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24/05/2012

Les débutantes

"Avec les Smithies , c'était différent. Il était parfois difficile de savoir où l'une commençait et où les autres s'arrêtaient."

Le "pays des filles entre elles" c'est l'université féminine de Smith, haut lieu de la culture féministe américain.Quatre jeunes filles, très différentes à bien des égards, s'y rencontrent en première année et vont tisser une amitié intense, avec ses hauts et ses bas, ses alliances variables , ses déceptions et ses enthousiasmes.j. courtney sullivan
Quelques années plus tard, nous retrouverons Bree, Celia April et Sally ayant pris un nouveau départ: celui de leur vie adulte, ce qui ne va pas toujours sans mal. Face aux épreuves de la vie les Smithies pourront tester la fiabilité de leur amitié.
On plonge dans ce bon gros roman avec délices ! On suit avec bonheur les amours, les relations familiales, l'évolution de ces filles tour à tour sainte Nitouche et délurées qui , ô miracle, ne jettent pas leur amitié aux orties une fois qu'elles ont rencontré l'amouuuur ! J. courtney Sullivan , à défaut d'être une grande styliste, sait peindre avec vivacité et humour ces jeunes femmes en pleine évolution. Elle les considère avec tendresse et bienveillance et on passe un fabuleux moment en leur compagnie. J'aurais juste aimé un peu plus de vraisemblance dans les derniers chapitres, ce qui a quelque peu gâché mon plaisir.

Les débutantes, (Commencement) , J.Courtney Sullivan, traduit de l'angalis(américain) par Frédéric Collay et Anne-Laure Paulmont, Editions Rue Fromentin 2012, 517 pages que je vais immédiatement glisser sur la table de chevet de Madame ma fille (après l'avoir épilé de ses nombreux marque-pages )! Un roman transgénérationnel !

16/05/2012

Les joies éphémères de Percy darling

"Le milieu, c'est là qu'il y a la garniture, la confiture, la crème anglaise, la farce de la dinde."

"Vieux et sclérosé", pétri de culture classique, Percy Darling, accepte de louer sa grange pour y installer une très huppée école maternelle . S'il y perd un peu de son intimité, il va y gagner au change en acceptant de s'ouvrir davantage aux autres et en laissant davantage libre cours à ses émotions.
C'est non seulement toute la constellation familiale qui va être changée mais aussi la manière de Percy d'envisager le monde.417f-AOPp5L._SL500_AA300_.jpg
Un  bon gros roman familial comme on les aime: un personnage central, ses relations avec ses filles, ses voisins délicieusement croqués, son petit-fils un peu trop parfait , mais aussi l'instituteur gay, le sans- papier sud américain, tout un microcosme finement observé auquel on s'attache immédiatement. On prend beaucoup de plaisir à voir évoluer Percy et on savoure le style précis et riche enmétaphores de Julia Glass. Un pur régal !

Les joies éphémères de Percy Darling, (The Widower's tale), traduit de l'anglais (E-U)par Sabine Porte, Editions des Deux terres 2012, 649 pages à savourer et  à marquer au passage .

Du même auteur, en poche  clic et reclic !

14/05/2012

Le carnet de la mathématicienne

"Parfois, il semble que les livres et la vie composent un étrange origami dont les plis complexes et les ombres secrètes sont si inextricablement imbriqués qu'il est impossible de les distinguer l'un de l'autre."

Vingt ans après l'assassinat inexpliqué de sa soeur Lila, brillante et jeune mathématicienne, Ellie Enderlin se trouve face à face avec celui qu'un livre à succès avait désigné comme étant le meurtrier, Peter McConnell. Cette rencontre et le carnet que lui remet celui qu'elle avait cru coupable pendant toutes ces années vont tout remettre en question. michelle richmond
Commence alors une (en) quête qui amènera la jeune femme à adopter la démarche de sa mathématicienne de soeur: envisager les faits sous un nouvel angle, le passé bien sûr, mais aussi sa propre vie actuelle.
Ce nouveau roman de Michelle Richmond est bien plus que la traque d'un assassin. C'est une réflexion sur le pouvoir des histoires et la manière dont celles-ci sont agencées par leurs auteurs.  Il est d'ailleurs amusant de constater la mise en abyme à laquelle s'adonne l'auteure, évoquant un de ces précédents romans, L'année brouillard, sans le nommer, en ces termes : "...une sorte de polar littéraire sur un enlèvement à San Francisco. Le livre m'avait intéressée même s'il était un peu longuet."On retrouve dans celui-ci la finesse de l'analyse psychologique et la fascination omniprésente de "la Baie [qui]exerçait le même effet qu'un papier tue-mouches géant."Un roman qu'il faut prendre le temps de savourer (et de hérisser de marque-page !).

