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08/08/2012

L'arbre à bouteilles

 

"-Chérie, je te regarde, et j'ai pas besoin de câbles de démarrage."

Leonard Pine vient d'hériter de son vieil oncle cent mille dollars et une maison délabrée où" pousse" un arbre à bouteilles, censé éloigner les mauvais esprits, mais guère efficace contre les voisins indésirables qui habitent la crack house voisine. Gageons que Leonard et son ami blanc Hap sauront venir à bout de l'état déplorable de la bicoque de l'oncle comme de celle de leurs voisins, mais pas forcément de la même manière.joe r. lansdale,noir c'est noir
Mais faire le ménage et rafistoler peut mener aussi à d'étranges découvertes, un squelette pas forcément caché dans un placard par exemple...
Ce deuxième épisode des aventures de Hap et Leonard (mais le premier traduit en français, va savoir pourquoi) se déroule entièrement dans un quartier noir et pauvre où Hap fera l'expérience du racisme à l'envers si j'ose dire, y compris dans ses relations amoureuses. Pas trop déstabilisé pour autant, il aidera efficacement son compère à enquêter sur des disparitions dont personne ne se souciait trop.
La tonalité de cet épisode est très sombre mais l'humour de nos héros permet de détendre l'atmosphère et la certitude de voir le problème résolu de manière efficace réjouit d'avance le lecteur ! Un de ces romans qui vous remet le pied à l'étrier !

L'arbre à bouteilles (Mucho Mojo, soit Beaucoup de magie noire), Joe R. Lansdale, traduit de l'américain par Bernard Blanc, Folio Policier2004, 350 pages revigorantes.

Challenge Thrillers et polars chez liliba

L'avis de Dasola, qui souligne que cet Lansdale est cité chez Ken Bruen , une autre bonne référence!:)

 

joe r. lansdale,noir c'est noir

06/08/2012

C 'était pas ma faute

"Tout était si diamétralement opposé au Chicago doux, agréable et bien tempéré des romans d'Henry LaMarck que ça finissait quand même par frôler la tromperie malveillante."

Parce qu'elle attend avec impatience LE livre sur le 11 septembre que tarde à rendre l'auteur de best sellers américain Henry Lamarck dont elle est devenue la traductrice allemande attitrée, Meike se rend à Chicago pour rencontrer son grand homme. Évidemment elle ignore que celui-ci l'a en horreur "Parce qu'elle passe son temps à dépiauter [ses] romans et à chercher les erreurs." L'écrivain, de son côté, est fasciné par la photo d'un trader, Jasper,  qu'il tient à tout prix à rencontrer. Ce dernier évidemment, va draguer Meike et commettre une erreur de transaction, le battement d'aile du papillon qui mettra en évidence les faiblesses du système financier, rien que ça.
De malentendus en quiproquos, chaque personnage croit détenir sa vérité  et se trouve embarqué dans un chassé-croisé qui se transformera bientôt en course poursuite dont l'issue, bien sûr, remettra tout en ordre mais pas forcément celui auquel on s'attendrait !kristof magnusson,trader,traducteur,romancier
Le décalage entre la réalité et la vision qu'en a chaque personnage fait tout le sel de cette comédie parfois grinçante, dont l'auteur, par ailleurs lui aussi traducteur, maîtrise parfaitement le rythme . Son analyse des rapports entre les personnages est fine et on ne peut lâcher ce roman qui , cerise sur le gâteau parle d'écriture, de traduction et parvient même à nous intéresser au monde de la finance, ce qui pour ma part n'était pas gagné d'avance !

Merci Sylvie !

C'était pas ma faute, Kristof Magnusson, traduit de l'allemand par Gaëlle Guichenay, Métailié 2011, 268 pages pleines de surprises !

Plein d'avis chez Babelio !


30/07/2012

Divan

"Je me suis découvert une clairière,  un espace inhabité, un coin de moi que je n'avais pas encore visité, je le laisserai s'épanouir sans intervenir."

