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15/05/2013

Dans la peau de Sheldon Horowitz

 "-Ne vieillis pas , lui recommanderek b.millerde-t-il. Si Peter Pan apparaît, suis-le."

"Un sniper américain , sénile, de  quatre-vingt-deux ans serait poursuivi par des Nord-Coréens dans toute la Norvège après avoir fui une scène de crime. Avant ou après le meurtre."Ainsi Sigrid, policière norvégienne résume-t-elle un peu sommairement la situation. On pourrait préciser que Sheldon Horowitz est juif, qu'il vient de s'installer en Norvège chez sa petite-fille-sa seule famille restante-et que l'objectif de cette course-poursuite est de sauver la vie d'une petit garçon Serbe.
On ajoutera aussi que Sheldon ,qui entretient des liens bien particuliers avec son passé ,est fichtrement débrouillard, comme Huckleberry Finn un de ses modèles , que c'est un manipulateur né et qu'il est absolument craquant !
Tendresse (jamais niaise), humour mais aussi vrai suspense qui fait battre le coeur, tous les ingrédients d'un excellent roman et un épilogue qui d'abord m'a laissée un peu sur ma faim mais après réflexion est totalement en accord avec l'esprit du livre. Un premier roman qui crée vraiment un univers, avec des personnages  attachants et des références historiques qui lui donnent un arrière-plan très intéressant. De la belle ouvrage et un grand-père que l'on n'oubliera pas de sitôt ! à découvrir de toute urgence !

Dans la peau de Sheldon Horowitz, Derek B. Miller, traduit de l'anglais par Sylvie Schneiter, Les escales 2013, 416 pages qui filent toutes seules !

13/05/2013

Le démon

 " - Que Dieu te garde, Jack!
Il faut bien que quelq'un s'en charge."

ken bruen

à Ken Bruen je peux tout pardonner: les énumérations notées de façon verticale, qui reviennent régulièrement et qui sentent un peu trop l'écrivain paresseux tenant à obtenir le compte de pages dû à son éditeur, les intrigues à la fin télescopée,  les flopées de cadavres que Jack Taylor provoque bien malgré lui. Et même dans cet opus l'intervention d'un démon au crâne tantôt lisse tantôt à la chevelure abondante. le Mal existe nous rappelle Bruen à longueur d'auto-citations. Oui, je peux tout lui pardonner car il a un style bien à lui et une manière de toujours reconstituer la bibliothèque de Jack Taylor régulièrement dévastée (et de nous fourguer par la même occasion toute une liste d'auteurs à découvrir). Mine de rien, même avec ses intrigues allégées , Bruen parvient à redonner le goût de lire, à nous remettre en selle quand tous les livres nous tombent des mains. Comment fait-il ? Mystère.
Mais là où le bât blesse c'est quand on nous change de traducteur, pire quand on nous en inflige deux. je n'ai en effet pas retrouvé la voix de Jack Taylor dans cet opus où alterne argot désuet et parler djeun's dans un mélange cacophonique. Pourquoi aussi nous traduire "une boutique genre Emmaüs"ce qui à l'origine devait être "Oxfam"? Un parti pris dérangeant ... Rendez-nous Pierre Bondil !

Déniché à la médiathèque.

11/05/2013

Les oranges ne sont pas les seuls fruits...en poche

L'incertitude était pour moi ce que l'aardvark* est pour les autres gens."

Paru pour la première fois en 1985 (et adapté pour la Télévision britannique en feuilleton), Les oranges ne sont pas les seuls fruits est la version romanesque de Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?**jeanette winterson
Ce roman insiste davantage sur la dimension religieuse du personnage de madame Winterson (si obnubilée par ses pratiques religieuses qu'elle ne se rend pas compte que sa fille adoptive est devenue sourde !) et n'hésitant pas à organiser un exorciste quand elle se rend compte de l'homosexualité de cette dernière.
J'ai nettement préfé l'autobiographie de Jeanette Winterson, qui revient davantage sur sa "libération" grâce à la littérature et relate sa recherche de sa mère biologique.

*petit fourmilier d'Afrique.

**qui vient d'obtenir le prix Marie-Claire.

07/05/2013

Là est la danse

"Allongée là, seule,  nuit après nuit, , il est possible qu'elle n'ait eu envie d'avoir seulement un mari, pas un héros."

