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07/06/2012

Désaccords mineurs

"Les attentes des autres, il yjoanna trollope a de quoi vous donner mal à la tête."

Chrissie, mère de trois filles dont la benjamine a dix-huit ans, appartient à "...cette espèce de femmes exaspérantes qui, quand on les interviewait dans leur maison impeccable sur leur aptitude à ne pas devenir folle alors qu'elles géraient l'existence de quatre ou cinq personnes  en plus de la leur et en plus d'un boulot, souriaient avec sérénité et répondaient qu'en réalité, il suffisait de faire des pense-bêtes." Ou plutôt appartenait car le décès de celui qui ne l'a jamais épousée, Richie,  la laisse dans un désarroi total. D'autant plus que, les dispositions de l'héritage font revenir à la surface la première famille de son compagnon, famille qu'elle aurait préféré continuer à ignorer.
Alors que Chrissie et ses deux premières filles restent bloquées sur le drame qui a bouleversé émotionnellement et économiquement leurs vies, Amy , la plus jeune, faisant fi des accusations de déloyauté ,va de l'avant et établit même un lien avec son demi-frère.
Les univers brossés par Joanna Trollope, que ce soit le Londres coquet ou le Newcastle plus rustique, sont tous empreints de ce confort douillet qu'elle sait si bien décrire. On s'y réconforte à grands coups de mugs de thé, on y croise un chat lourd comme "un hippopotame à fourrure", on déjeune dans un restaurant compassé et on se régale de la finesse des notations psychologiques. Seul bémol, les choses s'arrangent un peu trop bien mais c'est la loi de ces bons gros romans réconfortants, n'est-ce pas ?

Désaccords mineurs, (The Other Family), Joanna Trollope, traduit de l'anglais par Johan-Frédérick  Hel Guedj, Editions des deux terres 2012, 332 pages si délicieusement british !

01/06/2012

la rivière noire...en poche

"Tout à coup, elle eut l'impression de se retrouver dans un univers étrange, glacé et terrifiant."

Un homme a été égorgé. Dans la poche de sa veste, des cachets de Rohypnol, la drogue du viol. Grâce à un châle retrouvé sur le lieu du crime, châle exhalant un drôle de parfum d'épices, l'adjointe d'Erlendur, Ellinborg , va mettre la main sur une jeune femme persuadée d'être la coupable, sans que rien ne vienne le prouver...arnaldur indridason
La société islandaise change, devient plus violente, se laisse "noyer dans de mauvaises habitudes importée de l'étranger" selon certains, mais les injustices n'existent-elles pas depuis toujours ?
Erlendur , comme toujours, porte un regard attentif sur la vie quotidienne de ses personnages et, par le biais de son héroïne confère à son enquête une dimension encore plus chaleureuse, plus humaine. La vie de famille d'Elinborg, ses soucis familiaux, le plaisir qu'elle prend à cuisiner, la relation avec ses enfants, les blogs, voilà de nombreux thèmes qui parlent au lecteur de toute nationalité et contrebalancent une enquête sur les violences sexuelles commises en quasi impunité...
Quelques traits d'humour viennent alléger quelque peu une atmosphère rendue encore plus sombre par l'absence du commissaire Erlendur. Un peu de frustration donc mais qui rend d'autant plus grande l'envie de lire le prochain roman d'Indridason...

Dans l'ordre:
La cité des jarres
La femme en vert
La voix
L'homme du lac

29/05/2012

Moi, Ambrose,roi du scrabble

Looser absolu, allergique aux cacahuètes,  surprotégé par sa mère qui ira jusqu'à le retirer de son énième collège , Ambrose arbore un pantalon violet et un bonnet à pompon, ce qui , évidemment, n'arrange pas les choses.susin nielsen
En plus il a le chic pour agacer les gens , ce qui le rend plutôt solitaire. Mais tout va changer dans sa vie quand il va se mettre en tête de faire d'un ex-taulard, Cosmo, la figure paternelle dont il manque tant. Ambrose ira jusqu'à traîner Cosmo dans un club de scrabble où l'adolescent apprendra à devenir plus modeste et plus tolérant.
Premier roman écrit par Susin Nielsen, Moi Ambrose, roi du scrabble, ne possède pas le charme de Dear George Clooney mais on y sent la patte d'une bonne scénariste et on ne s'ennuie pas une seconde.

 

Merci à Clara pour le prêt !

24/05/2012

Les débutantes

"Avec les Smithies , c'était différent. Il était parfois difficile de savoir où l'une commençait et où les autres s'arrêtaient."