Elle reconnaît avoir une vie agréable, son mariage n'est pas en ruines, elle peut exprimer sa créativité, mais pour la première fois elle suit une psychanalyse. Pourquoi? Elle même est bien en peine de le dire, mais la crise (de milieu de vie ?) est bien là.maria medeiros,psychanalyse
 Cette thérapie  va se poursuivre trois ans durant, et au fil des rencontres avec son thérapeute va se dessiner le portrait d'une femme d'un peu plus de quarante ans qui a l'impression d'être une thérapie de groupe à elle toute seule car elle est plusieurs femmes en une.
Pas d'indications de temps, de cette analysée nous ne saurons rien d'autre que ses épanchements à son thérapeute et ce sera au lecteur de combler les pointillés, d'ajuster les différentes indications qu'elle nous donne. C'est à la fois un peu frustrant mais également très intéressant car le portrait reste sans cesse en évolution et ne sera jamais figé.
L'écriture est élégante et l'on s'attache à cette femme dont certaines facettes nous ressemblent souvent.On reste juste sur sa faim car le livre est  trop court (158 pages seulement) et l'on serait bien resté un peu plus longtemps en aussi charmante compagnie.

Divan, Maria Medeiros, traduit du brésilien par Marcia Corban, Pocket 2012.

26/07/2012

Vanilla Ride

"J'ai des scrupules , mais ils sont du genre flexibles."

"Les jumeaux du désastre", ainsi sont surnommés par certains Hap Collins, le blanc hétéro démocrate et Leonard Pine, le black gay  républicain. Bastonneurs en diable, ces péquenauds de l'East Texas , comme il se définissent eux-mêmes, peuvent aussi avoir la gachette facile, surtout quand il s'agit de rendre service à un de leur vieux pote. Evidemment, les événements vont prendre une tournure plus compliquée et nos deux héros, forts en gueule et à l'humour décapant vont aller se fourrer dans un joli pétrin, qui les mettra aux prises avec la Dixie Mafia et leur donnera l'occasion de découvrir qui se cache derrière  ce patronyme de Vanilla Ride (ne comptez pas sur moi pour vous le dévoiler !).joe r. lansdale,hap collins,leonard pine
On ne s'embarrasse ni de stratégie ni de psychologie dans ce roman qui fonce sur les chapeaux de roue mais on passe un excellent moment avec Joe R. Lansdale, son humour et ses métaphores pas piquées des vers.

Si on m'avait dit que j'achèterais un jour un roman avec ce type de couverture  ! Mais je l'ai fait et je me suis ré-ga-lée ! Merci Gwen pour cette découverte !

Vanilla Ride, Joe R. Lansdale, Folio policier 2012, 384 pages qui ne font pas dans la dentelle , qui dépotent et sont jubilatoires !

Cycle de Hap Collins et Leonard Pine
  1. Savage Season, 1990)
  2. L'arbre à bouteilles (Mucho Mojo, 1994), Gallimard, Série noire, 2000
  3. Le Mambo des 2 ours (Two-Bear Mambo, 1995), Gallimard, Série noire, 2000
  4. Bad Chili (Bad Chili, 1997), Gallimard, Série noire, 2002
  5. Tape-cul (Rumble Tumble, 1998), Gallimard, Série noire, 2004
  6. Veil's Visit (1999)
  7. Tsunami mexicain (Captains Outrageous (2001), Gallimard, Série noire, 2007
  8. Vanilla Ride (d'abord annoncé sous le titre : Blue to the Bone 2009), Gallimard, Folio policier, 2012joe r. lansdale,hap collins,leonard pine

03/07/2012

Les oreilles de Buster

"Le mensonge ne se laisse pas noyer dans l'amour."