Le carnet de la mathématicienne (No One You Know), traduit de l'américain par Sophie Aslanides, Buchet-Chastel 2012, 416 pages envoûtantes et très riches.J'ai laissé plein d'aspects de côté pour vous en laisser la surprise !

Du même auteur : ici et.

12/05/2012

Rû ... en poche

Alors, j'essaie le plus possible de n'acquérir que des choses qui ne dépassent pas les limites de mon corps."

Une forme éclatée - des textes courts- pour dire l'exil forcé dans le ventre dun bateau ,l'internement dans un camp de réfugiés en Malaisie, les souvenirs du Viet-Nam mais aussi l'arrivée au Québec et la vie actuelle de la narratrice, autant de fragments ténus mais d'une force incroyable pour dire la volonté de survivre, de cueillir quelques fragments de bonheur dans les situations les plus difficiles.9782253158035-T.jpg
Pas de continuité narrative ou temporelle possibles dans un monde qui n'est jamais vécu comme sûr et/ou stable mais une vie marquée par cette volonté de rêve auquel se fier pour avancer. L'adaptation tragi-comique aux coutumes québécoises, l'attachement à l'odeur d'un assouplissant, autant de manières sensibles de se maintenir en équilibre et d'aller de l'avant, vers l'épure.
Un texte qui évite tout pathos -ce que je craignais le plus-et qui en 143 petites pages nous dit tout à la fois "l'écoulement de larmes , de sang, d'argent" et la berceuse que signifie son titre en vietnamien. Un petit ruisseau qui a coulé dans le coeur de nombreux lecteurs et qui vient de ressortir en poche

11/05/2012

Eté...en poche

"L'été rince la douleur de nos corps."

Après un Hiver particulièrement rigoureux, le choc thermique est rude pour le lecteur qui va accompagner Malin Fors dans une nouvelle enquête au coeur d'un Eté caniculaire !mons kallentoft
Un tueur en série s'en prend cette fois à de très jeunes filles qu'il appelle "Mes anges d'été". En effet, comme dans son précédent opus Mons Kallenfort nous fait partager les pensées des victimes décédées mais aussi celles de l'assassin.
Le lecteur retrouve avec plaisir les personnages rencontrés précédemment  et même si l'enquête semble au début un peu languissante, pâtissant de la chaleur accablante, les rebondissements ne manquent pas, y compris dans la vie personnelle de Malin qui gagne ici en densité.
L'auteur rend palpable l'opposition entre l'eau et la chaleur caniculaire qui court tout au long du texte et cette atmosphère jugée dantesque par les enquêteurs mais salvatrice par le tueur.
Un roman qui confirme pleinement le talent de cet auteur suédois

10/05/2012

L'année en pente douce

"Fais confiance au creux a-t-il dit, et la vague te passera par dessus."

melanie gideon

Une quatrième de couverture alléchante (clic), une démarche qui pourrait être la notre et un titre tout en douceur, il n'en fallait pas plus pour m'attirer.
Si la lecture est agréable, si je me suis parfois reconnue (en même temps c'était le but du jeu), j'ai regretté d'avoir souvent la fâcheuse impression que l'auteure, qui part ici de sa propre expérince , jetait régulièrement des regards par dessus son épaule , comme si elle craignait le regard de ses proches . Il est pourtant bien mentionné en début d'ouvrage que (pour des raisons de confidentialité des situations, des prénoms ont été modifiés).
J'ai en outre trouvé la réflexion plutôt superficielle et j'avais souvent plus l'impression de me trouver dans Wisteria Lane à papoter de problèmes futiles (le choix d'un matelas à prix prohibitif par exemple) qu'à réfléchir sur mon existence.
Bilan en demi-teinte donc. Une lecture qui promet trop et ne tient pas ses promesses si l'on s'en tient à la 4ème de couv, un bon moment si l'on souhaite une lecture-miroir facile.

L'année en pente douce, The Slippery year, Melanie Gideon, traduit de l'anglais (E-U) par Séverine Quelet, Fleuve noir 2010, vient de sortir en poche.melanie gideon

08/05/2012

L'abandon

"Lire en public attire l'attention."