Le "pays des filles entre elles" c'est l'université féminine de Smith, haut lieu de la culture féministe américain.Quatre jeunes filles, très différentes à bien des égards, s'y rencontrent en première année et vont tisser une amitié intense, avec ses hauts et ses bas, ses alliances variables , ses déceptions et ses enthousiasmes.j. courtney sullivan
Quelques années plus tard, nous retrouverons Bree, Celia April et Sally ayant pris un nouveau départ: celui de leur vie adulte, ce qui ne va pas toujours sans mal. Face aux épreuves de la vie les Smithies pourront tester la fiabilité de leur amitié.
On plonge dans ce bon gros roman avec délices ! On suit avec bonheur les amours, les relations familiales, l'évolution de ces filles tour à tour sainte Nitouche et délurées qui , ô miracle, ne jettent pas leur amitié aux orties une fois qu'elles ont rencontré l'amouuuur ! J. courtney Sullivan , à défaut d'être une grande styliste, sait peindre avec vivacité et humour ces jeunes femmes en pleine évolution. Elle les considère avec tendresse et bienveillance et on passe un fabuleux moment en leur compagnie. J'aurais juste aimé un peu plus de vraisemblance dans les derniers chapitres, ce qui a quelque peu gâché mon plaisir.

Les débutantes, (Commencement) , J.Courtney Sullivan, traduit de l'angalis(américain) par Frédéric Collay et Anne-Laure Paulmont, Editions Rue Fromentin 2012, 517 pages que je vais immédiatement glisser sur la table de chevet de Madame ma fille (après l'avoir épilé de ses nombreux marque-pages )! Un roman transgénérationnel !

16/05/2012

Les joies éphémères de Percy darling

"Le milieu, c'est là qu'il y a la garniture, la confiture, la crème anglaise, la farce de la dinde."

"Vieux et sclérosé", pétri de culture classique, Percy Darling, accepte de louer sa grange pour y installer une très huppée école maternelle . S'il y perd un peu de son intimité, il va y gagner au change en acceptant de s'ouvrir davantage aux autres et en laissant davantage libre cours à ses émotions.
C'est non seulement toute la constellation familiale qui va être changée mais aussi la manière de Percy d'envisager le monde.417f-AOPp5L._SL500_AA300_.jpg
Un  bon gros roman familial comme on les aime: un personnage central, ses relations avec ses filles, ses voisins délicieusement croqués, son petit-fils un peu trop parfait , mais aussi l'instituteur gay, le sans- papier sud américain, tout un microcosme finement observé auquel on s'attache immédiatement. On prend beaucoup de plaisir à voir évoluer Percy et on savoure le style précis et riche enmétaphores de Julia Glass. Un pur régal !

Les joies éphémères de Percy Darling, (The Widower's tale), traduit de l'anglais (E-U)par Sabine Porte, Editions des Deux terres 2012, 649 pages à savourer et  à marquer au passage .

Du même auteur, en poche  clic et reclic !

14/05/2012

Le carnet de la mathématicienne

"Parfois, il semble que les livres et la vie composent un étrange origami dont les plis complexes et les ombres secrètes sont si inextricablement imbriqués qu'il est impossible de les distinguer l'un de l'autre."

Vingt ans après l'assassinat inexpliqué de sa soeur Lila, brillante et jeune mathématicienne, Ellie Enderlin se trouve face à face avec celui qu'un livre à succès avait désigné comme étant le meurtrier, Peter McConnell. Cette rencontre et le carnet que lui remet celui qu'elle avait cru coupable pendant toutes ces années vont tout remettre en question. michelle richmond
Commence alors une (en) quête qui amènera la jeune femme à adopter la démarche de sa mathématicienne de soeur: envisager les faits sous un nouvel angle, le passé bien sûr, mais aussi sa propre vie actuelle.
Ce nouveau roman de Michelle Richmond est bien plus que la traque d'un assassin. C'est une réflexion sur le pouvoir des histoires et la manière dont celles-ci sont agencées par leurs auteurs.  Il est d'ailleurs amusant de constater la mise en abyme à laquelle s'adonne l'auteure, évoquant un de ces précédents romans, L'année brouillard, sans le nommer, en ces termes : "...une sorte de polar littéraire sur un enlèvement à San Francisco. Le livre m'avait intéressée même s'il était un peu longuet."On retrouve dans celui-ci la finesse de l'analyse psychologique et la fascination omniprésente de "la Baie [qui]exerçait le même effet qu'un papier tue-mouches géant."Un roman qu'il faut prendre le temps de savourer (et de hérisser de marque-page !).

Le carnet de la mathématicienne (No One You Know), traduit de l'américain par Sophie Aslanides, Buchet-Chastel 2012, 416 pages envoûtantes et très riches.J'ai laissé plein d'aspects de côté pour vous en laisser la surprise !

Du même auteur : ici et.

12/05/2012

Rû ... en poche

Alors, j'essaie le plus possible de n'acquérir que des choses qui ne dépassent pas les limites de mon corps."

