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21/05/2015

Dieu me déteste...en poche

"Être mourant, si on regarde bien, c'est plutôt lassant.ce qui est vraiment intéressant, c'est de vivre ici, beaucoup plus intéressant que je l'aurais cru , quand on m'a amené ici de force et que je jurais  et me débattais tout ce que je pouvais."

Celui qui s'exprime ainsi c'est Richard Casey, dix-huit ans dans quelques jours. Bien qu"otage des soins palliatifs" d'un hôpital New-yorkais, lui et son amoureuse Sylvie, quinze ans, malgré la maladie, la perte des cheveux, le corps qui lâche dans tous les  sens,  ont une furieuse envie de faire des conneries, de s'aimer malgré tout, de vivre quoi !hollis seamon
Halloween et l'intervention d'un oncle hors-normes vont précipiter les événements et entraîner nos héros dans un tourbillon joyeux, souvent émouvant, plein d'une féroce rage de vivre malgré tout. Roméo luttant contre le dragon qui veille sur sa bien-aimée, Richard nous fait vibrer et allume plein d’étoiles dans nos yeux.
Jamais de sensiblerie ni de pathos, le monde hospitalier est peint de manière très juste et la fin est juste époustouflante. Un livre bourré d'énergie , d'empathie et de pudeur qui glisse , zou, sur l'étagère des indispensables. On n’est pas prêts d'oublier cette galerie de personnages et cet amour ardent ! Un grand et beau coup de cœur !

18/05/2015

Ce qu'il reste d'Alice

"Parfois, il est plus facile d'oublier, mais se rappeler est ce qui fait de nous des êtres humains."

 Le corps d'Alice Salmon, vingt-cinq ans, a été retrouvé dans la rivière. Accident de beuverie, suicide  ou meurtre ?
Un universitaire entreprend de reconstituer la vie d’Alice son ancienne étudiante pour laisser un portrait d'elle , composé de toutes les traces qu’elle a laissés sur internet, de son journal, de ses textos et des témoignages de ceux qui l'ont connue. Une manière aussi de tenter le lever le mystère que constitue  la mort d’Alice, cette brillante journaliste à qui tout semblait sourire.t. r. richmond, schtroumpf grognon le retour
La structure , façon puzzle, ne facilite pas la lecture de ce roman, qui ménage peu de surprises et se contente d'effleurer trop de personnages. La résolution du problème m'a rappelé un roman d'Agatha Christie (dont je me garderais bien de vous donner le titre !). Trop de ressassements de thèmes, des personnages qui m'ont laissée indifférente, bref, un roman qui m'a déçue.

 

Cuné a été plus enthousiaste, clic..

16/05/2015

Vacances à l'anglaise ...en poche

"Qu'avait donc cette maison ? Elle détraquait tout le monde."

Après le décès de leur mère, Richard décide d'inviter la famille de sa sœur, dont il n'a jamais été très proche, pour des vacances au Pays de Galles. Mais la combinaison de quatre adultes ayant peu d'atomes crochus, trois ados en pleine explosion hormonale et un enfant bourré d'imagination, le tout largué au milieu d'une campagne somptueuse mais dotée d'un réseau peu favorable aux portables risque de provoquer un cocktail détonnant...mark haddon
Si l'ambiance de la maison de vacances est parfaitement bien rendue, le choix de l'auteur d’alterner les points de vue, même si l'on repère très vite l'identité du personnage ,donne au roman un côté par trop "haché", qui nuit à la fluidité du récit. Un bon moment ,mais rien d'exceptionnel.

15/05/2015

ça aussi, ça passera

"Tout l'amour de mes amis et de mes enfants ne suffit pas pour que je puisse résister aux rafales de ton absence, j'ai besoin d'être agrippée à un homme pour ne pas être emportée dans les airs."

