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10/05/2012

L'année en pente douce

"Fais confiance au creux a-t-il dit, et la vague te passera par dessus."

melanie gideon

Une quatrième de couverture alléchante (clic), une démarche qui pourrait être la notre et un titre tout en douceur, il n'en fallait pas plus pour m'attirer.
Si la lecture est agréable, si je me suis parfois reconnue (en même temps c'était le but du jeu), j'ai regretté d'avoir souvent la fâcheuse impression que l'auteure, qui part ici de sa propre expérince , jetait régulièrement des regards par dessus son épaule , comme si elle craignait le regard de ses proches . Il est pourtant bien mentionné en début d'ouvrage que (pour des raisons de confidentialité des situations, des prénoms ont été modifiés).
J'ai en outre trouvé la réflexion plutôt superficielle et j'avais souvent plus l'impression de me trouver dans Wisteria Lane à papoter de problèmes futiles (le choix d'un matelas à prix prohibitif par exemple) qu'à réfléchir sur mon existence.
Bilan en demi-teinte donc. Une lecture qui promet trop et ne tient pas ses promesses si l'on s'en tient à la 4ème de couv, un bon moment si l'on souhaite une lecture-miroir facile.

L'année en pente douce, The Slippery year, Melanie Gideon, traduit de l'anglais (E-U) par Séverine Quelet, Fleuve noir 2010, vient de sortir en poche.melanie gideon

08/05/2012

L'abandon

"Lire en public attire l'attention."

Caroline , treize ans , et Père vivent cachés dans une réserve naturelle de l'Oregon, limitant au maximum les contacts avec l'extérieur. Mais un jour un joggeur donne l'alerte...
La première partie de ce livre peut se lire comme une sorte de mode d'emploi de l'autarcie-ou presque- dans les bois mais, d'emblée le climat créé par le style minimaliste de l'auteur envoûte quasiment le lecteur .peter rock
Au fil de la lecture seront distillées des informations qui , loin de lever les ambiguïtés , les multiplieront au contraire. Il serait dommage de donner des exemples car il faut vraiment découvrir à son rythme la mesure de l'emprise qu'exerce cet adulte sur la narratrice adolescente.
Un texte jamais manichéiste qui se faufile dans l'esprit du lecteur et suscite de multiples interrogations.
Parti d'un faits-divers Peter Rock a su en dépasser l'anecdote et le transformer en un texte dérangeant et fascinant.

L'abandon, Peter Rock, traduit de l'englais (E-U) par Philippe Aronso et Jean-Charles Ladurelle, Editions Fromentin 2012, 239 pages à laisser infuser.

Merci Cuné !

Hypnotique pour Clara

05/05/2012

Les neuf dragons...en poche

"S'il ne la revoyait plus, il ne pourrait plus y avoir de rédemption."

Meurtre dans le quartier chinois; Harry Bosch soupçonne vite des acitvités de racket des Triades chinois. la routine, quoi. Mais le récit va s'emballer quand Bosch découvre que sa fille, Madeline, vient d'être enlevée à Hong-Kong, où elle réside avec sa mère.
Commence alors une journée de 39 heures qui verra Bosch aux prises avec les Triades dans une course haletante et sans temps morts.41fLrkXhHNL._SL500_AA300_.jpg
Connelly choisit clairement (voir le texte en postface) de creuser la faille que représente sa fille pour Harry Bosch et il redonne ainsi du souffle à une série qui en manquait cruellement. J'ai néanmoins eu l'impression à plusieurs reprises que ce roman avait été écrit en prévision d'une adaptation cinématographique et ce côté un tantinet formaté a un peu gâché mon plaisir.

 404 pages à lire d'une traite pour éviter tout manque ou risquer la nuit blanche.

01/05/2012

L'album de Milo

"Il faut une surface dure pour poser sa feuille de papier. Autrement on finit par écrire sur l'air."

En route pour déposer son nouveau manuscrit chez son éditrice, réécriture optimiste des fins de ses précédents romans, Octavia Frost découvre soudain que son fils vient d'être accusé du meurtre de sa petite amie.carolyne parkhurst
Elle se rend donc sur la côte Ouest pour tout à la fois tenter de maîtriser ce "récit" que pour une fois elle n'écrit pas et pour renouer avec un fils qu'elle n'a pas vu depuis plusieurs années.
Mêlant réflexions sur les liens entre l'écriture et le vécu de l'écrivain mais aussi sur les bouleversements qu'engendre le malheur dans une famille, ce roman de Carolyn Parkhurst diffère les révélations pour maintenir l'intérêt du lecteur .Mais surtout il prend son temps pour nous offrir une réflexion posée et très intéressante sur la création littéraire. Un texte qui confirme tout le bien que j'avais pensé du Silence de Lorelei, il y a quelques années déjà.

