit à petit, et le lecteur avec elle , renouer  les fils du passé.1675.jpg
Alternant les époques et les narrateurs, La plage est un roman lumineux et poétique, qui fait passer le lecteur par tout un éventail d'émotions, un roman hanté par les cris des oiseaux et par la mer, omniprésente.  Un roman où  l'auteure, Marie Hermanson, se glisse avec aisance dans la peau de personnages très différents mais tous attachants. A savourer et à relire.

Marei Hermanson, La plage, Le  serpent à plumes.318 pages apaisantes.En librairie le 4 juin !

27/05/2009

La vie privée des arbres

Veronika tarde à rentrer de son cours de dessin. Pour occuper la fille de l'absente, la petite Danielà, Juliàn, son beau-père lui raconte La vie privée des arbres, "une suite complète d'histoires  quil a inventées pour l'endormir." Mise en abyme du récit donc mais aussi occasion de nous raconter simultanément sa rencontre avec Veronika et elur histoire qui est devenue , petit à petit, une histoire d'amour.51WyxrrV7jL._SL160_AA115_.jpg
"Pour l'heure, la vie est un casse-tête qui lui semble résolu : il a été invité dans une nouvelle intimité, dans un monde où il lui revient d'être à peu de chose près le père de Danielà, la petite fille qui dort, et el mari de Veronica, la femme qui ne rentre pas, pas encore, de son cours de dessin."
L'arrivée de Veronika devrait donc mettre un terme à ce récit qui n'a de raison d'être que par l'absence de la jeune femme.
Il ne se passe presque rien dans ce roman très court d'Alejandro zambra. mais c epresque rien nous envoûte par l'écriture si particulière du romancier (qui m'a parfois fait penser au détachement de La femme Gauchère de Peter Handke, roman qui est depuis 1980 sur l'étagère de mes  essentiels). Détachement au sens où les mots , en apparence très simples, se détachent sur le fond du récit. Cet aspect ténu ne séduira pas forcément les amateurs de péripéties et de grandes houles démotions mais il plaira aux amateurs d'ambiances poétiques. Une parenthèse , un moment figé dans le temps qui émet des pseudopodes dans le passé, une bulle iridescente..

La vie privée des arbres, Alejandro Zambra, 117 pages cristallines.

Le  très joli billet de Pagesapages qui m'avait donné envie de découvrir cet auteur.

 

26/05/2009

Le temps des métamorphoses

"Un huis clos magistral aux troublants échos hitchcockiens" dans "un vieux manoir victorien des années 50 à nos  jours", il ne m'en fallait pas plus pour me précipiter sur Le  temps  des métamorphoses de  Poppy Adams . Las , cette famille de lépidoptéristes qui trucide à tour de  bras les papillons- mais pas seulement...- pour d'improbables recherches qui nous sont détaillées à longueur de pages n'a suscité chez moi qu'un ennui poli. Pourtant dieu sait si je suis  capable de m'intéresser à quasiment  n'importe quoi pour peu que l'auteur ait du talent...416ljiV44ML._SL500_AA240_.jpg
Quant aux relation vénéneuses  entre  les membres de cette famille d'excentriques anglais, elles m'ont laissé sur ma faim. Certes,  des révélations fracassantes il y en a mais elles tombent  régulièrement à plat ou presque. De plus, le choix de la narratrice unique, la soeur aînée, ne permet pas un changement de point de vue générant le malaise comme l'avait très bien réalisé Hilary Mantel dans La locataire.Leurs héroïnes  ont beaucoup de points communs mais  celle de Poppy Adams ne suscite que baîllements. J'ai réussi à terminer ce roman , lui laissant toujours une dernière chance mais ce fut une perte de temps. Peut être qu'en visant moins l'exhaustivité et en concentrant l'intrigue en une centaine de  pages aurions-nous eu la chance de lire  un roman équivalent à l'Ailleurs de Julia Leigh.

Poppy Adams, le temps des métamorphoses,330 pages.

18/05/2009

L'année du bac

Année du bac pour Linnea. Année où  elle  va tomber amoureuse  du frère de sa meilleure  amie qui s'est suicidée. Mais cet amour n'est-il pas pour chacun d'eux, l'occasion de retrouver l'image de Pia, la jeune fille disparue  ?Par ailleurs, plus âgé et autoritaire le beau Per entend bien régenter la  vie de Linnea. Celle-ci se laissera-telle dominer ?
"Pourquoi es-tu toujours obligée de me  contredire Linnea ? "  a-t-il demandé. Sa  réplique habituelle.  Toujours le contredire ? Est-ce qu'on parle comme ça à un partenaire émancipé ? Non. Plutôt à un gosse énervé ou un subordonné. A quelqu'un qui"n'obéit pas".
Mazetti aborde également  le problème de la violence physique faite aux femmes mais la solution me paraît traitée de manière caricaturale .417fJveoPDL._SL500_AA240_.jpg
De manière globale j'ai trouvé que la narration était trop abrupte, manquait de "liant" et ne donnait pas suffisamment de  détails sur  la vie des personnages. Une déception en demi-teintes.

Katarina Mazetti, La fin n'est que le début, Gaïa.

L'avis plus enthousiaste de Clarabel.

16/05/2009

sorti en poche

Un livre sympathique  et optimiste !51d9dFBWQWL._SL500_AA240_.jpg Billet ici !

12/05/2009

Hymne aux vertus du tricot.

Récit polyphonique aux narratrices très différentes (histoire  de toucher beaucoup de catégories de lectrices ? ) Un printemps à Blossom Street a comme point central  l'ouverture d'une boutique de  tricot dans une petite rue de Seattle. Vont s'y croiser et y tisser des  liens :Lydia qui se  bat contre un cancer mais  aussi  contre l'amour, Carole  qui s'efforce de tomber enceinte, Jacqueline ,  bourgeoise dont le  couple  est en  crise et Alix, jeune rebelle esseulée. Comme de bien entendu, les ennemies  d'hier deviendront les  meilleures amies, mais bon  , c'est  la  loi du genre. Il ya pas mal de péripéties, c'est sans prétention mais idéal pour se  "décrasser la  tête"  et passer un bon moment.5112DUIBBhL._SL500_AA240_.jpg

Mon snobisme m'interdisait d'acheter ce livre (éditions Harlequin!!!)  mais l'avis d'une blogueuse m'a décidée !:). je en garantis pourtant pas  que j'achèterai la suite en juin !: )

Un printemps  à Blossom Street, Debbie Maccomber, Harlequin, 370 pages sucrées.  (et de temps en temps ça fait du bien !)