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11/11/2013

La mécanique du bonheur

"Je vais persister. Je vais continuer à penser et je vais continuer à agir. Et donc il s'assit  et écrivit une chronique dans laquelle il s'adressait au Premier ministre."

Pendant longtemps Morris Schutt a exposé l'intimité de sa famille dans des chroniques qui ont fait sa renommée. Mais la mort de son fils , tué en Afghanistan, va le faire déborder du cadre qui lui était imparti et son journal va le mette en congé.david bergen
Morris , qui voit le reste de sa famille se déliter peu à peu, va se tourner vers les philosophes anciens pour essayer de retrouver un point d'ancrage et lutter contre la culpabilité qui le taraude.
Tout sauf complaisant et pathétique La mécanique du bonheur est un roman qui explore  avec empathie les complexités d'un homme intelligent et sensible mais qui se retrouve complètement désorienté. Comme Herzog, le héros de Saul Bellow, il écrit des lettres, envoyées ou non, qui lui permettent de mettre à plat ses sentiments. Comme beaucoup d'hommes, il a ses faiblesses, ses mensonges mais au final David Bergen parvient à nous le rendre sympathique , ce qui n'était pas couru d'avance ! 283 pages constellées de marque-pages !

La mécanique du bonheur, David Bergen, Albin Michel 2013, traduit de l’anglais (Canada) par Hélène Fournier.

L'avis de Keisha.

05/11/2013

The Main

"Un homme qui serait arrivé à préférer la paix au bonheur, le silence à la musique."

Après deux romans hautement enthousiasmants de  Trevanian (clic), c'est le sourire aux lèvres que j'ai entamé la lecture de The Main (prononcer comme dans Main street). Hélas, l'histoire de ce vieux flic solitaire qui arpente "son" secteur dans l'hiver montréalais m'a laissé de marbre tant il est daté et prévisible.trevanian
Le rythme est languide, plusieurs fois, j'ai failli piquer du nez et je n'ai rien retrouvé des ambiances électriques des autres textes de Trevanian. Dommage.

Merci à Babelio et à l'éditeur.trevanian

 

d'autres avis plus enthousiastes ici.

02/11/2013

Le week-end

"Avaient-ils cessé de jouer selon les règlbernhard schlinkes parce qu'ils ne gagnaient rien à les respecter ? Parce que, quand ils étaient pauvres, ils n'avaient aucune chance de succès et, quand ils étaient riches, ils trouvaient le jeu mensonger, corrompu  et vide? "

Jörg, terroriste allemand, après plus de vingt ans en prison, a été gracié. Sa sœur, Christiane, lors de sa  sortie organise des retrouvailles avec d'anciens amis. Un sas de décompression, croit-elle, avant que son frère ne réintègre la société.
Mais, bien évidemment, Le week-end va se révéler plein d'incertitudes , de questions, refoulées ou non, de trahison. Il sera l'occasion du bilan d'une génération.  Qui de ceux qui ont choisi la lutte armée et meurtrière dans les années 70 à 90, ou de ceux qui sont restés plus en retrait ont-ils été les plus floués ? Jörg peut-il encore tenir un discours plein d'anachronismes sur sa lutte ou doit-il accepter d'avoir commis des erreurs ?
Jamais didactique mais plein de réflexions intéressantes, Le week-end est un roman qui creuse au plus profond les failles humaines et nous brosse le portrait de gens qui ont perdu leurs certitudes mais gagné en humanité.

Déniché à la médiathèque, sorti en folio en 2013.

 

30/10/2013

Etrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage

"S'il y a bien une chose qui me tape sur le système, c'est de commencer un nouveau chapitre et de m'apercevoir que ce con de narrateur a changé."

Et pourtant, évidemment Etrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage va user de cet artifice car il met en scène deux personnages principaux:Ethered Tressider, romancier polygraphe, créateur d'un personnage de policier qu'il ne maîtrise plus et son agent, l'encombrante Elsie qui déteste autant la littérature que les écrivains.l.c. tyler,humour british,polar
Tous deux vont se retrouver à mener une enquête ,chacun de leur côté et parfois ensemble, quand l'ex-femme de Ethelred va avoir la "bonne " idée de se suicider à quelques kilomètres de chez lui dans le véhicule mentionné dans le titre.
Nous avons ici un roman astucieux en diable , bourré d'humour british, où les mots jouent un rôle essentiel .Mais l'auteur ne fait pas le malin, ne prend pas son lecteur pour un imbécile et ne fait pas d'effets de manches. Un pur régal donc !