Une forme éclatée - des textes courts- pour dire l'exil forcé dans le ventre dun bateau ,l'internement dans un camp de réfugiés en Malaisie, les souvenirs du Viet-Nam mais aussi l'arrivée au Québec et la vie actuelle de la narratrice, autant de fragments ténus mais d'une force incroyable pour dire la volonté de survivre, de cueillir quelques fragments de bonheur dans les situations les plus difficiles.9782253158035-T.jpg
Pas de continuité narrative ou temporelle possibles dans un monde qui n'est jamais vécu comme sûr et/ou stable mais une vie marquée par cette volonté de rêve auquel se fier pour avancer. L'adaptation tragi-comique aux coutumes québécoises, l'attachement à l'odeur d'un assouplissant, autant de manières sensibles de se maintenir en équilibre et d'aller de l'avant, vers l'épure.
Un texte qui évite tout pathos -ce que je craignais le plus-et qui en 143 petites pages nous dit tout à la fois "l'écoulement de larmes , de sang, d'argent" et la berceuse que signifie son titre en vietnamien. Un petit ruisseau qui a coulé dans le coeur de nombreux lecteurs et qui vient de ressortir en poche

11/05/2012

Eté...en poche

"L'été rince la douleur de nos corps."

Après un Hiver particulièrement rigoureux, le choc thermique est rude pour le lecteur qui va accompagner Malin Fors dans une nouvelle enquête au coeur d'un Eté caniculaire !mons kallentoft
Un tueur en série s'en prend cette fois à de très jeunes filles qu'il appelle "Mes anges d'été". En effet, comme dans son précédent opus Mons Kallenfort nous fait partager les pensées des victimes décédées mais aussi celles de l'assassin.
Le lecteur retrouve avec plaisir les personnages rencontrés précédemment  et même si l'enquête semble au début un peu languissante, pâtissant de la chaleur accablante, les rebondissements ne manquent pas, y compris dans la vie personnelle de Malin qui gagne ici en densité.
L'auteur rend palpable l'opposition entre l'eau et la chaleur caniculaire qui court tout au long du texte et cette atmosphère jugée dantesque par les enquêteurs mais salvatrice par le tueur.
Un roman qui confirme pleinement le talent de cet auteur suédois

10/05/2012

L'année en pente douce

"Fais confiance au creux a-t-il dit, et la vague te passera par dessus."

melanie gideon

Une quatrième de couverture alléchante (clic), une démarche qui pourrait être la notre et un titre tout en douceur, il n'en fallait pas plus pour m'attirer.
Si la lecture est agréable, si je me suis parfois reconnue (en même temps c'était le but du jeu), j'ai regretté d'avoir souvent la fâcheuse impression que l'auteure, qui part ici de sa propre expérince , jetait régulièrement des regards par dessus son épaule , comme si elle craignait le regard de ses proches . Il est pourtant bien mentionné en début d'ouvrage que (pour des raisons de confidentialité des situations, des prénoms ont été modifiés).
J'ai en outre trouvé la réflexion plutôt superficielle et j'avais souvent plus l'impression de me trouver dans Wisteria Lane à papoter de problèmes futiles (le choix d'un matelas à prix prohibitif par exemple) qu'à réfléchir sur mon existence.
Bilan en demi-teinte donc. Une lecture qui promet trop et ne tient pas ses promesses si l'on s'en tient à la 4ème de couv, un bon moment si l'on souhaite une lecture-miroir facile.

L'année en pente douce, The Slippery year, Melanie Gideon, traduit de l'anglais (E-U) par Séverine Quelet, Fleuve noir 2010, vient de sortir en poche.melanie gideon

08/05/2012

L'abandon

"Lire en public attire l'attention."

Caroline , treize ans , et Père vivent cachés dans une réserve naturelle de l'Oregon, limitant au maximum les contacts avec l'extérieur. Mais un jour un joggeur donne l'alerte...
La première partie de ce livre peut se lire comme une sorte de mode d'emploi de l'autarcie-ou presque- dans les bois mais, d'emblée le climat créé par le style minimaliste de l'auteur envoûte quasiment le lecteur .peter rock
Au fil de la lecture seront distillées des informations qui , loin de lever les ambiguïtés , les multiplieront au contraire. Il serait dommage de donner des exemples car il faut vraiment découvrir à son rythme la mesure de l'emprise qu'exerce cet adulte sur la narratrice adolescente.
Un texte jamais manichéiste qui se faufile dans l'esprit du lecteur et suscite de multiples interrogations.
Parti d'un faits-divers Peter Rock a su en dépasser l'anecdote et le transformer en un texte dérangeant et fascinant.

L'abandon, Peter Rock, traduit de l'englais (E-U) par Philippe Aronso et Jean-Charles Ladurelle, Editions Fromentin 2012, 239 pages à laisser infuser.

Merci Cuné !

Hypnotique pour Clara