Caroline , treize ans , et Père vivent cachés dans une réserve naturelle de l'Oregon, limitant au maximum les contacts avec l'extérieur. Mais un jour un joggeur donne l'alerte...
La première partie de ce livre peut se lire comme une sorte de mode d'emploi de l'autarcie-ou presque- dans les bois mais, d'emblée le climat créé par le style minimaliste de l'auteur envoûte quasiment le lecteur .peter rock
Au fil de la lecture seront distillées des informations qui , loin de lever les ambiguïtés , les multiplieront au contraire. Il serait dommage de donner des exemples car il faut vraiment découvrir à son rythme la mesure de l'emprise qu'exerce cet adulte sur la narratrice adolescente.
Un texte jamais manichéiste qui se faufile dans l'esprit du lecteur et suscite de multiples interrogations.
Parti d'un faits-divers Peter Rock a su en dépasser l'anecdote et le transformer en un texte dérangeant et fascinant.

L'abandon, Peter Rock, traduit de l'englais (E-U) par Philippe Aronso et Jean-Charles Ladurelle, Editions Fromentin 2012, 239 pages à laisser infuser.

Merci Cuné !

Hypnotique pour Clara

05/05/2012

Les neuf dragons...en poche

"S'il ne la revoyait plus, il ne pourrait plus y avoir de rédemption."

Meurtre dans le quartier chinois; Harry Bosch soupçonne vite des acitvités de racket des Triades chinois. la routine, quoi. Mais le récit va s'emballer quand Bosch découvre que sa fille, Madeline, vient d'être enlevée à Hong-Kong, où elle réside avec sa mère.
Commence alors une journée de 39 heures qui verra Bosch aux prises avec les Triades dans une course haletante et sans temps morts.41fLrkXhHNL._SL500_AA300_.jpg
Connelly choisit clairement (voir le texte en postface) de creuser la faille que représente sa fille pour Harry Bosch et il redonne ainsi du souffle à une série qui en manquait cruellement. J'ai néanmoins eu l'impression à plusieurs reprises que ce roman avait été écrit en prévision d'une adaptation cinématographique et ce côté un tantinet formaté a un peu gâché mon plaisir.

 404 pages à lire d'une traite pour éviter tout manque ou risquer la nuit blanche.

01/05/2012

L'album de Milo

"Il faut une surface dure pour poser sa feuille de papier. Autrement on finit par écrire sur l'air."

En route pour déposer son nouveau manuscrit chez son éditrice, réécriture optimiste des fins de ses précédents romans, Octavia Frost découvre soudain que son fils vient d'être accusé du meurtre de sa petite amie.carolyne parkhurst
Elle se rend donc sur la côte Ouest pour tout à la fois tenter de maîtriser ce "récit" que pour une fois elle n'écrit pas et pour renouer avec un fils qu'elle n'a pas vu depuis plusieurs années.
Mêlant réflexions sur les liens entre l'écriture et le vécu de l'écrivain mais aussi sur les bouleversements qu'engendre le malheur dans une famille, ce roman de Carolyn Parkhurst diffère les révélations pour maintenir l'intérêt du lecteur .Mais surtout il prend son temps pour nous offrir une réflexion posée et très intéressante sur la création littéraire. Un texte qui confirme tout le bien que j'avais pensé du Silence de Lorelei, il y a quelques années déjà.

L'album de Milo, Carolyn Parkhurst, traduit de l'anglais (E-U) par Florence Colombani, Philippe Rey 2011, 380 pages à savourer.

Le billet de Cuné (Merci !!)

Celui de Lucie, qui vous mènera vers d'autres.

30/04/2012

Le blues du braqueur de banque

"Quand on aime la saucisse rouge et qu'on respecte la loi, mieux vaut ne pas savoir comment l'une et l'autre sont élaborées."

Max, spin doctor du premier ministre danois, a assassiné son employeur. Peut être parce que ce dernier ne souhaitait plus être seulement une marionnette ...
C'est à un fameux challenge que va devoir s'atteler l'homme de l'ombre : se tirer d'une situation politique compliquée et rejeter la responsabilté du crime sur un autre. Tout irait pour le mieux, car Max est un petit génie,si une scoute un peu cruche ne venait jouer les mouches du coche .Max aura donc fort à faire en vue de la manipuler.flemming jensen
Commencé comme un épisode de Columbo, nous connaissons déjà le coupable, le roman de Flemming Jensen va se révéler plus roué que prévu ,même si l'intrigue policiere n'est qu'accessoire ici.
Le meurtre est en effet  le prétexte à une double manipulation: celle du lecteur qui ne découvrira qu'à la toute fin la signifiacation du titre et celle de Signe, la scoute, à qui Max inflige une rhétorique iconoclaste et faussée. C'est donc à une joyeuse satire de la politique, parfois un tantinet trop bavarde , que nous invite Flemming Jensen , un auteur découvert grâce à cette couverture joliment mélancolique.

Un choix conforté par le billet d'Hélène.

Le blues du braqueur de banque, Flemming Jensen, traduit du danois par Andréas saint Bonnet, Gaïa 2012, 190 pages malines et bon enfant.