Entre Emily, la toute fraîche épouse sacrifiée d'un explorateur du Pôle Nord du début du siècle et une  jeune femme de sa famille, Julia ,va se tisser ,soixante ans plus tard, un lien ténu mais solide: les lettres retrouvées sur le cadavre de l'époux d'Emily.amy sackville
Se plongeant a posteriori dans cette relation amoureuse marquée par le briéveté et la solitude, Julia va éclairer d'un autre jour son propre couple et découvrir bien malgré elle un secret familial.
Opposant le froid glacial du Pôle et la canicule anglaise contemporaine, les corps figés du début du siècle et celui, libre de Julia, Amy Sackville nous livre un roman sensuel et poétique, célèbrant la liberté des femmes qui peut prendre bien des formes. Quelques longueurs pour l'univers polaire , mais des personnages lumineux et décrits de manière extrêmement vivante, attachée autant aux variations de l'âme qu' aux détails du quotidien  (le jardin, le chat, les insectes, la préparation d'un repas...). Un petit régal à s'offrir en poche.

Là est la danse, Amy Sackville, traduit de l'anglais par Isabelle Chapman, 10/18 2013, 402 pages envoûtantes.

06/05/2013

Cassandra au mariage

"Nous en avions eu cinq cents fois la preuve: nous ne sommes pas des esclaves qu'on peut vendre séparément, à droite et à gauche , et envoyer vivre leur petit bout de vie dans des lieux différents. "

Le jour du mariage est par excellence un temps où s'exacerbent les tensions familiales. Il l'est d'autant plus pour Cassandra, l'exaltée,  qui avait envisagé un tout autre avenir pour sa jumelle, Judith.
Revenant précipitamment à la maison, Cassandra va mettre en place bien des stratégies pour empêcher le mariage de sa soeur.dorothy baker,soeurs jumelles
Ce pourrait être une comédie, mais Cassandra au mariage  possède une tonalité plus mélancolique, plus sombre. On glisse d'un non-dit à un autre, d'un moment à un autre avec beaucoup de délicatesse, au lecteur de compléter ce qui est suggéré de manière délicate. Un roman publié en 1962 qui n'a rien perdu de son acuité psychologique sur les liens ambigus qui peuvent unir les soeurs, jumelles de surcroît.

Cassandra au mariage, traduit de l'anglais (E-U) par Elisabeth Janvier, Robert Laffont, pavillons poche 2013, 326 pages de tensions sourdes.

03/05/2013

Les débutantes...en poche

"Avec les Smithies , c'était différent. Il était parfois difficile de savoir où l'une commençait et où les autres s'arrêtaient."

Le "pays des filles entre elles" c'est l'université féminine de Smith, haut lieu de la culture féministe américain.Quatre jeunes filles, très différentes à bien des égards, s'y rencontrent en première année et vont tisser une amitié intense, avec ses hauts et ses bas, ses alliances variables , ses déceptions et ses enthousiasmes.51tTLCoPqKL._SL500_AA300_.jpg
Quelques années plus tard, nous retrouverons Bree, Celia April et Sally ayant pris un nouveau départ: celui de leur vie adulte, ce qui ne va pas toujours sans mal. Face aux épreuves de la vie les Smithies pourront tester la fiabilité de leur amitié.
On plonge dans ce bon gros roman avec délices ! On suit avec bonheur les amours, les relations familiales, l'évolution de ces filles tour à tour sainte Nitouche et délurées qui , ô miracle, ne jettent pas leur amitié aux orties une fois qu'elles ont rencontré l'amouuuur ! J. courtney Sullivan , à défaut d'être une grande styliste, sait peindre avec vivacité et humour ces jeunes femmes en pleine évolution. Elle les considère avec tendresse et bienveillance et on passe un fabuleux moment en leur compagnie. J'aurais juste aimé un peu plus de vraisemblance dans les derniers chapitres, ce qui a quelque peu gâché mon plaisir.

02/05/2013

Un été sans les hommes...en poche

"Le temps est une question de pourcentages et de convictions."

Abandonnée par son mari, Mia, poétesse rousse aux cheveux frisés a "pété les plombs" s'est retrouvé un court moment en hôpital psychiatrique . L'été venu, la quinquagénaire part se réfugier auprès de sa mère qui réside dans une maison de retraite du Minnesota.siri hustvedt
Là, au contact de la vieille dame et de ses amies qui profitent de la vie avec une réjouissante férocité, Mia va se reconstruire peu à peu, au fil de ses rencontres avec des femmes de tous âges.
Un été sans les hommes est un roman qu'il faut prendre le temps de savourer, tant pour ses réflexions sur le temps, la vie des femmes et ce quel que soit leur âge, les différents rôles que la vie leur fait endosser mais aussi pour la très grande énergie et la compassion qu'il dégage.
Il faut absolument faire la connaissance d'Abigail ,nonagénaire brodeuse rebelle, qui "maintient qu'à force de pétiner ses désirs on les déforme." et assister aux cours de poésie que donnent Mia à de pas si charmantes adolescentes que cela.
Les mots et leur pouvoir tiennent en effet un grand rôle dans ce texte , envolées féministes mettant à bas des préjugés sexistes , mots chuchotés pour distiller un pernicieux venin mais aussi citations poétiques qui sont autant de balises par temps agité...