En apparence Eva, cinquante six ans , mène une vie paisible , vie qu'elle partage avec Sven et une vieille dame acariâtre dont elle s'occupe. Le cadeau d'un journal intime que lui fait sa petite-fille va néanmoins chambouler de fond en comble cette vision car elle l'avoue ex abrupto en le rédigeant le soir: Eva a tué sa mère.
Revenant sur son passé, la quinquagénaire revit les émotions d'alors et nous offre un portrait de femme pugnace et tenace mémorable, oscillant entre cruauté et sensibilité extrême.marie ernestam
Une narration qui, en outre, ménage des surprises quasiment jusqu'à la fin ! Vite, passez un excellent moment avec Eva !

Les oreilles de Buster, Maria Ernestam, traduit du suédois par Esther Sermage, Gaïa 2011.

 

Des avis sur babelio

Plein d'autres avis chez Theoma (merci !)

Merci Sylvie !

30/06/2012

Witch

"C'était une bonne âme honnête que l'intellect n'encombrait pas."

Les offres spéciales de l'été ont ceci de bon qu'elles nous permettent de découvrir des romans vers lesquels on ne serait pas allés spontanément...

Une jeune femme, terroriste internationale et travaillant aussi à son compte, est rentrée en Grande-Bretagne , de manière fort peu discrète. Aussitôt son "plus grand fan" Dominic Elder, reprend du service au sein des services secrets britanniques car un sommet international va alloir lieu à Londres. Quelle sera la victime de celle que personne ne peut décrire avec précision et qui a été surnommée Witch (sorcière )?
Witch de Ian Rankin a été le roman parfait pour cette fin d'année scolaire et les deux neurones qui me restent : un intrigue prenante, de l'humour, un style agréable qui nous porte tranquillement, pas de voyeurisme dans l'expression de la violence , des personnages attachants et une relation complexe unissant la femme fatale et celui qui la traque, que demander de plus? 
En prime, le roman ayant été écrit dans les années 90 , on replonge dans un univers dépourvu de téléphones portables, ce qui paraît tout à fait exotique !
L'exotisme apparaît également dans la vision des françaises: Dominique, une jeune femme qui travaille à la DST roule ainsi en 2CV et porte un béret et des gants rouges (? *) en plein mois de juin à Londres !
Bref, un roman classique et agréable qui remplit parfaitement son contrat !

Gratuit pour deux livres de poche achetés en ce moment.

* Tatiana Golovin qui a créé le buzz avec ses gants quand elle commentait Roland Garros aurait-elle lu ce livre ? :)

28/06/2012

Les oranges ne sont pas les seuls fruits

 "L'incertitude était pour moi ce que l'aardvark* est pour les autres gens."

Paru pour la première fois en 1985 (et adapté pour la Télévision britannique en feuilleton), Les oranges ne sont pas les seuls fruits est la version romanesque de Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?**
Ce roman insiste davantage sur la dimension religieuse du personnage de madame Winterson (si obnubilée par ses pratiques religieuses qu'elle ne se rend pas compte que sa fille adoptive est devenue sourde !) et n'hésitant pas à organiser un exorciste quand elle se rend compte de l'homosexualité de cette dernière.jeanette winterson
J'ai nettement préfé l'autobiographie de Jeanette Winterson, qui revient davantage sur sa "libération" grâce à la littérature et relate sa recherche de sa mère biologique.

Merci Sylvie !

*petit fourmilier d'Afrique.

**qui vient d'obtenir le prix Marie-Claire.

Jeanette Winterson à écouter ici.

26/06/2012

L'aérodynamique du porc

"J'aime assez cette sensation d'être rassasié et flapi."

Premier roman de mon chouchou Patrick Gale, L'aérodynamique du porc contient en germe des thèmes qui seront ensuite exploités et enrichis : les relations familiales, la découverte de l'amour homosexuel. Mêlant ici deux intrigues qui finiront par se nouer in extremis, ce roman, parfois un peu maladroit , parfois un peu bavard,fait la part belle à l'espièglerie et à la fantaisie un peu foutraque.
Comme d'habitude un très joli portrait de mère , avec laquelle je me suis trouvée un point commun : "Evelyn dormait la fenêtre ouverte car elle appréciait un lit bien chaud dans une pièce fraîche. Elle ouvrait toujours les rideaux avant de se coucher , de façon à être réveillée par le soleil. Ce matin-là , il se déversait à flots dans la pièce et elle s'éveilla au chant des oiseaux. elle s'habilla en vitesse et s'éclipsa." patrick gale
Quant au porc du titre, il désigne en argot un policier (une des héroïnes est une jeune policière qui tarde à se reconnaître lesbienne) mais peut être compris de bien d'autres façons. à réserver aux inconditionnels sans doute.

