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31/05/2016

Je suis si bien ici sans toi

"On aime les gens. Et ils nous déçoivent. Mais pas toujours. Parfois ils continuent à nous aimer indéfectiblement , dans l'attente qu'on ouvre les yeux et qu'on réponde à leur affection.C'est comme un "je t'aime. je t'ai toujours aimé."

Richard, artiste anglais a épousé une française très belle et très intelligente, Anne-Laure. Ils ont une petite Camille de  cinq ans et vivent à Paris. Le paradis donc. sauf que Richard ne se remet pas du départ de sa maîtresse (hou, le vilain) et qu'évidemment sa femme a découvert le pot aux roses. Pour tout gâcher, Richard a vendu un tableau "L’ours bleu" un symbole important pour son couple.
Dans l'espoir de reconquérir sa belle, le voilà donc parti en Grande-Bretagne à la recherche du tableau, mais peut être aussi des secrets de l’amour qui durent.courtney maum
Courtney Maum, qui fait de Paris un personnage à part entière et sait exploiter le caractère romantique de cette ville, parvient même à ne pas rendre Richard totalement antipathique. En dépit de quelques longueurs, cette comédie romantique est attachante,par ses personnages principaux ou secondaires. Mention particulière pour ces vieux couples à qui l'artiste tente d'extorquer les secrets de durée de leur couple. Une bonne idée de lecture pour les vacances.

 

 Je suis si bien ici sans toi, Cortney Maum, traduit de l’américain par Sophie Troff, éditions Rue Fromentin 2016, 328 pages pétillantes.

19/05/2016

Féline...en poche

Une jeune fille coréenne adopte un chat errant. Ce n'est pas par bonté d'âme mais pour le vendre via internet.
Hélas pour elle, le félin croit reconnaître en elle un de ces humains fabuleux qui comprennent le langage des chats et n'aura de cesse de la rejoindre.Bu Hui-ryeong
Deux êtres aussi sauvages l'un que l'autre vont progressivement apprendre à se connaître et à s'apprécier.
Schéma connu desservi ici par des personnages peints de manière un peu rude et un style tout aussi brut de décoffrage. Il manque un je ne sais quoi de policé dans ce texte pour emporter l'adhésion. Bilan en demi-teintes donc.

Le billet d'Aifelle pour qui ça n'a pas été un coup de cœur...

02/05/2016

En veilleuse

"Mon père a commandé deux autres bières et les choses ont commencé à toutes se mélanger , comme si les signes de ponctuation étaient rationnés. Comme si les mots et le temps étaient portés disparus."

Alby adopte un comportement pour le moins abrupt, ne parvenant pas à canaliser la colère et les sentiments qu'il ressent face au décès de sa mère. Il est vrai que chaque membre de cette famille semble avoir reçu un trop plein d'énergie, rendant le corps paternel insensible aux pires poisons car "C'était un homme dont le coprs refusait de mourir.", tandis que la sœur n'hésite pas à voler le jambe artificielle de son père pour l'empêcher de se suicider !matt sumell
Et tout ce petit monde de s’engueuler, de s'empoigner, faute d'arriver à communiquer dans le calme !
Pendant le premier tiers du roman, j'ai craint le pire car l'accumulation de comportements agressifs et bizarroïdes m'évoquait Bret Easton Ellis mais j'avais tout faux. La preuve: un homme qui possède une bouledogue français  peut être bizarre mais jamais mauvais. Et, au fur et à mesure, je suis devenue plus sensible à l'humour décapant du narrateur, avant de me laisser émouvoir par lui.
Une voix originale et forte vient se faire entendre avec vigueur ! Laissez la vous gueuler à l'oreille , bientôt elle se fera beaucoup plus tendre...

En veilleuse, Matt Sumell, traduit de l'américain par Jérôme Schmidt, Plon 2016.

matt sumell

 

 

 

01/05/2016

La libraire...en poche /l'affaire Lolita (nouvelle édition)

”Un livre est l'élément vital et précieux d'un esprit supérieur...”