01/05/2013

Maine

"Elle n'avait rencontré aucune famille aussi éprise de sa mythologie."

Alice,( la matriarche imperméable aux sentiments, une femme comme on n'aimerait pas en rencontrer pour de vrai), Kathleen, la fille, (ancienne alcoolique reconvertie dans l'élevage des vers de terre), Maggie (la petite fille trop accommodante) et Ann Marie , la belle-fille parfaite, sont réunies pour quelques jours dans la maison de vacances du Maine.j.courtney sullivan,le roman de l'été
Si la situation géographique est idéale, la configuration familale , elle, est pour le moins explosive ! On pouvait craindre le pire, clichés à gogo, situations convenues, mais, roman polyphonique, Maine alterne à chaque chapitre les  points de vue et éclaire sous des angles différents les personnages. Nuancés, ils deviennent tour à tour attachants ou exaspérants , mais diablement humains. Notre opinion varie et nous éloigne de toute forme de caricature.
L'exploration psychologique est passionnante, les révélations se succédent sans que le rythme fléchisse et l'on ne peut que se demander comment une "gamine" de trenet ans peut avoir unr telle expérience humaine ! Si ce roman , impossible à lâcher, ne devient pas LE roman de l'été, c'est à n'y rien comprendre !

Maine, J. Courtney Sullivan, traduit de l'anglais (E-U) par Camille Lavacourt, Editions Fromentin 2013, 450 pages addictives.

 

L'avis tout aussi enthousiaste de Cuné !

Absolument génial pour Clara !

Lu et apprécié par Brize.

Du même auteur sortira bientôt en poche ce roman (clic)

30/04/2013

La dette

La quatrième de couv' était pourtant alléchante: une histoire d'anciens vendeurs d'armes reconvertis dans la sécurité au Cap se font rattraper par leur passé et doivent payer une dette d'honneur, sous forme de service rendu. Surgit Sheemina, une avocate noire qui commence à les harceler . Les ennuis pleuvent sur nos deux anciens aventuriers.mike nicol,schtroumpf grognon le retour
 Intrigues se succédant en cascade avec baisses de rythme à la clé , multitude de  personnages dont on apprend tardivement s'ils sont Noirs ou Blancs, ce qui est quand même gênant dans le contexte de l'Afrique du Sud, tout ceci nuit considérablement  à la lecture.
Le lecteur devance en outre sans cesse le récit qui est en effet par trop prévisible. Une déception donc.

Merci à Babelio et à Ombres noires.

Roman par ailleurs recommandé par Courrier international.

25/04/2013

Les reflets d'argent

 "Tu crois vraiment que c'est l'Homme-poisson? Sincèrement ?
   J'adore l'idée qu'il le soit. C'est la réponse que je veux."

Une île où "la tristesse recouvrait tout et s'accrochait comme le sel.", une île qui ne se remet pas d'un deuil depuis quatre ans, une île où il ne peut y avoir de secret- trop petite, trop peu de monde. Mais la découverte d'un homme échoué sur une plage de galets va remettre toutes ces convictions en question.
Qui est-il cet amnésique? Certains veulent y reconnaître l'Homme-poisson d'une vieille légende. Celui qui apporte Espoir et enchantement.susan fletcher,mer,deuil,perte
Les lames d'argent est un roman qui évoque le deuil et la perte , le monde en perpétuel changement, rien a à quoi on puisse s'accrocher- mais aussi les multiples formes que peut prendre l'amour. C'est un roman, qui, à l'instar de l'homme -poisson enchante le monde et redonne l'espérance. Ce microcosme prend vie sous le regard panoramique de Susan Fletcher qui s'attarde aussi bien sur les insulaires que sur les formes de vie marine , terrestre (ah les campagnols dans leur carré d'orties !) ou aérienne. La bienveillance est toujours présente car chacun trouve le réconfort à sa façon, si maldroite ou ténue soit-elle. Il faut savoir prendre son temps pour savourer ce texte plein de poésie, qui verse parfois un peu trop à mon gré dans le sentimentalisme, mais qui confirme avec brio le talent de Susan Fletcher. (clic, clic et reclic)

 Les reflets d'argent, Susan Fletcher, traduit de l'anglais par Stépahne Roques, Plon 2013, 450 pages qui affirment le pouvoir d'une bonne histoire et sont , bien évidemment, constellées de marque-pages !

Le billet, encore plus enthousiaste, de Clara !