22/06/2012

Les sortilèges du Cape Cod...en poche

"Il ne leur faisait pas assez confiance- au monde à elle, à lui-même et à leur belle vie-, ce qui l'amenait à comprendre les choses de travers."

Deux mariages comme autant de bornes entre lesquelles nous suivrons le parcours à la fois géographique (entre côte Est et côte Ouest des Etats-Unis), introspectif et temporel (retours dans le passé)de ce  sympathique quinquagénaire, Jack, qui fait le bilan de sa vie , de son mariage  qui commence à battre de l'aile) et de ses relations avec ses parents et beaux-parents. 
Il apparaît perpétuellement écartelé entre deux visions de la vie , deux emplois (prof de fac ou scénariste) et deux familles (la sienne qu'il fuit et celle de sa femme qu'il snobe consciencieusement). Mais  possède-t-il une juste vision des faits ? richard russoIl pourrait être exaspérant ce cher Jack mais il est juste humain et ô miracle, il est même capable de reconnaître- du moins in petto -ses torts !
Echappe-t-on jamais aux automatismes familiaux? C'est bien difficile , surtout si comme notre héros on est doté d'une mère à la fort personnalité : "La mère de Griffin était en très grande forme. Si on relevait une de ses vacheries, elle rebondissait sur une autre. Vouloir lui rabattre son caquet revenait à tenter d'enfermer un chat dans un sac : il restait toujours une patte dehors et on n'en sort jamais indemne."
Le roman prend plus son temps dans la seconde partie, la mélancolie pointe le bout de son nez, mais on n'abandonne pas  pour autant l'humour vachard, marque de famille des Griffin quoi qu'il lui en coûte de l'admettre, et on en redemande ! La répétition du dîner de mariage est un spectacle à ne pas manquer, de quoi donner des sueurs froides aux futures mariées !
Un roman tendre sans être mièvre, qu'on a du mal à quitter .

18/06/2012

Héritage

"Le bonheur que l'on n'a pas gagné n'est pas le bonheur."

Apprenti éditeur, Andy Larkman, parce qu'il s'est trompé de salon funéraire, hérite de 17 millions de livres sterling de la part du défunt, Christopher Madigan, dont il ignore tout.
L'argent va évidemment modifier son rapport aux autres  mais simultanément le rendre débiteur , comme il mettra du temps à s'en rendre compte.41cXWtrVj0L._SL500_AA300_.jpg
Il lui faut en effet comprendre qui était cet homme, comment ce réfugié arménien est devenu un nabab du minerai de fer en Australie avant de devenir un parfait Anglais et de déshériter sa fille.
Andy deviendra ainsi le dépositaire de récits qu'il lui faudra agencer pour profiter pleinement de son Héritage.
Mêlant récit d'apprentissage, d'aventures et ne négligeant pas le poids de l'Histoire, le roman de Nicholas Shakespeare est un pur plaisir. On ne le lâche pas une seconde, savourant les pointes d'humour : "Il la soupçonnait d'être la réincarnation d'un guerrier barbare. Une grimace pareille , ça ne s'apprenait pas en une seule vie." , retrouvant avec plaisir les figures imposées du récit à rebondissements. Un roman confortable, comme on les aime et qu'il m'a absolument fallu finir hier soir, d'où mes yeux de panda !

Héritage, (Inheritance) Nicolas Shakespeare, traduit de l'anglais par Karine Lalechère, Grasset 2012, 421 pages à dévorer.

Déniché à la médiathèque.

L'avis de Clara !

Celui de Gwenaëlle