Bianca, quarante ans, vient de perdre sa mère . Elle part en vacances dans la maison familiale de Cadaqués, entraînant avec elle ses deux amies, ses deux ex-maris et ses enfants.N'oublions pas l'amant du moment qui rôdera aussi dans les parages, accompagné de sa propre famille. Une situation pour le moins atypique mais qui correspond bien à la narratrice, amoureuse éperdue de la vie.milena busquets
Dans un paysage baigné de soleil, au bord de la mer, Bianca qui mène "une vie désordonnée et enfantine" s'adresse à celle qui vient de mourir entre deux considérations sur les relations hommes/femmes et un rendez-vous amoureux. La vie, la mort , tout est mêlé et Bianca , malgré sa douleur, est toujours prête à séduire,à aimer.
Ce pourrait être glauque, c'est lumineux, tendre et cruel à la fois,plein d'amour et d'apaisement. Une petite parenthèse de bonheur.

ça aussi, ça passera, Milena Busquets, traduit de l'espagnol par Robert Amutio, 176 pages ensoleillées.

10/05/2015

Le facteur émotif

"Tourbillonnant comme l'eau
contre le rocher

Le temps fait des boucles"

Bilibo , facteur de profession, s'immisce dans l'échange de correspondance poétique (sous forme de haïkus) qu'entretiennent  Gaston Grandpré et Ségolène. En effet, pour meubler sa vie monotone, il a pris l'habitude d'ouvrir , avant de les remettre à leur destinataire, les rares courriers personnels de sa tournée.
Le jour où Grandpré disparaît devant ses yeux, le facteur va endosser son identité et devenir poète...

denis thériault


Cette fable poétique, pleine de fraîcheur , je l'ai d'abord lue de manière distanciée, puis je me suis laissée charmer, surtout pour voir comment l'auteur allait sortir son héros du piège qu'il lui avait tendu et...je n'ai pas été déçue: la forme du poème japonais dictant, d'une certaine façon la fin du récit.

Le facteur émotif, Denis Thériault, Anne carrière 2015, ouvrage déjà paru au Canada où il a remporté le Prix Canada-Japon 2006.

Le billet des Jardins d'Hélène.

 

09/05/2015

La fille du train

"Pour la première fois depuis bien longtemps, je m'intéresse à autre chose qu' à mon propre malheur. J'ai un but.Ou, en tout cas, une distraction."

Par la fenêtre de son train de banlieue du matin, ou du soir, Rachel observe les habitants d'une maison située en bord de voie. Un couple idéal à ses yeux, une vie parfaite qui s'offre comme un contrepoint à celle qu'elle connaît.paula hawkins
Mais un jour, une scène vient troubler la belle harmonie et Rachel apprend quelques jours plus tard que la si jolie jeune femme de la maison a disparu. Elle décide alors de s'immiscer dans cet univers qui fut naguère le sien...
C'est sur la foi d'une critique de Telerama  (qui en disait beaucoup moins  que la quatrième de couv') que j'ai commencé la lecture de ce thriller psychologique. J'ai aussitôt été happée et par les personnages (trois femmes prennent la parole ) et par le récit  qui opère un virage à 180° dans le dernier tiers. Les informations sur la narratrice principale sont distillées au compte-gouttes , estompant ainsi le côté pathétique de sa situation.
Ce voyeurisme banal, qui n'a pas saisi au vol des scènes de vie  au cours d'un voyage en train ?, est exploitée pleinement par Paula Hawkins qui ferre d'emblée son lecteur et ne le lâche plus ! Voilà longtemps que je n'avais dévoré un thriller avec autant d'appétit !

La fille du train, Paula Hawkins, traduit de l'anglais par Corinne Daniellot, Sonatine 2015, 379 pages à dévorer, par forcément dans les transports en commun, de crainte de louper son arrêt !

08/05/2015

Le beau monde...en poche

"J'aurai gagné en lumière et en ombre. En mystère."

"Terne, insipide", Frances Thorpes ? Cette obscure correctrice d'un prestigieux journal contemple de loin Le beau monde  des lettres où elle officie à une très modeste place.Le hasard va lui permettre de recueillir les dernières paroles de l'épouse d'un grand écrivain, et, en côtoyant, même brièvement ce monde fascinant, Frances ne va pas résister à la tentation.harriet lanePetit à petit , elle va s'immiscer dans un univers où elle n'a pas sa place...
Tout le récit est vu du point de vue de Frances, qui ne se livre jamais totalement, même au lecteur qui découvre, petit à petit, toutes les étapes d'une intrusion ourdie de main de maître. Il serait vraiment dommageable de donner trop de détails mais la peinture de cette ambition souterraine et implacable sous des dehors insignifiants est à proprement parler époustouflante !
La description des parents de l'héroïne, en particulier de sa mère ,totalement névrosée, ainsi que celle des coulisses du journal sont des régals et on ne peut lâcher cette héroïne qui observe implacablement le monde qui l'entoure, en assimile les règles souterraines, les mensonges, et en tire le meilleur profit. Un roman qui tient du thriller, de la peinture psychologique acérée et du tableau de mœurs. Un premier roman qui fait preuve d'une parfaite maîtrise tant dans l'écriture que dans le rythme du récit.