L'album de Milo, Carolyn Parkhurst, traduit de l'anglais (E-U) par Florence Colombani, Philippe Rey 2011, 380 pages à savourer.

Le billet de Cuné (Merci !!)

Celui de Lucie, qui vous mènera vers d'autres.

30/04/2012

Le blues du braqueur de banque

"Quand on aime la saucisse rouge et qu'on respecte la loi, mieux vaut ne pas savoir comment l'une et l'autre sont élaborées."

Max, spin doctor du premier ministre danois, a assassiné son employeur. Peut être parce que ce dernier ne souhaitait plus être seulement une marionnette ...
C'est à un fameux challenge que va devoir s'atteler l'homme de l'ombre : se tirer d'une situation politique compliquée et rejeter la responsabilté du crime sur un autre. Tout irait pour le mieux, car Max est un petit génie,si une scoute un peu cruche ne venait jouer les mouches du coche .Max aura donc fort à faire en vue de la manipuler.flemming jensen
Commencé comme un épisode de Columbo, nous connaissons déjà le coupable, le roman de Flemming Jensen va se révéler plus roué que prévu ,même si l'intrigue policiere n'est qu'accessoire ici.
Le meurtre est en effet  le prétexte à une double manipulation: celle du lecteur qui ne découvrira qu'à la toute fin la signifiacation du titre et celle de Signe, la scoute, à qui Max inflige une rhétorique iconoclaste et faussée. C'est donc à une joyeuse satire de la politique, parfois un tantinet trop bavarde , que nous invite Flemming Jensen , un auteur découvert grâce à cette couverture joliment mélancolique.

Un choix conforté par le billet d'Hélène.

Le blues du braqueur de banque, Flemming Jensen, traduit du danois par Andréas saint Bonnet, Gaïa 2012, 190 pages malines et bon enfant.

24/04/2012

La main droite du diable

"Un état mental que l'on ne peut décrire que comme reflétant la violence pure, dans les textes sur la guérison que l'on utilise pour parler de l'alcoolique sobre. Triste, mais vrai."

A peine sorti de l'hôpital psychiatrique, Jack Taylor peine à se réadapter à une Irlande en pleine mutation , à la fois économique et culturelle. Pas facile en outre de rester sobre dans un pays où les pubs et les ennuis pullulent pour celui dont les amis ont une fâcheuse tendance à se retrouver au cimetière.
La preuve qu'il va mal : au début du roman, il ne pense même pas à ouvrir un livre pour se remettre en selle.ken bruen
Mais une enquête sur les victimes d'un prêtre pédophile retrouvé décapité va lui permettre de renouer avec son ancien travail et même de se trouver un fils spirituel. Bienvenue en enfer, Jack !
On se replonge toujours avec bonheur dans un roman de Ken Bruen, la preuve la multitude de marque-page qui hérissent les 376 pages de ce roman qui a obtenu le Grand prix de Littérature policière 2009 ! à consommer sans modération !

La main droite du diable, Ken Bruen, traduit de l'anglais (Iranlde) par le talentueux Pierre Bondil, folio policier 2011.

19/04/2012

Cuisine tatare et descendance

"Les gens aimaient qu'on leur retourne les tripes. Je n'avais jamais compris pourquoi."

Quand sa fille , dans un rare sursaut de révolte lui balance à la figure qu'elle est méchante et tyrannique, Rosalinda n'en revient pas ! Elle , méchante? ! Elle qui ne veut que le bien de sa famille et s'y emploie de toute sa volonté et de toute son énergie ! Même Dieu, selon elle, lui obéit, c'est dire !
Ce que cette Tatare haute en couleurs oublie juste d'admettre c'est qu'elle veut le bien des siens selon ce qu'elle a décidé . alina bronsky
Cette volonté de toute puissance ,boostée par un narcissisme exacerbé, trouvera cependant ses limites quand sa petite fille, Aminat ,ouvrira les yeux sur le comportement de sa si singulière grand-mère...
Portraits de plusieurs générations de femmes dans une U.RSS en pleine crise, ce roman vaut par l'énergie qui s'en dégage et la vision faussée que nous offre jusqu'au bout Rosalinda. On pourrait la détester mais son aplomb et sa pugnacité la rendent non pas sympathique mais terriblement captivante ! Une réussite !