Déniché à la médiathèque et vient de sortir en poche. à se procurer sans hésitations.

29/10/2013

le poil de la bête

"Et j'aimais la façon dont tous ces fils se rejoignaient. d'une manière grotesque, mais tout de même. Vous savez, ces nids d'araignée qui naissent sous l'influence de la cocaïne."

 L'assassinat à Vienne d'un diplomate norvégien par une tueuse à gages, rien de plus classique pour commencer un roman policier. Mais que cette femme, Anna Gemini, ne quitte jamais son fils handicapé, Carl ,et exige, pour des questions de morale , que chacune de ses victimes s'acquitte elle-même de son paiement, voilà qui l'est nettement moins.  Rapidement, les règles du polar vont se trouver bousculées  , l'occasion pour Heinrich Steinfest  de se jouer de son lecteur, l'entrainant dans un monde  où les personnages hauts en couleurs ne sont jamais vraiment ce qu'ils prétendent être et où les chausse-trappes sont légion.heinrich steinfest
Le lecteur doit prendre le temps de savourer les réflexions souvent iconoclastes de l'auteur (cf la multitude de marque-pages qui font bruisser ce livre), d'accepter que se brouillent les frontières entre les genres, voire , parfois, de se perdre dans les méandres d'une intrigue alambiquée comme dans les rues de l’ancienne capitale de l'Empire austro-hongrois.  Mais au final, il en sortira un peu groggy mais suprêmement ravi !

Le poil de la bête, Heinrich Steinfest, traduit de l'allemand (Autriche) par Corinna Gepner, Carnets Nord 2013, 644 pages de pur bonheur !

28/10/2013

Chers voisins

"Ils étaient réunis sous le lustre central, les hommes discutant football et voitures pendant que les femmes bavardaient sur ce ton faussement intimes des gens qui ne s’aiment pas beaucoup et sont néanmoins obligés de se fréquenter."

Pepys Road, une rue de Londres d'un quartier autrefois peu élégant a maintenant grimpé dans l'échelle socio-économique. En décembre 2007, y résident aussi bien Petunia Howe, qui y a toujours vécu que des familles de traders où les enfants sont "gâtés mais négligés" ou encore une famille pakistanaise dure au labeur.. L'argent semble couler à flots dans Londres mais pas forcément pour tout le monde. Et dans Pepys Road ne font que passer des réfugiés apatrides, coincés dans d'inextricables situations john lanchester,so britishadministratives, des ouvriers du bâtiment polonais ou encore un petit génie du football sénégalais. Bref, un microcosme représentatif de la société londonienne dont la tranquillité va être mise à mal par de mystérieux courriers avertissant: "Nous voulons ce que vous avez"...
John Lanchester dans ce bon gros roman de 567 pages où alternent les points de vue nous dépeint avec acuité une société  sur le point de basculer. Des personnages attachants, une écriture sans fioritures mais efficace font qu'on ne s'ennuie pas une minute dans ce roman qui tient ses promesses, même s'il lui manque une pointe d'originalité. Idéal pour un dimanche d'automne.

Chers voisins, John Lanchester, traduit de l'anglais par Anouk Neuhoff avec la collaboration de Suzy Borello, Plon 2013.

26/10/2013

Le jour des corneilles (enfin) en poche!

”Parnoir,enjambe ta culotte et suis-moi !”