En 1959, Florence Green, veuve sans histoire, décide d'acheter The Old House, vieille bâtisse à l'abandon depuis plusieurs années, pour créer une librairie, la première de Hardborough, petite ville anglaise assoupie.
Cette décision va mettre en branle  toute une série  de manœuvres dissuasives pour contrecarrer cette décision.penelope fitzgerald
L'affaire Lolita ,(précédent nom du roman en France)  provoquée par la mise en vitrine du roman de Nabokov, ne  sera qu'un épisode de cette lutte sourde entre Florence Green et Mrs Gamart qui a jeté son dévolu surThe Old  House.
Le roman  de Penelope  Fitzgerald nous montre avec précision et un charme très british la  faculté d'exclusion d'une petite communauté , pas pire qu'une autre.Qui y chercherait un roman sur la création d'une librairie ou sur  le scandale créé par le roman de Nabokov ne pourrait qu'être déçu.
L'humour britannique rend cette lecture très plaisante

29/04/2016

Quoi qu'il arrive

"Le sujet du tableau, c'est la multitude de chemins que l'on n'emprunte pas, la multitude de vies que l'on ne vit pas. Il l'a intitulé Quoi qu'il arrive."

La rencontre, accidentelle, entre Jim et Eva a lieu en 1958. Trois versions pour une rencontre entre ces jeunes gens nous sont proposées.Trois versions pour deux vies qui verront se concrétiser, ou pas, ce qui est encore en germe.
Choisissant un montage alterné, Laura Barnett nous offre la réjouissante possibilité de voir les conséquences de nos choix, conscients ou pas, héritages plus ou moins assumés de nos histoires familiales
Car il est aussi beaucoup question de familles dans ce roman qui choisit de conserver aux principaux protagonistes leurs origines dans tous les cas de figure.laura barnett
La littérature, l'art dramatique et la peinture sont aussi des fils conducteurs de ce roman qui nous promène de Cambridge à Londres en passant par Los Angeles , Paris ou l'Italie, car nos héros ont quelque peu la bougeotte ! Nous les suivons ainsi jusqu'au soir de leur vie, partageant leurs vies riches en émotions.
On prend beaucoup de plaisir à la lecture de ce roman original et enlevé qui réussit le pari de ne jamais perdre son lecteur en chemin, même s'il faut accepter en début de chapitre de ne pas savoir immédiatement de quel version il s'agit. Un léger flou artistique dont on s'accommode fort bien. Un petit bonheur de lecture dont on aurait tort de se priver !

 Quoi qu'il arrive, Laura Barnett, traduit de l'anglais par Stephane Roques, Les Escales 2016.laura barnett

laura barnett

laura barnett

27/04/2016

Je suis si bien ici sans toi

"On aime les gens.Et ils nous déçoivent.mais pas toujours.Parfois ils continuent à nous aimer indéfectiblement, dans l'attente qu'on ouvre les yeux et qu'on réponde à leur affection. c'est comme un "Je t'aime. Je t'ai toujours aimé.""

Richard, peintre anglais, est mariéà une française très belle et très intelligente dont il a une petite fille. Tous trois vivent à Paris. Ce pourrait être le paradis si, richard ne parvenait pas à se remettre du départ de sa maîtresse (hou le vilain) et qu'évidemment sa femme ne découvre le pot aux roses.

21/04/2016

Nos années sauvages

En 2014, j'écrivais ceci :

De Karen Joy Fowler j'avais lu, il y a quelques années, un texte fort plaisant,Le club Jane Austen.  Mais rien qui nécessite de me précipiter sur un roman pas encore traduit en français , même conseillé par Cuné.  Sauf que quand cette dernière écrit  :"Toi, il faut ABSOLUMENT que tu le lises, je ne peux pas te dire pourquoi mais tu es LA lectrice idéale pour ce roman, foi de moi :)", on ne peut que craquer !!! En plus sur liseuse, le prix est ridiculement bas et le dico anglais/anglais a permis de me  dérouiller vite fait .karen joy fowler
Je ne vous cacherai pas qu'au tout début de ma lecture , quand j'ai vu le temps restant s'afficher , j'ai blêmi mais le rythme a été vite pris surtout quand je suis arrivée à la fatidique page
77 qui contient un twist tellement renversant que j'ai failli en crier ! Tout ce qui pouvait paraître vaguement intriguant et/ou bizarre dans ce qui s'annonçait  comme un secret de famille avec disparitions à la clé et narratrice perturbée prend alors tout son sens et sa profondeur. Cette révélation (surtout ne pas lire les billets, articles, 4 ème de couv' révélant Le secret de la page 77 ) n'est pas un effet de manche de l'auteure (regardez comme je vous ai bernés) mais correspond parfaitement à la volonté de renverser notre point de vue sur un thème ô combien passionnant !

Un roman bouleversant brassant , entre autres, les thèmes de la culpabilité et  du souvenir à découvrir absolument ! Et zou sur l'étagère des indispensables !

Le roman vient d'être traduit en français , sous le titre Nos années sauvages, je ne l'ai pas lu en traduction, mais je ne mettrai pas la couverture qui en dit BEAUCOUP trop !