Du même auteur, vient de sortir Elle, Clic

27/04/2015

L'effet Rosie

 "- Je laisserai la thalidomide dans le placard.
-Tu as de la thalidomide ?
-C'est une blague, Don, une blague."

"-Nous sommes enceints, a-t-elle dit." Et  Don de commencer à tout prévoir en bon planificateur qu'il est , pour pallier à la désorganisation chronique de Rosie.graeme simsion
Mais si Don est imbattable sur alimentation d'une femme enceinte, l'évolution du fœtus, pas sûr qu'il soit capable d'établie une relation interpersonnelle avec le bébé à venir, la faute à son syndrome d'Asperger.
Si l'aspect loufoque est moins présent que dans le premier volume (lecture non indispensable pour la compréhension mais ce serait dommage de s'en priver), Don, à force de cachotteries pour éviter de stresser Rosie, va se fourrer dans de beaux guêpiers dont il parvient toujours à se tirer in extremis avec des moyens bien à lui ! Scènes d'anthologie à foison (entraînement à l'accouchement,  voyage en avion, choix du prénom...) !
Si la tonalité est  parfois un peu plus sombre, on passe un excellent moment de lecture avec Don,Rosie et leurs amis  !

24/04/2015

Entre les jours...en poche.

"Pendant au moins trente secondes, tout était resté parfaitement calme. Pendant au moins trente secondes, avant que les cris ne retentissent, que leurs vies ne basculent définitivement, le monde était resté parfaitement calme."

Une famille américaine bien sous tous rapports : un père architecte, une mère au foyer, un garçon et une fille qui poursuivent leurs études. Certes, le divorce parental a quelque peu déstabilisé ce microcosme propret mais c'est surtout le renvoi de Chloé de l'université, puis sa disparition sans explication qui vont tout faire chavirer.andrew porter
Roman psychologique, Entre les jours possède un sens du rebondissement et du suspense impeccables. On découvre petit à petit les causes du renvoi de Chloé et surtout on observe, fascinés, comment cette constellation familiale va devoir se réorganiser face à l'impensable. L'auteur se glisse avec aisance dans chacun de ses personnages et son écriture sensible et maîtrisée ne nous permet pas de lâcher ce roman addictif. Une réussite !

22/04/2015

Fiançailles

"Mais les désirs se tordent, s'étirent et, dans le réseau de mon esprit, les fils de mon imaginaire s'étaient emmêlés."

Lisese, sur une impulsion, déborde du cadre de son emploi , agent immobilier à Melbourne, et propose des services érotiques tarifés à son seul client , Alexander.chloe hooper
à la veille de quitter l'Australie, la jeune femme accepte de passer un week-end entier avec Alexander qui possède une propriété dans le bush, loin de tout.
Quand deux imaginaires , très différents, se rencontrent dans une vieille demeure à l'atmosphère puissante, l'imagination galope. Tant celle du lecteur, que celle de la narratrice dont nous avons ici le seul point de vue.
L'argent, qui paraissait être le seul objectif de cette relation, Liese est criblée de dettes, cède très vite la place à d'autres motifs plus ambigus, liés au désir et au pouvoir de la fiction.
Chloe Hooper joue avec virtuosité des codes du thriller psychologique et utilise avec bonheur des ressorts narratifs du roman gothique ,ancrés dans un univers à la fois contemporain et hors du temps.

Une petite merveille à  dévorer d'une traite, même si j'ai quelques petits bémols concernn,t les réactions de l'héroïne !

Fiançailles, (The Engagement), Chloe Hooper, traduit de l'australien par  Florence Cabaret, 10/18 2015, 307 pages qu'on ne lâche pas.