Vous qui aimez les mots, les mots anciens, les mots qui roulent comme des cailloux, précipitez-vous sur Le jour  des corneilles , de Jean-François Beauchemin !
Le père Souche et son fils (qui n'a pas d'autre identité) vivent à l'écart d'un village, en autarcie.
Le père, sorte de Géant rabelaisien, la bonhommie en moins, lit dans les  étoiles, tandis que le fils voit sans souci particulier les  trépassés évoluer autour de lui. Parmi ces derniers,  sa mère, morte lors de sa mise  au monde.jean-françois beauchemin
Le père rudoie le  fils qui supporte sans broncher les crises de folie  paternelles, espérant toujours recevoir une preuve d'amour, cet amour dont il est assoiffé.
En 150 pages, Beauchemin crée des personnages inoubliables,un univers dense et rude où la vie et la mort se mélangent sans cesse. En effet,  pour  le  premier repas  de son fils, le père lui donne du lait provenant d'un cadavre de  hérisson femelle."ce fut ma  première pitance sur le domaine de la Terre :  le lait d'une b^te morte  achevée par Père. Ce fut par même occasion ma  première rencontre véritable avec la mort, véritable en ce que j'en fus pénétré, puis nourri. Toute ma vie , cela devait me  rester inscrit au ventre:  par là  le  trépas avait tracé sa sente  en ma personne; comme mots se formant et s'alignant sur la page." Surprenant et fort.

21/10/2013

Le peigne de Cléopâtre

"Elsa Karsten méritait ses cigares et ses sous-vêtements en dentelle. Elle méritait de prendre son envol."

maria ernestam

Trois amis de longue date, Mari, Anna et Fredrik s'associent pour monter une société qui a pour objectif de résoudre les problèmes des gens. Vaste domaine où chacun d'eux pourra mettre en œuvre ses compétences.
Cette société , ils décident de la baptiser Le peigne de Cléopâtre car "Les apparences sont trompeuses. C'est la signification du peigne de Cléopâtre." Ils ne croient pas si bien dire car rapidement ils vont se trouver désemparés face à le demande d'une vieille dame: éliminer son mari, un tyran domestique...
Entré de plain pied dans un univers hautement sympathique, le lecteur va rapidement prendre conscience des failles des trois héros , amis qui ne se connaissent pas si bien que cela. Si la première partie est extrêmement plaisante, la seconde bascule dans les révélations fracassantes qui frôlent souvent le grotesque tant le style devient ampoulé et maladroit. Un roman que j'ai terminé mais qui m'a laissée perplexe dans sa seconde partie.

Du même auteur Les oreilles de Buster(clic).

Le peigne de Cléopâtre, Maria Ernestam, Gaïa 2013, traduit du suédois par Ether Sermage et Ophélie Alegre.

19/10/2013

L'expert...en poche

"Les aigles ne sont pas des ornithologues."

Suite des aventures de Jonathan Hemlock, L'expert reprend un peu le schéma de La sanction: Même départ avec le personnage trop sûr de lui, même intervention féminine (justifiée par une ressort dramatique que je ne révèlerai pas), mais la tonalité est encore plus sombre et la faille s'agrandit dans l'âme d'Hemlock. Côté humour, nous avons aussi droit à un hilarant dialogue-promenade mettant aux prises le héros avec la campagne anglaise.trevanian
Mais cette fois nous gravitons à la fois dans le monde de l'art , celui de l'espionnage et des milieux interlopes et les épreuves rencontrée par notre héros seront encore plus physiques et originales que dans La sanction. Une petite baisse de régime (plus d'effet de surprise) mais un excellent moment cependant.

18/10/2013

Dernière nuit à Montréal...en poche

"- Je ne suis pas sûre de savoir comment rester, dit Lilia."

 Toute sa vie, ou presque ,Lilia aura été suivie. Enlevée à sept ans par son père, elle va connaître jusqu'à l'adolescence une longue cavale qui lui donnera pour toujours le goût de partir. hilary mantel
  Au début du roman, elle quitte Eli, un étudiant new-yorkais fasciné par les langues, qui n'arrive pas à s'"immerger dans le monde". Contacté par Michaela, qui se rêvait funambule, pour perpétuer la tradition familiale, ce dernier part pour Montréal où se dévoileront tous les secrets de la vie de Lilia.
Hypnotique et fascinant, ce roman, présenté comme une thriller, brouille toutes les frontières. Les personnages sont à multiples facettes et se dévoilent peu à peu dans une construction narrative éclatée  qui , pourtant, n'égare pas le lecteur. Le rythme est lent, mais jamais languissant et l'on se plaît à faire durer la lecture de ce roman poétique , superbement écrit où Montréal, ville présentée comme férocement francophone, joue un rôle essentiel et glaçant.
Un premier roman à découvrir absolument.