20/04/2016

La fille du froid

"Ma vie est légère et rangée désormais, comme un sac à dos qui ne contient que le strict nécessaire."

Expérimentant la notion de coïncidences, Katherine Carlyle, après le décès prématuré de sa mère, se lance dans un voyage qui la mènera, au gré de ses rencontres, toujours plus au Nord, toujours plus vers le froid.
En effet, embryon congelé durant huit ans ,avant d'être implanté dans le giron maternel, la jeune femme de dix-neuf ans est persuadée garder des réminiscences de cette période de sa vie.

rupert thomson


C'est le postulat de départ qui m'a intéressée dans ce roman, mais malgré les nombreux passages soulignés, les évocations plus que réussies des atmosphères et des villes traversées, je suis un peu restée extérieure au récit de cette quête de l'essentiel, de l'épure. Le tout restant un peu trop froid, peut être...

La fille du froid, Rupert Thomson, traduit de l’anglais par Sophie Aslanides, Éditions Denoël 2016, 371 pages.

18/04/2016

L'heure d'or

 "La vie ne dépend peut être pas de toutes les décisions qu'on prend. Il y a tout un monde autour de nous. Nous nous faisons pousser, bousculer, que nous le voulions ou non. Nous sommes peut être comme des feuilles qui virevoltent au gré du vent. Nous allons là où on nous envoie."

Un été chaud dans le Sud de l'Angleterre (on ne ricane pas), un paysage champêtre et un couple de quinquagénaires, Henry et Laura, qui décide d'organiser un dîner samedi en huit pour réunir voisins et amis. Les invitations sont lancées mais les remous, les interrogations et les remises en question des uns et des autres vont peut être faire capoter l'harmonie dont rêve Laura.william nicholson
Comme dans les précédents romans de William Nicholson, nous trouvons une galerie de portraits plus vrais que nature,(de l'adolescente qui s’amourache d'un garçon fascinant ,mais sans doute nocif , à la trentenaire  qui freine des quatre fers à l'idée de s'engager, en passant par le sexagénaire qui veut  changer de vie) mais toujours emplis de bienveillance.
Les rebondissements de l'intrigue sont plus liés à l'évolution psychologique des personnages et elle se fait tout en finesse. Ainsi on sent que l'auteur a autant de compassion pour la vieille mère tyrannique que pour la fille tyrannisée et il parvient à nous brosser de l'une comme l'autre des portraits nuancés. Quant au scénariste ulcéré qui découvre inopinément que son scénario est retravaillé par un autre, la confrontation avec son rival prendra une tournure beaucoup plus enrichissante que prévue.
Tous nous deviennent proches et l'on se sent plein de gratitude à l'idée d'avoir partagé ce repas. Un bon gros roman confortable comme on les adore  !

L'heure d'or, William Nicholson, traduit de l’anglais par Anne Hervouët, éditions de Fallois 2016, 411 pages piquetées de marque-pages.

L'heure d'or  est celle qui précède le coucher du soleil et qui donne une lumière très particulière.

 Du même auteur: clic et reclic ,

Les romans peuvent se lire indépendamment .

14/04/2016

Americanah...en poche

"Alexa et tous les autres invités, peut être même Georgina, comprenaient tous la fuite devant la guerre , devant la pauvreté qui broyait l'âme humaine, mais ils étaient incapables de comprendre le besoin d’échapper à la léthargie pesante du manque de choix."

Parcours surprenant que celui d 'Ifemu : alors que de nombreux africains rêvent d'aller aux États-Unis, après quinze ans  passés dans ce pays, elle rentre chez elle à Lagos.
Si j'ai beaucoup aimé le parcours social de cette héroïne, sa lutte pour se faire une place en Amérique, son regard sur la société américaine, sa langue (bravo à la traductrice) que j'entendais chanter à mes oreilles avec ses interjections ponctuant chaque fin de phrase, son retour et son ascension sociale au Nigeria, j'ai moins été convaincue par plusieurs éléments. chimamanda ngozi adichie
D'abord par les son blog, à l'écriture simpliste, même si les fait détaillés sont intéressants. Ensuite son parcours amoureux aux États-Unis où elle semble juste collectionner des spécimens lui permettant d’étudier un large éventail de cas de figures. Quant à son amour de jeunesse, inversement on frôle le sirupeux. Mais bon, je ne suis pas une grande sentimentale !
Il n'en reste pas moins que , nonobstant ces quelques petites réserves, j'ai beaucoup aimé ce récit et les descriptions particulièrement vivantes et bien croquées de la vie quotidienne,tant aux États-Unis qu'en Afrique.

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