Merci  Cuné !   

Cuisine tatare et descendance, Alina Bronsky, traduit de l'allemand par Isabelle Liber, Actes Sud 2012, 330 pages qu'on ne lâche pas !

12/04/2012

Jusqu'au dernier jour

 

Elle ne lui avait jamais dit que ses parents étaient naturistes. Il ne lui avait jamais confié que son frère était gay et handicapé. Commencée à la fac leur histoire d'amour avait capoté mais voilà que au coin d'une rue Ben retrouve Laura. Il est marié, elle est libre, chabadabada ou pas ?
Au fil d'une journée d'été, entrecoupée de souvenirs, nous suivons les anciens amants et voyons comment chacun d'eux a évolué.patrick gale
Ce pourrait être une bluette charmante et quelconque mais Patrick Gale a le chic pour choisir des personnages légèrement excentriques et aborde, mine de rien et avec beaucoup de grâce et d'humour des thèmes qui ne sont pas si fréquents. Ainsi la sexualité des handicapés est-elle abordée sans aucune lourdeur mais avec un naturel rafraîchissant.  Quant à la la description de cette vieille dame naturiste dans son jardin , qui aurait peu être scabreuse, elle devient ici quasiment une invite sensuelle à l'imiter !
Même si Patrick Gale n'atteint pas ici la qualité de son chef d'oeuvre (à mes yeux au moins !) Chronique d'un été (disponible en 10/18) , il nous offre un roman plein de charme .

Jusqu'au dernier jour (The whole day trough), traduit de l'anglais par Isabelle Caron, Belfond 2011, 247 pages douces-amères.

Patrick Gale chez cathulu c'est ici.

10/04/2012

Texasville

"S'il tenait tant à Bobby Lee, c'était , entre autres,  parce qu'il lui suffisait de le regarder pour se souvenir que la vie avait des aspects comiques."

Ses enfants sont plus fous les uns que les autres, sa femme est insolente (on le serait à moins vu la suite), ses maîtresses l'ennuient, son chien est le frère de Rantanplan , il aborde la cinquantaine et doit affronter la crise du pétrole qui le met au bord de la faillite et , ah oui, il doit organiser et participer au centenaire de la petite ville texane dans laquelle il habite !Vaste programme pour Duane qui voit aussi , pour couronner le tout, revenir son amour de jeunesse. larry mc murty
Il aurait pu nous exaspérer ce cow-boy tout sauf serein mais il est fichtrement attachant le bougre et le monde foufoufou qui gravite autour de lui également. Un roman qui cavale à toute allure et donne la pêche !

 

Merci à Keisha qui a su trouver les arguments pour le tirer de ma PAL !

05/04/2012

Couché

- Il s'agit à la fois de ne rien faire et d'accomplir quelque chose d'exceptionnel, a-t-il résumé.

Le jour de ses vingt-cinq ans, Malcom décide de rester Couché. Durant vingt ans, ce jeune homme qui rêvait de changer le monde, qui était la pierre angulaire de sa famille, va rester allongé, enflant démesurément dans la maison familiale où ses parents et son frère demeurent, prisonniers volontaires.
Alternant passé et présent, le frère cadet nous raconte la relation particulière,passant de l'amourdavid whitehouse inconditionnel à l'exaspération ou à la rivalité, qui l'unit à son frère. Il nous décrit aussi, de manière très fine, la manière dont chacun au sein d'une famille, essaie d'aider les autres tout en se préservant, ou pas.
Il ne s'agit pas ici du portrait d'un bon vivant à la manière d'Alexandre le Bienheureux,  film d'Yves Robert, pas plus d'ailleurs que d'un cas d'obésité morbide sortie tout droit d'une émission de télé trash. Non, dans ce premier roman, David Whitehouse nous livre un récit métaphorique et néanmoins ancré dans le réel, dans lequel les descriptions du corps de Malcom suscitent quasiment la nausée, sans pour autant tomber dans le sensationnalisme. L'écriture est toujours très maîtrisée, l'humour n'est pas absent et le récit ménage de nombreux rebondissements, un défi malgré le caratère statique du personnage central !
Un roman surprenant dans lequel chacun pourra projeter ses interprétations mais un vrai tour de force littéraire en tout cas !

Couché, (Bed), traduit de l'anglais par Olivier Deparis, Plon 2012, 264 pages qui nous laissent un peu sonnés !

L'avis de Clara.